L’été des communs ou changer le monde, un bateau à la fois

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Le monde change. Ici on parle de le transformer encore et autrement : On parle de « changer le monde, un bateau à la fois. » L’écosystème des communs se fabrique à l’aide d’une vaste diversité d’initiatives et d’engagements fondés sur le partage de savoirs et de biens régi en communauté. Le projet Jeunes Marins Urbains est l’une de ses initiatives parmi les plus inspirantes.

Jeunes Marins Urbains réunit des participants d’âges et de profils variés dans le but de construire des voiliers, fabriqués avec du frêne montréalais recyclé, et d’apprendre à naviguer. Mais, à travers cette démarche, on veut surtout favoriser la création de liens durables entre les participants peu importe leurs compétences et leur expérience. La seule exigence est celle qui repose sur le désir d’apprendre, de faire ensemble, d’accomplir collectivement un projet porteur impossible à mener tout seul. La première édition du Défi JMU à l’été 2015 a rassemblé 35 personnes de 17 à 68 ans. L’objectif pour 2016 est de doubler le nombre de participants.

La construction de bateau devient un événement qui se déroule en public sur un chantier installé au Village au Pied-du-Courant. Des animations sont offertes par des bénévoles qui expliquent le projet, les techniques utilisées et la navigation fluviale. C’est l’occasion pour les Montréalais de s’approprier le fleuve, de nourrir un sentiment d’appartenance à l’égard de cet environnement exceptionnel et de découvrir le patrimoine fluvial. Surtout en ce mois de juin qui est le Mois du Saint-Laurent.

Du 20 juin à la fin juillet, le défi est maintenant de construire des voiles aviron. Les inscriptions se font en continu; les gens peuvent rejoindre l’équipe quand ils le souhaitent et s’impliquer en fonction de leur disponibilité comme de leurs intérêts.

La production d’un guide de fabrication des bateaux est devenu un projet dans le projet lequel a été suggéré par un des bénévoles de l’an dernier qui s’est adjoint un petit groupe de quelques volontaires – dont une bibliothécaire! – pour la réalisation. Cette bibliothécaire poursuivra son implication en aidant à organiser et garder la mémoire des documents(vidéos, photos et autres fichiers…) produits.

C’est à lire !

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Cette initiative ne nous enseigne pas seulement la fabrication des bateaux, elle nous apprend d’abord que l’on est tous aujourd’hui dans le même bateau à chercher, explorer des nouveaux territoires, c’est-à-dire d’autres manières de vivre, de travailler, d’apprendre ensemble.

L’économie collaborative, les communs et les bibliothèques

Accorde-t-on assez d’attention dans nos milieux à ces nouvelles pratiques participatives ? Est-ce que l’on est à l’écoute des citoyens qui se réunissent, qui passent à l’action, qui s’auto-organisent autour des communs, autour du partage de pair à pair et de l’innovation créative? Comment pourrait-on tisser des liens, des échanges, des collaborations avec ces projets locaux qui sont véritablement innovants car, comme le dirait David Lankes, ils évoluent avec les communautés. Comment ces rapprochements pourraient-ils contribuer à une vision nouvelle des bibliothèques qui accueillent et nourrissent les capacités créatives des citoyens? On ira parfois très loin chercher des modèles collaboratifs qui sont porteurs de sens. Et parfois, les projets phares sont au coin de la rue, sur nos berges, et nous attendent. Est-ce que l’on est prêt à embarquer?

Bon vent, bon été des communs !

Les participants peuvent s’inscrire en ligne ou en se rendant directement sur le chantier. En août, une activité d’initiation à la navigation sur voile-aviron (sur les voiliers construits pendant l’été) sera offerte.

Site web www.JeunesMarinsUrbains.org
Facebook : Jeunes Marins Urbains

| Source de la photo 1 : Marie D. Martel, cc-by-sa; source de la photo 2 : Jeunes Marins Urbains, Guide du participant.

Le café des savoirs libres à Montréal : Wikipédia et Open Street Map en bibliothèque

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Les Bibliothèques de Montréal (BM) ouvrent leurs portes aux amateur.e.s des savoirs libres ! À l’instar de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), et de tant d’autres bibliothèques et institutions éducatives dans le monde, les BM collaborent désormais avec la Fondation Wikimédia pour faire connaître le projet de l’encyclopédie Wikipédia et proposer des ateliers dédiés au processus de contribution à l’édition francophone. Cette nouvelle initiative coïncide avec le passage à Montréal du fondateur de Wikipédia, Jimmy Wales dans quelques jours.

Au début de l’année, Wikipédia entamait les  célébrations entourant son quinzième anniversaire en invitant les bibliothécaires à participer à ces festivités et à l’encyclopédie. Au-delà de l’événement, quelques uns d’entre eux, liés aux activités de Bookcamp Montréal, ont fait le pari de poursuivre cette invitation dans la durée à travers des rencontres mensuelles dans les BM.

On le répète partout : Wikipédia est l’un des cinq sites les plus visités sur Internet, consultés chaque mois par près de 480 millions de visiteurs, il compte plus de 29 millions d’articles en 280 langues. Le projet Wikisource, qui constitue en lui-même une bibliothèque riche de 180 000 textes libres et gratuits, et celui de Wikimedia Commons, avec près de 27 millions de fichiers d’images, composent ce vaste réservoir des connaissances du monde. Wikipédia représente la principale source de référence au monde, la première source de documentation des écoliers et des étudiants. Si la référence a encore un sens en bibliothèque, leur destin est lié.

Par ailleurs, ce dépôt colossal des savoirs humains comporte des lacunes qui sont à la hauteur des contributions. Le volet québécois, qui est aussi montréalais, est préoccupant. Si l’on juge que le territoire des nouvelles entrées dans l’encyclopédie est presque couvert aujourd’hui, il n’en est pas de même pour le portail du Québec qui apparaît comme le « parent pauvre » de Wikipédia. L’importance de ces rendez-vous dans le contexte local prend ici une dimension d’autant plus significative en termes de responsabilité sociale:

Quand l’un ou l’autre des 20 millions de francophones qui visitent Wikipédia fait par exemple une recherche sur l’histoire du Québec, que trouve-t-il aujourd’hui ? Il ne trouve ni projet de développement de ce champ de connaissance, ni communauté de wikipédistes qui anime un tel projet, ni même un portail qui sert de vitrine présentant aux visiteurs le meilleur du contenu sur ce thème. Il trouvera au mieux, disparates et lacunaires, environ 5000 articles qui traitent de ce sujet, dont 80 % sont à peine des ébauches. Une étude de la Fondation Lionel-Groulx réalisée en 2014 afin d’évaluer la qualité des articles traitant de 10 grands événements de notre histoire et des principaux personnages associés à ces événements, étude portant sur plus de 200 articles, confirme la lamentable pauvreté des contenus sur le Québec et son histoire dans Wikipédia.

Résultat de l’absence de préoccupation et de soutien gouvernemental et institutionnel, de l’indifférence du milieu académique et du milieu de l’histoire, du manque de formation et de ressources, cette situation déplorable ne peut plus être ignorée par les personnes qui ont le Québec au coeur et qui ont à coeur la promotion de son histoire.(Pierre Graveline, Le Québec, parent pauvre de Wikipédia, Le Devoir)

Pourtant, quelques wikipédiens dévoués encouragés par des esprits éclairés comme l’ancien PDG de BANQ, Guy Berthiaume et son équipe, ont soutenu le développement de l’encyclopédie au Québec. Il faut espérer que leurs successeurs continueront à revendiquer cette vision forte et engagée dans les savoirs libres pour favoriser la présence des contenus québécois sur le territoire numérique. Depuis 2014, les Mardi, c’est wiki ainsi que d’autres projets emballants ont vu le jour à la Grande bibliothèque:

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ ) possède une masse d’ouvrages et de documents, anciens et modernes, ainsi que de riches archives portant sur les grands thèmes abordés, et met à la disposition des participants la documentation nécessaire à l’écriture d’articles wikis bien documentés. Les participants bénéficient sur place de l’aide de contributeurs d’expérience, ainsi que du soutien de bibliothécaires et d’archivistes spécialisés. Ces ateliers visent à améliorer le contenu francophone de Wikipédia, à augmenter le nombre de contributeurs québécois, à tirer profit des ressources documentaires et professionnelles de BAnQ et à mieux faire connaître le Québec, la Nouvelle-France, le Canada français ou, plus largement, l’Amérique française.

Souhaitons que cette collaboration avec des wikipédiens-en-résidence se prolonge de façon durable afin de consolider les efforts et multiplier les activités, ateliers, édi-athons, etc., autour de la création de contenus québécois au moment où les autres bibliothèques publiques québécoises vont de l’avant.

Les Jeudi c’est wiki dans les bibliothèques de Montréal viennent prolonger par une proposition locale, cette initiative exceptionnelle en visant à sensibiliser le personnel des bibliothèques, à augmenter le nombre de contributeurs québécois et, particulièrement, à faire croître la présence documentaire et la visibilité de Montréal sur le web à l’aide des citoyens.ne.s passionné.e.s de leur quartier et des sociétés d’histoire. C’est aussi une occasion de faire rayonner l’intelligence collaborative de Montréal au moment où le palmarès des villes intelligentes du Intelligent Community Forum (ICT) est en cours.

L’originalité des ateliers montréalais consistent à accueillir également des formateurs d’Open Street Map (OSM) qui ajoute à l’offre la transmission de l’art de la cartographie libre.

Cette communauté nomade Wiki & OSM adopte le rythme souriant des voyageurs du code et se déplace à chaque fois dans une nouvelle bibliothèque le dernier jeudi de chaque mois. La formule conviviale est celle d’un café-conversation où l’on s’appuie sur la force des apprentissages informels, du pair à pair, de la création collaborative de biens communs pour s’ancrer. Ce sont des tiers-lieux éphémères dont les retombées sont pérennes. Déjà deux rencontres se sont déroulées à la bibliothèque Mordecai-Richler (en collaboration avec Mémoire du Mile End) et celle de Frontenac. Une flotte de portables est mise à la disposition des participants qui n’auraient pas accès à des équipements; on offre aussi le soutien aux compétences numériques, et ces conditions sont intégrées dans une démarche globale de partage des savoirs et de littératie numérique.

Au-delà de Montréal, les bibliothèques publiques du Québec ont démontré leur intérêt à prendre la relève en invitant le vice-président de la Fondation Wikimédia Canada à relater ces initiatives québécoises lors du prochain Rendez-vous des bibliothèques publiques.

Pour mémoire, voici quelques unes des raisons qui ont déjà été énoncées pour inviter les wikipédiens en bibliothèque :

1. Il existe une convergence entre la mission de Wikipédia et celle des bibliothèques autour de l’accès libre et universel à la connaissance :

The mission of Wikimedia is to empower and engage people around the world to collaboratively collect and develop open educational content, and to disseminate it effectively and globally. We see libraries as our natural partners in this endeavor. Working together, we can promote scholarly and cultural knowledge, information literacy, and open access.

2.Wikipédia clame haut et fort son amour des bibliothèques. La bannière et le modèle Wikipedia Loves Libraries proposent des ressources, des liens et des activités pour favoriser un rapprochement avec les bibliothèques.

3. Les wikipédiens veulent étendre le registre des sources utilisées grâce aux bibliothèques, ce qui signifie aussi d’autres types d’encyclopédie!

4. L’utilisation et la valoriation des collections de la bibliothèque, et notamment de présenter les ressources en ligne.

5. La venue des wikipédiens amène des nouveaux usagers, vraisemblablement des réguliers, ce qui favorise la fréquentation.

6. Les bibliothèques aiment non seulement l’information valide, elles aiment aussi accueillir les citoyens et les soutenir dans leurs projets territoriaux, selon qu’ils portent sur des sujets qui intéressent la communauté ou qui concernent l’identité locale.

7. La référence morte ou vivante ? La section de référence se meurt dans la bibliothèque, les ouvrage ont été élagués, remplacez celle-ci par une section vivante! La question est ouverte quant à la forme que prendra cette relation qui oeuvre à l’émergence d’une nouvelle référence vivante. Ce défi est précisément posé et expérimenté, avec le personnel et les usagers, lors des cafés Wiki-OSM.

8. Réduire le fossé des genres ? L’équation est à la fois simple et compliquée. Les wikipédiens sont, dans une majorité écrasante, des hommes et les bibliothèques appartiennent à un milieu principalement composé de femmes, que ce soit pour le personnel ou les publics. Ces exemples récents d’édiathon lors du 8 mars, et de cette étudiante qui crée des articles sur le rôle des femmes dans l’histoire des sciences depuis l’âge de 12 ans, sont assez éloquents à cet égard. Car si le portail du Québec est pauvre, les contenus qui concernent les femmes ou le féminisme et son histoire au Québec, apparaissent dans une situation encore plus précaire.

Surveillez le prochain café Wikipédia & OSM dans une bibliothèque près de chez vous, ou à la Grande bibliothèque, mardi prochain, le 5 avril à 17h.

| Source : Wikimédia, auteur : Jean-Marc Plumauzille, http://www.acasafeliz.com, oeuvre personnelle, GFDL et CC-BY-SA-3.0 |

Ruche d’art St-Henri : Du tissu social à la courtepointe collective

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Dernière station de ce parcours des Ruches d’art de Montréal avec Rachel Chainey qui en est l’une des principales artisanes. La Ruche Saint-Henri se définit comme un studio d’art communautaire et une « shop » de science célébrant, fidèle à la philosophie des ruches, la créativité, et surtout la création de liens. Fondée par Janis Timm-Bottos, professeur à l’université Concordia, la Ruche d’art St-Henri tient lieu de matériauthèque en fournissant un kit de départ et des matériaux qui facilitent l’éclosion des ruches à naître.

Patchwork de ville et morceaux de quartiers

Notre passage a coïncidé avec le vernissage d’un projet fascinant qui accueille un ensemble de courtepointes collectives réalisées par les habitants de différents quartiers de Montréal. La conceptrice et animatrice de Quilted/Quartiers, Kay Noele, a invité les participants à plonger dans leur quartier et à créer des morceaux s’inspirant d’une localisation physique ou symbolique, des significations locales, des repères identitaires, d’un sentiment d’appartenance à la communauté.

“Blessed are the piecemakers”

Kay Noele décrit sa pratique comme le prolongement d’une tradition de savoirs et de gestes féminins qui composent une métaphore pour un quartier à soigner et à relier:

after the third quilt, I moved across the country and learned to call Montréal home. And so the tri-generational quilts became a cross-country project. I was no longer able to sit around the quilting frame with my grandmother and mother, but was instead blessed with the opportunity to cut and piece together honeycomb patterns with another one of my cousins at a community art hive in our neighbourhood of St-Henri. And so the quilts had not only the blessing of my grandmother, mother, and myself, but also my cousin, and all of our neighbours at La Ruche D’art. This union of female tradition, bloodlines, and space has inspired me to continue exploring quilts as medium for healing and the bringing together of community in way that I believe we need now more than ever.(Kay Noele, Quilted/Quartiers)

Sur le mode de la confidence, Kay Noele poursuit son récit en partageant à la fois l’art et le sens de cette production à travers la lignée des héritières :

If you ask quilters, they will tell you that patchwork can teach you many of life’s secrets. It will teach you patience and the perseverance to overcome frustration. It will teach you to never overlook the potential for renewal; how many different patterns can be made with a single geometric shape; how many stories can be told with tattered rags, a needle, thread, and thimble. It will teach you how the healing and return to togetherness and community our societies are desperately craving is not all that different from the transformation and rebirth craved by single patches as they are carefully pieced together into patchwork. Not that unlike the homecoming of an old woman’s scattered memories as her hands relearned the ups and downs of stitchwork as she sat around a quilting frame with her only daughter, and her daughter’s only daughter.

Quilted\Quartiers est exposé à la Ruche d’art St-Henri. À voir et à lire le narratif qui l’accompagne.

La ruche d’art Pointe-St-Charles et la leçon de linogravure

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Au cours de la tournée des Ruches d’art de Montréal, nous avons été accueilli.e.s par les membres des la Ruche Pointe-Saint-Charles. La Ruche d’Art Pointe-St-Charles propose des ateliers libres de création artistique en partenariat avec le YMCA Pointe-St-Charles et le HLM Alexandra de l’Office Municipal d’Habitation de Montréal.

Nous avons échangé avec Rachel Chainey, responsable des Ruches d’art, Boutheina Ayachi, intervenante communautaire, Cécile qui répare des chaises, Sarah, étudiante en art thérapie, sur leurs histoires, ce qui les a conduites ici et sur ce que peut apporter une Ruche d’art dans la communauté.

Puis nous avons mis à la pâte ! La leçon de linogravure a été offerte, dans la bonne humeur, par Boutheina qui avait appris cette technique quelques jours auparavant d’une artiste professionnelle habitant le quartier.

La linogravure est un type de gravure en taille d’épargne (technique consistant à enlever les blancs ou « réserves » du résultat final, l’encre se posant sur les parties non retirées donc en relief, le papier pressé sur la plaque conservant l’empreinte de l’encre1), proche de la gravure sur bois, et se pratique sur un matériau particulier, le linoleum. (Wikipédia)

Faire de l’art, créer de la solidarité et réinventer les tiers lieux culturels

Pratiquer le tourisme culturel dans sa propre ville, c’est ce que des passionné.e.s de bibliothèques, maisons de la culture et autres se sont engagé.e.s à expérimenter dans le cadre d’une expédition apprenante organisée dans le réseau des Ruches d’art de Montréal.

La responsable de ce réseau, Rachel Chainey, a guidé cet équipage à travers quelques Ruches emblématiques : la COOP Le Milieu, La flèche rouge, le Repair Café chez ÉchoFab, La Ruche d’art Pointe St-Charles et celle de St-Henri.

Chacune des Ruches est unique et se développe suivant l’identité de son quartier et des communautés qui l’animent, proposant une diversité d’ambiances, de projets et de possibilités.

Premier arrêt, la COOP LE MILIEU

Située dans le quartier Centre-Sud de Montréal, Le Milieu est un atelier d’art communautaire et un café. Tout le monde y est bienvenu, des matériaux d’art recyclées sont gratuitement mis à la disposition des participants pendant les heures de création libre ou les ateliers de partage de savoir-faire qui sont proposés par des membres de la communauté. Le coin café, pas cher, équitable, végane, célèbre les ingrédients locaux et biologiques. On y mitonne une excellente soupe qui réchauffe les coeurs.

Autant que le souci d’une participation active et inclusive, on soutient des principes de vie écologique à travers l’art, la nourriture et le dialogue.

D’où viennent les ruches d’art ?

Une ruche d’art est une forme de tiers lieu qui vise à favoriser l’inclusion sociale par le biais des pratiques artistiques. Les Art Hives sont nées aux États-Unis, se sont répandues au Canada et ont fleuri à Montréal grâce aux travaux de la chercheure Janis Timm-Bottos de l’Université Concordia qui soutient ces initiatives. Montréal possède déjà un réseau d’une vingtaine de ruches d’art, dispersées à travers la ville, qui encouragent de nouvelles manières de concevoir les espaces de participation culturelle.

Les Ruches d’art décrivent leur approche en ces termes :

Le Réseau des Ruches d’Art relie une multitude de petits espaces régénératifs d’art communautaire, avec l’objectif de bâtir des solidarités à travers la distance géographique. Cette initiative vise à renforcer et à promouvoir les bienfaits de ces ateliers collectifs inclusifs et accueillants, à travers le Canada et le monde. Aussi connus sous le nom de « maisons publiques », ces tiers-espaces créent de multiples occasions de dialogue, de partage de savoir-faire et de création artistique, entre des gens de divers horizons socio-économiques, âges, cultures et capacités.

Une Ruche d’Art:

  • Accueille chaque personne en tant qu’artiste et croit que la création artistique est un comportement partagé par tous les humains.
  • Célèbre les forces et la créativité des individus et des communautés.
  • Encourage les expériences autonomes de créativité, d’apprentissage et de partage de savoir-faire.
  • Offre l’accès gratuitement et promeut l’économie du don.
  • Partage les ressources incluant l’abondance de matériaux d’art disponibles pour la réutilisation créative.
  • Expérimente [des] idées avec curiosité et humilité, et en utilisant des méthodes de recherche ancrées des les arts.
  • Partage les connaissances et les stratégies pour la recherche de financement et le développement économique. S’associe avec les collèges et les universités pour promouvoir les études engagées dans la communauté.
  • Jardine partout où c’est possible pour renouveler, re-générer, et répandre les graines du changement social.

Ces ateliers de créations artistiques communautaires sont apparus comme un modèle apprécié par les citoyen.ne.s dans les démarches de co-design réalisées dans les bibliothèques, les espaces de diffusion, les lieux communautaires. Ils pourraient inspirer la conception des espaces de médiation et la programmation ou les fonctions-services dans les espaces/labos de créativités/fabs labs/makerspaces de ces projets. Une nouvelle génération d’espaces culturels cherche à émerger.

Prochain arrêt, la Ruche d’art de Pointe-St-Charles.

Pour aller plus loin :

Art hives help bring creative Montrealers together, Monique Polak, The Montreal Gazette, 15 mai 2015.