Notes sur Elizabeth Anderson : La philosophe qui veut redéfinir l’égalité

 Anderson is the chair of the University of Michigan’s department of philosophy and a champion of the view that equality and freedom are mutually dependent, enmeshed in changing conditions through time. Working at the intersection of moral and political philosophy, social science, and economics, she has become a leading theorist of democracy and social justice. She has built a case, elaborated across decades, that equality is the basis for a free society. Her work, drawing on real-world problems and information, has helped to redefine the way contemporary philosophy is done, leading what might be called the Michigan school of thought. Because she brings together ideas from both the left and the right to battle increasing inequality, Anderson may be the philosopher best suited to this awkward moment in American life. She builds a democratic frame for a society in which people come from different places and are predisposed to disagree.

In 1999, Anderson published an article in the journal Ethics, titled “What Is the Point of Equality?,” laying out the argument for which she is best known.

In Anderson’s view, the way forward was to shift from distributive equality to what she called relational, or democratic, equality: meeting as equals, regardless of where you were coming from or going to. This was, at heart, an exercise of freedom. The trouble was that many people, picking up on libertarian misconceptions, thought of freedom only in the frame of their own actions. If one person’s supposed freedom results in someone else’s subjugation, that is not actually a free society in action. It’s hierarchy in disguise.

To be truly free, in Anderson’s assessment, members of a society had to be able to function as human beings (requiring food, shelter, medical care), to participate in production (education, fair-value pay, entrepreneurial opportunity), to execute their role as citizens (freedom to speak and to vote), and to move through civil society (parks, restaurants, workplaces, markets, and all the rest). Egalitarians should focus policy attention on areas where that order had broken down. Being homeless was an unfree condition by all counts; thus, it was incumbent on a free society to remedy that problem. A quadriplegic adult was blocked from civil society if buildings weren’t required to have ramps. Anderson’s democratic model shifted the remit of egalitarianism from the idea of equalizing wealth to the idea that people should be equally free, regardless of their differences. A society in which everyone had the same material benefits could still be unequal, in this crucial sense; democratic equality, being predicated on equal respect, wasn’t something you could simply tax into existence. “People, not nature, are responsible for turning the natural diversity of human beings into oppressive hierarchies,” Anderson wrote.

Part of the novelty in Anderson’s approach came from a shift in how she practiced philosophy. Traditionally, the discipline is taught through a-priori thought—you start with basic principles and reason forward. Anderson, by contrast, sought to work empirically, using information gathered from the world, identifying problems to be solved not abstractly but through the experienced problems of real people.

#égalité #équité #égalité_relationnelle #justice_sociale #pragmatisme #liberté #éthique

Le Noël des futur.e.s bibliothécaires : Des romans jeunesse coup de coeur et de poing #àlire

Je vous propose une série de recommandations de lecture jeunesse fiables et passionnées réalisées par des pros en devenir. Ces exercices de médiation littéraire méritaient d’être partagés au-delà du bac à recyclage – où atterrissent, c’est bien connu, même les meilleurs travaux universitaires. J’en ai retenu une quinzaine, parmi quelques 200 productions du cours SCI6339 à l’EBSI, après les albums et les bandes dessinées, voici une sélection de cinq romans. Remplissez votre panier, papier ou numérique, c’est #àlire!

Cinq romans jeunesse coup de coeur et de poing

Notdog et le cheval de feuDesrosiers, S. et Sylvestre. D. (2018). Notdog et le cheval de feu. Montréal : La Courte échelle. À partir de 9 ans. (Bibliothèque, Prêt numérique)

Connais-tu les aventures de Notdog le chien le plus laid du village ? Que tu le connaisses ou pas, cela ne dérange pas. Pourquoi ? Car cette enquête se passe avant toutes les autres ! Je laisserai à Notdog l’honneur de t’expliquer pourquoi elle n’avait jamais été racontée.

Cet été-là, rien n’allait dans le village. À cause de l’ouverture d’une fromagerie fabriquant du fromage en grain, plus aucun touriste ne passait dans le village. C’est pourquoi le maire Michel a eu une idée de génie créer un centre d’interprétation de la confiture, organiser un concours d’agilité canin et surtout, une super course de chevaux.

Tout aurait pu fonctionner si le cheval de John (un des membres de l’agence Notdog) n’avait pas mystérieusement disparu. Le problème c’est que plusieurs personnes avaient l’air intéressées par ce dernier. Qui a bien pu le voler?

Source. Lurelu est une revue spécialisée dans la littérature jeunesse francophone au Québec et au Canada. C’est la seule, au Québec, qui soit entièrement consacrée à ce domaine. Elle existe depuis 1978. À l’aide de dossiers thématiques et de critiques, la revue décrit ce qui se fait de mieux dans le domaine. De ce fait, son public est assez large : écoles, garderies, collèges, université, et bien sûr, le grand public.

Si la revue s’intéresse surtout à la littérature contemporaine, une série de dossiers, nommée Tourelu, s’intéresse aux textes publiés avant 1990. De même, il existe différentes chroniques s’intéressant à la littéracie émergente (mon livre à moi), aux recherches universitaires (Lurecherche), etc. De ce fait, en plus d’y retrouver des critiques d’œuvres littéraires, on peut y lire des articles portant sur une thématique précise. Dans la critique réservée au roman ici analysé, on destinait ce roman aux enfants de 9 ans et plus.

Analyse. Nous sommes en présence d’un roman policier. En effet, les jeunes essaient de découvrir qui a bien pu voler le cheval de leur ami John. C’est un roman pour divertir et réfléchir. En effet, le lecteur essaiera sans doute de résoudre l’enquête en même temps que « l’agence ».

Comme dans la plupart des histoires de cette série, il y a une part de surnaturel. Ici, il est facile de s’imaginer que la vétérinaire serait en fait une licorne, même si ce n’est jamais révélé. Certains indices sont distribués, mais chaque lecteur pourra se faire sa propre idée.

L’intrigue démarre assez tôt dans l’histoire lorsque l’on se rend compte que le cheval de John, Étincelle, a disparu. Auparavant, nous avions rencontré plusieurs personnages qui semblaient s’intéresser à lui, ce qui crée dès le début plusieurs pistes. L’histoire avançant rapidement et étant principalement composée de dialogues et d’actions, le lecteur n’a certainement pas le temps de s’ennuyer. Le déroulement de l’histoire est logique. Les actions de Notdog l’entraînant à trouver des indices. Le dénouement arrive assez vite et l’épilogue permet de comprendre le tout.

Les jeunes de l’agence sont décrits au tout début du roman par la narration afin que tous les lecteurs puissent comprendre de qui il s’agit. Ils semblent chacun avoir leur personnalité propre. Ils habitent dans un petit village qui est assez crédible compte tenu du fait qu’il s’agisse d’un roman jeunesse.

Une bonne partie de l’humour vient probablement du personnage de John. D’origine anglophone, le personnage se trompe parfois de mots (cacatoès au lieu aloès par exemple).

C’est un roman que je recommanderais sans problèmes. En effet, la série étant très populaire auprès des jeunes, beaucoup seront heureux de découvrir un nouveau tome de la série. De plus, comme il n’y a pas de référence aux précédents romans, d’autres lecteurs pourront s’ajouter. Rédigé par Camille Morin- Jodoin

Champagne, S. (2018). Adam. Boucherville, Québec : Éditions de Mortagne. À partir de 13 ans. (Bibliothèque)

Adam Auclair est un jeune garçon de 16 ans. Tout son univers tourne autour de sa très nombreuse famille. Il est le second d’une famille de sept enfants. Ses parents travaillent tout le temps pour ramasser plus d’argent. Son frère aîné est parti étudier à Rimouski. Adam est donc laissé à lui-même avec la lourde responsabilité de s’occuper de ses jeunes frères et sœurs. Adam en a assez de toujours devoir rendre service. Il aimerait avoir plus de temps pour lui, pour pouvoir s’amuser comme tous les jeunes de son âge ou bien pouvoir assister aux rencontres LGBTQ+. Or ces parents n’ont jamais de temps pour l’écouter. Arrive un moment où Adam n’en peut plus, il craque et une dispute éclate avec ses parents. Il ne veut plus faire partie de cette famille ! Or il faut faire attention à ce que l’on souhaite Adam, car parfois les vœux peuvent devenir réalité…

Source. Sophielit est un site web écrit par Sophie Gagnon-Roberge, une enseignante de français au secondaire (Gagnon-Roberge, s. d.). Gagnon-Roberge veut partager sa passion pour la littérature jeunesse et nous faire découvrir des œuvres littéraires susceptibles de donner l’envie et le goût de lire aux adolescents (Gagnon-Roberge, s. d.). Dans un de ses billets, Gagnon-Roberge (2018) donne son avis sur le roman Adam. Champagne arrive à mettre en place des univers fictionnels très réalistes et qui viennent nous toucher profondément, comme dans son roman Adam (Gagnons-Roberge, 2018). Adam aborde la thématique de l’homosexualité, mais ce qui est au cœur de l’intrigue est la famille, soit l’importance que revêt la famille (Gagnons-Roberge, 2018). Il s’agit d’un livre authentique, émouvant qui a beaucoup plu à Sophie (2018).

Analyse. Le roman Adam de Champagne oscille entre le roman d’aventures et le roman d’amour. Il s’adresse à un public de 14 ans et plus. Il y a plusieurs thèmes qui y sont représentés, soit la période de l’adolescence, la famille, l’homosexualité et l’amour. L’adolescence est souvent une période difficile pour les jeunes. Champagne illustre dans son roman ce conflit entre l’adolescent et les parents. Le protagoniste, Adam, est un adolescent tout ce qu’il y a de plus typique. Adam se sent incompris. Il ne se sent pas à sa place avec les gens de son âge, ses parents ne sont pas présents pour lui, il a trop de responsabilités, trop peu de liberté et d’intimité. L’auteur arrive ici à représenter, à travers le personnage d’Adam, des réalités que vivent beaucoup d’adolescents. L’originalité du personnage vient de son orientation sexuelle. Adam est homosexuel. L’homosexualité d’Adam n’est pas mise au premier plan dans le roman. Cela permet de venir, en quelque sorte, montrer qu’il n’y a rien de « tabou » à l’amour, à aimer quelqu’un du même sexe. L’univers de Champagne est ancré dans la réalité. Le récit se déroule dans des lieux réels (Rive Sud et Montréal). L’auteur utilise un vocabulaire simple, mais très proche de l’oralité et donc facilement accessible aux adolescents. Les personnages créés par l’auteur sont aussi très cohérents et authentiques. Le lecteur s’attache facilement au personnage d’Adam. On vit et ressent les épreuves qu’il est amené à affronter. Le roman est très long à démarrer, car l’auteur s’attarde beaucoup sur la situation initiale. L’élément déclencheur ne survient qu’au chapitre 10. Or malgré cela, l’auteur réussit à capter l’intérêt en jouant sur les mots, les images, etc., bref il réussit à susciter les émotions et toucher le lecteur.

Adam est un roman qui m’a beaucoup touché (c’est un coup de cœur) et qui, je crois, pourrait plaire aux adolescents en raison des thématiques qui y sont abordées. Je serais donc ravie de pouvoir le présenter aux jeunes. Rédigé par Valérie Jacques

Le boulevardSénéchal, J.F. (2016). Le boulevard. Montréal, Québec : Leméac. À partir de 13 ans(Bibliothèque, document adapté)

Christ a dix-huit ans et est atteint d’une déficience intellectuelle. Le jour de son anniversaire, il se fait abandonner par sa mère. Croyant qu’elle est seulement partie faire des courses et qu’elle reviendra, Christ doit finalement se rendre à l’évidence que sa mère s’est enfuie pour de bon. Il devait être une trop grosse charge pour elle. Le monde de Christ s’écroule et il se retrouve seul. Heureusement, tout un univers s’ouvre à lui lorsqu’il se promène sur le boulevard qui avoisine son appartement. Le marché aux puces et la salle de bowling deviennent des lieux d’appartenance pour Christ. Devant la solitude, il se crée de nouvelles habitudes et s’entoure de personnes qui deviendront sa nouvelle famille. Ces liens forts lui permettront de s’accepter tel qu’il est et d’être heureux malgré tout.

Source. Sophie lit est un site spécialisé dans la critique de la littérature pour adolescents. Sophie est une enseignante de français au secondaire et elle désire propager le plaisir de lire aux adolescents. En plus de faire des critiques de livres, elle publie des cartes de métro où sont disposées des suggestions littéraires regroupées par genre. En cliquant sur le titre d’un livre, on peut lire son résumé et voir s’il s’adresse à des lecteurs débutants, intermédiaires ou avancés. De plus, la Zone écoute permet d’écouter des extraits de certains livres. La section Autour des livres est quant à elle dédiée à l’actualité entourant le milieu du livre.

Sophie lit a adoré le livre Le boulevard. Elle soutient qu’il s’agit d’une histoire touchante écrite avec des mots qui collent bien à la peau du personnage principal et qui sont très poétiques. L’emploi du «tu» crée une réciprocité entre le lecteur et le narrateur, ce qui fait que la ligne entre la fiction et la réalité est très mince.

Analyse. Le roman Le boulevard appartient au genre littéraire réaliste. L’auteur y aborde des thèmes comme la différence, l’acceptation de soi, l’amitié, l’entraide,  etc. La lecture du roman insuffle un vent d’optimisme chez le lecteur. Pour les jeunes, ce livre leur apprend qu’il est possible de se sortir de n’importe quelle situation désagréable dans la vie, si on est patient et qu’on s’entoure des bonnes personnes. Le cadre hyper réaliste de l’histoire ajoute à la crédibilité des faits. La majorité des actions se déroulent sur un boulevard très connu, le boulevard Taschereau, même si celui-ci n’est pas nommé explicitement par l’auteur. Les dialogues entre les personnages sont très crédibles et coulent de source.

L’histoire débute véritablement lorsque Christ comprend qu’il ne reverra plus sa mère. Il tombe dans un mutisme effroyable. Tout au long du roman, on se demande s’il finira par être heureux, malgré ce vide laissé par sa mère. L’intérêt du roman se trouve dans les interactions entre Christ et sa nouvelle famille. On sent qu’il se construit peu à peu une nouvelle vie et qu’il apprend à s’accepter comme il est.

Les personnages du roman sont eux aussi réalistes. Ils sont révélés par le biais des réflexions de Christ, le personnage principal. La majorité des personnages sont conciliants et gentils avec Christ, car ils sont conscients de sa déficience intellectuelle.

L’écriture de Jean-François Sénéchal est brute. Il utilise du vocabulaire qui colle bien à la peau de son personnage. Christ narre l’histoire comme s’il parlait à voix haute, ce qui crée une proximité entre le narrateur et le lecteur. De plus, il utilise le «tu» lorsqu’il s’adresse à sa mère, ce qui fait que le lecteur a l’impression d’entrer dans l’intimité de leur relation.

Le titre du roman est trompeur. On ne s’attend pas du tout à lire un roman traitant de déficience intellectuelle et d’acceptation de soi. Cet ouvrage serait un peu long à présenter à un groupe d’adolescents, mais les thématiques abordées sont intéressantes pour alimenter une discussion. Rédigé par Marjorie-Anne Marcil

Giraud, H. (2016). Histoire du garçon qui courait après son chien, qui courait après sa balle. Paris, France : Thierry Magnier. À partir de 14 ans. (Bibliothèque, Prêt numérique)

Trois. Ils avaient toujours été trois. Cali, sa sœur jumelle, Rubens le chien et lui. Trois à regarder dans la même direction : Rubens chassant sa balle loin devant, Cali, défrichant les sentiers moins fréquentés et lui, fermant la marche, un pied dans le réel et l’autre dans l’ailleurs. Un trio tricoté de la même laine. Jusqu’au jour où Rubens partit dans une cavale sans fin, laissant échapper la première maille. Puis, ce fut le tour de Cali et de cette maline tumeur qui s’installa à demeure dans son crâne, faisant perdre pied à son futur. Ce jour-là, il se retrouva seul. Seul à tenter de comprendre comment leur trio pouvait se détricoter ainsi. Seul alors que ses parents erraient, inquiets, entre l’hôpital et la maison. C’est alors qu’il décida de prendre les choses en main. Mais d’abord, il lui fallait retrouver Rubens; s’il revenait, tout rentrerait dans l’ordre. Il en était certain.

Source. Créé il y a plus de trente ans par l’Association des librairies spécialisées pour la jeunesse, conjointement avec l’Association des Bibliothécaires de France, le Prix Sorcières est l’occasion de souligner annuellement des publications pour la jeunesse de qualité ayant osé sortir des ornières et marquer l’imaginaire. Fruit d’une expertise partagée entre professionnels du milieu du livre, ce prix est vite devenu une référence crédible concernant le développement de collections pour la jeunesse à travers la francophonie. S’articulant en trois grandes catégories soulignant l’excellence dans différentes sphères d’une publication (univers visuel, scénario et impact global du livre), il est décerné selon deux publics cibles liés à l’âge du lecteur, dans chaque catégorie. Ce roman d’Hervé Giraud, nominé au Prix Sorcières 2017, a charmé le jury par la finesse et l’éloquence de sa plume, ainsi que par l’originalité de l’angle choisi pour aborder la maladie d’un être cher.

Analyse. Roman au cadre réaliste abordant la maladie et le deuil, mais porté par un personnage principal qui fait du rêve sa réalité, cet opuscule entraîne le lecteur dans une quête étrange et remuante : celle de l’humain face à l’adversité. Ancré dans un quotidien teinté par le regard fantaisiste et sensible du jeune narrateur, ce récit au rythme lent s’étire et zigzague, tout en sinuosités, témoignant des errances de l’âme du survivant, suivant l’effondrement de la bulle fraternelle et familiale. Dans ce roman, le présent est capricieux. Le temps file, puis se languit, fige, puis repart à la course, échelonnant la trame narrative sur un peu moins d’un an, soit le temps, pour la maladie de Cali, de progresser vers l’irréversible. Il s’agit d’un roman à une voix, dont la narration est principalement descriptive et introspective; un roman comme un monologue, qui se raconte les autres à lui-même et où surgissent, par moment, quelques rares dialogues comme autant d’oasis de lucidité. Soufflé par une plume poétique, au vocabulaire fleuri bien enraciné en contexte européen, ce récit évoque plus qu’il ne nomme, laissant le soin au lecteur de combler les vides laissés par l’ignorance ou le déni du narrateur. Ce style littéraire si particulier vient d’ailleurs nourrir une certaine dualité dans le roman : celle qui oppose la référence concrète à des réalités adolescentes (l’importance de l’amitié, les sentiments d’impuissance et d’injustice, l’incompréhension, la rébellion) et le ton mature, à la limite de la réflexion philosophique, employé par un narrateur supposément « adolescent ». En ce sens, même si les thématiques exploitées, ainsi que le cadre et les personnages choisis sont ouvertement liés à l’adolescence, la forme narrative privilégiée peut dérouter, voire refroidir l’intérêt potentiel d’un jeune lectorat. Je croirais donc judicieux de présenter ce titre à un public adolescent en l’associant à d’autres plumes sortant des ornières, de façon à ce que son unicité soit d’emblée perçue comme une invite à oser fracasser le cadre du convenu. Rédigé par Marie Soleil Cool-Cotte

crooked-kingdomBardugo, L. (2016). Crooked Kingdom (First edition). New York : Henry Holt and Company. Public : Jeunes adultes. (Bibliothèque, Prêt numérique)

La fin de la duologie Six of Crows comporte encore plus d’action que le tome précédent! Inej a été enlevée suite au coup qu’a fait le groupe à Djerholm, et les Dregs feront tout pour la récupérer. Kaz, plus rusé que jamais, mènera le groupe à une vengeance sanglante contre le marchand Jan Van Eck et le grand criminel Pekka Rollins. Nina et Matthias finiront-ils ensemble? Quelle est la vraie raison pour laquelle Wylan n’est plus sous la botte de son père? Jesper va-t-il embrasser son côté grisha? Inej avouera-t-elle ses sentiments à Kaz? Un beau retour dans le monde des Grisha, où on retrouve tous les personnages préférés, incluant l’apparition de certains personnages de la première trilogie de Leigh Bardugo. Fans de la série, vous serez servis avec cette incroyable finale haute en couleur! On trouve en plus des représentations sexuelles, culturelles et fonctionnelles diversifiées, comme dans le premier tome.

Source. Le School Library Journal est une des revues les plus consultées par les bibliothécaires en Amérique du Nord. Elle existe depuis plus de 60 ans et se destine particulièrement aux bibliothécaires scolaires anglophones. Cette revue couvre de nombreux éléments, dont la recommandation et la critique de lecture. On en compte plus de 6 000 par année.

La critique de SLJ annonce un livre palpitant que les jeunes adoreront s’ils ont lu le premier tome. Les lecteurs de la trilogie des Grisha seront également choyés par l’apparition de certains personnages clés, comme Sturmhund, aussi connu sous le nom de Nikolai Lantov, prince de Ravka. Le School Library Journal indique qu’il n’est pas nécessaire d’avoir lu les autres livres de Leigh Bardugo pour apprécier celui-ci, mais que les lecteurs assidus de la précédente trilogie et de Six of Crows seront servis par ce nouveau roman. La bibliothécaire de Anchorage (Alaska) qui signe la critique indique qu’il s’agit d’un achat essentiel pour toute collection de livres pour jeunes adultes.

Analyse. Crooked Kingdom est un roman fantastique de type roman noir. Il présente des personnages avec une diversité physique et psychologique chez les personnages qui fait comprendre aux jeunes que cette diversité est tout à fait normale. Bien que ce soit un récit avec de la magie, il est crédible en ce qui concerne la ténacité et la résilience des personnages face au monde qui les entoure. Il n’y a pas un seul personnage central, mais plusieurs auxquels le jeune lecteur peut s’identifier.

Le livre étant la suite de Six of Crows, il démarre juste après la fin du précédent roman. Leigh Bardugo captive le lecteur un peu à la manière de Sir Arthur Conan Doyle, en conservant certains détails secrets jusqu’au dernier moment, plaçant inévitablement le lecteur en position d’inquiétude pour les personnages. Le dénouement, comme le reste, est conservé secret jusqu’à la toute fin, lorsque le lecteur est assis sur le bout de son siège et s’inquiète de voir les Dregs manquer leur coup.

Les personnages sont tous très différents les uns des autres, mais certains se ressemblent en ce qu’ils ont grandis dans les bas-fonds de Ketterdam. Ce sont leurs actions qui révèlent qui sont exactement les personnages, couplées à leurs souvenirs. Les personnages sont convaincants, en grande partie grâce à la narration qui décrit leurs expériences.

L’histoire se situe dans un monde imaginaire basé sur les Pays-Bas. La langue utilisée pour les personnages et endroits mélange le hollandais et le néerlandais, ce qui donne une certaine rudesse au récit. Il n’y a pas de période historique particulière, mais la duologie se situe après la trilogie des Grisha, de la même auteure. Ketterdam, d’où proviennent la majorité des personnages de l’histoire, les a façonnés avec ses rues pleines de mécréants de toutes sortes et ses lois qui servent le marché économique avant tout.

La couverture met en évidence le symbole des Dregs, le corbeau. Le titre est également très évocateurs, considérant que l’action se déroule à Ketterdam, une ville corrompue au plus haut point. En ce qui concerne le format, le livre à couverture rigide possède des pages teintées en rouge, ce qui donne une allure encore plus glauque à ce roman noir. Rédigé par Jennifer Dion

 

Le Noël des futur.e.s bibliothécaires : #àlire Ultimes bandes dessinées

Je vous propose une série de recommandations de lecture jeunesse fiables et passionnées réalisées par des pros en devenir. Ces exercices de médiation littéraire méritaient d’être partagés au-delà du bac à recyclage – où atterrissent, c’est bien connu, même les meilleurs travaux universitaires. J’en ai retenu une quinzaine, parmi quelques 200 productions du cours SCI6339 à l’EBSI, après les albums, voici une sélection de quatre albums.  Des mangas, des romans et des documentaires suivront dans les prochains jours. Remplissez votre panier, papier ou numérique, c’est #àlire!

Quatre bandes dessinées

 

Falardeau, M. (2017). L’esprit du camp. Tome 1. Montréal. Lounak. Public Ado/adulte  (Bibliothèque publique).

L’été d’Élodie est ruiné avant même qu’il n’ait commencé: sa mère l’oblige à travailler comme animatrice dans un camps de vacances.  Adieu les poutines de fin de soirée avec sa meilleure amie en écoutant Kurt Cobain hurler son désespoir, bonjour les collègues insupportables et les kids énervants. Mais ce camp lui réserve plusieurs surprises:  un directeur plutôt bizarre, une chanson de camp inspiré de la musique métal, mais aussi une tribu de petite filles rousses particulièrement attachantes et une collègue étonnamment sympathique.  Mais surtout, une légende d’esprits maléfiques et une étrange lueur bleue dans dans la montagne.

La revue les Libraires s’adresse autant aux professionnels du livres – libraires, bibliothécaires, critiques… – qu’aux lecteurs curieux.  Créée en 1998, elle est produite par la Coopérative des librairies indépendantes du Québec.  Sa mission : “ faire la promotion de ce qui démarque les librairies indépendantes des grandes chaînes, c’est-à-dire la diversité du choix de livres, la proximité de ses commerces et le service-conseil avisé des libraires qui y travaillent.” (Revue les Libraires, 2018)  Et quel bonheur, elle est distribuée gratuitement dans les librairies, les bibliothèques, et même dans certains cafés et lieux culturels, en plus d’être téléchargeable en format pdf à partir de son site web.  De plus, les contenus sont aussi disponibles en format web sur son site, où l’on peut naviguer selon le type de contenu. Ceux-ci se présentent sous la forme d’actualités, de coups de cœurs, d’entrevues, d’articles de fond ou de chroniques, de dossiers thématiques.

Analyse. Adolescente marginale, Élodie porte l’uniforme “grunge” des années ‘90: jeans troués, chemise à carreaux.  Elle est étudiante, et c’est sa mère qui insiste pour qu’elle travaille au camp.  Plutôt exclue par les autres animateurs, elle finira par créer un lien avec l’une d’entre eux, Catherine.  Assez cynique,  elle appelle sa mère pour la convaincre de venir la chercher, mais fini par tenter de s’adapter:  elle collabore avec Catherine, et gagne de l’ascendant sur ses campeuses avec de la musique métal.  Les situations dans lesquelles elle se retrouve sont classiques des camps de vacances.  Comme tous les personnages de cette bande dessinée, elle parle un québécois du registre familier.

Le récit aborde principalement les défis de l’adolescence: les relations avec les pairs, la prise de responsabilité, l’intégration.  Le côté fantastique du récit est encore peu présent dans ce premier tome.   L’humour, très senti, prend différentes formes: le dessin légèrement caricatural; les références culturelles, souvent décalées, ou encore des personnages exagérés.

Au départ, Élodie avait prévu un été comme les autres: à la maison, avec sa meilleure amie, à écouter de la musique et manger de la poutine.  Mais tout bascule parce que sa mère l’oblige à travailler dans un camp de vacances.  Elle tente d’abord de négocier un retour chez elle, mais fini par devoir s’adapter, et commence à se lier d’amitié avec une autre animatrice et à trouver son propre “style” d’animation pour contrôler sa “tribu” de petites filles.  Facile à identifier grâce aux dates des entrées de journal intime d’Élodie, la temporalité s’échelonne sur douze jours, dans le décor du camp de vacances; beaucoup de forêt, de lac et de dortoir.

Le commentaire prend la forme des entrées de journal intime d’Élodie.  C’est donc un mélange entre un résumé de ce qui se passe dans le récit et des impressions et états d’esprit de l’héroïne.  Les dialogues, dans un registre (très) familier, utilisent beaucoup de vocabulaire québécois, au point où un lexique est fourni en début de chaque chapitre.

D’une case à l’autre, les plans sont variés et bien utilisés.  Sauf pour certaines planches, où le dessinateur a enchaîné les angles et les cadrage identiques pour illustrer une répétition de la situation.  À l’occasion, il a aussi fait sauter toute gouttière, afin de créer une continuité.  Dans le cas d’une planche, il a utilisé ces deux procédés conjointement pour illustrer l’un des nouveaux moments de complicité entre le personnage principal et sa nouvelle amie.  Utilisée de manière descriptive (des arbres verts, des ciels bleus, etc..), la couleur devient plus inintéressante lors qu’utilisée dans des scènes de mi-jour ou de soir: dans les scènes qui se situent au lever ou au coucher de soleil, les couleurs dé-saturées sont très efficaces.

De format inusité, entre le comic book américain et la bande dessinée franco-belge, et imprimé sur du papier glacé de qualité, cette bande dessinée québécoise attire l’attention par une couverture originale qui représente bien les personnages principaux et la multitude de personnages secondaires qui les entoure. Rédigé par Isabelle Descarries.

Jousselin, P. (2017). Imbattable. 1, Justice et légumes frais. [Marcinelle] ; [Paris] : Dupuis. À partir de 9 ans. (Bibliothèque publique, prêt numérique)

Il s’agit ici d’une bande dessinée humoristique dans laquelle le super-héros sauve la veuve et l’orphelin face aux méchants; à première vue la formule est assez classique. La particularité de cette bande dessinée tient au fait que ce héros est littéralement imbattable, c’est son pouvoir. Ainsi il sauve la ville en entier tout en faisant ses courses quotidiennes. Il aide autant à déménager les gens qu’à combattre les méchants grâce à son pouvoir qui lui permet de sauter de case en case et de briser le quatrième mur de la bande dessinée. Le super-héros est donc conscient qu’il est dans une bande dessinée telle le comic book Deadpool.

Source. La source est Planet BD, une boutique spécialisée dans la bande dessinée à Montréal, ainsi qu’un blogue spécialisé dans la bande dessinée et tout ce qui est en lien avec le 9e art. Ce blogue est très complet, liant chroniques, entrevues : il est la principale référence en bande dessinée à Montréal. Selon la critique qui est faite de cette bande dessinée, le fait que le super-héros puisse connaître tout ce qui se passe dans les cases autant dans le futur que dans le passé est vraiment d’une simplicité désarmante et donne lieu à un humour très réussi. Le chroniqueur donne l’exemple du moment où Imbattable veut sauver un chat pris dans un arbre. Le héros décide d’allonger ses bras pour prendre le chat dans les cases suivantes afin de le récupérer. C’est très rafraîchissant comme style de bande dessinée qui, de plus, regorge de péripéties, d’alliés et de méchants dotés de pouvoirs similaires à ceux d’Imbattable, ce qui génère une expérience délirante. Selon Planet BD, la série Imbattable est un incontournable pour tous les fans de bandes dessinées car il redéfinit le genre en jeunesse.

Analyse. Imbattable est un homme bedonnant qui porte une cape, masqué à la façon de Zorro et qui arbore un I sur un chandail jaune. Il s’agit d’un super-héros hors du commun qui prend toutes les causes possibles autant les importantes comme sauver la terre d’un savant fou, que les plus inoffensives comme aider une vieille dame à ramener des sacs d’épicerie. Pour lui, toutes les missions ont la même importance, c’est ce qui est le plus inusité chez lui. Imbattable se dit le seul vrai super-héros de bande dessinée, car c’est ce qu’il est vraiment, il sauve sa bande dessinée. Son pouvoir est de sauver les gens dans sa bande dessinée. Il est donc conscient d’être dans une bande dessinée, ce qui brise les codes normatifs de la bande dessinée. Imbattable est un personnage avec un tempérament assez calme qui a toujours un plan, car il sait déjà tout ce qui va se passer à l’avance ou ce qui s’est déjà passé. À titre d’exemple, lorsque sa grand-mère lui demande s’il a été chercher du pain, il lance un avion de papier qui atterrit huit cases dans le passé pour lui dire de passer chercher du pain pour sa grand-mère. Ainsi, c’est ce qui rend le personnage aussi attachant et l’histoire aussi hilarante. L’histoire principale d’Imbattable est de combattre les méchants, mais en fait, le super-héros veut simplement rendre service et être gentil envers sa communauté. Cette bande dessinée permet de présenter des méchants et des gentils, des situations violentes mais de façon si ludique que cela ne peut être présenté comme de la violence, la plaisanterie est toujours le but initial et final de cette bande dessinée. Pour ce qui est de l’histoire, elle n’est pas linéaire, c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’un récit continu sur toutes les pages, chaque page a son histoire en soi. Ainsi, cela permet un rythme très rapide, sans que le lecteur risque de s’ennuyer. Lorsque vient le temps d’analyser cette bande dessinée, il est nécessaire de considérer que cette bande dessinée a été conceptualisée pour les journaux imprimés, avec de courtes histoires drôles et homogènes; ainsi, c’est parfaitement compréhensible de voir que l’image, la forme des bulles, le montage de vignettes, la présentation matérielle sont produits de façon relativement standard, mais que le contenu change à l’intérieur de ce format, car il était question d’obtenir une singularité. Après sa popularité dans les journaux, l’oeuvre a été mise en album et Pascal Jousselin a décidé de garder sa forme d’origine. Je conseille fortement à tous les bibliothécaires d’acheter cette collection de bandes dessinées, car il s’agit véritablement d’un document hors du commun, son aspect ludique, son humour, sa légèreté, le fait qu’il traverse le quatrième mur et passe de case en case est fort inhabituel et plaira certainement au public jeunesse. Rédigé par Jonathan Hill

Arsenault, I. (2017). L’oiseau de Colette. Montréal, Québec : Les Éditions de la Pastèque. À partir de 6 ans. (Bibliothèque publique)

Cette bande dessinée pour les jeunes de 6 à 9 ans raconte l’histoire de Colette, une jeune fille débordante d’imagination qui vient d’aménager dans sa nouvelle maison du quartier le Mile-End à Montréal. Colette aimerait beaucoup avoir un animal de compagnie, mais ses parents ne veulent pas… En explorant sa ruelle, elle se fait de nouveaux amis(es) et ensemble ils partent tous à la recherche de l’oiseau perdu de Colette, une magnifique et mystérieuse perruche bleue. Est-ce que la bande du Mile-End retrouvera la perruche de Colette? C’est ce que tu découvriras dans cette bande dessinée colorée et amusante!

Source. Cette bande dessinée fait partie des suggestions de Livres Ouverts pour les jeunes du primaire de la 1re à la 4e année. «Livres Ouverts» est une ressource pédagogique qui suggère des livres et des pistes d’exploration en classe en lien avec le programme d’éducation québécois. De plus, chacun des livres proposés est analysé en fonction de son niveau de difficulté et en fonction du continuum d’apprentissage de la lecture. Dans ses propositions d’exploitation pédagogiques, Livres Ouverts suggère d’aborder les sujets du mensonge versus celui de l’imagination; dans cette situation, Colette a-t-elle un comportement acceptable? Il propose également d’échanger en classe sur les thématiques de l’amitié et du jeu avec un nouveau groupe d’amis, particulièrement lorsque l’on arrive dans un nouvel environnement. Finalement, on y suggère d’imaginer avec les enfants la suite de l’histoire de Colette avec sa nouvelle bande d’amis tout en répondant aux questions évoquées par les personnages à la fin du récit.

Analyse. L’héroïne de l’histoire est une petite fille de 6 ans habillée tout en jaune qui ressemble drôlement au Petit Chaperon Rouge. On pourrait la décrire comme une enfant avec beaucoup d’imagination et ayant une grande facilité pour sociabiliser. Avec son pouvoir d’imagination, elle invente l’histoire de son oiseau perdu et c’est ainsi qu’elle réussit à rallier les enfants de la ruelle autour de sa quête. Son histoire inventée laisse une ambiguïté dans la compréhension du lecteur: possède-t-elle réellement un oiseau, est-ce son imagination ou bien un mensonge? Ou encore, serait-ce un moyen de se faire de nouveaux amis? Le thème sous-entendu du récit est celui de la quête de nouvelles amitiés. À travers la découverte de son voisinage, les personnages offrent une belle représentativité de la réalité multiculturelle de Montréal. Ce n’est pas l’histoire qui met l’emphase sur la diversité culturelle, mais plutôt les illustrations qui suggèrent une certaine diversité chez les enfants (noirs, caucasiens, et asiatiques). Le scénario est construit autour du mensonge (ou l’imaginaire) de Colette qui invente la disparition de sa perruche. C’est au fil des rencontres des enfants de la ruelle qu’ elle développe son histoire d’oiseau; les enfants finissent par l’ accepter comme amie à cause de son imagination débordante. Les illustrations aux crayons pastel amènent une douceur à l’histoire avec une prédominance de couleurs jaunes, de noirs et de blancs. L’esthétisme général des illustrations se prête bien à l’univers de la petite-enfance. Je présenterais sans hésitation ce livre à des enfants parce que le texte est simple et bien conçu comme premières lectures et qu’ il s’agit d’une bonne initiation à la bande dessinée. À noter qu’il y aura une suite aux histoires de la bande du Mile-End! Rédigé par Dominic L. St-Louis

Goldstyn, J. (2015). Le prisonnier sans frontières. Montréal, Québec : Bayard Canada Livres. À partir de 9 ans (Bibliothèque publique).

Dans un pays non identifié, un homme participe à une manifestation pacifique avec sa petite fille quand les forces anti-émeutes chargent les manifestants et le font prisonnier. Enfermé sans autre forme de procès, il tente de protester, mais se heurte inlassablement au silence de son geôlier, jusqu’au jour où lui-même cesse de parler.

Le temps passe, et le prisonnier sombre de plus en plus dans le désespoir. Mais soudain, il reçoit une lettre d’un étranger qui lui exprime son soutien. Lettre aussitôt lue, aussitôt confisquée. C’est alors qu’en arrive une autre, et puis une autre, et puis encore une autre…

Le prisonnier sans frontières est une bande dessinée sans paroles de Jacques Goldstyn, le célèbre dessinateur de la revue Les Débrouillards. Mieux que mille mots sans doute, elle illustre l’importance de l’engagement citoyen dans la vie des gens détenus parce qu’ils ont osé s’exprimer.

Source. Livres ouverts est un site Web du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur qui propose une sélection de livres destinés aux jeunes du préscolaire au secondaire. Cette sélection, faite par des spécialistes de la littérature pour la jeunesse, s’adresse en premier lieu aux intervenants du milieu scolaire. La notice de chacun des livres comprend notamment un commentaire descriptif, des indices de difficulté de lecture, des mots-clés et des pistes d’exploration.

La notice du Prisonnier sans frontières lui accorde un niveau de difficulté de lecture de 3 sur une possibilité de 1 à 11, ce qui contribue à déterminer le lectorat cible mentionné précédemment. Elle le classe sous le chapitre thématique « Aiguiser son sens politique » et propose des pistes d’exploration allant en ce sens. Son commentaire descriptif, quant à lui, fait état du caractère hybride du livre, décrit ici comme un album « évoquant » la bande dessinée.

Analyse. Comme mentionné précédemment, Le prisonnier sans frontières est un livre à la limite entre l’album et la bande dessinée, bien que la page de titre le présente comme une bande dessinée.

En effet, si plusieurs pages sont composées de cases sans contour, d’autres ne comptent qu’une grande illustration, comme dans les albums. L’absence de phylactères − et de paroles tout court, à l’image du prisonnier à qui on a enlevé le droit de s’exprimer – contribue également au flou quant au type de livre auquel on a affaire, flou qui importe finalement bien peu lors de la « lecture » des images, aussi parlantes, sinon plus, que des mots.

Ainsi, nous pouvons voir Le prisonnier sans frontières comme une bande dessinée psychologique dont le but est d’inciter à l’engagement citoyen, but d’ailleurs mentionné par l’auteur dans sa préface précédée de celle de Béatrice Vaugrante, directrice générale d’Amnistie internationale Canada francophone.

Malgré ce rôle utilitaire, l’œuvre traite le thème de la liberté d’expression confisquée avec beaucoup de finesse, autant dans la façon dont les stéréotypes sont interprétés – notamment le manifestant pacifique et le geôlier obéissant aveuglément aux ordres – que dans les illustrations, aux traits légers et aux teintes pastel. De discrètes touches d’humour ainsi que l’espoir incarné par les lettres reçues des quatre coins du monde illuminent cette histoire autrement bien sombre. Le résultat est touchant, et la dureté suffisamment atténuée pour que même des enfants lisent Le prisonnier sans frontières sans être bouleversés.

C’est pourquoi je considère que présenter ce livre à un groupe d’enfants ou d’adolescents serait approprié, et même tout à fait indiqué dans l’optique d’« aiguiser son sens politique », comme le propose Livres ouverts. En effet, le côté caricatural du récit permet de le comprendre parfaitement, mais laisse en même temps place à interprétation, d’autant plus que le texte en est absent. Une façon artistique, en somme, d’amener jeunes et moins jeunes à l’engagement citoyen. Rédigé par Cynthia Cloutier-Marenger.

 

Le Noël des futur.e.s bibliothécaires : des albums qui scintillent #àlire

Je vous propose une série de recommandations de lecture jeunesse fiables et passionnées réalisées par des pros en devenir. Ces exercices de médiation littéraire méritaient d’être partagés au-delà du bac à recyclage – où atterrissent, c’est bien connu, même les meilleurs travaux universitaires. J’en ai retenu une quinzaine, parmi quelques 200 productions du cours SCI6339 à l’EBSI, en commençant par cette sélection de trois albums.  Des mangas, des bandes dessinées, des romans et des documentaires suivront dans les prochains jours. Remplissez votre panier, papier ou numérique, c’est #àlire!

Trois albums scintillants

Dubuc, M. (2017). Le chemin de la montagne. Montréal : Comme des géants. Dès la naissance. (Bibliothèque publique)

PictureMadame Blaireau se rend tous les dimanches au sommet de la montagne Pain de sucre par le sentier qui traverse la forêt. Un jour, elle rencontre sur sa route Lulu, un petit chat rouquin, qui aimerait bien lui aussi se rendre au sommet de la montagne et contempler le monde. Lulu pense qu’il est trop petit pour gravir la montagne. Madame Blaireau invite alors Lulu à se joindre à sa promenade. Lulu accompagnera ensuite Madame Blaireau tous les dimanches. Elle lui apprendra à apprécier la nature et les plaisirs simples de la vie. Madame Blaireau partagera ses trouvailles à Lulu allant de la cueillette de champignons aux objets curieux amassés au cours de ses ascensions. Bien qu’une différence d’âge importante les sépare, il naîtra une profonde amitié entre Madame Blaireau et Lulu. Ensemble, ils nous dévoileront les secrets de la forêt.

Source. J’ai repéré l’album de Marianne Dubuc dans la section Les coups de cœur de Lurelu de la revue Lurelu (L’équipe, 2018). La revue Lurelu est une revue québécoise spécialisée dans le domaine de la littérature jeunesse. Cette revue qui paraît trois fois par année s’adresse autant au grand public qu’aux acteurs du milieu de la littérature jeunesse (Lurelu, s. d.). Selon Danièle Courchesne qui a rédigé la critique de l’album, Le chemin de la montagne est un réel « baume au cœur » (L’équipe, 2018). Ce qui ressort de sa critique est la beauté de cette histoire traitant d’une relation intergénérationnelle et du transfert de savoirs qui l’accompagne, à travers laquelle on apprend aux enfants l’importance de valeurs telles que le partage, le respect de l’autre et l’entraide. Selon cette critique, il s’agit d’« une lecture dont on ne se lasse pas » (L’équipe, 2018).

Analyse. Cet ouvrage se classe parmi les albums de la petite enfance s’adressant à un public âgé de 0 à 5 ans puisqu’on y retrouve une prédominance de l’image par rapport au texte. Cet album aborde d’abord le thème de la transmission du savoir d’une génération à l’autre qu’on observe alors que Mme Blaireau prend Lulu sous son aile; le jeune chat apprendra beaucoup de son aînée. L’album exploite également le thème plus philosophique du sens qu’on donne à la vie, des décisions que l’on prend. Ici, le temps est ralenti. Mme Blaireau apprécie la nature et les bonheurs simples. Plusieurs valeurs morales sont transmises dans cet album. On initie les tout-petits au partage, à l’empathie et à l’entraide. D’un point de vue social aussi, cet album transmet aux enfants le respect des aînés et de leur apport non négligeable à la société. Le cheminement de l’histoire est cohérent alors que l’on suit l’évolution de Lulu sur le chemin de la montagne. Quant au texte, il est constitué de quelques phrases courtes utilisant un langage simple et oscille de la narration au dialogue. Le texte est adapté aux tout-petits qui apprendront peut-être au cours de leur lecture quelques nouveaux mots de vocabulaire. Les illustrations sont douces et contiennent une panoplie de détails à découvrir. Dans cet album, la relation texte-image est complémentaire : la narration est construite autant par le texte que par les illustrations qui cohabitent d’ailleurs sur l’espace de la page. Je recommande fortement ce magnifique album pour les tout-petits pour une histoire douce qui allie divertissement et transmission de valeurs positives. Rédigé par Justine Ménard.

Note : Depuis la rédaction de cette recommandation, Le chemin de la montagne a remporté les prix littéraires suivants : Prix TD de littérature pour l’enfance et la jeunesse 2018, Prix Harry Black de l’album jeunesse 2018, Prix du Gouverneur général : littérature jeunesse de langue française – illustration 2018, Prix du livre jeunesse des Bibliothèques de Montréal 2018. 

Boulerice, S. et Côté-Lacroix, D. (2016). Florence et Léon. Montréal : Québec Amérique. À partir de 8 ans. (Bibliothèque publique, prêt numérique)

Simon Boulerice, auteur pour la jeunesse très productif, qui a écrit notamment Un ami lumineux et La gardienne du musée, propose ici un album abordant le thème de la différence. Florence, professeure de natation, est un peu différente des autres : elle a un petit problème aux poumons. Léon, vendeur d’assurance, est aussi différent parce qu’il a un problème aux yeux qui l’empêche de voir de la même façon que les autres. Les deux personnages pourront-ils devenir amis malgré leur différence ?

Source. Livres ouverts est une ressource en ligne offerte par le Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec. Elle propose des suggestions de lectures, sélectionnées selon des critères précis, pour les jeunes du préscolaire au secondaire (Gouvernement du Québec, s. d.-b). Chaque notice comporte un commentaire descriptif, une échelle ciblant le niveau scolaire approprié, des indices de difficulté de lecture et des pistes d’exploration pédagogique.

À propos de Florence et Léon, Livres ouverts souligne la thématique de la différence proposée par l’album. La ressource met aussi en relief l’influence que la bande dessinée a eue sur l’œuvre : certains dialogues sont transmis par des phylactères intégrés à l’image. Elle met aussi en évidence les couleurs douces de l’album, principalement dans des tons de gris avec des touches de couleurs autour des personnages. Selon Livres ouverts, le livre s’adresse aux jeunes de la 4e année du primaire à la première année du secondaire. L’indice de difficulté donné est de 4 sur 11, le commentaire descriptif soulignant le « vocabulaire riche » de l’album. (Gouvernement du Québec, s. d.-a).

Analyse. L’album a pour thème la différence. Celle-ci est présentée par le biais des deux personnages qui ont tous les deux un handicap : Florence a des problèmes aux poumons qui l’empêchent de reprendre son souffle facilement après l’effort ; c’est comme si elle respirait à travers une paille. Léon, lui, a des problèmes de vision ; c’est comme s’il voyait à travers une paille. La différence de chacun est présentée à l’aide de l’exemple concret de la paille qui rapproche les deux protagonistes et fait clairement comprendre au jeune lecteur les limitations physiques de chacun. De par le thème qu’il aborde, l’album transmet des valeurs comme l’ouverture à l’autre, l’acceptation de la différence et l’empathie.

Le texte de l’album est plutôt narratif. Lorsque le narrateur omniscient raconte l’histoire, la calligraphie utilisée est standard. Lorsque les personnages parlent, la calligraphie des dialogues change et devient plus ludique. Cela permet aux lecteurs qui lisent le texte eux-mêmes de bien voir la coupure entre les différentes voix narratives. L’utilisation occasionnelle de phylactères, notamment lors du premier dialogue entre les personnages, aide aussi le lecteur à voir la différence.

Par ailleurs, les illustrations sont douces et sont principalement dans des teintes de gris pâle. Les personnages sont cependant en couleur et quelques objets importants le sont aussi comme le jus de mangue et melon qui revient à deux reprises ou les pailles qui sont un élément-clé de l’œuvre. Les phrases sont assez simples et disent clairement les choses. On y retrouve un peu la même douceur que dans les images. Les deux créent une atmosphère douce et calme.

Je serais à l’aise de présenter ce livre à des enfants, car il aborde les thèmes de la différence et du handicap tout en douceur et intelligemment. Je crois qu’il donnerait lieu à des discussions très intéressantes avec les enfants. Rédigé par Élise Gauvreau-Gervais.

Poulin, A. et Girard, F. (2018). Ce n’est pas comme ça qu’on joue au hockey. Montréal : Québec Amérique. À partir de 4 ans. (Bibliothèque publique, prêt numérique)

Hey toi! Tu as envie d’en apprendre plus sur Jacques Plante? Tu sais, celui qui a gardé le filet du Canadien de Montréal pendant 10 ans entre les années 50 et 60. Son histoire est intéressante, car on dit de lui qu’il est non seulement l’un des 100 meilleurs joueurs de hockey de toute l’histoire, mais aussi qu’il est le plus innovateur. Son style offensif aventureux a complètement révolutionné la manière de jouer des gardiens de but. Savais-tu qu’il est même l’inventeur d’un outil fort utile qui a probablement sauvé des vies? En effet! Mais pour en connaître plus sur le sujet, tu devras lire ce super livre d’Andrée Poulin. Tu la connais sûrement, car elle est aussi l’auteure de plusieurs autres ouvrages à succès dont La plus grosse poutine du monde (2013) de même que Pablo trouve un trésor (finaliste au Prix du livre jeunesse des Bibliothèques de Montréal 2015).

Source. Le site web Les libraires est la version en ligne de la revue papier du même nom. On a accès à différentes rubriques fort pertinentes dont « Nouveautés », « Choix des libraires », « Palmarès » ou encore « Thématiques ». La fiche du document ne commente pas l’ouvrage en tant que tel, sauf pour quelques informations utiles comme le résumé du livre, des suggestions du même auteur de même que d’autres livres portant sur le même sujet. Notons qu’il est possible de feuilleter le document et d’en télécharger un extrait. Un lien est mis à notre disposition pour faire l’achat en ligne du format papier en plus de deux liens pour l’achat de la version numérique, à savoir les formats pdf. et epub. Enfin, la page nous informe au sujet de l’auteur,  de la date de parution du livre et de la maison d’édition. En cliquant le nom de l’auteur, on accède à la liste de tous ses ouvrages.

Analyse. L’ouvrage met en scène un personnage principal nommé Jacques. Tout jeune, il voulait jouer au hockey. Malheureusement, il n’avait pas de bâton ni rondelle. Alors il a décidé de faire à sa tête et jouer avec une branche d’arbre et une balle de tennis. Il souhaite être gardien de but, mais n’a pas de jambière. Son père lui en fabrique donc. C’est par le procédé de la répétition que l’histoire arrive peu à peu à se construire. Par exemple, le motif suivant revient à quelques reprises : « Non ce n’est pas comme ça que l’on joue au hockey ». Le récit arrive à capter l’intérêt du lecteur en ce sens que l’on comprend vite que peu importe les embûches, Jacques est persévérant. On veut le voir réussir. On veut le voir gagner. Il n’y a pas de dialogue; on se contente de raconter des faits à la manière d’une tranche de vie, d’une mini-biographie. La morale qui en ressort pourrait se résumer ainsi : c’est en travaillant fort que l’on arrive à nos fins. L’ouvrage est en somme une leçon de courage et s’adresse à tous les enfants, que ce soit un garçon ou une fille. Rédigé par Jean-François Barabé.

 

 

 

 

 

Les femmes dans les bibliothèques du Québec : du pouvoir de lire à celui d’écrire son histoire

Nous y sommes presque. Vendredi se tiendra la seconde édition d’un colloque sur l’histoire des bibliothèques  québécoises. Le thème de cette édition 2018 est consacrée à l’histoire des femmes bibliothécaires au Québec, une société un peu secrète, peuplée par des militantes du monde de l’éducation et de la culture, pourtant moins portée vers la discrétion, à laquelle on les identifie trop souvent, que vers des projets d’émancipation sociale réclamée bruyamment lorsqu’il le fallait bien.

Le colloque vise les objectifs suivants : d’abord celui de diffuser les connaissances concernant l’histoire des femmes bibliothécaires au Québec et leur apport au monde des bibliothèques; celui d’accroître ensuite notre compréhension du développement de la littératie, de la lecture publique et des bibliothèques québécoises. Cet événement d’une journée se déroulera dans l’amphithéâtre de  la Grande bibliothèque. 230 personnes sont inscrites à ce jour; ce qui, pour une activité que l’on pourrait qualifiée de « pointue », est inespéré. Il reste encore quelques places, on peut s’inscrire à cette adresse.

Le contenu des conférences sera préservé au moyen d’un dispositif à préciser : livre, numéro spécial dans une revue, archives ouvertes. Un atelier contributif animé par des bibliothécaires et Wikimédia Canada devrait faire suite à l’événement, dans le cadre d’un Mardi, c’est wiki à la Grande bibliothèque et/ou au cours d’une activité Art et Féminisme, avec l’intention d’améliorer la présence de ces femmes dans les projets wikimédiens. Un des problèmes, en effet, qui a motivé la tenue de ce colloque, outre l’urgence de produire des savoirs sur cette profession et cet aréopage de figures remarquables, n’est pas étranger à la rareté, sinon l’absence, d’une littérature secondaire. Ces lacunes ne permettaient pas de réunir les conditions, voire les sources, pour établir leur notoriété et créer, dans tous les cas, des entrées de qualité soulignant leur contribution au développement de la société québécoise dans l’encyclopédie la plus célèbre, et surtout, la plus consultée du monde. Cet exercice agit à la façon d’un test. Et l’enjeu de l’invisibilité du travail historique des femmes tient aussi à notre capacité de produire ce type de documentation et de données aujourd’hui.

À travers le travail des historiennes et des historiens qui se sont investi.e.s dans ce projet, un autre pan de l’histoire a pris forme en filigrane. L’engagement de plusieurs de ces pionnières, a-t-on appris, est étroitement lié à des revendications visant à mettre en place des services élargies et plus équitables pour les enfants et les adolescents.e.s. Au cours de la journée, c’est l’histoire de la bibliothéconomie jeunesse et des batailles pour l’amélioration de l’accès à la lecture des familles québécoises, souvent les moins nanties, qui émergera.

La journée se clôturera par un entretien très attendu avec Lise Bissonnette, écrivaine, journaliste, présidente et directrice générale de BAnQ à l’ouverture de cette institution qui aura peut-être marquée, l’histoire nous le dira, un moment de rupture dans la relation contrariée entretenue entre les Québécois.e.s et leurs bibliothèques – comparativement aux dévotions réputées des publics anglophones pour leurs libraries. C’est M. Jean-Louis Roy, actuel président et directeur général de BAnQ, qui conduira l’entretien.

PROGRAMME
9 h 30 – 10 h : Accueil
10 h – 10 h 10 : Mot d’introduction de Jean-Louis Royprésident et directeur général de Bibliothèque et Archives nationales du Québec
10 h 10 – 10 h 20 : Remerciements des partenaires
10 h 20 – 10 h 40 : Éva Circé-Côté par Andrée Lévesque, professeure, Département d’histoire, Université McGill
10 h 50 – 11 h 10 : Mary Sollace Saxe par Marcel Lajeunesse, professeur associé, EBSI, Université de Montréal
11 h 10 : Pause
11 h 30 – 11 h 50 : Marie-Claire Daveluy par Johanne Biron, chercheuse indépendante
12 h – 12 h 20 : Hélène Grenier par Éric Leroux, professeur agrégé, EBSI, Université de Montréal
DÎNER LIBRE
14 h – 14 h 10 : Mot d’accueil pour le retour
14 h 10 – 14 h 30 : Céline Robitaille-Cartier par Claude Bonnelly, Université Laval
14 h 40 – 15 h : Paule Rolland-Thomas par Michèle Hudon, professeure associée, EBSI, Université de Montréal
15 h : Pause
15 h 20 – 15 h 50 : Pour une histoire orale nationale des femmes bibliothécaires : Hélène Charbonneau et Louise Guillemette-Labory par Marie D. Martel, professeure adjointe, EBSI, Université de Montréal, et Lëa-Kim Châteauneuf, bibliothécaire, Bibliothèques de Montréal
*** 16 h – 16 h 30 : Entretien avec Lise Bissonnette, écrivaine, journaliste, ancienne présidente et directrice générale de BAnQ, conduit par M. Jean-Louis Roy, président et directeur général de BAnQ