Le design du « care » en bibliothèque : du tiers lieu au lieu d’inclusion

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Journée de codesign dans l’arrondissement de Ville-Marie, le 5 juin 2015

 Je partage un texte qui m’a été demandé à quelques reprises récemment et qui est accessible ici

Martel, M. (2017). Le design du « care » en bibliothèque : du tiers lieu au lieu d’inclusion sociale. I2D – Information, données & documents, volume 54,(1), 52-54. https://www.cairn.info/revue-i2d-information-donnees-et-documents-2017-1-page-52.htm.

« Bad Libraries build collections. Good libraries build services. Great libraries build communities » – David Lankes

Les bibliothèques publiques ont évolué en accéléré depuis l’apparition du modèle de la bibliothèque tiers lieu. La première génération de bibliothèque tiers lieu s’inspirait des cafés pour mettre en place un dispositif de convivialité et de conversation démocratique en rupture avec l’image traditionnelle de « l’entrepôt de livres ». La seconde génération correspond au modèle de la bibliothèque communautaire (« community-led-library »). Cette vision à échelle humaine trouve sa réalisation dans les bibliothèques de quartier où l’on multiplie les espaces sociaux : salle communautaire, salle d’activités ou de travail collaboratif. Ces bibliothèques repoussent les limites de la participation des usagers en intégrant des laboratoires de créativité (« fab lab », « medialab », « makerspace », etc.).

Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement de proposer des espaces de créativité, mais d’engager les citoyens dans des démarches participatives visant à co-créer de nouvelles bibliothèques, de nouveaux espaces ou services.

Des projets inspirés de l’approche design

Alors que peu d’appels aux citoyens ou de consultations avaient eu lieu au cours de la programmation des premières bibliothèques issues du programme RAC (Rénovation, agrandissement et constructions de bibliothèques) mis en place par la Ville de Montréal en 2008, un virage s’opère à partir de 2013. Plus d’une dizaine de projets participatifs inspirés de l’approche design (« design thinking ») se succèdent entre 2014 et 2016, échelonnés souvent sur plusieurs mois, avec la participation de plus de 500 citoyens dans dix arrondissements [1] La démarche menée à l’été 2016 pour concevoir avec les usagers le projet de la nouvelle bibliothèque St-Sulpice s’ajoute à ce tableau. D’autres initiatives sont prévues pour l’année 2017.

Le plan stratégique 2016-2019 des Bibliothèques de Montréal soutient désormais explicitement l’innovation par le biais de l’approche design, tout comme le plan d’action « Montréal, ville intelligente et numérique » qui veut faciliter la mise en place de laboratoires d’innovation publique en bibliothèque.

Changer le monde, une bibliothèque à la fois

Comment en est-on arrivé là ? La réponse mériterait à elle seule un article… Contentons-nous de dire qu’il fallait changer nos manières de faire pour construire les nouvelles bibliothèques du XXIe siècle. Ce point de vue était généralement partagé au Canada depuis 2007 et le choc du rapport Working Together (WT, en français : « Planification en collaboration avec la communauté »), l’un des premiers référentiels sur la participation dans le milieu des bibliothèques [2] L’approche design a alors été sollicitée de différentes manières dans les bibliothèques de Montréal (laboratoires vivants, cercles d’apprentissage, etc.), mais c’est dans les avant-projets des nouvelles bibliothèques que son impact a été le plus significatif. L’enjeu de l’acceptabilité sociale est un motif explicitement invoqué dans les chartes de projet, dans le discours des équipes projet comme dans celui de l’administration.

Les méthodes de codesign, avec l’accompagnement de praticiens et de chercheurs en innovation sociale, sont devenues les ressorts les plus puissants des avant-projets des nouvelles bibliothèques. Elles permettent d’ouvrir, d’activer et de « bousculer » un système typiquement bibliocentré.

Les ateliers participatifs associant personnel et usagers contribuent à trouver un point d’équilibre entre innovation et gestion du changement. Ils visent également à améliorer l’expérience usager, à intervenir collectivement sur les problématiques sociales en lien avec la littératie, le décrochage scolaire, le chômage, l’environnement, et à offrir des critères de design et de validation pour les principales fonctions participatives (apprentissage, sociabilité, créativité). À la façon d’un révélateur identitaire, elles explorent aussi avec une acuité particulière les conditions susceptibles de favoriser un sentiment d’appartenance.

Les obstacles systémiques qui freinent l’accès à la bibliothèque sont mis en évidence afin de favoriser non seulement la participation créative des citoyens, mais aussi leur inclusion sociale. La création de biens communs fait l’objet d’une attention particulière en lien avec les projets de laboratoires tels que les fab labs, médialabs, makerspaces, ruches d’art, etc. en bibliothèque. Ces scénarios s’ajoutent aux réflexions sur l’exclusion/inclusion en abordant la gouvernance dans une perspective critique.

De l’approche design au design du « care »

Jusqu’ici, nous avons évoqué « l’approche design » des bibliothèques de Montréal en suggérant que ce terme était une traduction de « design thinking » mais les sources d’inspiration sont multiples et plus vastes : le design thinking d’Ideo, mais aussi le design des politiques publiques de La 27e région (notamment le travail réalisé pour la médiathèque de Lezoux), l’approche Art of Hosting appliquée par Percolab et Communautique, l’approche Living Lab d’Ennoll pour n’en citer que quelques-unes.

La plupart des démarches ont été conduites dans le giron du laboratoire Design et société de l’université de Montréal, spécialisé dans le design social. Stéphane Vial propose de définir le design social comme « la branche du design concernée par le développement de produits et de services visant à résoudre des problèmes sociaux, par exemple, le chômage, le décrochage scolaire, les tensions interculturelles, l’obésité, ou le changement climatique » [3]Avec cet accent mis sur les problématiques sociales et sur l’intérêt général, le design social rejoint l’approche canadienne WT.

Les démarches participatives recherchent toujours des moyens pour aborder les enjeux de l’exclusion et de la vulnérabilité. Le design social présente l’avantage d’aller au-delà du simple diagnostic en invitant les citoyens à imaginer eux-mêmes des solutions. Il partage avec l’approche WT un souci pour autrui, une réflexion sur la responsabilité et la compétence à assumer à l’égard de ces enjeux, et la recherche d’une réponse adaptée. Ces caractéristiques les relient à l’éthique du « care » qui se fonde sur la capacité humaine à prendre soin, à travailler avec les autres, à valoriser les relations à travers des pratiques qui favorisent l’attention, la responsabilité, l’exercice d’une compétence appropriée, la recherche d’une réponse adaptée à la situation d’autrui, l’entraide [4]

Une trousse à outils pour le design du care

Le design du « care » est un croisement entre le développement communautaire issu de WT et le design social qui met l’accent sur les enjeux liés à l’exclusion et à la vulnérabilité. Le travail réalisé à Montréal a permis de constituer les bases d’une méthodologie pour le design du care qui s’est développée à l’épreuve du terrain. […]

On peut lire la suite en ligne.
Notes
[1] L’ensemble des rapports issus de ces démarches sont disponibles sur le site des Bibliothèques de Montréal à cette adresse : https://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=4276,118637577&_dad=portal&_schema=PORTAL
[2] Working Together Project, www.librariesincommunities.ca
[3]E. Ernst, N. Tromp, cités par Stéphane Vial. Le Design. PUF, 2014
[4] J. Tronto. Un monde vulnérable. Pour une politique du care. La Découverte, 2009

Extension du domaine de la médiation et des heures d’ouverture dans les bibliothèques danoises

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Récit visuel et notes de voyage en 5 saillances : La bibliothèque Ørestad

Située dans un quartier en développement de Copenhague, sur Arne Jacobsens Allé, la bibliothèque du même nom a été conçue par la firme d’architecte KHR Architects avec Claus Bjarrum Architects (design d’intérieur). Ouverte en 2012, la bibliothèque remplit une triple fonction intégrée : Elle combine la bibliothèque publique et scolaire tout en jouant le rôle de centre culturel. L’espace se décline sur deux plans ouverts. Le premier, (600 m²) se prête davantage au divertissement, et le second (700 m²) est principalement dédié à l’apprentissage; mais l’ensemble est flexible et facile à adapter en fonction des publics et des événements.

  1. Extension du domaine de la médiation. Selon la représentante du Think Thank of the Libraries of the future, les bibliothèques d’aujourd’hui au Danemark deviennent les centres et les points d’appui les plus structurants en matière de de formation à l’information et de participation démocratique/numérique.  Ce renouveau des bibliothèques danoises se caractérise par une exploration des nouvelles formes de médiation dont le « reach out » qui repose sur le renforcement des collaborations et des partenariats avec les écoles notamment. La bibliothèque de Ørestad qui occupe le premier étage d’une école et qui agit en soutien pour plus de huit autres établissements scolaires exemplifie cette approche. Les coûts de fonctionnement sont répartis entre les principaux partenaires. Bibliothécaire publique et scolaire, qui sont rémunérés par des employeurs distincts, travaillent ensemble de manière fluide dans un contexte où la population de ce quartier comprend une proportion élevé de jeunes. On peut aussi constater, à cet endroit, un exemple de convergence des services public : Un dentiste a ses bureaux dans la bibliothèque.
  2. Accueil et accès. Implanté depuis 2015 au Danemark, le concept de bibliothèque ouverte s’est largement répandu dans le but de répondre aux attentes des citoyens qui veulent avoir accès à l’information ou aux livres quand ils et elles le veulent. Ce dispositif de libre-service permet aux citoyen.ne.s d’accéder à la bibliothèque à l’aide de leur carte d’identité même lorsque le personnel est absent. Dans la mouvance des tiers lieux, avec des plages horaires étendues à la façon des magasins, la bibliothèque se fait plus facile d’accès pour une diversité de publics. Basé sur les principes de l’indépendance des usagers et du design de la confiance, près de 300 établissements au Danemark, dont celle de Ørestad, offrent ce service et sont équipés de ce système qui est financé par le ministère de la culture. Près de 70% des bibliothèques rapportent cependant avoir subi des incidents et des gardiens de sécurité se sont ajoutés dans certains cas. À noter : Dans la perspective de l’accueil, on constate que les stations d’aide prennent la forme d’un meuble léger de type bistro encourageant les interactions. Les touristes font partie des publics dont on se soucie : Un écran dédié à l’information touristique est visible à l’entrée, .
  3. Communication et recommandation indirecte. La valorisation/marchandisage des collections (périodiques, nouveautés, etc.) est abordée de manière originale, ludique et attrayante. On a pensé à favoriser l’appropriation active des collections du côté des jeunes par le biais d’une ruche qui se développe comme une montagne de livres. On mise sur l’intégration du physique et du numérique pour communiquer et mettre en valeur les collections par le  biais d’écrans tactiles au bout des rangées. En 2016, ces écrans présentaient, non seulement un accès au catalogue, mais aussi un carrousel de sélections thématiques; un nouveau logiciel à cette fin est en développement.
  4. Espace de création. Dans la foulée de cette exploration des nouvelles formes de médiation, la salle d’animation est devenue un makerspace/hacklab qui accueillent les activités de bidouillage, de bricodage et autres expérimentations caractéristiques du monde des arts et des sciences aujourd’hui.
  5. Espaces collaboratifs en « open space ». Des tables longues avec écran encouragent le travail collaboratif en espace ouvert (une configuration favorable pour des ateliers de « communs numériques »).

Sources

 

De Copenhague à Montréal, du Diamant noir à la Grande bibliothèque : Le démantèlement des services publics

 

 

 

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Récit visuel et notes de voyage en 5 saillances à propos de la Bibliothèque royale du Danemark, dit le Diamant noir.

  1. Signature. Une icône de la ville de Copenhague. Et dans le monde des bibliothèques. Signée par les architectes Schmidt Hammer Lassen qui ont aussi conçu le musée d’Arrhus (ARoS), la bibliothèque de Arrhus, DOKK1, la bibliothèque de Middlefart, la bibliothèque de Halmstad… Et qui sont aussi les concepteurs de la bibliothèque centrale de Halifax – au Canada.
  2. Convergence. Bibliothèque royale, nationale et universitaire. Du passé au présent, les étudiant.e.s sont partout. On y pratique la numérisation sur demande avec générosité (maximum de 5 demandes par semaine).
  3. Social hub. Comme toutes les bibliothèques aujourd’hui, elle cherche à se redéfinir comme un espace de sociabilité et de culture numérique.
  4. Loi sur les bibliothèques danoises. Le « Danish Library Act » remonte à 1920. Une nouvelle loi est en élaboration et l’on craint que celle-ci puisse agir comme un frein à l’innovation plutôt qu’un tremplin pour le développement dans le contexte politique ultra-conservateur actuel. Après l’ère technocratique des socio-démocrates, le Danemark est dirigé par un gouvernement libéral de centre-droit qui a scellé une alliance avec les partis d’extrême-droite dont il dépend désormais pour mettre en place ses réformes.
  5. Technocratie (la suite). Des coupures de 2% affectent ce joyau depuis plusieurs années – ce qui nous rappelle #JeSoutiensBAnQ. La fin de l’austérité n’est pas annoncée. Dans ces conditions, on prévoit qu’il n’y aura plus aucun employé d’ici 2038. Le démantèlement des services publics est en enjeu global dangereux pour les institutions de mémoire dans une monde de technocrates.

Ces images sont aussi disponibles dans Commons.

 

 

 

La bibliothèque-makerspace de Vaughan (Ontario, Canada)

 

 

 

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J’avais été intriguée en lisant au sujet de la vision proposée par les architectes pour cette bibliothèque inaugurée en 2016 en banlieue de Toronto :

The Vaughan Civic Centre Resource Library, by ZAS Architects, is a visionary maker-space dedicated to community learning, gathering, creating and celebrating. Engaging new users in record numbers since opening, the transformative community centerpiece aims to empower local residents of all ages and demographics, inviting an exploration of learning in the library with the tools and technology of the 21st century. » (Canadian Architects).

On pouvait constater ici un déplacement dans le discours. Remarquez qu’il n’est plus question d’une bibliothèque dotée d’un makerspace, mais d’une bibliothèque qui est un makerspace. À peu près au même moment, en 2016, la vision pour le projet de la nouvelle bibliothèque Saint-Sulpice était rendue publique, celle d’une bibliothèque-laboratoire également portée par l’intention d’accueillir les capacités créatives des citoyens et la culture numérique. Ces bibliothèques explorent de nouveaux scénarios et redéfinissent la qualité des interactions sociales dans ces tiers lieux au-delà des référentiels du café et de la conversation.

Vaughan, 17e au rang des plus grandes villes canadiennes avec une population de 306 233 habitants, se décrit comme une « cité multiculturelle ». Voici quelques notes glanées au cours d’une visite qui s’est déroulée le 3 février dernier dans cette nouvelle bibliothèque ressource – qui fait partie du réseau des bibliothèques publiques de Vaughan (VPL).

  • Superficie : 3 450 mc (3306.0 sqm)
  • Un projet certifié LEAD
  • Bien localisé près de l’hôtel de ville
  • Une recherche de qualité spatiale : du volume, de l’ouverture, de la transparence, de la lumière.
  • Ouvert 7 jours sur 7 de 9 h à 21 h
  • Un accueil excellent
  • À peu près une dizaine de bibliothécaires (qui doivent tou.te.s faire du outreach)
  • Une employée spécialisée dans la création numérique et média – mais tout le personnel est formé et capable d’offrir le service de base
  • Un bibliothécaire dédié aux services en français
  • Des collections multilingues
  • Libre-service (automates de prêt, Notebooks, iPads)
  • Un café
  • Un makerpace avec équipements et logiciels.
  • Un médialab
  • Un studio d’enregistrement et du prêt de guitares
  • De nombreux espaces de rencontre et 8 salles de travail en équipe
  • Un hall d’étude
  • Une salle communautaire qui donne sur un patio extérieur
  • Un toit vert
  • Des stations d’aide aux usagers invitantes dont le design suggère la collaboration
  • Du zonage par activités et par public (par exemple, un « lounge » pour ados et une zone pour enfants) tout en restant flexible
  • De la recommandation de lecture en abondance qui emprunte le vocabulaire des librairies avec des stratégies de marchandisage
  • Un stationnement
  • Le blogue de VPL : http://www.vaughanpl.info/shareit/
  • La page Wikipédia : https://en.wikipedia.org/wiki/Vaughan_Public_Libraries

Un projet de bibliothèque à voir au Canada. La ville de Vaughan a deux autres projets sur la table à dessin, et même en chantier : « Nous sommes vraiment en développement » expliquait, en français, le bibliothécaire qui m’a fait visiter les lieux.

Prix

  • Design Excellence Award, Vaughan Urban Design Award (2017)
  • Ontario Glass Association, Award of Excellence for Execution (2017)
  • Award of Excellence in Architecture, Building and Structure Design (2017)

Voir aussi 

Lieu de savoir éphémère et collection pour une ville durable

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La Promenade Fleuve-Montagne aboutit dans la partie « montagne » sur un projet d’architecture éphémère très attrayant. La « bibliothèque » et le « savoir » sont traditionnellement des symboles de pérennité. Pourtant les Ideas Box dans les camps de réfugiés, les bibliothèques du peuple ou d’aéroports, les microbibliothèques nous ont habitués à des dispositifs dynamiques de médiations sociales qui visent à installer des relations entre les gens par le biais des livres – plutôt qu’un système de transactions entre les livres et les gens.

Ce Chapitre d’été dans le parc Rutherford est une invitation à se réapproprier l’espace urbain et à échanger entre passants-lecteurs par le biais d’une collection autoréférentielle qui parle précisément de cette ville à réinventer : « Pop Up City », « Open Spaces », « Pour une ville à échelle humaine », « Cohabiter l’espace public », avec des visées de transformation sociale et environnementale : « Tout peut changer » à laquelle s’ajoute un soupçon de littérature régionaliste (Daniel Grenier par exemple). Cette collection allumée et audacieuse, avec ce qu’elle contient et ne contient pas, parle des Montréalaises et Montréalais d’aujourd’hui.

Puis, j’ai vu ce titre, « Onon:ta' ». La présence de cet ouvrage, un peu en décalage par rapport à ses voisins, m’a fait tressaillir et souhaiter que cette installation revienne (elle doit revenir!) et qu’on y fasse une place pour les littératures autochtones au pied de ce « mont-Royal des Amérindiens » qui veut se décoloniser.

On dit que, les aménagement éphémères, parfois, lorsqu’ils sont plébiscitée par les habitants, deviennent des projets pérennes. Comme une bibliothèque pour les Premières Nations ? Ce chapitre d’été pourrait-il devenir une bonne histoire ?

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MAJ. du 4 septembre. Je remarque que sur le site de la Ville, on écrit « chapître » avec l’accent circonflexe – mais pas dans le texte. J’ai fait les corrections d’usage dans cet article en fonction de cette source. On apprécierait que quelqu’un nous explique la raison de ce « chapître ». Suite à une consultation auprès de l’Oreille tendue, j’ai remis le « i » du chapitre sans le circonflexe.