Le nouvel AEUMC (ALENA) entraînerait l’extension du droit d’auteur au Canada

Négatif d’une photographie de Conrad Poirier dont l’entrée de l’oeuvre dans le domaine public canadien est prévue pour 2019 – suivant la législation ayant cours jusqu’à ce jour.

Le nouvel () entraînerait une extension du  au Canada. Les oeuvres de l’esprit n’entreront plus dans le domaine public 50 ans après le décès de l’auteur.e, comme c’était le cas jusqu’à ce jour, mais 70 ans après la vie de l’auteur.e suivant les dispositions de cet accord commercial. 

Cette information a été relayée par le journal Le Devoir.

Le domaine public rassemble les œuvres de l’esprit pour lesquelles les droits d’auteur.e sont expirés. En vertu de ce statut, les oeuvres sont désormais librement accessibles en tant que communs. Il est possible de les partager, de les copier, de les remixer sans demander d’autorisation ou payer des droits; un contexte qui crée des conditions favorables à l’accès, aux usages éducatifs et culturels, à l’innovation.

Jusqu’à ce jour, et suivant sa législation, le Canada appartenait à la catégorie des pays dits «vie+50» où les droits expirent 50 ans après la mort de l’auteur.e. Il semble que dans la foulée de ce nouvel accord commercial avec les États-Unis, le Canada rejoigne la catégorie des pays «vie+70» – comme c’est le cas de la France également. Cette situation compromet l’équilibre du droit d’auteur au Canada au détriment des usagers.

Pour reprendre les termes de Michael Geist :

Cependant, le principal changement en matière de droit d’auteur pour le Canada est la prolongation de la durée du droit d’auteur au-delà du standard international de la vie de l’auteur plus 50 ans après le décès à plus de 70 ans après le décès. La durée du droit d’auteur ne pouvait pas empêcher un accord commercial majeur et le Canada avait accepté une prolongation dans le PTP initial. Cependant, le coût sera considérable, bloquant les œuvres du domaine public pendant des décennies et augmentant potentiellement les coûts de l’éducation de plusieurs millions de dollars. Du point de vue de la politique intérieure, le changement devrait avoir une incidence sur le réexamen en cours du droit d’auteur, car la prolongation de la durée du contrat est l’une des principales demandes des titulaires de droits et des préoccupations des utilisateurs. La prolongation modifie l’équilibre du droit d’auteur au Canada et devrait être prise en compte dans les réformes futures, y compris concernant les avantages de l’extension de l’utilisation équitable afin de rétablir l’équilibre. (Ma traduction)

[Texte original] Yet the major copyright change for Canada is the extension in the term of copyright beyond the international standard of life of the author plus 50 years to life of the author plus 70 years. The term of copyright was never going to hold up a major trade agreement and Canada did agree to an extension in the original TPP. However, the cost will be significant, locking down works from the public domain for decades and potentially increasing educational costs by millions of dollars. From a domestic policy perspective, the change should impact the current copyright review as term extension has been one of the top requests from rights holders and areas of concern for users. The extension shifts the copyright balance in Canada and should be factored into future reforms, including the benefits of extending fair dealing to restore the balance. (Michael Geist, From Copyright Term to Super Bowl Commercials: Breaking Down the Digital NAFTA Deal)

C’est un jour sombre pour le domaine public canadien, la diffusion et l’utilisation des  et des #oeuvres de l’esprit, les droits des usagers, les #communs, l’éducation.

Le collectif du Café des savoirs libres avait l’habitude de célébrer les entrant.e.s dans le domaine public canadien depuis quelques années par le biais d’un calendrier de l’Avent du domaine public Qc (édition 2017, 2018). Cette initiative était menée en collaboration avec des collègues français et permettait de souligner la comparaison entre les pays  «vie+50» et «vie+70».

D’autres informations :

OpenCon Satellite Montréal 2018 #libreaccès #libreéducation #donnéesouvertes

Avec la complicité de Jean-Sébastien Sauvé, il me fait plaisir d’annoncer cet OpenCon Satellite Montréal 2018 qui se tiendra le 19 octobre prochain; un événement qui précède et qui pave la voie pour la Semaine du libre accès.

C’est une occasion unique de découvrir, de mettre en commun, d’amplifier des projets, des idées et des savoirs sur le libre accès, la libre éducation et les données ouvertes, développés un peu partout au Québec. L’éventail des invité.e.s est remarquable; elles et ils ne manqueront pas de nous inspirer.

L’événement se déroulera le vendredi 19 octobre au Carrefour des sciences de l’Université de Montréal. Pour réserver votre place : https://www.eventbrite.com/e/billets-opencon-satellite-montreal-2018-50889535972

Le descriptif de l’événement

SPARC, organisme dédié à la promotion du libre accès, est à l’origine d’un mouvement qui s’adresse aux professionnel.le.s de tous les milieux s’intéressant à l’Open Access, l’Open Science, l’Open Education et l’Open Data. En plus d’une réunion annuelle internationale (http://www.opencon2018.org), il soutient l’organisation d’événements satellites pour en faire la promotion à une échelle locale.

C’est dans cette perspective que l’EBSI, en collaboration avec le Centre de recherche interuniversitaire sur les humanités numériques et les Bibliothèques de l’Université de Montréal, désire vous inviter à cette première édition de OpenCon Satellite Montréal.

La journée sera divisée en quatre périodes : trois panels d’intervenant.e.s portant sur le libre accès, la libre éducation et les données libres, suivis d’un atelier de nature interactive.

Le programme*

10h00 – Mot de bienvenue

10h15-11h45 – Session 1. Ressources éducatives libres

  1. Pascale Blanc (Vitrine technologie-éducation)
  2. Nicolas Boivin (MOOC Littératie financière – UQTR)
  3. Isabelle Laplante (ÉDUQ)
  4. Robert Gérin-Lajoie (EDUlib – UdeM)
  5. Simon Villeneuve (Cégep de Chicoutimi)
  6. Hugh McGuire (Librivox)

 [Discussion : 30 minutes]

11h45-12h45 – Session 2. Données ouvertes

  1. Patrick Lozeau (Laboratoire d’innovation urbaine de la Ville de Montréal)
  2. Marina Gallet (Wikidata – Cinémathèque québécoise)
  3. Diane Sauvé (Bibliothèques de l’Université de Montréal)
  4. Mathieu Gauthier-Pilote (Fondation Lionel-Groulx)

 [Discussion : 20 minutes]

12h45-13h30 – Dîner libre

13h30-14h45 – Session 3. Libre accès

  1. Florence Piron (Éditions science et bien commun, Université Laval)
  2. Émilie Paquin (Érudit)
  3. Geoffrey R. Little (Presses de l’Université Concordia)
  4. Michael E. Sinatra et Marcello Vitali Rosati (Collection Parcours numériques, Centre de recherche interuniversitaire sur les humanités numériques, Université de Montréal)
  5. Émilie et Jean-Marie Tremblay (Les Classiques des sciences sociales)

 [Discussion : 25 minutes]

 14h45-15h00 – Pause

15h00 – 17h00 – Atelier

17h00 – Mot de la fin

 *Les interventions d’une durée de 10 minutes seront suivies par une discussion.

Les bibliothèques dans les Villes interculturelles

La bibliothèque interculturelle, rue Côtes-des-Neiges, Montréal

J’ai été ravie par la programmation et par l’invitation de la Table des bibliothécaires des Bibliothèques de Montréal portant sur « L’interculturel dans les services en bibliothèques ». Je partage le support de ma présentation.

Je joins aussi le programme dans le but de documenter cette activité de formation qui s’est déroulée, comme il se doit, à la bibliothèque interculturelle dans l’arrondissement Côtes-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce (Montréal). 

Cette citation, qui réfère au développement de compétences (inter)culturelles, donne le ton de mon intervention : « Les professionnel.e.s en bibliothèque doivent s’engager dans une réflexion critique puis s’impliquer dans une démarche pour mieux connaître leur communauté, en menant leurs propres recherches et enquêtes et en établissant des relations avec les membres de la communauté et en leur parlant. » (Cooke, Nicole, A., 2017, 12) (ma traduction)

 

 

Lettre au Ministre : Lire et écrire : une priorité ?

Je reproduis ici, en y apportant mon appui, l’intégralité de la lettre parue dans l’édition du Devoir du 10 mars 2018 signée par Marie-Hélène Charest et Marie-Josée Proulx-St-Pierre qui sont bibliothécaires scolaires.

Monsieur le Ministre,

C’est avec grand intérêt que les bibliothécaires scolaires ont lu votre livre, espérant y trouver une vision à laquelle adhérer. Un ministre de l’Éducation qui parle de lecture! Il y avait de quoi s’emballer. Hélas, encore une fois, nous sommes déçues. En tant que responsables de la gestion des bibliothèques, le service éducatif complémentaire le plus apte à servir votre vision, nous avions espoir d’occuper une place privilégiée dans votre réflexion. En effet, comment parler de lecture sans aborder le rôle crucial que devraient jouer la bibliothèque et son personnel qualifié dans une école?

Au cours de la dernière décennie, votre ministère a massivement investi dans la bibliothèque scolaire. Il a même engagé une centaine de bibliothécaires pour l’ensemble du réseau. Par contre, au-delà de ces embauches, jamais votre ministère n’a cherché à savoir ce que nous faisons concrètement pour participer à la réussite des élèves. Nous tentons d’attirer votre attention depuis votre entrée en fonction par de nombreuses actions, notamment en participant à vos consultations sur la réussite éducative et sur la stratégie numérique. En vain! Vous savez, Monsieur le Ministre, être bibliothécaire, c’est tellement plus que d’acheter des livres pour les écoles. Il y a entre autres le développement des collections qui vise à maximiser chaque dollar investi – à l’opposé des achats discutables effectués actuellement par certaines écoles –, la gestion financière, la création de bibliothèques numériques qui facilitent la médiation et la diffusion et, surtout, la formation aux compétences informationnelles. Voyez-vous déjà un peu mieux comment nous pouvons vous aider?

Nous nous questionnons sur certaines incohérences du système que nous avons maintes fois dénoncées, mais qui demeurent lettres mortes. Nous avons besoin de réponses, Monsieur le Ministre. Comment se fait-il que le ratio 1 bibliothécaire pour 5 000 élèves, ratio établi par votre ministère et qui devrait être revu d’ailleurs, ne soit pas encore atteint, 10 ans après la mise en place du plan d’embauche? À l’heure actuelle, avec une population de près d’un million d’élèves, les 104 bibliothécaires en poste doivent chacune offrir des services à plus de 10 000 jeunes. Comment se fait-il que des commissions scolaires n’aient aucun service de bibliothécaires scolaires? Que nous, professionnelles, consacrions notre temps à faire des tâches techniques qui relèvent d’un autre corps d’emploi? Que devant l’ampleur de la tâche, nous soyons proches de l’épuisement? Et à raison. Comment espérer offrir un véritable service à la communauté scolaire lorsque nous n’avons pas tous les outils et le personnel technique nécessaires pour le faire ou que le territoire à couvrir est si grand que nous passons plus de temps sur la route qu’entre les murs d’une école? Comment se fait-il qu’aucun bibliothécaire scolaire ne travaille actuellement dans votre ministère pour vous accompagner vers une vision bibliothéconomique du changement et pour guider vos troupes sur le terrain? Pourtant, vous avez en votre possession le rapport Bouchard, publié en 1989. Ce dernier fait état de la situation des bibliothèques scolaires et émet de précieuses recommandations pour les exploiter adéquatement. Plusieurs d’entres elles attendent encore d’être mises en application trente ans plus tard.

Le numérique semble être parmi vos principales préoccupations et à raison, puisque l’arrivée de ce nouveau média a clairement décuplé l’accès à l’information. Cependant, saviez-vous que les bibliothécaires scolaires ont les connaissances et le savoir-faire pour former les élèves aux compétences informationnelles et pour les aider à naviguer à travers la tonne d’information à laquelle ils accèdent chaque jour? L’UNESCO, que vous citez à plusieurs occasions dans votre livre, s’est d’ailleurs prononcée en ce sens en élaborant les cinq lois de l’éducation aux médias et à l’information. La première loi veut que l’ensemble des fournisseurs d’information, dont le Web et la bibliothèque, soient destinés équitablement « à être utilisés au service de l’engagement critique des citoyens ». Or, plusieurs bibliothécaires sur le terrain ne peuvent offrir cet accompagnement aux enseignants et aux élèves, par manque de ressources, par manque de reconnaissance de notre expertise et par manque de temps parce qu’elles se consacrent prioritairement aux fonctions de base que sont le développement et le traitement des collections.

Finalement, expliquez-nous, Monsieur le Ministre, comment nous devons aider les élèves ayant des besoins particuliers qui viennent à la bibliothèque pour accéder à un livre numérique. Ceux qui ont le plus besoin de nos services pour réussir repartent bredouilles. Car en 2018, il est encore impossible pour les bibliothèques scolaires de prêter des livres numériques, rendant nos services désuets. Depuis plus de trois ans, nous attendons l’aboutissement d’un projet ministériel visant le déploiement d’une plate-forme de livres numériques pour les écoles québécoises. Trois ans, Monsieur le Ministre, que le milieu attend la mise en oeuvre d’une solution pour nous permettre d’offrir des services de qualité à tous les élèves et de transporter nos bibliothèques à l’ère numérique. Vous avez consacré des mesures pour fournir à des jeunes des portables et des logiciels pour les aider à mieux réussir, mais vous avez oublié l’essentiel : l’accessibilité aux livres! L’accessibilité à la littérature, ce n’est pas juste acheter des livres, Monsieur le Ministre. C’est aussi offrir aux élèves et aux enseignants des bibliothèques scolaires pédagogiques qui répondent à de hauts critères de performance.

Il est temps, Monsieur le Ministre, de rendre nos bibliothèques scolaires efficientes, nous donnant la possibilité de développer de réels carrefours d’apprentissage, des bibliothèques modernes et performantes où l’on trouve du personnel qualifié en nombre suffisant, des collections physiques et numériques diversifiées et accessibles aux élèves, et de l’accompagnement efficace aux enseignants voulant utiliser de façon pédagogique les ressources. Voilà ce qui fera de nous, bibliothécaires scolaires, des acteurs importants dans le réseau, travaillant à l’atteinte du même objectif que vous : former et développer de bons lecteurs. Nous sommes sur le terrain avec une expertise pouvant faire avancer votre vision. Nous demandons de pouvoir faire notre travail et de le faire dans des conditions gagnantes.

Marie-Hélène Charest et Marie-Josée Proulx-St-Pierre, bibliothécaires scolaires

Art + féminisme a 5 ans : Le fossé des genres sur Wikipédia en 5 constats et autant de convictions

Les édit-a-thons Art + Féminisme célèbrent leur cinquième anniversaire en 2018. Art + Féminisme est un campagne qui a pour but d’améliorer la présence et la représentation des femmes cis et transgenres, du féminisme et des arts sur Wikipédia. L’initiative s’adresse aux personnes de toutes les identités de genre et de toutes les expressions qui sont intéressé.e.s à apprendre les rudiments de l’édition sur Wikipédia dans le cadre d’un marathon contributif. Comme plusieurs bibliothèques, universités et musées, etc. dans le monde au cours du mois de mars, la Bibliothèque des lettres et sciences de l’Université de Montréal tient son édit-a-thon demain entre 13h et 18h.

Cinq constats

Ces interventions ciblent le fossé des genres dans l’ouvrage de référence le plus populaire dans le monde : Wikipédia. Certains des constats qui motivent la campagne Art + féminisme sont présentés dans la vidéo introductive :

1. Entre 10% et 13% seulement des personnes qui éditent seraient des femmes;
2. Les contributions relatives à des femmes seraient plus souvent retirées (reverted);
3. Les articles qui portent sur des sujets associés à la culture dite féminine (les bracelets d’amitié par exemple) sont plus courts, souvent à l’état d’ébauche, avec un historique de contributions et de contributeurs moins élaboré que d’autres articles de même type généralement liés à la culture dite masculine (jouets de guerre ou cartes de baseball).
4. Le biais lexical. Les articles portant sur des femmes sont davantage susceptibles de contenir du vocabulaire qui réfère au genre (femme, dame, fille, féminin) alors que ce n’est pas le cas des articles qui concernent les hommes.
5. On fait aussi valoir, au sujet de la thématique, que même avant d’arriver sur Wikipédia, les femmes issues du monde de l’art sont désavantagées.

En revanche, les caractéristiques de Wikipédia, en tant que plate-forme en libre accès et open source, offrent des opportunités, ou des obstacles en moins, pour un projet visant à réduire le fossé des genres. Art + féminisme souhaite encourager un cercle vertueux où l’augmentation du nombre des contributrices favoriserait la croissance et l’amélioration des contenus et de la couverture touchant les femmes cis et transgenres, le féminisme et les arts sur Wikipédia, entraînant à son tour une participation plus grande de celles-ci, et ainsi de suite.

Wikipédia en français hébergeait 450 000 biographies d’hommes, contre 75 000 biographies de femme qui représentaient un ratio de 14% en 2016, selon la Casemate, Centre de culture scientifique technique et industrielle de Grenoble. D’après les requêtes dans Wikidata lancées aujourd’hui (merci à Simon Villeneuve, wikipédien notoire et auteur de l’ouvrage Wikipédia en éducation, 2017), on compte désormais 532 250 biographies au total sur cette plate-forme parmi lesquelles 89 033 sont des biographies de femmes, soit 17% – une hausse de 3% en deux ans. Il y a encore beaucoup à faire.

Cinq convictions

Les organisatrices de la campagne invoquent aussi dans la trousse de préparation cinq convictions qui soutiennent leur engagement :

1. Le féminisme est une « lentille » qui permet de contribuer à démanteler l’oppression.
2. On doit pouvoir travailler dans des espaces sécuritaires et conviviaux, c’est-à-dire des espaces qui nous permettent de débattre librement et de revendiquer des points de vue alternatifs.
3. L’art de même que l’accès libre et ouvert aux ressources éducatives jouent un rôle clé dans la création d’une société juste, ouverte et florissante.
4. La représentation est un enjeu important.
5. Les expériences des femmes sont variées et complexes et les différences dans les savoirs doivent être valorisées et honorées dans cette perspective.

Intersection : Femme + QuébecFr

Le fossé des genres est complexifié au Québec par la condition d’exister en tant que francophone minoritaire sur la plate-forme de WikiFr. Quand des sources comme Le Devoir ou La Presse ne sont pas (encore) considérées comme des sources d’envergure nationale, et acceptables sur cette base, par la majorité francophone, le défi n’est pas léger. Le test de la notoriété, pour ne mentionner que celui-là, peut devenir un parcours du combattant. Que dire de celui de la combattante lorsqu’il s’agit d’établir la notoriété des Québécoises en s’intéressant à l’héritage social et culturel qu’elles nous ont légué quand celles-ci n’ont pas elles-mêmes eu droit à une reconnaissance visible dans ces sources pas-tout-fait-nationales-mais-qui-sont-tolérées-au-cas-par-cas ? C’est le type de défi qui détermine la situation wikipédienne QC, et qui sera relevé dans les édit-a-thons féministes au cours du mois de mars au nom d’un internet plus équitable et diversifié.

Au moins cinq (!) événements sont prévus à l’agenda du Québec au cours du mois de mars, qui est aussi le Mois de la contribution francophone, et qui visent à réduire le fossé des genres sur Wikipédia. Autant d’occasions dans le cadre du Projet:Québec/Femmes pour réaliser que l’on peut exister sur Wikipédia et adopter un rôle critique de gardien.ne.s des informations, de l’histoire, des savoirs des femmes dans le contexte québécois.

Après celui de la Grande bibliothèque hier, d’autres événements se succèdent :

Il faut savoir que d’autres projets s’inscrivent aussi dans cette action organisée, notamment à la Cinémathèque québécoise, via la Médiathèque Guy-L.-Coté, où chaque mois des soirées wiki célèbrent superbement le cinéma d’animation avec ses actrices en personne. Le prochain rendez-vous est le 21 mars autour de Martine Chartrand. Dans la même veine, la Bibliothèque À livres ouverts (en alternance avec la Bibliothèque de McGill) est engagée dans un projet de production et la diffusion de connaissances portant sur la communauté LGBTQ+ québécoise.

Mots-clics à l’honneur : #AF5 #noweditingAF #artandfeminism #artetféminisme

Pour aller plus loin

Les bibliothécaires de BAnQ ont rassemblé des articles de presse lors de Mardi, c’est wiki, en lien avec le biais de genre et les activités menées pour augmenter la visibilité et la participation des femmes à l’édition dans Wikipédia :

« Un seul article de Wikipédia est écrit par une majorité de femmes » (2012)
« Les femmes scientifiques, grandes absentes de Wikipédia » (2013)
« Wikipedia et les femmes: une journée pour féminiser l’encyclopédie et les articles sur les femmes de sciences » (2014)
« Wikipédia parle autant des femmes et des hommes, mais pas de la même manière » (2015)
« Wikipédia: moins d’articles par et pour les femmes » (2016)
« Wikipédia : où sont les femmes? » (2016)
« Un marathon d’édition Wikipédia pour les femmes scientifiques » (2017)
« Pas à pas, les femmes deviennent plus visibles sur Wikipédia » (2017)
« Writing Women in Mathematics into Wikipedia » (2017)

Et aussi :
« Who’s Important? A tale from Wikipedia’ » (2018)
« Using librarianship to create a more equitable internet: LGBTQ+ advocacy as a wiki-librarian » (2018)