Les bibliothèques à bâbord!

La revue À bâbord !, no. 78, mars 2019

Le numéro 78 (mars 2019) de la revue À bâbord!, Quand l’art se mêle de politique, est à lire de la première à la dernière page. Je souligne en passant l’article : Ma censure bien aimée (Philippe de Grosbois); Le travail invisible : angle mort des luttes sociales ? (Camille Robert), Élargir les frontières de la démocratie (Mouloud Idir).

À noter un article portant sur Marie-Claire Daveluy (1880-1968) : Une historienne féministe par Louise Bienvenue, qui fut aussi bibliothécaire, et dont j’ai apprécié la justesse de la conclusion :

Au vu de telles réalisations, pourquoi une mémoire si oublieuse? Cela tient sans doute à son positionnement idéologique. Ardente nationaliste et fidèle catholique, Daveluy se rattache aisément à une école traditionaliste dont le crédo s’accorde mal aux sensibilités progressistes actuelles. Pour cette raison, elle est moins célébrée que d’autres figures féministes de son époque , comme Idola Saint-Jean (À bâbord!, no 72), Éva Circé-Côté et Léa Roback (À bâbord!, no 68), plus clairement campée à bâbord. Mais n’est-il pas temps d’élargir cette compréhension trop restrictive de l’histoire du féminisme et d’inclure Marie-Claire Daveluy au panthéon des pionnières de la cause de femmes au Québec. p. 24

Dans la foulée, mon intention était également de signaler que le numéro 73 de la revue À bâbord ! avec le dossier Bibliothèques : Enjeux et mutations est désormais accessible en ligne . Le dossier est introduit en ces termes :

Couverture : CC-BY-SA, Marius Gossier, Yannick Delbecque, Anne-Laure jean, 2005, 2008

« Les bibliothécaires et les archivistes, qu’ils ou elles viennent du monde universitaire, municipal ou communautaire, se trouvent souvent à défendre des visions sociales qui entrent en contradiction avec l’idée que cette institution publique doit demeurer neutre. À notre époque, ils et elles doivent souvent subir en silence les conséquences du néo- libéralisme triomphant, qui affectent leur milieu de travail comme le reste de la société.
Aujourd’hui plus que jamais, les bibliothèques sont en pleine mutation. La manière d’accomplir chacune de leurs missions se transforme au contact du numérique et de l’Internet, entre autres. Dans ce dossier, À bâbord! donne la parole à des praticien·ne·s et penseurs·euses de ce milieu afin qu’elles et ils puissent témoigner des nouvelles pratiques et des changements qui s’opèrent présentement dans les bibliothèques »

Voici le sommaire de ce dossier auquel j’ai participé avec plusieurs collègues :

  • Quand la bibliothéconomie devient critique / Jean-Michel Lapointe et Michael David Miller
  • Rien n’est permanent, sauf le changement / Lëa-Kim Châteauneuf
  • Des jeux ? Voyons donc ! / Claude Ayerdi-Martin
  • Archives. Des alternatives à l’exclusion officielle / Anne Klein et Annaëlle Winand
  • Le droit de parole / Gaëlle Bergougnoux
  • La petite séduction ou les enjeux en région / Aline Crédeville
  • De l’éclatement au rassemblement / Sharon Hackett
  • On n’a pas tous les livres, mais on n’en a que des bons / Collectif de la bibliothèque DIRA
  • Pour le libre accès aux publications scientifiques / Émilie Tremblay
  • Diversité et inclusion pour transformer les bibliothèques publiques / Marie D. Martel

Art et féminisme 2019 : Femmes en rouge #wikipédia #femmesenrouge #womeninred

Rendez-vous le 12 mars, 2018 de 11h45-13h à l’EBSI, Université de Montréal, 3150, rue Jean-Brillant, Pavillon Lionel-Groulx, salle C-2027 de 11h45 à 13h00 pour un éditathon express dans le cadre de la campagne Art et féminisme 2019. Consultez la page projet pour plus d’informations.

Je profite de l’occasion pour partager l’intégralité de cet texte de Simon Villeneuve (merci !) qui partage son point de vue sur la question du biais de genre sur Wikipédia – et d’autres projets connexes :

8 mars 2019 Dans le cadre de la journée internationale des femmes, j’aborde le sujet du biais de genre sur Wikipédia. Je fais un compte-rendu de la problématique, donne accès à de nouvelles statistiques sur le sujet et suggère des pistes de solution pour réduire le fossé des genres (gender gap).

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Je m’intéresse sérieusement au fossé des genres sur les wikis hébergés par la Wikimedia Foundation (WMF) depuis 2013, année où j’ai pleinement réalisé que faire partie d’une minorité sur Wikipédia en français est une réalité difficile à vivrenote 1.  J’ai fait quelques comptes-rendus sur le sujet dans les Regards sur l’actualité de la Wikimedia (RAW). Ce fossé est plus ou moins facile à quantifier, mais la plupart des intervenant-e-s s’entendent pour dire qu’il est d’environ 10 hommes pour 1 femme sur Wikipédia.

 

J’ai suffisamment exploré la chose pour faire au moins 2 constats :Human gender gap.png

1- Les causes ne semblent pas simples. Il y a évidemment le fait que, encore à notre époque, même dans les pays les plus avancés au niveau des droits des femmes, il y a une inégalité de revenus entre hommes et femmes. Conjuguée à la parentalité et au fait que la plupart des tâches ménagères sont encore principalement réalisées par les femmes, cela fait en sorte que les femmes semblent généralement bénéficier de moins de temps libre que les hommes. Même le temps de travail semble impossible pour près de la moitié des nouvelles mères scientifiques1. Puisque les participant-e-s au mouvement Wikimedia sont en presque totalité bénévoles, la contribution aux projets est généralement directement proportionnelle à la quantité de temps libre.
De plus, il y a une certaine croyance que l’informatique est une « affaire de gars » et n’intéresse pas les filles. Puisque contribuer à un wiki demande une certaine maîtrise informatique de base, cela rebuterait dès le départ une bonne proportion des femmes.
Cependant, ces choses ne suffisent pas à expliquer un fossé aussi grand sur les sites concernés. En effet, il a été constaté, notamment, que les femmes sont très présentes sur certains sites et non d’autres. Malheureusement, les wikis hébergés par la WMF sont du mauvais côté.

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2- C’est une chose de constater un fossé des genres, ça en est une autre d’intervenir à ce sujet.
Tout d’abord, il n’est pas évident pour un homme de poser des actions à ce niveau. Au mieux, cela est perçu par une part importante des femmes comme une ingérence malvenue. Au pire, comme une forme d’appropriation culturelle. Ceci, sans parler de la perception de plusieurs hommes envers les féministes masculins.Scale icon green.svg

Ensuite, puisque la neutralité de point de vue est l’un des cinq piliers fondateurs de Wikipédia, la communauté est généralement allergique à tout mouvement militant dans ses rangs. Vouloir agir pour combler le fossé des genres peut-être perçu comme une volonté d’instrumentaliser le projet, ce qui occasionne généralement des réactions épidermiques. Wikipédia se doit de représenter le monde tel qu’il est et si celui-ci est débalancé a niveau des genres, cela sera également le cas de Wikipédia.

Puisque Wikipédia est rédigée à partir de sources et se doit de représenter le plus fidèlement possible celles-ci, qu’en est-il de ces dernières au niveau du genre ?

Fossé des genres dans les sources

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Grâce à l’association toujours plus grande d’entrées de publications à leur élément équivalent sur la base de données libres Wikidata, il est devenu aisé de réaliser toutes sortes de statistiques sur le contenu de ces publications. Ainsi, le mois dernier, nous avons réalisé une évaluation du contenu genré de 55 dictionnaires et encyclopédies classiques. Le résultat est sans appel : le même fossé des genres est observé dans ces publications que sur Wikipédia. On y retrouve ainsi en moyenne près de 10 hommes pour une femme.

Il semblerait donc que nous soyons pris dans une sorte de cercle vicieux. Peu de contenu féminin dans les sources, peu d’identification des femmes au contenu, peu de femmes qui interviennent sur le contenu, peu de contenu féminin dans les sources, etc..

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« Notre postulat est que le taux de participation féminine sur Wikipédia sera directement corrélé au taux de contenus « féminin » de l’encyclopédie2. »

La problématique étant complexe et les actions à poser n’étant pas toutes valables, agir pour augmenter le contenu « féminin » du site semble être un geste qui ne peut qu’être positif. Peut-être ainsi pourrons-nous transformer le cercle vicieux en cercle vertueux tout simplement en changeant le sens de rotation de ce dernier. Ainsi, en augmentant le contenu « féminin », peut-être que plus de femmes s’intéresseront à la modification du site et créeront du contenu qui leur ressemble, contenu qui risque d’attirer d’autres femmes qui créeront elles aussi du contenu qui leur ressemble, etc.

Respect des sources ?

De prime abord, on pourrait croire que le débalancement des genres au niveau des sources encyclopédiques engendre inévitablement un débalancement des genres sur Wikipédia puisque cette dernière se doit d’être le reflet des sources. Cependant, cette croyance doit être fortement nuancée pour deux raisons. Tout d’abord, de nouvelles sources sont produites à chaque jour et le débalancement des genres s’y réduit dans bien des domaines. On peut anticiper, si la tendance se maintient, une réduction significative et généralisée du fossé des genres avec le temps dans ces dernières.

Mais surtout, Wikipédia est loin d’être un projet achevé ayant intégré l’ensemble des connaissances des publications classiques. Seulement pour Wikipédia en français, il existe au moins 10 000 femmes ayant un élément Wikidata associé à l’une des 55 publications recensées et qui n’ont pas d’article sur frwiki3. Ainsi, même s’il y a grosso modo une femme pour 10 hommes dans ces publications, il manque tellement de contenu que n’importe qui peut créer, sans relâche pendant des années, seulement des articles sur des femmes, sans épuiser le sujet, car les sources sont incontestables et donc parfaitement admissibles sur Wikipédia. Elles représentent donc la frontière basse du projet.

Voici une liste de 100 articles à créer possédant le plus de liens vers d’autres versions linguistiques de Wikipédia. Cette liste est mise à jour au fur et à mesure que les articles sont créés. Si vous créez un ou plusieurs d’entre-eux, nous vous invitons à ajouter le mot-clic #womeninred ou #femmesenrouge dans le résumé de modification.

À la suite de ces constats, j’ai décidé de lancer un #moisdesfemmes sur Twitter et sur Facebook en proposant à chaque jour la création d’un article différent sur une femme en rouge. J’ai également proposé d’utiliser les mots-clics #femmesenrouge et #womeninred afin de mieux tracer les contributions faites expressément par volonté d’augmenter le contenu féminin de Wikipédia.

Autrement, il existe aussi plusieurs projets du mouvement Wikimedia visant à créer du contenu sur des femmes.

 

 

                 Bienvenue à tout.e.s !

Source de l’image : Lëa-Kim Châteauneuf, commons, licence cc-by-sa, merci pour l’affiche et la complicité.

Les bibliothèques publiques et la réussite éducative : + de planification nationale pour + d’impact #JPS2019

La Hutte de l’Espace Jeunes à la Grande bibliothèque (Montréal)

Les Journées de la persévérance scolaire (JPS) se déroulent du 11 au 15 février sur le thème « Nos gestes, un + pour la réussite scolaire ». Dans un cahier spécial sur l’éducation, Le Devoir introduit le sujet en ces termes :

Réduire le nombre d’enfants qui commencent leur scolarité avec un facteur de vulnérabilité, diminuer le décrochage scolaire, augmenter la proportion d’élèves qui obtiennent un diplôme avant 20 ans… Tous ces objectifs s’inscrivent dans la Politique de la réussite éducative du Québec. Les objectifs à atteindre sont grands et le réseau des CPE, garderies en milieu familial, privées ou subventionnées, la maternelle 4 ans, l’état des écoles, des services aux élèves ou encore les conditions de travail des enseignants sont au coeur de bien des débats. États des lieux et coup d’oeil sur différentes initiatives et divers projets qui peuvent être déterminants dans le cheminement des enfants, de la garderie à la cour d’école, en passant par le camp d’été. (Cahier spécial C, Éducation, Le Devoir,samedi et dimanche 10 février 2019, )

Je voudrais contribuer à la réflexion sur cet « état des lieux » en élargissant les termes du débat aux acteurs communautaires, qui ne sont pas mentionnés ici, et en abordant le rôle des bibliothèques publiques québécoises dans ce vaste chantier.

S’il fallait s’en tenir au principal document en cause, soit la Politique de la réussite éducative lancée le 21 juin 2017 sous le précédent gouvernement, cet exercice serait assez bref puisqu’une recherche par occurrence dans le texte ne donne aucun résultat associé au mot « bibliothèque ». Et ce même si la Politique porte un discours favorable à une approche communautaire de la littératie. Le mot « communauté » revient d’ailleurs 59 fois dans cette Politique qui compte 84 pages.

La Politique propose une vision visant à i. Agir tôt et tout au long de la vie et ii. Mobiliser la communauté éducative. À ce titre, cette vision prend en considération l’importance d’agir avant et au-delà du parcours scolaire dans un cadre de responsabilité qui n’est plus défini sur une base individuelle dans un contexte d’éducation formelle, mais qui est partagé par les acteurs de la communauté éducative.

À l’école des New Literacy Studies, les études soulignent en effet le caractère déficient des approches qui abordent l’alphabétisation et les littératies comme des enjeux essentiellement individuels et scolaires. Ces études mettent l’emphase sur une approche systémique où alphabétisation et littératies sont conçues en tant que pratiques sociales et culturelles reliant la famille, l’école (incluant afortiori les bibliothèques scolaires) et la communauté – dont les bibliothèques publiques et les autres acteurs communautaires font partie.

La Stratégie 0-8 ans qui a suivi la Politique a pris soin de désigner plus explicitement les acteurs communautaires afin qu’ils et elles se reconnaissent comme parties prenantes dans ce chantier et dans le partage des responsabilités qu’il implique :

Les huit premières années de la vie sont déterminantes dans toutes les sphères du développement global des enfants. C’est également au cours de cette période qu’ils réalisent les apprentissages les plus déterminants pour leur réussite éducative : la lecture, surtout, de même que l’écriture et la mathématique. S’ils ne possèdent pas les acquis attendus au terme du premier cycle du primaire, les enfants rencontreront plus de difficultés dans la poursuite de leur parcours scolaire. La capacité de lecture à cet âge, rappelons-le, est une compétence transversale liée à la réussite scolaire ultérieure : les enfants apprennent à lire pour pouvoir, par la suite, lire pour apprendre. Ces apprentissages se réalisent progressivement, d’abord par des activités d’éveil et de stimulation au sein de la famille, dans les bibliothèques publiques ou encore par l’intermédiaire des organismes communautaires qui offrent également ce type d’activités, et plus tard dans les services de garde éducatifs à l’enfance. (MCC, Stratégie 0-8 ans, p. 41)

Auparavant à l’automne 2016, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) a interpelé les instances régionales de concertation sur la persévérance scolaire et la réussite éducative (IRC) en leur confiant le déploiement d’une nouvelle mesure visant à valoriser et à promouvoir la lecture auprès des 0-20 ans et des parents. Cette mesure contient plusieurs propositions orientées sur la « création et consolidation d’une synergie entre les bibliothèques, le réseau scolaire et les différents partenaires ». Cette mesure visait le développement de projets et d’activités complétés à terme sous la forme d’un rapport devant être déposé le 31 décembre 2017. (Mesure sur la lecture, p.3)

Qu’en est-il de cette mesure, de ses résultats, et maintenant de cette orientation explicite en matière de littératie communautaire dans le contexte du changement de gouvernement? Pour le moment, les engagements du gouvernement actuel semblent prioriser des moyens pour « agir tôt » qui visent à combler les nombreuses lacunes des milieux de l’éducation formelle, c’est-à-dire, scolaires.

Des initiatives locales

Des initiatives mises en place dans la foulée de cette mesure notamment à l’enseigne du Réseau Réussite Montréal subsistent. Le cahier Éducation du Devoir présente quelques « gestes concrets » tel que le projet « Délire », qui vise « à accroître et maintenir l’intérêt pour la lecture chez les jeunes de 16 à 20 ans », le plaisir de lire surtout, que le contexte informel des bibliothèques, ici les Bibliothèques de Montréal, favorisent. Des projets se dessinent également à plus long terme, par l’entremise de l’Association des bibliothèques publiques du Québec (ABPQ), grâce à un financement du MEES, qui suggèrent le début historique d’une reconnaissance de leur mission éducative, pourtant séculaire, et qui visent à développer des outils et des formations auprès du personnel des bibliothèques sur la littératie familiale.

D’autres exemples d’initiatives locales donnent un aperçu de la diversité des actions, mais surtout de leur caractère intentionnel en matière de soutien à la littéracie familiale et de persévérance scolaire. Certains de ces exemples m’ont été fournis par la Bibliothèque de Sainte-Julie (que je remercie) : heures du conte; club de lecture d’été; le coin des Apprentis Sage! : Un coin jeu favorisant la stimulation du langage dédié aux tout-petits et leurs parents avec des jeux de stimulation du langage pour les 0 à 5 ans; des jeux éducatifs sont mis à la disposition des parents et les intervenants en petite enfance qui veulent les emprunter; la Rimbambelle; l’escouade du livre en été dans les parcs de la ville avec deux animatrices entourées de livres passionnants proposent aux jeunes des lectures amusantes ainsi que des activités stimulantes pour les 5 à 14 ans; club de lecture de la livromanie pour les 8 à 11 ans (de Communication-Jeunesse).

Outre le projet « Délire », les bibliothèques de Montréal dispose aussi d’une offre locale à laquelle s’ajoutent des actions coordonnées par la Direction pour l’ensemble du réseau et dont on peut apprécier l’étendue et la profondeur dans ce document.

Les exemples d’activités et de collaborations en lien avec les littératies et la réussite éducative impliquant les bibliothèques apparaissent assez nombreuses et répandues. En revanche, personne, aucun ministère, aucun service des milieux documentaires ou autre association, n’est en mesure de produire un portrait fidèle de la situation, c’est-à-dire, de ce que font les bibliothèques publiques québécoises sur ce plan – en dehors d’opinions, d’anecdotes, de retours d’expérience. Ce qui revient à admettre que l’on ne peut pas, en ce moment, produire de véritable « état des lieux » qui nous permettent de décrire de façon rigoureuse leur contribution pour une meilleure planification de leur action et de leur impact à l’échelle locale et nationale.

Des conditions de réussite pour la réussite scolaire et +

Je souhaiterais attirer l’attention sur le fait que, au-delà des initiatives locales, les bibliothèques publiques constituent une opportunité pour agir de façon structurée puisqu’elles réunissent une ensemble de conditions susceptibles d’augmenter l’impact d’une stratégie pour la littératie et la réussite scolaire qui soit susceptible d’avoir une portée nationale :

  • Ancrées dans les communautés, elles sont réparties sur l’ensemble du territoire : 96 % de la population québécoise est desservie par une bibliothèque publique (Institut de la Statistique, Statistiques générales des bibliothèques publiques, 2015);
  • Davantage de personnes sont abonnées aux bibliothèques publiques qu’il y en a d’inscrites dans les écoles;
  • Ce sont des équipements publics, financés par les contribuables, via le Ministère de la culture et des communications ainsi que par les municipalités; et donc des relais publics de proximité pour la réussite qui sont directement mobilisables;
  • Elles sont organisées en réseaux et opèrent en un système de collaboration local, national et international;
  • Les littératies sont au coeur de leur mission, tout comme l’apprentissage tout au long de la vie; et au sujet de la littératie communautaire, il faut savoir que les bibliothécaires sont formé.e.s aujourd’hui au développement communautaire stratégique autant qu’au développement de collections;
  • De plus en plus, elles adoptent une perspective de care/justice sociale et se préoccupent des populations vulnérables ou socialement exclues et des obstacles systémiques qui freinent le développement des capacités associées aux littératies.

La perspective d’une stratégie nationale qui serait à même de saisir cette opportunité et de mieux utiliser ces services publics – en tant que financés par des fonds publics – est un défi. On pourrait parler du défi des trois « P » : le défi du pilote, le défi des politiques publiques et le défi du personnel.

Pas de pilote, de politique et personnel

Le défi du pilote s’entend plutôt comme le défi de ne pas avoir de pilote dans l’avion. Ballotées entre le MCC (qui met l’emphase sur la fonction culturelle, et surtout leur capacité à supporter l’industrie du livre, sans prendre en considération leur mandat éducatif et sans intervenir sur les vues souvent décalées des villes) et le MEES (duquel elles ne relèvent pas même si ce sont des institutions d’éducation assumées à travers tous les énoncés de mission internationaux qui les concernent), les bibliothèques publiques du Québec sont plutôt orphelines, adoptées par des maires qui ne savent pas trop quoi en faire, soucieux surtout qu’elles ne leurs coûtent pas cher.

Elles sont aussi « sans papier », c’est-à-dire qu’elles ne sont pas en mesure de se développer à l’aide de politiques publiques appropriées et suffisamment concrètes au plan national. Dans ces conditions, les bibliothèques publiques font figure de service public mal utilisé/géré par les gouvernements locaux et nationaux. Une planification globale, une stratégie nationale pourrait définir des orientations et des dispositifs incitant les villes à offrir des services de qualité en matière de littératie sur l’ensemble du territoire québécois afin d’avoir plus d’impact.

Faudrait-il que le « geste » soit une loi? La Suède s’est récemment dotée d’une loi pour ses bibliothèques dont une des priorités est la littératie.

Le défi du personnel est un des autres grands enjeux des bibliothèques publiques québécoises. À l’heure actuelle, il y a près de deux fois moins de bibliothécaires ETC (employés à temps complet) par 10 000 habitants dans les bibliothèques publiques du Québec que dans celles des différentes provinces canadiennes ou encore dans celles de quelques villes québécoises qui desservent des populations plus largement anglophones supportées par des administrations municipales qui, traditionnellement, en ont reconnu, la valeur.

Je reprends les propos des Denis Chouinard, Président de l’ABPQ, à l’automne dernier :

Ainsi, 65 % des municipalités comptent à leur bibliothèque moins de quatre employés à temps complet, indiquent les données 2017 de Statbib. « Comment peuvent-ils faire pour fonctionner ? », se demande M. Chouinard, qui a la chance, à la bibliothèque de Mont-Royal, de faire partie d’une équipe de 28. Car sa bibliothèque, depuis des décennies, est exceptionnellement choyée par le conseil municipal (voir encadré). « Si on veut que même les toutes petites biblios jouent leur rôle, il faut un minimum de personnel pour les animer, et pour gérer les collections. » Actuellement, 49 % des municipalités n’emploient aucun bibliothécaire. Près de 17 % des bibliothèques n’ont pas d’employés spécialisés — ni bibliothécaire, ni technicien en documentation. Le Québec compte 0,64 bibliothécaire diplômé par tranche de 10 000 habitants, selon les statistiques de 2015. Comparativement, l’Ontario en a 1,04, la Colombie-Britannique 1,07, et les États-Unis, en moyenne 1,01. (Catherine Lalonde, La bibliothèque publique, une richesse sous-exploitée, Le Devoir, 22 octobre 2018)

Sous la forme d’un tableau dans un des derniers rapports publiés par l’Observatoire de la culture et des communications du Québec en 2015, cela ressemble à ceci :

Ce qui suggère que l’on n’a pas encore compris et agi en phase avec la transformation des besoins des usagers et des bibliothèques du 21e siècle, avec la transition des collections vers les connexions; que l’on entretient encore la vision de la bibliothèques comme dépôt de livres au dépens d’un modèle de service orienté sur le développement communautaire, facilitant les littératies familiale, scolaire, communautaire – et ce même si on se targue de faire des « bibliothèques tiers lieux ». Un peu plus d’outils, un peu plus de formation ne nuira jamais, mais le problème de fond réside dans la précarité des équipes professionnelles au sein des bibliothèques publiques.

Cette situation de sous-dotation professionnelle explique aussi la quasi-absence de bibliothécaires jeunesse dans les bibliothèques publiques québécoises, un luxe qui, dans le meilleur des cas, est réservé à quelques grandes villes (Montréal?). Ces bibliothécaires jeunesse sont définitivement parmi les mieux placée.s pour développer et programmer des services en phase avec les connaissances les plus actuelles et les plus pointues sur les questions de littératie pour les publics jeunesse au sein des communautés. La rareté des bibliothécaires jeunesse est un autre aspect qui caractérise le cadre inéquitable du système québécois des bibliothèques publiques, que ce soit entre les villes du Québec ou from coast to coast; un autre chapitre de la gestion déficiente des bibliothèques publiques québécoises.

Sans doute « l’addition d’une multitude de gestes à la portée de tous, parents, membres de la famille, amis, éducatrices, enseignants, intervenants, élus ou encore décideurs, peuvent avoir une influence concrète sur la persévérance et la réussite des jeunes. » comme on le promeut dans le cadre des JPS. Je souhaitais faire valoir, c’est ma conclusion, qu’une gestion et une planification nationale conséquentes des bibliothèques publiques est un des scénarios parmi les plus prometteurs en vue d’avoir un impact structurant sur la persévérance et la réussite des jeunes. Mais est-ce que l’on y tient vraiment? C’est dit. Bonnes JPS !

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Des exemples d’initiatives en lien avec la littératie et la persévérance scolaire en bibliothèque publique :


Les femmes dans les bibliothèques du Québec : du pouvoir de lire à celui d’écrire son histoire

Nous y sommes presque. Vendredi se tiendra la seconde édition d’un colloque sur l’histoire des bibliothèques  québécoises. Le thème de cette édition 2018 est consacrée à l’histoire des femmes bibliothécaires au Québec, une société un peu secrète, peuplée par des militantes du monde de l’éducation et de la culture, pourtant moins portée vers la discrétion, à laquelle on les identifie trop souvent, que vers des projets d’émancipation sociale réclamée bruyamment lorsqu’il le fallait bien.

Le colloque vise les objectifs suivants : d’abord celui de diffuser les connaissances concernant l’histoire des femmes bibliothécaires au Québec et leur apport au monde des bibliothèques; celui d’accroître ensuite notre compréhension du développement de la littératie, de la lecture publique et des bibliothèques québécoises. Cet événement d’une journée se déroulera dans l’amphithéâtre de  la Grande bibliothèque. 230 personnes sont inscrites à ce jour; ce qui, pour une activité que l’on pourrait qualifiée de « pointue », est inespéré. Il reste encore quelques places, on peut s’inscrire à cette adresse.

Le contenu des conférences sera préservé au moyen d’un dispositif à préciser : livre, numéro spécial dans une revue, archives ouvertes. Un atelier contributif animé par des bibliothécaires et Wikimédia Canada devrait faire suite à l’événement, dans le cadre d’un Mardi, c’est wiki à la Grande bibliothèque et/ou au cours d’une activité Art et Féminisme, avec l’intention d’améliorer la présence de ces femmes dans les projets wikimédiens. Un des problèmes, en effet, qui a motivé la tenue de ce colloque, outre l’urgence de produire des savoirs sur cette profession et cet aréopage de figures remarquables, n’est pas étranger à la rareté, sinon l’absence, d’une littérature secondaire. Ces lacunes ne permettaient pas de réunir les conditions, voire les sources, pour établir leur notoriété et créer, dans tous les cas, des entrées de qualité soulignant leur contribution au développement de la société québécoise dans l’encyclopédie la plus célèbre, et surtout, la plus consultée du monde. Cet exercice agit à la façon d’un test. Et l’enjeu de l’invisibilité du travail historique des femmes tient aussi à notre capacité de produire ce type de documentation et de données aujourd’hui.

À travers le travail des historiennes et des historiens qui se sont investi.e.s dans ce projet, un autre pan de l’histoire a pris forme en filigrane. L’engagement de plusieurs de ces pionnières, a-t-on appris, est étroitement lié à des revendications visant à mettre en place des services élargies et plus équitables pour les enfants et les adolescents.e.s. Au cours de la journée, c’est l’histoire de la bibliothéconomie jeunesse et des batailles pour l’amélioration de l’accès à la lecture des familles québécoises, souvent les moins nanties, qui émergera.

La journée se clôturera par un entretien très attendu avec Lise Bissonnette, écrivaine, journaliste, présidente et directrice générale de BAnQ à l’ouverture de cette institution qui aura peut-être marquée, l’histoire nous le dira, un moment de rupture dans la relation contrariée entretenue entre les Québécois.e.s et leurs bibliothèques – comparativement aux dévotions réputées des publics anglophones pour leurs libraries. C’est M. Jean-Louis Roy, actuel président et directeur général de BAnQ, qui conduira l’entretien.

PROGRAMME
9 h 30 – 10 h : Accueil
10 h – 10 h 10 : Mot d’introduction de Jean-Louis Royprésident et directeur général de Bibliothèque et Archives nationales du Québec
10 h 10 – 10 h 20 : Remerciements des partenaires
10 h 20 – 10 h 40 : Éva Circé-Côté par Andrée Lévesque, professeure, Département d’histoire, Université McGill
10 h 50 – 11 h 10 : Mary Sollace Saxe par Marcel Lajeunesse, professeur associé, EBSI, Université de Montréal
11 h 10 : Pause
11 h 30 – 11 h 50 : Marie-Claire Daveluy par Johanne Biron, chercheuse indépendante
12 h – 12 h 20 : Hélène Grenier par Éric Leroux, professeur agrégé, EBSI, Université de Montréal
DÎNER LIBRE
14 h – 14 h 10 : Mot d’accueil pour le retour
14 h 10 – 14 h 30 : Céline Robitaille-Cartier par Claude Bonnelly, Université Laval
14 h 40 – 15 h : Paule Rolland-Thomas par Michèle Hudon, professeure associée, EBSI, Université de Montréal
15 h : Pause
15 h 20 – 15 h 50 : Pour une histoire orale nationale des femmes bibliothécaires : Hélène Charbonneau et Louise Guillemette-Labory par Marie D. Martel, professeure adjointe, EBSI, Université de Montréal, et Lëa-Kim Châteauneuf, bibliothécaire, Bibliothèques de Montréal
*** 16 h – 16 h 30 : Entretien avec Lise Bissonnette, écrivaine, journaliste, ancienne présidente et directrice générale de BAnQ, conduit par M. Jean-Louis Roy, président et directeur général de BAnQ

Un référentiel de compétences à destination des bibliothécaires pour les adolescent.e.s #YALSA

Pour clôturer cette Semaine des bibliothèques publiques, je partage un référentiel de compétences produit par YALSA (Association des services de bibliothèque pour les adolescent.e.s/jeunes adultes, 2017) et que les étudiant.e.s de l’EBSI (SCI6339) ont traduit en français. Cette traduction a même bénéficié du savoir-faire d’un réviseur dans le groupe, René-Pierre Custeau, que je remercie pour le soin final qu’il a apporté au texte. Ce référentiel de compétences est aussi recommandé à l’échelle canadienne via Librarianship.ca.

YALSA est une sous-division de l’American Library Association et compte plusieurs milliers de membres travaillant dans des bibliothèques américaines. Un tel référentiel de compétences vise « à aider le personnel des bibliothèques à atténuer les défis auxquels font face les adolescent.e.s (surtout ceux et celles qui ont les plus grands besoins) et les accompagner sur la voie de vies réussies et épanouissantes » (ma traduction).

Un des enjeux de la bibliothéconomie jeunesse au Québec – et partant un des enjeux de la littératie au Québec – est le suivant : En dehors de l’Île de Montréal, il n’y aurait à peu près pas de bibliothécaire pour la jeunesse dans les bibliothèques publiques. La rareté des bibliothécaires dans les bibliothèques québécoises, comparativement à ce qui est observé dans les bibliothèques canadiennes et américaines,  a été soulignée de façon fort à propos au cours de la Semaine des bibliothèques publiques :

Ainsi, 65 % des municipalités comptent à leur bibliothèque moins de quatre employés à temps complet, indiquent les données 2017 de Statbib. « Comment peuvent-ils faire pour fonctionner ? », se demande M. Chouinard, qui a la chance, à la bibliothèque de Mont-Royal, de faire partie d’une équipe de 28. Car sa bibliothèque, depuis des décennies, est exceptionnellement choyée par le conseil municipal (voir encadré). « Si on veut que même les toutes petites biblios jouent leur rôle, il faut un minimum de personnel pour les animer, et pour gérer les collections. » Actuellement, 49 % des municipalités n’emploient aucun bibliothécaire. Près de 17 % des bibliothèques n’ont pas d’employés spécialisés — ni bibliothécaire, ni technicien en documentation. Le Québec compte 0,64 bibliothécaire diplômé par tranche de 10 000 habitants, selon les statistiques de 2015. Comparativement, l’Ontario en a 1,04, la Colombie-Britannique 1,07, et les États-Unis, en moyenne 1,01. (Catherine Lalonde. (22 octobre 2018). La bibliothèque publique, une richesse sous-exploitée, Le Devoir.)

Ève Lagacé, directrice de l’Association des bibliothèques publiques du Québec (ABPQ) l’a également fait valoir en ces termes :

Dans les bibliothèques performantes, les citoyens sont accueillis par du personnel qualifié et en quantité suffisante, selon des plages horaires étendues (plus de 80 heures par semaine). Le personnel dirige les usagers vers les ressources dont ils ont besoin, les techniciens de la documentation et les bibliothécaires assument pleinement le fonctionnement de la bibliothèque et développent une offre de services à l’intention de tous les citoyens.

Malheureusement, ce ne sont pas tous les Québécois qui ont accès à une telle qualité de service, pourtant si habituelle pas plus loin que chez nos voisins ontariens. (Ève Lagacé. (22 octobre 2018). Permettons aux bibliothèques publiques de jouer leur rôle, La Presse +)

La situation décrite impliquerait, par conséquent, que la plupart des jeunes québécois.e.s et leurs parents ne sont pas actuellement accueillie.e.s et accompagné.e.s par des professionnel.le.s qualifié.e.s pour servir les enfants, les adolescent.e.s et les familles en bibliothèque publique. Les uns après les autres, les gouvernements au Québec ont démissionné de leurs responsabilités en matière de lecture publique et, d’une façon générale, les municipalités ne les ont pas assumées davantage – en dehors des constructions (lorsque c’est le cas). En matière de services pour les jeunes, on devrait parler de négligence grave.

C’est une hypothèse qu’il faudra vérifier pour avoir des données précises (et au passage, on peut se demander : Qui se préoccupe de ces données au Québec?); mais quelques coups de sonde dressent le profil d’une offre pour la jeunesse en bibliothèques publiques au Québec (des touts-petits aux plus grands)  qui n’est pas à la hauteur des défis actuels en matière de littératie et de littératie numérique.

La présence de bibliothécaires professionnel.le.s qualifié.e.s en jeunesse serait, à l’échelle du bibliothèques publiques québécoises, un privilège urbain, et peut-être même essentiellement montréalais.

Il y a quelques semaines, un étudiant m’a demandé s’il pouvait espérer être bibliothécaire jeunesse en dehors de Montréal. J’ai soupiré et j’ai envoyé quelques courriels à des collègues pour que l’on réfléchisse ensemble à une réponse. Pour le moment, la réponse la plus honnête est simplement la suivante : Non, pas vraiment. « Il n’y a déjà presque pas de bibliothécaires, comment veux-tu qu’on engage des bibliothécaires jeunesse ??? »

En attendant que l’horizon, et l’avenir de cet étudiant, comme celui de ses collègues, s’éclaircissent, voici les compétences des bibliothécaires spécialisé.e.s en jeunesse (pour les adolescent.e.s), en d’autres termes, les capacités qu’ils et elles sont appelé.e.s à exercer afin de prendre soin des publics adolescents et jeunes adultes.

Les compétences pour servir les adolescent.e.s en bibliothèque 

Compétence 1 : Croissance et développement des adolescent.e.s

Connaître les différents stades du développement de l’adolescent.e afin de planifier, d’offrir et d’évaluer les ressources, les programmes et les services en bibliothèque qui sauront combler leurs multiples besoins.

Compétence 2 : Interactions avec les adolescents

Reconnaître l’importance des relations interpersonnelles et de la communication dans l’élaboration de services de qualité pour adolescent.e.s en bibliothèque et mettre en œuvre des techniques et des stratégies personnalisées pour accompagner chacun d’eux.

Compétence 3 : Environnement d’apprentissage

Cultiver d’excellents environnements d’apprentissage flexibles et adaptés au développement des adolescent.e.s afin de les soutenir individuellement ou en groupe lors d’activités d’apprentissage formelles et informelles.

Compétence 4 : Expériences d’apprentissage

Travailler entre autres avec les adolescent.e.s, les bénévoles et les partenaires communautaires afin de planifier, mettre en œuvre et évaluer des activités d’apprentissages formelles et informelles de grande qualité, adaptées au développement des adolescent.e.s et qui soutiennent leurs intérêts personnels et académiques.

Compétence 5 : Leadership et engagement des jeunes

Répondre aux intérêts et besoins de tou.t.e.s les adolescent.e.s et collaborer avec ceux-ci pour créer et mettre en œuvre des activités qui leur plairont et qui favoriseront leur leadership.

Compétence 6 : Engagement familial et communautaire

Bâtir des relations respectueuses et réciproques avec les organismes communautaires et les familles afin de favoriser un développement maximal des capacités des adolescent.e.s et d’enrichir la qualité des services en bibliothèque.

Compétence 7 : Compétence et sensibilité culturelle

Promouvoir activement le respect de la diversité culturelle en créant une atmosphère en bibliothèque qui soit inclusive, accueillante, respectueuse et qui englobe la diversité.

Compétence 8 : Équité d’accès

Garantir l’accès à une grande variété d’activités à faire avec les adolescent.e.s ainsi qu’à des ressources et services pour tou.te.s les adolescent.e.s, en en particulier ceux qui éprouvent des difficultés d’accès.

Compétence 9 : Évaluation et résultats

Mesurer l’impact des programmes en bibliothèque qui sont destinés aux adolescent.e.s et qui les impliquent, et se servir de ces informations pour le développement, la mise en œuvre et l’amélioration continue des services.

Compétence 10 : Apprentissage continu

Agir de manière éthique, s’investir dans l’apprentissage continu et préconiser des pratiques et des politiques exemplaires en bibliothèque dans les services aux adolescent.e.s.

Cette traduction correspondant à la version « en un clin d’oeil ». On peut aussi avoir accès sur le site de YALSA au référentiel dans sa version complète.

Pour en savoir plus sur YALSAhttp://www.ala.org/yalsa ou suivez @yalsa sur Twitter.

D’autres référentiels, qui mériteraient aussi d’être traduits, existent pour les services aux enfants en bibliothèque publique :  Competencies for Librarians Serving Children in Public Libraries (Association for Library Service to Children, 2015).