Des questions pour les candidat.e.s aux élections municipales à propos des bibliothèques publiques #MaBiBLio

 

C’est aujourd’hui la dernière journée de la Semaine des bibliothèques publiques. Je profite de cette occasion pour conjuguer cette célébration avec les élections municipales, qui touchent aussi à leur fin,  en proposant une série de questions pour les candidat.e.s de Montréal – et d’ailleurs considérant que la plupart des questions peuvent être reprises dans n’importe laquelle municipalité.

Culture Montréal a déjà élaboré un ensemble de questions sur la culture à l’intention des candidat.e.s. J’ai recensé les réponses concernant les bibliothèques; cet exercice fournit un aperçu de la vision que les aspirant.e.s décideu.r.se.s entretiennent au sujet de cet équipement public qui représente souvent le premier poste budgétaire en culture, celui qui connaît la fréquentation la plus importante, et celui qui constitue à la fois un atout et un marqueur symbolique majeurs sur leurs territoires. Ces informations tirées du questionnaire de Culture Montréal m’ont servi de référentiels pour formuler certaines des questions qui suivent et qui sont adressées aux candidat.e.s.

Question 1 : Le budget des bibliothèques

Pour l’ensemble des aspirant.e.s maires.se.s :

– Est-ce que l’aspirant.e maire.sse a mesuré et peut qualifier l’impact des coupures pratiquées dans le budget de son arrondissement/municipalité sur les services de ses bibliothèques depuis les dernières élections?

Pour Denis Coderre et Valérie Plante, les questions suivantes s’ajoutent :

– Est-ce que l’aspirant.e maire.sse a mesuré et peut qualifier l’impact des coupures pratiquées dans les budgets des arrondissements/municipalités sur les services de bibliothèques à travers Montréal depuis les dernières élections?

– Est-ce que l’aspirant.e maire.sse a mesuré et peut qualifier l’impact des coupures pratiquées à la Direction des bibliothèques de Montréal sur les services offerts aux bibliothèques desservies depuis les dernières élections?

Question 2 : La bibliothèque du 21e siècle

Cette question mérite d’être posée pour que l’on puisse accéder à la perception, à la compréhension, aux priorités des futur.e.s élu.e.s au sujet des bibliothèques d’aujourd’hui :

– Selon-vous, qu’est-ce qu’une bibliothèque du 21e siècle ?

Dans une étude récente menée aux États-Unis, les décideu.r.se.s identifiaient trois rôles que les bibliothèques devaient principalement jouer auprès des citoyens. Les bibliothèques devaient 1) contribuer à la littératie numérique; 2) offrir un forum d’échanges pour les citoyen.ne.s; et 3) soutenir le milieu de l’éducation en collaborant et en agissant en complémentarité avec les écoles (Local Libraries Advancing Community Goals, 2016) Ces réponses suggèrent que les bibliothèques ont un rôle social et éducatif qui dépassent largement le service de prêt de livres auquel les élu.e.s québécois.e.s résument habituellement leur compréhension anachronique de la bibliothèque et à partir duquel ils ou elles évaluent  celle-ci – en décalage avec la réalité.

Les réponses des candidat.e.s au sondage de Culture Montréal indiquent des attentes qui correspondent assez peu à cette appréciation (qui ressort de l’enquête américaine mentionnée ci-haut) que j’estime relativement éclairée quant aux missions des bibliothèques d’aujourd’hui. Dans le meilleur des cas, certains des candidat.e.s montréalais évoquent la bibliothèque comme “lieu de vie” ou font, encore plus rarement un lien, plus ou moins convaincant, avec le “numérique”. Bref, vos candidat.e.s connaissent-ils ou elles bien leur dossier “bibliothèque” et ce que fait une bibliothèque au 21e siècle ?

Cette question se prolongera dans une troisième consacrée aux moyens à mettre en oeuvre pour créer une bibliothèque du 21e siècle.

Question 3 : Le personnel des bibliothèques

D’entrée de jeu, il faut donner un crédit certain à la vision du maire Coderre au sujet des bibliothèques. Dans un mot de bienvenue adressé aux participant.e.s du Congrès des professionnel.le.s de l’information récemment, il affirmait avoir « décidé » que les bibliothèques seraient des « ambassadrices auprès des nouveaux arrivants », des « act[rices] du changement », qu’elles devaient « participer pleinement à la Ville intelligente ». Même si les coupures menées sous son règne ont étouffé le développement des bibliothèques publiques à Montréal, à un moment crucial de leur histoire, ce discours du maire suggère qu’il est tout de même conscient que ces dernières pourraient jouer un rôle important en matière d’inclusion sociale et numérique.

Par ailleurs, les défis et les priorités d’actions identifiés par les candidat.e.s (dans le questionnaire de Culture Montréal) portent principalement sur l’augmentation des heures d’ouverture, la rénovation, l’agrandissement ou la construction des bibliothèques.

Or, pour agir en matière d’inclusion sociale et numérique, pour augmenter les heures d’ouverture, pour agrandir une bibliothèque qui vient avec des nouveaux services, cela suppose de se doter de personnel qualifié qui permettront d’atteindre ces objectifs.

Si on compare la situation des bibliothèques de Montréal à celle des autres grands réseaux au Canada, le nombre de bibliothécaires, notamment, par habitant est largement et historiquement sous les normes – des normes dont la direction générale ne veut guère entendre parler au demeurant. On peut dès lors demander:

– Comptez-vous doter adéquatement les bibliothèques pour leur permettre de remplir les défis qui sont ceux de l’inclusion sociale et numérique, de l’augmentation des heures d’ouverture et des nouveaux espaces?

Les espaces contribuent au rôle social des bibliothèques, mais du personnel qualifié en nombre suffisant est nécessaire pour les animer et soutenir l’inclusion sociale et numérique. De plus, mettre à niveau les superficies de bibliothèques, sans mettre à niveau la dotation est une décision irresponsable. Et c’est ainsi que l’on fonctionne à Montréal depuis les dernière élections.

Question 4 : L’inéquité québécoise

Je reviens sur cet article paru dans le Devoir cette semaine qui soulignait à quel point le destin des bibliothèques publiques étaient à la merci de la “vision” des maires : « D’une ville à l’autre, on retrouve des bibliothèques de qualité inégale, parce que tout dépend de l’équipe en place [à l’hôtel de ville], tout dépend de la vision » (Chantal Brodeur, présidente de l’Association des bibliothèques publiques du Québec).

En d’autres termes, on entretient une forme d’inéquité au Québec entre les citoyen.ne.s quant aux services de bibliothèques qui sont confiées à l’arbitraire des élu.e.s qui décident du budget et du projet de celle-ci. Chantal Brodeur ajoute : « Qu’est-ce que ça veut dire l’excellence en bibliothèque ? On n’a pas de normes au Québec pour l’encadrer, aucune loi qui oblige les villes à offrir un service précis, tant de places assises, un minimum de livres… » Et l’article de poursuivre :

La porte-parole de cette association constituée de 160 membres partout au Québec reconnaît qu’en l’absence d’un « énoncé gouvernemental qui officialise la mission des bibliothèques publiques », il faut se référer aux textes de… l’UNESCO. « Ce n’est pas normal, clame Chantal Brodeur. Il faudrait quelque chose plus près des gens. » La dépendance des bibliothèques à l’administration municipale explique qu’il est difficile de trouver, même chez les établissements mal soutenus, des directions prêtes à témoigner de leur situation. Elles sont prises entre l’arbre et l’écorce, dans un jeu de diplomatie municipale. »

En d’autres termes, même si la situation des bibliothèques est affligeante, que le personnel est au bout du rouleau, personne n’osera parler parce que les employé.e.s et les cadres sont muselé.e.s, contraints au silence que ce soit à la Ville de Montréal ou dans les autres municipalités, sous peine de sanctions qui peuvent aller jusqu’à leur congédiement.

Dans le but de reprendre cet appel pour une loi sur les bibliothèques, ou un cadre normatif, la question suivante s’impose  :

– Entendez-vous (vous les élu.e.s) demander au gouvernement du Québec de prendre ses responsabilités en matière de bibliothèques, de doter celles-ci d’une loi – comme il en existe dans les pays où ces institutions sont les meilleures – et d’un service dédié, compétent et relié aux citoyen.ne.s, qui les supportent dans les nouveaux rôles éducatifs et culturels qui leur sont dévolus, en définissant des normes ou des orientations minimales nécessaires ?

Ce ne sont peut-être pas les réponses des candidat.e.s à ces questions, si nous en obtenons, qui changeront votre intention de vote, mais n’est-ce pas le moment d’engager une conversation avec ceux et celles qui, très bientôt, prendront le pouvoir, le moment d’amorcer un dialogue qui soit susceptible de contribuer à améliorer, sinon les bibliothèques, du moins la qualité et la cohérence de leurs discours à leur sujet? Cette dernière question est pour vous.

Mot du maire Denis Coderre

À ce propos, je reproduis l’intégralité du mot de bienvenue du maire Denis Coderre adressé aux participant.e.s du Congrès des professionnel.le.s de l’information qui s’est tenu du 11 au 13 octobre 2017 qui s’intitulait incidemment « Survivre à la gestion. » Il faut le reconnaître ce discours est porteur d’une vision forte et actuelle des bibliothèques publiques. Est-ce que la réalisation de cette vision est véritablement (et pas seulement en paroles) au programme de son prochain mandat si il est élu?

 

Bienvenue à tous les participants,

Le principal défi des gestionnaires – peu importe le domaine d’activité – est sans aucun doute la gestion du changement. Depuis quelques années, force est de constater que les bibliothèques sont aux premières lignes des changements que vivent nos sociétés. Et si elles veulent demeurer pertinentes et remplir leur mandat, nos bibliothèques se doivent de répondre aux nouveaux besoins en cherchant continuellement à innover. Qu’on pense seulement aux nombreuses opportunités que représentent les nouvelles technologies de l’information, ou encore aux défis engendrés par une clientèle de plus en plus diverse.

À la Ville de Montréal, nous avons décidé que nos bibliothèques municipales ne seraient pas que de simples spectateurs, mais bien des acteurs du changement. Elles participent à part entière à la ville intelligente, en intégrant des Fab Labs, c’est-à-dire des ateliers de fabrication numérique au sein desquels des outils, comme des imprimantes 3D, sont mis à la disposition des citoyens pour leur permettre de développer des projets individuels et collectifs.

 

Elles agissent également comme des ambassadrices auprès des nouveaux arrivants en mettant à leur disposition des milliers de documents en plusieurs langues et sur plusieurs supports. Elles proposent aussi une foule d’informations pratiques sur la vie à Montréal, des outils pour faciliter la recherche d’emploi, des renseignements sur les ressources présentes dans les quartiers, et bien davantage. C’est d’ailleurs pourquoi elles étaient représentées au Salon de l’immigration et de l’intégration du Québec 2017.

Enfin, nos bibliothèques innovent et investissent de nouveaux domaines, comme le prêt d’instruments de musique. Depuis près d’un an, une dizaine de bibliothèques participent à ce nouveau programme.

 

Bref, s’il faut gérer, gérons intelligemment avec un regard sur un monde où le changement est permanent.

 

Bon congrès

| Ces images ont été empruntées à la campagne de l’ABPQ dans le cadre de la Semaine des bibliothèques publiques 2017 |

4 vidéos qui célèbrent la Semaine du libre accès dans les universités québécoises #OAW

C’est la 10e Semaine internationale du libre accès jusqu’au 27 octobre. Comment en faire la promotion? Parmi les possibilités, celle d’aider les universitaires à déposer leurs articles et leurs travaux dans un dépôt institutionnel s’impose. Florence Piron, professeure à l’Université Laval, a lancé l’idée de créer une vidéo éducative. Quatre universités québécoises ont relevé le défi. D’abord, ne manquez pas la vidéo promotionnelle de l’Université McGill créée par K. Jane Burpee. Très chouette !

Des tutoriels pour les archives ouvertes


La vidéo de l’Université Laval créée par Florence Piron et déposée sur la chaine YouTube des bibliothèques.


La vidéo de l’Université Concordia créée par Danielle Dennie. Elle est aussi accessible ici.


Et voici ma contribution avec ce tutoriel qui montre comment on peut déposer en quelques minutes un document dans Papyrus, le dépôt institutionnel de l’Université de Montréal. La vidéo est également annoncée dans les Nouvelles de même que sur la page Papyrus de l’EBSI.

 

Les universités québécoises et la Semaine du libre accès / Open Access 2017 #SOA2017

 

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Voici un sommaire des activités qui se tiendront dans les universités québécoises dans le cadre de la Semaine du libre accès / Open Access 2017 #SOA2017. Cet inventaire offre un certain aperçu de l’engagement et de l’intérêt de ces institutions pour la question. Si certaines activités prévues m’ont échappé, n’hésitez pas à m’informer, je ferai la mise à jour avec plaisir.

Lundi
UMcGill : La conférence du professeur Vincent Larivière (EBSI) à la bibliothèque l’Université McGill :
http://www.mcgill.ca/library/channels/event/talk-scholarly-communication-open-access-what-researchers-should-know-vincent-lariviere-canada-270815

UQAM : Comment publier en libre-accès (bibliothèque des sciences) : http://www.bibliotheques.uqam.ca/libre-acces/semaine/2017/activite/comment-publier-en-libre-acces-1

Mardi
UdeM : Le colloque sur l’accès libre au CRIHN :
http://www.crihn.org/nouvelles/2017/10/03/colloque-sur-lacces-libre/

UQAM : Comment publier en libre-accès (bibliothèque des sciences de l’éducation):
http://www.bibliotheques.uqam.ca/libre-acces/semaine/2017/activite/comment-publier-en-libre-acces-2

Mercredi
UdeM : La conférence midi de l’EBSI (en collaboration avec l’Université Laval) : Le combat pour le libre-accès en Haïti: les obstacles et les réalisations du REJEBECSS.
https://www.facebook.com/events/900063010170397/

UdeM : Publier en libre accès: c’est plus facile que vous ne le croyez! (Bibliothèque de la santé) : http://www.bib.umontreal.ca/GIF/WebFormFormation.aspx?numform=6297

UQAM : Contribuer à Wikipédia (bibliothèque centrale) :
http://www.bibliotheques.uqam.ca/libre-acces/semaine/2017/activite/contribuer-a-wikipedia

Café des savoirs libres : Soirée contributive Wikipédia + LGBTQ à la bibliothèque Livres ouverts :
https://www.facebook.com/events/2025826224314821/

Jeudi
UQAM : La plate-forme numérique Érudit (bibliothèque centrale) :
http://www.bibliotheques.uqam.ca/libre-acces/semaine/2017/activite/la-plateforme-numerique-erudit

Vendredi
ULaval : Le combat pour le libre-accès en Haïti : les obstacles et les réalisations du REJEBECSS.

UQAM : Le dépôt et la délégation de dépôt dans Archipel (bibliothèque centrale) :http://www.bibliotheques.uqam.ca/libre-acces/semaine/2017/activite/depot-dans-archipel

À ma connaissance, les bibliothèques de l’UQAM sont les seules à offrir une programmation qui s’étend sur toute la semaine.

Quatre universités ont accepté de participer à une initiative, proposée par Florence Piron (U. Laval), visant à créer une vidéo sur le dépôt institutionnel : l’Université Concordia, l’Université Laval, l’Université McGill, l’Université de Montréal (EBSI). Je ne connais pas encore les dates de publication de ces vidéos.

Certaines de ces activités ont commencé à être annoncées dans l’Agenda du libre :
http://agendadulibre.qc.ca/

On peut trouver sur Wikipédia une page consacrée à la « Open Access Week » : https://fr.wikipedia.org/wiki/Open_Access_Week
Ce pourrait aussi être l’occasion d’initier une discussion pour renommer la page « Semaine du libre accès » au cours de ce Mois de la contribution.

Il existe une liste de discussion sur la Semaine du libre accès/Open Access QC : S’abonner ➙ https://framalistes.org/sympa/subscribe/semaineoa2017

Bonne semaine !

Culture ouverte et savoir libre à l’EBSI #SQIL2017 #COPIBECpasenmonNOM


C’est la rentrée, c’est la Semaine de l’Informatique libre (SQIL), quoi de mieux qu’une session éclair (traduction de Ignite Session) pour déclencher, ou ranimer, les étincelles de l’engagement personnel, professionnel et académique ?  Ce midi à l’EBSI en l’espace d’une heure ont défilé des actrices et des acteurs parmi les plus investi.e.s  dans les mouvements du libre et des communs numériques à Montréal. L’invitation était formulée comme suit par mon collègue, Guillaume Boutard, responsable du cocomi :

Les conférences midi en partenariat avec la Semaine québécoise de l’informatique libre (SQIL) accueillent une session éclair sur la thématique de la culture ouverte et des savoirs libres. C’est donc des communs numériques, de l’accès général à la ressource numérique et de ses modalités d’accès et de mise en place dont il sera question. On pourra y croiser les thèmes des contenus culturels et éducatifs libres, de l’éducation au numérique, de la participation au débat publique, de l’accès aux publications, aux données ouvertes et liées.
À l’heure, notamment, du lancement de la Stratégie numérique du Québec et de l’ouverture du fonds Stratégie numérique du Conseil des arts du Canada, la question des savoirs libres est au cœur de l’actualité. Ne manquez pas ce premier rendez-vous de la saison où plusieurs conférencières.ciers viendront présenter en session éclair des projets autour de la SQIL.

Les étudiant.e.s ont répondu en grand nombre, et j’ai reçu des courriels me demandant de partager les contenus et les projets présentés.

Voici, en ordre de présentation, quelques notes et des liens qui ont servi de support lors des interventions.

 Le Café des savoirs libres

François Charbonnier et Lëa-Kim Châteauneuf, tous les deux bibliothécaires, ont présenté le Café des savoirs libres et le sens de l’engagement de ceux et celles qui le font vivre à travers une diversité d’actions portant sur les communs numériques. Les projets et les activités du collectif se déroulent presque toujours en partenariat avec les bibliothèques publiques, notamment les bibliothèques de Montréal, et d’autres organismes dont les missions sont convergentes : Wikimedia Canada, OpenStreetMap, FACIL, SavoirsCom1, etc. Le Calendrier de l’Avent du domaine public a fait l’objet d’une attention particulière : il fait beau, mais pour nous, Noël s’en vient, et nous avons besoin de mains pour écrire les notules destinées à célébrer l’aréopage 2018 des entrants dans le domaine public.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec, BAnQ (volet bibliothèque)

Anne-Marie Boisvert, bibliothécaire à BAnQ, a décrit trois activités en collaboration avec Wikimedia Canada et OpenStreetMap qui offrent aux participant.e.s la possibilité de contribuer à la diffusion du patrimoine documentaire québécois sur Internet : Mardi, c’est wiki, Wikicommons, Mercredi cartographie.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec, BAnQ (volet archives)

Frédéric Giuliano de BAnQ, archiviste et coordonnateur, a fait le récit de la collaboration croissante entre les archives nationales et Wikimedia Canada. Comme Anne-Marie Boisvert, il a insisté sur les motifs de cette transformation de la culture professionnelle et organisationnelle qui nous pressent à s’engager dans cette voie.

J’ajoute la captation vidéo de la conférence livrée à Wikimania 2017 par Hélène Laverdure, conservatrice et directrice générale des Archives nationales de BAnQ, et Frédéric Giuliano, ainsi que les articles produits sur les activités réalisées au cours de ce congrès par Radio-Canada :

OpenStreet Map Montréal

Responsable du chapitre montréalais d’OpenStreet Map, Pierre Choffet a présenté les fondamentaux de la cartographie libre en soulignant l’intérêt de travailler avec les bibliothèques publiques au sein d’activités qui rejoignent les citoyen.nes dans les quartiers, véritables expert.e.s de leur territoire. Outre, les Mercredi cartographie à BAnQ, les Café des savoirs libres dans les bibliothèques publiques, des cartoparties sont aussi organisées au fil des saisons.

La Cinémathèque québécoise

Marina Gallet, responsable de la Médiathèque Guy-L.-Coté,  a présenté le projet de la Cinémathèque québécoise autour des communs via les projets Wikimédia. Trois types d’activités sont prévus dès cet automne :

  • Une séance photo de cinéastes invités au dévoilement des activités et du graphisme des prochains Sommets du cinéma d’animation, qui s’est déroulée le mercredi le 13 septembre et dont les images ont été versées dans Commons.
  • Un atelier contributif tous les 3èmes mercredis de chaque mois, de 18h à 21h, du 20 septembre au 20 juin. Chaque atelier est dédié à un.e cinéaste d’animation québécoise. Un premier edit-a-thon consacré à Janet Perlman a eu lieu cette semaine ; les photos de l’activité sont visibles sur Commons.
  • Une présentation de wikipédia/wikidata/wikimediaCommons, visant principalement les professionnels du cinéma, qui aura lieu lors du festival des Sommets du Cinéma d’animation.
  • La page GLAM de la Cinémathèque québécoise 

Marina Gallet a rappelé les raisons qui ont amené la Cinémathèque québécoise à s’engager dans cette collaboration avec Wikimedia Canada et le Café des savoirs libres. En tant que référence mondiale en cinéma d’animation, conservant et documentant un important patrimoine en la matière, la Cinémathèque a estimé qu’elle avait une responsabilité à l’égard de la qualité des données et des ressources offertes au public sur cette plate-forme qui est une des plus visitées dans le monde ; ensuite, cette visibilité contribue à la promotion du cinéma d’animation QC et, du même coup, à préserver le positionnement de cette institution comme une autorité dans le domaine.

Il était aussi important de réaliser, selon elle, qu’il est dommage de garder ce travail de documentation et de préservation pour soi en interne ou sur le site Web (sur le Web et non dans le Web), alors qu’il peut servir à tellement d’autres personnes lorsqu’on le rend accessible librement.

FACIL et la SQIL

Président de FACIL et responsable de la coordination de la SQIL, Mathieu Gauthier-Pilote a présenté les Services FACIL, un projet complémentaire aux Chatons de FRAMASOFT, qui visent à contribuer à la dégooglisation de l’internet. C’était aussi l’occasion d’aborder, la question de l’inclusion numérique en considérant, à rebours des interventions des invité.e.s précédent.e.s qui célébrait l’ouverture et le partage, la configuration de ce territoire numérique dont on voudrait s’exclure et des informations que l’on souhaiterait ne pas partager.

Le recours collectif de Copibec c. l’Université Laval

Invité surprise, et qui a bien voulu accepter de se joindre à nous malgré une invitation tardive : Emmanuel Château-Dutier, professeur à l’Université de Montréal, est venu exposer le sujet très chaud du recours collectif de Copibec c. l’Université Laval. Il a parlé des conséquences néfastes que ce procès pourrait entraîner si le principe de l’utilisation équitable des oeuvres dans le contexte de l’éducation et de la recherche au Canada était remis en question par le biais d’un jugement défavorable à cette exception. Les auteur.e.s d’ici, et d’ailleurs, soumis au régime de COPIBEC, et qui sont sensibles à la question du droit collectif dans un tel contexte, sont invité.e.s à se retirer avant le 15 octobre de ce recours collectif.  [Je propose le mot-clic  #COPIBECpasenmonNOM ]

Emmanuel Château-Dutier a accepté de fournir également des contenus au sujet de l’affaire Copibec sous forme de revue de presse :

La Déclaration des communs

Pour clôturer la séance, des copies de la Déclaration des communs, qui résument les principes et les partis pris de ces engagements à l’endroit de la culture ouverte et des savoirs libres, ont été remises à l’audience. Rappelons que nous attendons toujours que la ministre Anglade nous disent ce qu’elle en pense, et où elle loge en regard de ces propositions soumises dans le contexte de la consultation citoyenne pour la Stratégie numérique – et qui se fait attendre.

C’était court, dense et intense…Un immense merci à tou.tes. les intevenant.e.s et  les participant.es. Si vous avez des questions sur ces initiatives, il me fera plaisir d’y répondre ou de vous re-diriger vers les porteurs et les porteuses de projets.

Note : Cette année, l’EBSI est partenaire d’activités de la SQIL.

Une Déclaration des communs numériques portée par l’alliance de dix-neuf organismes de l’écosystème numérique québécois

Dix-neuf associations, collectifs, entreprises et organismes sans but lucratif, qui jouent un rôle actif dans l’écosystème numérique québécois, s’unissent pour signer une Déclaration des communs numériques dans le cadre du processus de consultation de la Stratégie numérique du Québec. Ce document, rédigé collaborativement par ces différents  act.eurs réitère  l’importance d’inscrire cette démarche de consultation en se préoccupant globalement des transformations de notre société dans la transition numérique plutôt que d’orienter celle-ci sur les impératifs économiques du changement technologique.  La Déclaration affirme l’urgence de remettre le numérique au service de l’humain, de ses capacités fondamentales et des biens communs afin d’améliorer la vie des gens et de soutenir une démocratie plus inclusive.

Puis, lors d’une première rencontre d’idéation, le 12 novembre 2016, à la bibliothèque Mordecai-Richler, les organismes signataires accompagnés de citoyen.ne.s ont entamé le patient et périlleux processus qui consiste à s’entendre sur des principes et une vision partagée du numérique. L’orientation fondamentale du travail autour de la Déclaration n’est certainement pas étrangère au contenu de la conférence de Valérie Peugeot pendant la Semaine québécoise de l’informatique libre (SQIL) et qui portait sur les biens communs numériques.

Le texte final de la Déclaration souligne le rôle des bibliothèques dans un contexte favorable à la création, la défense et la promotion des communs numériques :

Les contenus culturels et éducatifs libres ainsi que le domaine public doivent être protégés et promus par les politiques publiques. Les organisations du secteur culturel doivent collaborer et partager les métadonnées. En outre, les institutions de mémoire doivent rendre les œuvres du domaine public librement accessibles et jouer un rôle actif dans l’identification, la préservation, la curation de ces dernières.

La Déclaration rappelle leur fonction essentielle de tiers lieu, mais aussi leur apport en matière d’inclusion numérique :

L’éducation au numérique doit viser le développement de compétences structurantes : la collaboration, l’esprit critique, la citoyenneté active, la littératie numérique et médiatique, la sensibilisation aux enjeux du numérique. Ces compétences doivent précéder les apprentissages liés aux usages technologiques dans les établissements scolaires, les bibliothèques et les organismes dédiés. Elle doit supporter la formation continue et la formation tout au long de la vie, en intégrant les différents acteurs du milieu éducatif, formel et informel, et culturel afin de profiter des opportunités éducatives, économiques et sociales offertes par ces technologies dans une perspective d’inclusion numérique.

On peut lire la Déclaration sur la plate-forme « Objectif numérique », et jusqu’à demain on peut y apposer un «J’aime»  ainsi que des commentaires. Les personnes, les groupes, les organismes, etc. qui souhaiteront appuyer la Déclaration formellement pourront le faire en l’indiquant clairement dans un commentaire.

Les signataires pourront naturellement reproduire la Déclaration (qui porte la Marque du Domaine Public 1.0) sur leurs sites ou leur blogues respectifs ou encore faire un lien vers la copie déposée dans «Objectif numérique». Le partage peut également se pratiquer à l’enseigne du mot-clic #stratnumQc

Des informations concernant le contexte de création de la Déclaration, et son esprit, sont présentées dans cet article du Café des savoirs libres – qui fait partie des signataires de la Déclaration.