Du jardin partagé à l’imprimante 3D : Le Festival francophone des communs

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Les communs, c’est simple, c’est ce qu’on peut mettre en commun, et voici venu Le temps des communs : Un festival de 15 jours dédié aux (biens) communs qui se déroule à travers la francophonie.  Du 5 au 18 octobre 2015,  les initiatives se multiplieront « pour faire connaître, et grandir les communs. Pour imaginer ensemble un monde dans lequel le partage des ressources serait au cœur du projet collectif. Et le faire vivre dès aujourd’hui. »

Très actif en France, avec le réseau des communs et Villes en biens communs, le Festival prend encore de l’ampleur avec des propositions engageantes qui explorent la diversité de tout ce que l’on peut mutualiser : Du jardin partagé à l’internet, les savoirs partagés autour des technologies numériques comme l’imprimante 3D, les ressources éducatives libres, le domaine public, les espaces de travail, les collections de semences (grainothèques), les cartographies collaboratives, etc. Plusieurs bibliothèques publiques accueilleront ces activités et participeront aux réflexions en se questionnant sur leur rôle dans ce mouvement.

Montréal figure au programme avec cinq événements à ne pas manquer ! Deux de ces événements auront lieu dans les bibliothèques publiques de Lachine et du Mile End.

Des membres de Bookcamp, de Remix Biens communs, de Communautique et de la Fondation Wikimedia proposeront un atelier participatif intitulé : À nous le domaine public québécois et canadien! Mais où est-il?!

Lorsqu’une oeuvre littéraire ou artistique accède au domaine public, elle devient un trésor commun, disponible pour être utilisée à des fins créatives, pédagogiques, commerciales, etc.

Si l’on considère sa législation, le Canada appartient à la catégorie des pays dits « life + 50 », qui concernent la plupart des citoyens du monde, où les droits expirent 50 ans après la mort de l’auteur. En 2016, les oeuvres des auteur(e)s/créateurs/trices de ces pays et qui sont morts en 1965, feront désormais partie du domaine public – sauf exception.

Cependant, l’exercice qui consiste à repérer la cuvée 2016 des entrants dans le domaine public au Québec et au Canada n’est pas si simple et requiert un peu d’astuces et de stratégies de recherche ! Le public est invité à découvrir et célébrer ces auteur(e)s/créateurs/trices dans le cadre d’un atelier participatif qui se déroulera à la bibliothèque Mordecai-Richler à Montréal.

Au cours de cet atelier, les enjeux concernant le domaine public, son statut de bien commun, son accès, sa numérisation ainsi que sa curation/valorisation dans le paysage culturel au Québec et ailleurs, seront explorés.

D’autres événements se tiendront à Montréal dans le cadre de ce Festival :

  1.  Lancement du portrait des Fab Labs des Amériques. Une invitation à découvrir un portrait des 110 Fab Labs accrédités et recensés par le MIT répartis à travers les Amériques. Verre de l’amitié pour terminer la semaine entre motivés et curieux des espaces de fabrication numérique. Le 9 octobre à 15h chez échoFab.
  2. Journée autour de l’impression 3D à la bibliothèque Saul Bellow. Une invitation à comprendre l’impression 3D à travers un échange sur les enjeux et les perspectives qui se dessinent; à l’expérimenter en réalisant une « photo 3D » et des créatures imaginaires à l’aide de Meshmixer. Le 10 octobre de 10 h à 16 h avec Techno Culture Club à la bibliothèque Saul-Bellow.
  3. Conversation publique : Pour qu’un coworking devienne un bien commun, qu’est-ce que ça prend? Cette conversation est une opportunité pour trouver plus de clarté sur une question qui nous interpelle : Pour qu’un coworking devienne un bien commun, qu’est-ce que ça prend? C’est ensemble que l’on crée du sens collectif! Il y a deux invités pour démarrer la conversation : Alain Ambrosi et Samantha Slade, deux coworkers engagés dans le mouvement des communs. Le 15 octobre chez ECTO coworking coop.
  4. Invitation aux Journées contributives Wikipédia ASBC-SOHA 2015. Les journées contributives Wikipédia ASBC-SOHA 2015 invitent les participants et participantes à contribuer aux pages de Wikipédia sur l’Afrique et Haïti. Les 23 et 24 octobre à la Maison de l’Afrique à Montréal.

Et pourquoi pas, tandis que nous subissons les affres de cette interminable campagne, nous pourrions aussi profiter de l’occasion pour adapter ces 16 propositions sur les biens communs, l’action collective, l’innovation, la transformation sociale qui ont été formulées pour les candidats aux élections en France. Envie d’un débat sur les communs québécois et canadiens?

 

 

[Notes de lecture] Vingt-quatre heures dans la vie d’une nuit par Franz Benjamin

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C'est la dernière semaine de février. Je m'invite dans ce mois de célébration pour 
partager quelques lectures qui m'ont enchantée entre 2014 et 2015.

Vingt-quatre heures dans la vie d’une nuit – Secousses / Franz Benjamin, Mémoire d’encrier, 2010.

C’est le cinquième recueil de poésie de l’auteur qui se consacre aussi à la vie politique montréalaise. Il fait chaud dans ses textes, il faut s’éventer souvent, et on ne sait jamais si l’on va se réveiller à l’aéroport de Montréal où à celui de Port-au Prince. Écriture en mouvement, trajectoire éclatée, on décolle le soir, pour se sentir vivant, pour éviter l’abandon ou l’absence, pour immigrer (de soi – même si c’est intransitif). Quête de l’autre, désir d’y séjourner, sans être immobile, de partager le même élan, via la rue ou la mer, en avion, en métro, qu’importe la destination, qu’importe la ville, alors que les jours, et surtout les nuits nourrissent cette accélération fiévreuse, cette angoisse native, cette peur de ne pas être là, en poésie comme ailleurs, aux limites de la détresse amoureuse, liés, et pourtant libres.

Avec du jazz comme fond sonore.

Extrait du poème Mot de passe:

Rue des Marguerites
un soir de juillet
j’ai accroché ma chemise à un lampadaire

L’arôme de ta couleur café
l’exaltation de tes mains
sur mon midi plein
le mugissement de ton rouge à lèvres
l’exégèse de tes cris
le silence de tes pas

De la solitude
je n’ai gardé que le bruit
du vieux Macintosh des années quatre-vingt-dix
qui me dit quand tu n’es pas là
que la solitude est amour

Sur Librarything

D’autres listes de suggestion.

16 grands textes et documents de référence pour tracer l’horizon d’un projet de bibliothèque

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Sur Espace B, j’ai publié une liste avec les fondamentaux qui définissent un cadre conceptuel pour un projet culturel que ce soit un nouveau service, un lieu de diffusion, élaborer un plan d’action culturel ou programmer une bibliothèque. Dans la foulée de la récente Déclaration, Montréal, engagée pour la culture, c’est l’occasion de mettre à jour ses lectures de base. Dans l’article qui suit, on trouvera les liens vers 16 textes essentiels aujourd’hui pour penser la bibliothèque publique considérant que celle-ci est plus qu’un espace, c’est une idée et un projet dans la cité,  Montréal en l’occurrence. Plusieurs de ces déclarations et ces documents de référence peuvent aussi nous aider à mieux saisir les enjeux entourant la réflexion actuelle sur les Objectifs du Millénaire, et le programme de développement pour l’après-2015 en préparation qui est destinée à «aborder de nombreuses problématiques : mettre fin à la pauvreté et à la faim, améliorer la santé et l’éducation, bâtir des villes plus durables, combattre les changements climatiques et protéger les océans et les forêts», et pour lesquels les bibliothèques seront interpellées. Ainsi, la récente Déclaration de Lyon a été précisément élaborée dans le but de positionner les bibliothèques dans le cadre de ce programme.
  1. Déclaration universelle des droits humains (dont l’article 19)
  2. Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle
  3. Objectifs du Millénaire
  4. Agenda 21 de la culture et Agenda21C 
  5. Manifeste de l’UNESCO sur la bibliothèque publique
  6. Proclamation d’Alexandrie sur la maîtrise de l’information et l’apprentissage tout au long de la vie
  7. Déclaration de Lyon
  8. Manifeste IFLA/UNESCO pour Internet 
  9. Politique de développement culturel (2007)
  10. Plan d’action 2007-2017 Montréal, métropole culturelle 
  11.  Déclaration Montréal, engagée pour la culture
  12. Vers des quartiers culturels durables 
  13. Diagnostic et plan de consolidation des Bibliothèques de Montréal
  14. Montréal, ville UNESCO design 
  15. Montréal, ville de savoir
  16. Manifeste de SavoirsCom1

La liste complète des textes est accessible sur Espace B. Si vous avez d’autres documents à proposer, n’hésitez pas à le faire en commentaire.

Occupons la créativité à Montréal

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C’est la saison de la créativité immersive. L’événement immersif C2MTL s’apprête à faire appel tant au côté droit de votre cerveau qu’au côté gauche, comme on peut le lire sur le site, et beaucoup à votre porte-feuille, si l’on se fie au coût d’inscription. Jaillissement de nouvelles idées, connaissances inédites, expérimentations, projets en ébullition, rencontres avec « les plus illustres créateurs de la planète », avec « la crème des influenceurs » et autant de personnes d’exception, voilà tout un programme « pour trouver des réponses créatives aux questions fondamentales commerciales » et stimuler les gestionnaires visionnaires.

Ce n’est pas grave si la théorie de la spécialisation gauche-droite des hémisphères cérébraux est une quasi-légende urbaine, ce sera une expérience immersive, et toutes les parties de tous les cerveaux ne feront vraisemblablement plus qu’un au sortir de cette grande messe. Une grande messe célébrée «entre le génie et la folie » où l’on promet aux gestionnaires-visionnaires participants qu’ils repartiront avec les « valises chargées de révélations » et de solutions d’affaires. Alors que font, pendant ce temps, les 99% qui n’ont pas accès à cette communauté, non seulement immersive, mais aussi exclusive, en tant que ce «village d’innovation conçu exclusivement par et pour C2MTL » ? Ils/ elles occupent l’imaginaire et la créativité autrement, par exemple en se questionnant sur l’immersion commerciale de l’imaginaire et de la créativité et sur la récupération de la pensée design, dans une perspective sociale.

Pour réfléchir à ces questions, l’événement Design et démocratie @ Montréal, qui se tiendra lundi le 26 mai à 20h00 et auquel je participerai, propose une soirée-débat au café-bar de la Cinémathèque québécoise qui s’ouvre en ces termes :

À l’heure de la créativité commerciale et du design mondialisé, le capitalisme aurait réussi à domestiquer les critiques sociale et artiste pour en faire un moteur très efficace de son propre déploiement. Mais ce « capitalisme créatif » épuise-t-il pour autant ces critiques, leur pouvoir utopique et poïétique, leur faculté à nous faire imaginer et expérimenter d’autres mondes à travers des associations, des ré-agencements et des recombinaisons étonnantes ? Autrement dit, l’horizon contemporain du design est il exclusivement commercial ou est-il aussi démocratique ?

Partant du postulat que le design peut aussi être social et que la critique artiste peut réenchanter le vivre-ensemble, cette soirée débutera par une série de courtes présentations de designers, de militants et de chercheurs qui témoigneront de leur expérience et de leur vision du design social (sur les « bibliolabs », les données ouvertes, l’enseignement du design social et participatif, le mouvement du « critical design », les laboratoire de créativité citoyenne…), et se poursuivra par un débat citoyen et convivial…

L’événement promet d’être un tantinet subversif à défaut d’être totalement immersif.

L’entrée est gratuite et ouverte pour tous.

Lire la bibliothèque Marc-Favreau en compagnie de l’architecte

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Visite et lecture de la nouvelle bibliothèque Marc-Favreau dans l’arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie en compagnie de Gilles Prud’homme de la firme Dan Hanganu, architectes.

Déchiffrer le sous-texte du lieu avant que les livres/médias ne viennent y bruire. Un projet fort, à la fois sensible et raffiné.

L’arrondissement ouvrira les portes de la bibliothèque au public pour une autre visite architecturale le dimanche 15 septembre, de 10 h à 16 h.