Bibliothèques du 21e siècle, Wikipédia et post-vérité

Voici des supports de présentation réalisés pour l’école d’été du numérique 2018 à la Bibliothèque nationale d’Haïti. D’autres contenus sont disponibles sur cette page.

Le volet contributif de cet événement a été abordé dans l’article « Organiser la participation aux communs avec Wikipédia : L’expérience de l’École d’été du numérique à Port-au-Prince ».

Organiser la participation aux communs avec Wikipédia : L’expérience de l’École d’été du numérique à Port-au-Prince

 

Je reviens de Port-au-Prince où j’ai participé avec des collègues à la seconde édition de l’École d’été du numérique principalement dédiée aux projets wikimédiens et OpenStreetMap. Cette initiative visait, telle que conçue avec les partenaires locaux, à mobiliser et à sensibiliser les participant.e.s, issu.e.s des milieux documentaires pour la plupart, aux communs numériques de même qu’à renforcer la présence d’Haïti dans les projets wikimédiens à travers la création d’un réseau de contribution.

Les défis n’ont pas manqué et la situation explosive, suite aux soulèvements provoqués par la hausse du prix de l’essence #gazmonte, a entraîné son lot de complications imprévues. Malgré tout, je n’avais pas eu l’occasion jusqu’à ce jour d’assister à un atelier contributif qui se soit avéré aussi productif dans le cadre d’une formation. Il est possible de consulter les résultats du tableau de bord, bien que ces données fournissent une évaluation exclusivement quantitative de l’activité, afin d’en apprécier les retombées.

L’équipe avait fait le choix d’arriver quelques jours avant le début de l’École dans le but d’entamer le dialogue interculturel nécessaire avec les principaux organisateurs locaux (Bibliothèque nationale d’Haïti, Réseau des jeunes bénévoles des Classiques des sciences sociales/REJEBECCS, l’Université Unitech, Bibliothecom) et d’adapter le projet pédagogique aux intentions et à la situation locale.  

Tableau de bord de l’École d’été du numérique

Une quarantaine de participant.e.s étaient attendu.e.s à la Bibliothèque nationale d’Haïti qui accueillait l’événement : Plus de quatre-vingt-dix personnes sont venu.e.s. Les premières journées ont été consacrées à la contextualisation des apprentissages en termes de communs et de savoirs libres, notamment en bibliothèque, ainsi qu’aux projets Wikipédia (en français et en créole), Commons, Lingua Libre et OpenStreetMap. À la fin de la semaine, d’autres contenus liés aux questions d’archivage numérique et à Wikidata ont aussi été présentés.

Je vais revenir plus particulièrement sur le volet pratique de l’événement et le modèle de travail collaboratif qui a été expérimenté au moment de contribuer à Wikipédia. Car il a fallu trouver un dispositif qui tienne compte de contraintes assez sérieuses, soit un nombre considérablement plus élevé de participant.e.s que dans les ateliers contributifs habituels (avec une trentaine de personnes et moins) et un nombre réduit de formateurs disponibles, et puis le fait que tout ce beau monde était desservi par une connexion instable.

Cette expérience nous renvoie au problème de l’organisation de la participation dans les activités contributives wikimédiennes destinées aux nouveaux et aux nouvelles, ainsi qu’à leur impact réel. D’entrée de jeu, je serai tenté de dire que les wikimédien.e.s accordent assez peu d’attention au savoir-faire en matière de méthodes participatives assumant que ces configurations relèvent des soft skills qui sont jugées secondaires par rapport aux connaissances techniques liées aux plates-formes des projets.

Dans la même veine, l’importance que l’on devrait accorder à la contextualisation du projet encyclopédique wikipédien, en le comparant avec ceux qui sont portés par d’autres encyclopédies, qu’elles soient traditionnelles ou classiques, peut aussi faire l’objet de débats entre les responsables des formations; mais pour les fins de cet article, je n’insisterai pas sur cet aspect sinon pour affirmer ma conviction que cette mise en perspective horizontale et verticale n’est pas négligeable et qu’elle apporte une légitimation qui joue un rôle pédagogique stratégique.

Si on se concentre plutôt sur les configurations pédagogiques, notamment sur l’exemple des editathons qui constituent le modèle d’apprentissage wikimédien standardisé, il semble que les retombées effectives de celui-ci restent encore à être démontrées, comme le suggérait la communication de Andrew Lih et Ryan McGrady à Wikimania en 2017. Les editathons incarnent l’appareil le plus répandu pour rejoindre les nouveaux publics, avec des qualités indéniables pour assurer la mobilisation et le call to action; ils sont aussi relativement peu exigeants en termes de préparation, reposant sur un canevas bien ficelé, facile à reproduire , et ils sont suffisamment attrayants pour capter l’attention des médias. Mais les limites de ce qui est devenu le format canonique pour enseigner Wikipédia au public sont assez bien connues et, surtout, son impact n’est pas encore tout à fait « clair » :

there are well-known limitations to this model. Though successful for public relations, generating enthusiasm, gathering data about new users, and educating people about the site, the relative impact on Wikipedia — in contributing high-quality content or recruiting new active editors — is unclear. Similarly, the type and manner of contributions are necessarily constrained, with each individual encouraged to learn about Wikipedia and attempt direct contribution during a typically brief block of time — leaving out other types of contributions. (Andrew Lih et Ryan McGrady, « Edit-a-thons have emerged as the most popular form of Wikipedia outreach. But should they be? », Wikimania, 2017)

De fait, le plan de match pour la partie hands-on de cette École du numérique n’était pas précisément d’organiser un editathon, mais le format pressenti, typiquement individualiste, demeurait essentiellement le même. Selon l’hypothèse de départ, et à la suite des présentations d’usage, il était prévu que chaque participant.e travaillerait individuellement sur un sujet de son choix dans son propre espace brouillon, plutôt qu’en contribution directe, que ce soit sur Fr.wiki ou Ht.wiki. Le choix de travailler dans l’espace brouillon était motivé par l’intolérance croissante des patrouilles à l’égard des nouveaux et des nouvelles. Une liste d’articles portant sur Haïti existant déjà dans la version anglophone, mais qui n’étaient pas encore couverts dans la version Fr, ou dans la version Ht, avaient été identifiés préalablement et pouvaient servir de ressources pour la pige des sujets.

Malheureusement, ce type d’approche individuelle requiert un accompagnement aussi individualisé. On cherche alors, autant que possible, à s’approcher du modèle en binôme permettant un soutien one-on-one (un.e novice avec un.e wikimédien.ne plus expérimenté.e). Dans le cas de cette activité où deux formatrices seulement étaient vraisemblablement disponibles pour près de 75 participan.t.e.s — les deux autres conduisant une chasse photographique (Wikicommons) et une cartopartie (OpenStreetMap) avec le reste du groupe — l’approche individuelle semblait vouée à un échec mathématique. Par ailleurs, il fallait aussi éviter que l’ensemble du groupe soit connecté en même temps pour limiter la pression sur le réseau et ne pas risquer de compromettre l’expérience de contribution par des ralentissements ou des décrochages du côté d’Internet.

L’hypothèse a été de mettre à profit des techniques d’apprentissage/travail collaboratif, inspirées plus particulièrement de la composition des équipes mixtes en design thinking. Le pari a été de réunir des personnes issues des milieux variés et de répartir des rôles en fonction des expériences et des compétences.  Les différents rôles ont été proposé à titre suggestif, et on pouvait procéder à la répartition avec flexibilité (en excluant certaines propositions de rôle ou les combinant) :

  1. ÉCRIVAIN.E : Chargé.e. de la rédaction du contenu (en dehors de l’interface wikipédia).
  2. ÉDIT.EUR.RICE WIKI : Chargé.e d’intégrer le contenu dans l’interface wikipédia ainsi que des enjeux d’admissiblité.
  3. DOCUMENTALISTE 1 et 2  : Chargé.e.s de trouver les contenus précis et pertinents dans les ressources et d’identifier les sources.
  4. SOURC.EUR.EUSE : Chargé.e d’intégrer les références, les liens internes et externes dans l’interface d’édition.
  5. WIKIFICAT.EUR.TRICE : Chargé.e des portails, des catégories, des infobox.
  6. COMMONER : Chargé.e de la recherche d’images dans Commons (ou de la création si nécessaire).
  7. WIKIDATIEN.NE : Chargé de créer l’élément wikidata correspondant.
  8. COORDONNAT.EUR.RICE : Chargé.e d’animer et de faciliter la réalisation des actions.
  9. AIDE : Chargé.e de trouver les réponses aux questions et aux blocages. 

Il faut aussi savoir que les bibliothécaires de la Bibliothèque nationale d’Haïti ont agi, et de manière exemplaire, à titre de embedded librarians en fournissant aux équipes les ouvrages nécessaires pour conduire les recherches sur les contenus. Par conséquent, il convient d’ajouter aussi ce rôle – qui n’avait pas été explicitement désigné au moment de conduire l’activité – au sein de cet aréopage .

10. BIBLIOTHÉCAIRE : Chargé.e de trouver les ressources et les ouvrages nécessaires à la production de contenus.

L’avantage de cette configuration résidait, entre autres, dans le fait qu’un seul ordinateur par table était connecté sur le wifi et ouvert sur la page de l’article Wikipédia à modifier sur laquelle, et selon leurs rôles, les contributeurs et les contributrices se succédaient à leur tour.

Au lieu de s’en remettre à une liste de sujets générée automatiquement dont la pertinence n’était pas assurée, nous avons puisé des informations dans les propositions faites par les participant.e.s au moment du brise-glace. À cette étape initiale, nous avions demandé aux participant.e.s de prendre un moment, en mode introspectif, pour identifier des passions ou des intérêts susceptibles de les engager et de soutenir leur motivation à contribuer. La récolte avait été fort riche, et sa présentation sur un mur avait permis de percevoir et de reconnaître les envies de contribution et de valorisation des savoirs haïtiens de même que la portée de cette oeuvre collective. Les sujets étaient principalement associés à la culture populaire en lien avec la musique, la danse, le cinéma, la littérature, la cuisine, le sport incluant, de façon prévisible, le monde des bibliothèques. Ce sont des instances reliées à ces sujets qui ont été amenées pour créer ou modifier des articles dans chacune des équipes, par exemple : la soupe Joumou, l’écrivaine Kettly Mars, le Racing Club Haitienla Bibliothèque nationale d’Haïti, le Konpa dirèkPort-au-Prince/Pòtoprens, etc. 

La soupe joumou, Par Lëa-Kim Châteauneuf [CC BY-SA 4.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)%5D, de Wikimedia Commons

Est-ce qu’on croyait vraiment que ça allait fonctionner ? Pas tout à fait, même si, à bien des égards, l’intensité de la formation avait largement dépassé le cadre habituel des ateliers contributifs. On espérait qu’un bon nombre d’équipes soient relativement opérationnelles… La vérité, c’est que toutes les équipes ont relevé le défi. Lors de la plénière qui a été ajoutée pour un partage public des projets, toutes les équipes ont présenté des contributions qui allaient au-delà de nos attentes et des résultats généralement rencontrés au sein des ateliers contributifs. La plupart des équipes ont investi la plateforme en créole, où les possibilités de contribution sont considérables, en choisissant du même coup de poser une action en faveur de la décolonisation de la culture haïtienne.

Mouvement de danse Kompa Par Lëa-Kim Châteauneuf [CC BY-SA 4.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)%5D, de Wikimedia Commons

Ce modèle de co-édition présente des affinités naturelles avec la philosophie des communs. On y retrouve le profil d’une communauté s’auto-organisant (à petite échelle), s’appuyant sur ses capacités et investie dans la création de communs qui ont une valeur significative pour elle. Cette pratique du travail en commun s’avérait aussi susceptible d’installer un souci et une responsabilité partagés pour la culture locale ainsi qu’un sentiment d’appartenance amplifiée par ces émotions sociales singulières qui accompagnent une création ou un projet collectif. Cette approche permet, par ailleurs, de rendre visible en live les bénéfices de l’intelligence collaborative, qui est un des référentiels épistémologiques fondamentaux de la wikiway, par le biais d’un dispositif permettant d’aller plus loin que l’action individuelle ne l’aurait permis. 

Elle permet enfin de distribuer l’effort, mais peut-être surtout d’explorer, en les incarnant, le registre assez étendu des compétences qui sont à maîtriser pour collaborer à Wikipédia en réalisant un accomplissement plus gratifiant puisqu’il rend possible de modifier ou de créer un article (si un.e des membres possède un compte depuis suffisamment de temps ou si cette intervention se déroule dans un espace wiki comme Ht.wiki) au lieu de se consacrer à la correction des virgules ou des fautes d’orthographe, qui sont en voie de devenir les rares avenues accessibles aux nouveaux et nouvelles. Il y a des profils pour la correction des virgules ou des fautes d’orthographe, et ce n’est pas un jugement sur la valeur des contributions qui ont toutes, à leur façon, une importance capitale. Par contre, lorsque l’on fait la promotion des événements en prétendant que les actions feront une différence dans la valorisation du patrimoine et des savoirs locaux, et qu’on finit par faire de la révision linguistique, il y a un décalage et une promesse qui risque d’être déçue.

Wikipédia devient plus fiable, capable de résister aux fausses nouvelles grâce à ses règles qui sont appliquées avec une vigilance qui va en s’accentuant du côté des éditeurs et des éditrices; mais la contre-finalité de ce zèle est de créer un « obstacle à l’entrée » : « Il y a une politique stricte sur Wikipedia que les gens voient comme un véritable obstacle à l’entrée pour pouvoir commencer à éditer, parce qu’il y a une énorme phase d’apprentissage…Si tu sources un blog, un site personnel ou un truc du genre, cela va rapidement mordre la poussière. » (« Pourquoi Wikipedia reste fiable dans un monde de fausses informations », repéré par Robin Panfili, Slate.fr) « Mordre la poussière » n’est pas un dispositif d’accueil particulièrement engageant pour les apprenant.e.s. Or, il est difficile de voir comment il serait possible d’agir sur les règles, ou leur assouplissement, à l’ère du syndrome des fausses nouvelles. Quelles sont les options si on préoccupe des activités de outreach et de l’accompagnement des apprentissages des aspirant.e.s wikimédiennes ? L’expérience de l’atelier en co-édition de l’École du numérique de Port-au-Prince révèle qu’il y a encore des prototypes de participation organisée à expérimenter, des réflexions possibles à mener du côté du design des dispositifs pédagogiques des communs wikimédiens et des soft skills à cultiver pour la conception de ces nouvelles configurations. Il y a aussi, pour une activité de ce type comme pour d’autres en lien avec la littératie numérique en bibliothèque et dans lequel celle-ci s’insère, des outils d’évaluation de l’impact à élaborer pour soutenir le développement des communautés numériques.

Quelques remarques et informations complémentaires au sujet de cette initiative 

Rency Michel Inson, coordonnateur du REJEBECCS au moment de créer le Projet:Haïti

Le REJEBECCS, par l’entremise de son coordonnateur, Rency Michel Inson, a annoncé son intention de créer un groupe d’utilisateurs Wikimedia en vue de fonder à terme un chapitre Wikimedia Ayiti. La Bibliothèque nationale d’Haïti a indiqué son intention de poursuivre la collaboration avec les porteurs du projet REJEBECCS-Haïti. La nouvelle bibliothèque publique de Pétionville a aussi exprimé le souhait de collaborer et d’accueillir des cafés wiki au sein de son espace médiathèque. 

De très nombreux participant.e.s ont exprimé des besoins en matière de professionnalisation du métier tant du côté des bibliothèques que des archives; ce qui nous amène à réfléchir aux

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Avec Franceline Cadet Robas, directrice de la BNH (crédit photo : Jimmy Borgella)

moyens d’aborder les cours ou la formation continue dans une perspective globale de manière, en d’autres termes, à rendre accessibles les contenus pédagogiques aux étudiant.e.s et aux professionnel.le.s des Sud. Le sujet de la professionnalisation a fait l’objet d’une des revendications principales lors des Assises nationales des bibliothèques menées en 2017 en Haïti.

L’équipe de formation de l’École d’été du numérique, deuxième édition, était composée de Simon Villeneuve (Cégep de Chicoutimi), Lëa-Kim Châteauneuf (Wikimédia Canada), Marina Gallet (Cinémathèque québécoise), Pierre Choffet (OPenStreetMap) et moi-même (EBSI, Wikimédia Canada). Deux autres conférences se sont ajoutées au programme, l’une sur L’environnement et le numérique (à l’UNITECH) et une seconde sur Les enjeux et modèles du numérique dans une perspective philosophique (à Jacmel).  Une troisième conférence prévue a dû être annulée en raison des émeutes.

Des partenaires de WikiFranca (Wikimedia France, Wikimedia Suisse, Wikimedia Belgium) ont fait part cette semaine (le 23 juillet) de leur décision d’accepter la demande de micro-financement pour l’École du numérique.

D’autres liens  :

Dans les médias sociaux et les journaux :

 

 

 

Les bibliothécaires du monde entier font le cadeau d’une citation à Wikipédia. Parce que #lesfaitscomptent #factsmatter #1bib1ref #1lib1ref

« Librarians all over the world are giving Wikipedia the gift of a citation. Because #factsmatter. » J’ai repris dans le titre l’un des slogans les plus populaires de l’année passée pour annoncer le retour de la campagne 2018  #1bib1ref #1lib1ref qui se tiendra à partir du 16 janvier.

Je m’adresse à la communauté des milieux documentaires, bibliothèques et archives, comme aux organisat.rice.ur.s de la planète wikimédia qui voudraient se joindre à la campagne  #1bib1ref #1lib1ref.

L’initiative #1lib1ref prépare sa troisième édition pour 2018. La campagne prend la forme d’une invitation à célébrer l’anniversaire de Wikipédia en ajoutant une référence dans les articles. Ce simple geste, celui de « sourcer« , fait partie de l’hygiène de vie démocratique, a fortiori dans le métier, et plus que jamais depuis que les événements politiques récents ont ramené au devant de la scène la question de la fiabilité des sources d’information – pour ne pas évoquer les « fausses nouvelles ». Améliorer Wikipédia pour en faire une ressource plus fiable devient aussi l’occasion d’échanger, dans une perspective plus large, au sujet de la relation complexe que nous entretenons avec l’information et l’opinion dans nos démocraties.

Depuis l’année dernière en particulier, l’International Federation of Library Association (IFLA) soutient activement le rapprochement entre les bibliothèques et les projets WMF,  notamment à travers l‘initiative #1lib#1ref. 

De l’EBSI à BAnQ, en passant par la Corpo, l’ASTED, les Bibliothèques de Montréal, de Québec ou de Laval, du SAG-LAC,  les BAnQ en région, BAC et ses centres aussi, les bibliothèques universitaires (UdeM, McGill, les BU du réseaux UQ, Concordia, Laval, etc.), la super médiathèque de la Cinémathèque québécoise, les bibliothèques francocanadiennes, francophones, etc., etc., etc., c’est un bar ouvert. Avec le mot-clic à utiliser en français : #1bib1ref.

Des faits, encore des faits

Quelques faits ludiques (#funsfacts) au sujet de l’édition 2017 :

  • 18 différentes langues dans différentes communautés
  •  4 171 modifications avec les mots-clics de la campagne
  • 741 contributeurs ont amélioré 2 588 pages
  • Une campagne plus longue d’une durée de 3 semaines
  • Une augmentation du nombre d’ateliers dans les bibliothèques du monde entier
  • Certaines bibliothèques ont ajouté un mot-clic pour s’identifier, ce qui a généré des concours inter-institutionnels – de même qu’un outil pour évaluer l’impact de leurs contributions.
  • Le personnel de la Bibliothèque d’État du Queensland a relevé le défi d’ajouter 1000 citations pour la campagne!
  • Certaines rivalités sportives historiques, notamment sur le court de basketball entre l’Université de la Caroline du Nord et l’Université Duke, se sont prolongées sur le terrain de # 1lib1ref. (Et c’est la Caroline du Nord qui l’a emporté dans le duel  #UNCvsDuke).

Outil de chasse et source-O-thon

Un outil de chasse à la citation est disponible en français (et en bien d’autres langues). À l’aide de celui-ci, la chasse à la [référence nécessaire] vous permet de repérer des extraits de code Wikipédia qui ne sont pas validés par une source fiable et de les corriger. Par exemple, la page Fauvisme :

« Le grand danger pour l’art, c’est l’excès de culture » « Que gagne-t-on à manquer de culture ? » (A. Derain)[réf. nécessaire]

Un source-O-thon, ça vous tente ?

Comment ça marche ?

On peut trouver un complément d’informations en français sur cette page consacrée à #1bib1ref.

Le coordonnateur des GLAMs, Alex Stinson, a aussi partagé une liste de liens utiles pour soutenir l’organisation et les communications des équipes intéressées :

La page principale de la campagne: https://meta.wikimedia.org/wiki/The_Wikipedia_Library/1Lib1Ref
Les instructions « Comment participer »: https://meta.wikimedia.org/wiki/The_Wikipedia_Library/1Lib1Ref/Participate
Les instructions d’aide à la citation: https://meta.wikimedia.org/wiki/The_Wikipedia_Library/1Lib1Ref/Help
La page Connect: https://meta.wikimedia.org/wiki/The_Wikipedia_Library/1Lib1Ref/Connect
La barre latérale: https://meta.wikimedia.org/wiki/Template:The_Wikipedia_Library/1Lib1Ref/Sidebar
« Le kit du café »: https://meta.wikimedia.org/wiki/The_Wikipedia_Library/1Lib1Ref/Coffee_Kit
Une page pour enregistrer les mentions presse / blog: https://meta.wikimedia.org/wiki/The_Wikipedia_Library/1Lib1Ref/Press
Une page pour enregistrer les événements: https://meta.wikimedia.org/wiki/Template:The_Wikipedia_Library/1Lib1Ref/Connect/Events
Des exemples de matériel de communication produit au cours de l’édition 2017:
https://meta.wikimedia.org/wiki/The_Wikipedia_Library/1Lib1Ref/Press/2017

Bonne chasse  !

Culture ouverte et savoir libre à l’EBSI #SQIL2017 #COPIBECpasenmonNOM


C’est la rentrée, c’est la Semaine de l’Informatique libre (SQIL), quoi de mieux qu’une session éclair (traduction de Ignite Session) pour déclencher, ou ranimer, les étincelles de l’engagement personnel, professionnel et académique ?  Ce midi à l’EBSI en l’espace d’une heure ont défilé des actrices et des acteurs parmi les plus investi.e.s  dans les mouvements du libre et des communs numériques à Montréal. L’invitation était formulée comme suit par mon collègue, Guillaume Boutard, responsable du cocomi :

Les conférences midi en partenariat avec la Semaine québécoise de l’informatique libre (SQIL) accueillent une session éclair sur la thématique de la culture ouverte et des savoirs libres. C’est donc des communs numériques, de l’accès général à la ressource numérique et de ses modalités d’accès et de mise en place dont il sera question. On pourra y croiser les thèmes des contenus culturels et éducatifs libres, de l’éducation au numérique, de la participation au débat publique, de l’accès aux publications, aux données ouvertes et liées.
À l’heure, notamment, du lancement de la Stratégie numérique du Québec et de l’ouverture du fonds Stratégie numérique du Conseil des arts du Canada, la question des savoirs libres est au cœur de l’actualité. Ne manquez pas ce premier rendez-vous de la saison où plusieurs conférencières.ciers viendront présenter en session éclair des projets autour de la SQIL.

Les étudiant.e.s ont répondu en grand nombre, et j’ai reçu des courriels me demandant de partager les contenus et les projets présentés.

Voici, en ordre de présentation, quelques notes et des liens qui ont servi de support lors des interventions.

 Le Café des savoirs libres

François Charbonnier et Lëa-Kim Châteauneuf, tous les deux bibliothécaires, ont présenté le Café des savoirs libres et le sens de l’engagement de ceux et celles qui le font vivre à travers une diversité d’actions portant sur les communs numériques. Les projets et les activités du collectif se déroulent presque toujours en partenariat avec les bibliothèques publiques, notamment les bibliothèques de Montréal, et d’autres organismes dont les missions sont convergentes : Wikimedia Canada, OpenStreetMap, FACIL, SavoirsCom1, etc. Le Calendrier de l’Avent du domaine public a fait l’objet d’une attention particulière : il fait beau, mais pour nous, Noël s’en vient, et nous avons besoin de mains pour écrire les notules destinées à célébrer l’aréopage 2018 des entrants dans le domaine public.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec, BAnQ (volet bibliothèque)

Anne-Marie Boisvert, bibliothécaire à BAnQ, a décrit trois activités en collaboration avec Wikimedia Canada et OpenStreetMap qui offrent aux participant.e.s la possibilité de contribuer à la diffusion du patrimoine documentaire québécois sur Internet : Mardi, c’est wiki, Wikicommons, Mercredi cartographie.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec, BAnQ (volet archives)

Frédéric Giuliano de BAnQ, archiviste et coordonnateur, a fait le récit de la collaboration croissante entre les archives nationales et Wikimedia Canada. Comme Anne-Marie Boisvert, il a insisté sur les motifs de cette transformation de la culture professionnelle et organisationnelle qui nous pressent à s’engager dans cette voie.

J’ajoute la captation vidéo de la conférence livrée à Wikimania 2017 par Hélène Laverdure, conservatrice et directrice générale des Archives nationales de BAnQ, et Frédéric Giuliano, ainsi que les articles produits sur les activités réalisées au cours de ce congrès par Radio-Canada :

OpenStreet Map Montréal

Responsable du chapitre montréalais d’OpenStreet Map, Pierre Choffet a présenté les fondamentaux de la cartographie libre en soulignant l’intérêt de travailler avec les bibliothèques publiques au sein d’activités qui rejoignent les citoyen.nes dans les quartiers, véritables expert.e.s de leur territoire. Outre, les Mercredi cartographie à BAnQ, les Café des savoirs libres dans les bibliothèques publiques, des cartoparties sont aussi organisées au fil des saisons.

La Cinémathèque québécoise

Marina Gallet, responsable de la Médiathèque Guy-L.-Coté,  a présenté le projet de la Cinémathèque québécoise autour des communs via les projets Wikimédia. Trois types d’activités sont prévus dès cet automne :

  • Une séance photo de cinéastes invités au dévoilement des activités et du graphisme des prochains Sommets du cinéma d’animation, qui s’est déroulée le mercredi le 13 septembre et dont les images ont été versées dans Commons.
  • Un atelier contributif tous les 3èmes mercredis de chaque mois, de 18h à 21h, du 20 septembre au 20 juin. Chaque atelier est dédié à un.e cinéaste d’animation québécoise. Un premier edit-a-thon consacré à Janet Perlman a eu lieu cette semaine ; les photos de l’activité sont visibles sur Commons.
  • Une présentation de wikipédia/wikidata/wikimediaCommons, visant principalement les professionnels du cinéma, qui aura lieu lors du festival des Sommets du Cinéma d’animation.
  • La page GLAM de la Cinémathèque québécoise 

Marina Gallet a rappelé les raisons qui ont amené la Cinémathèque québécoise à s’engager dans cette collaboration avec Wikimedia Canada et le Café des savoirs libres. En tant que référence mondiale en cinéma d’animation, conservant et documentant un important patrimoine en la matière, la Cinémathèque a estimé qu’elle avait une responsabilité à l’égard de la qualité des données et des ressources offertes au public sur cette plate-forme qui est une des plus visitées dans le monde ; ensuite, cette visibilité contribue à la promotion du cinéma d’animation QC et, du même coup, à préserver le positionnement de cette institution comme une autorité dans le domaine.

Il était aussi important de réaliser, selon elle, qu’il est dommage de garder ce travail de documentation et de préservation pour soi en interne ou sur le site Web (sur le Web et non dans le Web), alors qu’il peut servir à tellement d’autres personnes lorsqu’on le rend accessible librement.

FACIL et la SQIL

Président de FACIL et responsable de la coordination de la SQIL, Mathieu Gauthier-Pilote a présenté les Services FACIL, un projet complémentaire aux Chatons de FRAMASOFT, qui visent à contribuer à la dégooglisation de l’internet. C’était aussi l’occasion d’aborder, la question de l’inclusion numérique en considérant, à rebours des interventions des invité.e.s précédent.e.s qui célébrait l’ouverture et le partage, la configuration de ce territoire numérique dont on voudrait s’exclure et des informations que l’on souhaiterait ne pas partager.

Le recours collectif de Copibec c. l’Université Laval

Invité surprise, et qui a bien voulu accepter de se joindre à nous malgré une invitation tardive : Emmanuel Château-Dutier, professeur à l’Université de Montréal, est venu exposer le sujet très chaud du recours collectif de Copibec c. l’Université Laval. Il a parlé des conséquences néfastes que ce procès pourrait entraîner si le principe de l’utilisation équitable des oeuvres dans le contexte de l’éducation et de la recherche au Canada était remis en question par le biais d’un jugement défavorable à cette exception. Les auteur.e.s d’ici, et d’ailleurs, soumis au régime de COPIBEC, et qui sont sensibles à la question du droit collectif dans un tel contexte, sont invité.e.s à se retirer avant le 15 octobre de ce recours collectif.  [Je propose le mot-clic  #COPIBECpasenmonNOM ]

Emmanuel Château-Dutier a accepté de fournir également des contenus au sujet de l’affaire Copibec sous forme de revue de presse :

La Déclaration des communs

Pour clôturer la séance, des copies de la Déclaration des communs, qui résument les principes et les partis pris de ces engagements à l’endroit de la culture ouverte et des savoirs libres, ont été remises à l’audience. Rappelons que nous attendons toujours que la ministre Anglade nous disent ce qu’elle en pense, et où elle loge en regard de ces propositions soumises dans le contexte de la consultation citoyenne pour la Stratégie numérique – et qui se fait attendre.

C’était court, dense et intense…Un immense merci à tou.tes. les intevenant.e.s et  les participant.es. Si vous avez des questions sur ces initiatives, il me fera plaisir d’y répondre ou de vous re-diriger vers les porteurs et les porteuses de projets.

Note : Cette année, l’EBSI est partenaire d’activités de la SQIL.

#wikimania The model of an alternative professional practice to be built with GLAMs

| The idea is to publish a translation of some of my articles in order to offer a window on what is going on in the french-speaking side of libraries and information. I got this idea when I read a retweet from Silvère Mercier sharing an IFLA’s presentation that was pining the importance for french librarians to get involved in international relations. This suggestion could mean many things, but I interpret it here as an invitation to communicate our works and ideas in other languages while caring about diversity. So let’s try and see. My english with the capacity of Google translate are far from being perfect, thanks for your forgiveness. |

Wikimania, the annual congress bringing together the Wikipedia planet took place from August 9th to 13th. This Wikimania event has had its effects in the community of libraries and archives in Quebec. Not only among our QC colleagues, of course, since close to a hundred of them converged on Montreal, from around the world with the leisure of building a tailor-made professional program. As one colleague pointed out: “Wikimania is really a good congress of librarians.” And a congress would not be good if it did not give us the occasion to reflect on some substantive questions on the main theme, but also on the meaning of the profession, and sometimes even beyond.

After several years of wiki experimentations, this event provided an opportunity to take stock of the relationship between QC libraries and Wikimedia Foundation projects. The conferences of Maureen Clapperton and Hélène Laverdure with Frédéric Giulano have clearly demonstrated the extent and relevance of this partnership between Bibliothèque et Archives nationales du Québec and Wikimedia Canada. In a different perspective, the conference by Ivan Filion, director of Montreal Libraries, presented the results of a few years of exploration of the wikiway in public libraries, drawing on the expertise of some twenty contributing workshops/editathon—which is considerable for the same institution. In light of these findings, a second phase is envisaged for this network through: 1. a new series of contributive workshops; 2. a day of co-learning “libraries and Wikipedia” for the staff members concerned; 3. event initiatives that would support, in a new fashion, the creation of commons; and a particularly attentive role to strengthen 4. the presence of literary culture in Montreal, Quebec and local history on Wikipedia.

My colleague François Charbonnier and I took over to present the genealogy of our experiences in the design of digital communities and the evolution of the social configuration of our workshops involving both Wikipedia and OpenStreetMap. Jean-Michel Lapointe (UQAM Central Library) closed this session involving local speakers with a reflection about editorial cultures: scholars, students and wikipedians, based on his observations on them, exposing the mutual enrichment potential of their, often unlikely, cohabitation.

You can view several of the presentations and have access to the slides. All the products of the conferences are gathered on the site of Wikimania.

In the wake of these talks, a Wikipedia Aime les Bibliothèques (WAB) workshop was held in a, sold-out event, inspired by the Wikipedia Loves Libraries (WLL) initiatives, which aim to accelerate the convergence of these two partners since 2013. Organized in collaboration with the EBSI, Montreal Libraries, and the Café des savoirs libres (CSL), thirty-seven participants took part in this activity, which sought to bring library and archive staff together for the purpose of 1) discussing the relationship between these institutions and the Wikimedia Foundation projects by sharing experiences in Quebec and elsewhere; and 2) exploring new avenues of action to promote collaboration between libraries, archives and the Wikipedia community by supporting their involvement in the movement of open culture and free knowledge.

Among the elements that emerged from this meeting, we note that the epistemic resistance is no longer a reason not to Wikipedia, that the mobilization of the participants is very tangible and that they were ready to go further and even to include the other libraries in Quebec in the move, for example. And as we could hear in the institutional discourse on an international scale, the issue is less concerned now with the motivation to adhere than the question: how to do it? How to design the learning activities, how to accompany the development of the Wikipedia skills of professionals. Should we not be able to rely on professional associations, Library and Information Science Schools, our peers? How can we build a platform for support and sharing of our professional experiences? How could we create a common display on Wikipedia, for example a page bringing together all of our projects in libraries in Quebec in order to inform citizens and project promoters about the different activities, and to bring some emulation among them?

The day ended with a promise to extend this interest in the fall of 2017 around a contributory day aimed at both conducting a training workshop – which was the third objective of the WAB/WLL meeting but which could not have taken place at this time, since exchanges and feedbacks were more numerous and sustained than expected -. Then, we hope to be able to specify the articulation of possible mechanisms and feasible projects in response to the questions raised earlier. This upcoming event will lay the groundwork for a network of wikimedien.ne.s QC + librarians, in a still informal but more organized way.

And elsewhere in the library

As I mentioned earlier, the nature of the discussions at the WAB/WLL workshop is consistent with the findings from an international perspective. In recent years, library initiatives have grown on an individual basis, as Alex Stinson, a GLAM-Wiki (GLAM for Galleries, Libraries, Archives, Museums) strategist at the Wikimedia Foundation (WMF), emphasized in a workshop. His presentation is available.

I would add to this observation that signs of structuring, or expectations in this respect, from an organizational point of view, are also quite evident. Building on its authority, IFLA published its White Paper in February 2017 as a guide, with promising orientations, and a sampling of various existing collaborations between Wikipedia and libraries all over the world. IFLA has similarly promoted campaign # 1lib1ref 2017 which encouraged librarians to add sources to Wikipedia.

With this in mind, OCLC’s ambitious Wikipedia + Libraries: Better Together Program, which has been providing webinars for two years now, is preparing to step up its approach with an online training of 10 sessions to train 500 librarians In the United States this autumn as part of a study funded by the Knight Foundation.

Alex Stinson pointed out, however, that for library initiatives until now, “Most models focus on extracting unique knowledge from institutions, not building a professional practice”). What is interesting in this observation is that it means a resolutely traditional conception of libraries oriented on the collections that are deposited in a container. With these deposits of archives, digital collections, and data in the Wikipedia apparatus, libraries, paradoxically, maintain a vision that they seek to put at a distance in the discourse they convey in the 21st century.

So when Stinson asks, “Where are we going now?” “Or ‘How to scale our relationship with libraries?’, should this extractive approach still serve as a response?

And if the question is to answer it: should the alternative question not be translated as ‘How could our relationship with librarians be scaled up? “And the possible answer is, in my opinion, rooted in the same perplexity that Stinson manifested in the current collection-centred model, and would be to look for ways to build a wikipedian professional practice, instead of emphasizing wiki-libraries, in order to have a more sensitive and probably more sustainable impact.

Where are we going now? From collections to commons

Indeed, the most sustainable bet would no longer be based exclusively on the addition of digital collections and data, but without excluding it! (especially in the context of current development surrounding Wikidata), but on the exploration of another model than the extraction’s one.

The challenge of this alternative model, on the other hand, is that it has to be built—as one becomes wiki median with some time. It does not rely solely on processes, but also on an approach or mindset. It refers us to a global transition that goes beyond the situation of the Wikipedia projects, which they are the laboratory, and which brings the professional practice to rethink the relationship maintained with the territorial and global community and to rethink shared governance based on the approach of the commons.

Wikipedia is neither an aggregate of collaborative knowledge, nor a simple community portal, but above all an innovative model of governance.

(Dominique Cardon, in Wikipedia, unidentified scientific object, edited by Barbe Lionel, Louise Merzeau, Valérie Schafer, Open Edition, 2015)

This governance obviously carries with it the question of the power and control of knowledge by virtue of rules other than those inherited from the institutions. But many of the latest are already experimenting them in their fab labs, seed libraries, etc. It sets up a collaborative matrix between the library and the community, which engages them through a project in which they are also involved as co-creators.

This reciprocal commitment involves a social mediation of the knowledge contained in the community. It makes it possible to shift the expertise up to favour the co-emergence of knowledge with regard, in particular, to those who belong to the less socially visible groups—but not the least experts.

It implies a shift in relation from a service delivery logic, mainly imposed and rarely co-produced (lending digital collections/lending spaces to hold activities) to a vision of the library able to support the creative capacities of citizens in a place that is endowed with social attributes as a forum and third place.

If public policies support this vision strategically, resources will be prioritized to promote open culture, free knowledge, common knowledge—even perhaps from the situation of socially excluded groups.

These are some elements likely to contribute to the alternative model of a wikipedian/wiki median professional practice, or a practice of the commons, which is to build it in a library.

And if we look towards other institutions: archives, museums, etc.

Where are we in GLAMs more generally? In another workshop on GLAMs this time, Alex Stinson acknowledged that a problem of another order is emerging for the Galleries, Archives, Museums (GAMs) if one compares with the situation of the libraries. Actually, it seems that the wiki community is faced with the challenge of bringing in institutions of cultural heritage other than libraries. In other words, if the challenge of libraries, which are well engaged, is to scale up, the challenge of the GAMs is still to engage themselves.

In this context, it could be suggested that the success of libraries has been linked, among other things, to the fact that the WMF has designed a niche approach with these through initiatives such as Wiki loves libraries (WLL). An analogous approach would be to develop a targeted approach of the same type, for example “Wiki loves museums” and “Wiki loves archives” in order to initiate and catalyze the commitment of these hesitant institutions.

It is a voice that is already being explored in the Quebec context, and in the wake of the WAB/WLL event, some organizations with significant archives have come forward to discuss the interest of GLAMs and the relevance of an initiative “Wiki loves archives” in order to joined the movement.

On the other hand, if the “L”, the libraries, succeed in meeting the challenge of designing a Wikipedia practice, perhaps this experience will also facilitate the way for other participants, galleries, archives, museums in order to scaling up for a common global knowledge policy.

To the credit of the archives, two contributory days deserve to be highlighted and organized by Wikimedia Canada in partnership with the Bibliothèque et Archives Nationales du Québec, the Atikamekw Nation Council, the Manawan Atikamekw Council, National Institute of Scientific Research (INRS), Rising Voices with the collaboration of the Libraries of Montreal. First, the Scan-a-thon, where five endangered archives, including nearly nine hundred negatives illustrating the life of the First Nations from Abitibi and Mauricie between 1936 and 1952, as well as others types of documents, have been proposed for digitization and uploading into Commons and Wikisource. This workshop was followed by a edit-a-thon to accompany First Nations members and their allies in improving the content in Wikipedia related to the first.

The issue of Wikimedians-in-residence lurked around the topics discussed here, and it would certainly have deserved an article alone. To be continued.

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| The stall of Café des savoirs at Wikimania : from left to right, Gaëlle Bergougnoux, François Charbonnier, Lëa-Kim Châteauneuf, Benoit Rochon, president of Wikimedia Canada, and Pascale Félizat-Chartier | This picture is accessible on Wikicommons |