Design social : YOUmedia, un laboratoire numérique pour les jeunes de Chicago

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Le YOUmedia est-il l’avenir de la bibliothèque? Mon collègue, Patrick Lozeau a visité cet espace récemment et a bien voulu partager ses images ainsi qu’un commentaire sur le lieu. C’est l’occasion de poursuivre l’exploration des laboratoires en bibliothèques. Le projet du YOUmedia a reposé sur une approche de design social et participatif impliquant la présence des adolescents dans le processus de la conception. La documentation sur le YOUmedia est abondante, on peut même y trouver le programme et un schéma d’aménagement. En guise d’introduction, je reprends ici les principaux éléments de cette démarche.

Le YOUmedia se définit comme un espace d’apprentissage des nouveaux médias conçu pour les adolescents qui a été inauguré en 2009 au sein de le Chicago Harold Washington Library Center.

Suivant le parti pris philosophique du YOUmedia, il s’agit de permettre aux jeunes d’apprendre à être des créateurs de contenus éclairés plutôt que de simples consommateurs.

On assume que la littéracie des nouveaux médias doit être développée très tôt chez les jeunes par le biais de différentes expériences formelles et informelles, mais qui seront intrinsèquement motivantes parce qu’elles impliquent l’utilisation des nouveaux médias.

Et comme aujourd’hui les compétences relatives aux nouveaux médias sont transversales, dans la mesure où elles croisent à peu près toutes les dimensions de la culture, on s’inscrit dans une démarche large de translittéracie.

Il s’agit aussi d’une approche de type « learning by doing » c’est-à-dire que l’apprentissage est réalisé par le biais d’activités de fabrication, de manipulation en réalisant des projets, fondés sur les intérêts, et qui favorisent la pensée critique, la créativité et le renforcement des compétences. On constate à travers dans les images plus récentes du YOUmedia que celui-ci a intégré un volet de laboratoire de fabrication dans l’esprit des fab labs.

Selon les programmateurs, le YOUmedia relève deux défis considérables auxquels font face les bibliothèques publiques d’aujourd’hui:

• Le manque d’espaces engageants et appropriés, numériques et physiques, pour les adolescents dans les bibliothèques publiques;
• Le manque d’opportunités pour les adolescents leur permettant de développer des compétences numériques adéquates pour fonctionner dans la société contemporaine;

La réponse à ces défis au YOUmedia a consisté à offrir des espaces appropriés aux adolescents susceptible de leur permettre de réaliser des projets qui font sens pour eux en ayant la possibilité d’accéder à un registre varié de ressources : des livres, une centaine d’ordinateurs portables et de bureau, des outils de création médias, des logiciels pour la photo, la vidéo, le dessin, la musique. Le YOUmedia propose également un studio d’enregistrement maison avec des claviers, de tables tournantes, et une table de mixage.

Plus précisément, la réponse à ces défis a été globale avec une proposition comportant 5 ingrédients essentiels :

1) L’espace. Dans un YOUmedia, il doit avoir un espace physique où les jeunes peuvent se rassembler de même qu’un espace en ligne pour le réseautage social, la diffusion de leurs œuvres et le partage d’idées.

La conception de l’espace YOUmedia a découlé des travaux du professeur Mizuko Ito, Living and Learning with Digital Media (2008), qui a produit une étude ethnographique auprès de 700 jeunes montrant que les jeunes participent aux médias numériques selon trois modalités :
• Le Hanging Out lorsqu’ils «traînent» et conversent avec des amis dans les espaces sociaux comme Facebook.
• Le Messing Around lorsqu’ils bricolent avec les médias numériques, font des vidéos simples, jouent à des jeux en ligne, publier des photos dans Flickr, etc.
• Le Geeking Out lorsqu’ils approfondissent l’exploration de leurs principaux intérêts et de leurs passions : musique rap, création de fan fiction, de robots, etc., souvent à travers des collaborations et en bénéficiant de l’apprentissage par les pairs.

Ito et als. ont observé que ces activités en ligne contribuent à l’apprentissage des jeunes de manière significative au-delà des expériences dans les programmes scolaires ou de la communauté. Le YOUmedia est organisé et aménagé avec trois zones distinctes qui correspondent à ce schéma des usages :

  • Une zone de Hanging Out pour échanger et converser. C’est un espace social avec une ambiance détendue où les adolescents peuvent lire, parler avec des amis, sur place ou via les réseaux sociaux. L’environnement, dit-on, est conçu pour offrir «une introduction sans pression à la technologie».
  • Une zone de Messing Around pour explorer et expérimenter. Cet espace vise à favoriser l’exploration des supports numériques pour ceux qui ne sont pas nécessairement prêts à s’engager dans des ateliers plus structurés.
  • Une zone de Geeking Out pour creuser, approfondir, pour aller plus loin, souvent avec l’aide d’un mentor ou d’un bibliothécaire, par l’intermédiaire d’ateliers et de projets. Dans ce cas, le YOUmedia propose un espace de formation et d’apprentissage collaboratif.

Les autres conditions du concept de YOUmedia :

2) Les mentors. Dans un YOUmedia, il doit avoir des mentors pour accompagner les jeunes dans leurs projets.

3) Les intérêts. Dans un YOUmedia, on favorise l’apprentissage des jeunes en tenant compte de leurs intérêts.

4) La recherche. Dans un YOUmedia, la programmation et l’offre de services sont continuellement ajustées en fonction des collectes de données et des informations recueillies sur les besoins des jeunes par des chercheurs. L’Université de Chicago, notamment le département de sociologie et l’Institut d’éducation urbaine, a été étroitement impliquée dans les cueillettes de données, les études, les processus et les évaluations ayant servi de cadre au YOUmedia.

5) Les partenaires. Le YOUedia est le résultat d’une collaboration entre divers partenaires qui contribuent à offrir différentes opportunités et des ressources aux jeunes.

Patrick Lozeau a visité l’espace YOUmedia avec le regard avisé qu’on lui connaît au sein de la profession, et il a généreusement accepté de partager son point de vue en commentant le lieu :

Avant de répondre à tes questions, j’aimerais préciser que j’ai eu l’occasion de visiter le YOUMedia à deux reprises. Ma première visite remonte à septembre 2009. À ce moment, j’ai visité l’espace un samedi en fin d’après-midi quand l’endroit était plein d’adolescents. J’y suis retourné un matin de semaine pour prendre les photos sans les jeunes. Cette année, j’ai visité l’endroit un mercredi après-midi quand plusieurs jeunes s’y trouvaient.

Quels sont les aspects que tu as jugés les plus intéressants dans cet espace ?

Je suis quelqu’un de très visuel, je dois retourner à mes photos pour m’aider à répondre à tes questions. Cependant, l’élément qui m’a le plus marqué sans regarder mes photos, c’est l’esprit de l’endroit. YOUmedia se situe dans la bibliothèque centrale de Chicago, la Harold Washington Library, mais la minute que tu entres dans l’espace, tu n’as pas l’impression de rentrer dans une bibliothèque. Il règne plutôt un esprit de maison des jeunes. Les livres sont toujours présents, mais les bibliothèques disposées sur les murs changent la perception de l’endroit. Pour moi, c’est très positif si l’objectif est d’attirer une nouvelle clientèle qui aurait une image négative d’une bibliothèque.

Qu’est-ce que tu améliorerais dans le YOUmedia ?

Difficile d’émettre une critique sur un endroit qu’on connaît seulement comme «touriste». Pendant mes visites, je n’avais pas l’impression que le personnel s’impliquait dans les activités du YOUmedia. J’avais l’impression que les jeunes interagissaient plus souvent avec le gardien de sécurité qui est présent en permanence. Je sais qu’ils ont des activités, mais quand une personne entre dans l’espace, il est difficile de le repérer et c’est un élément qu’ils devraient améliorer.

Est-ce que tu penses que le modèle du YOUmedia est un modèle – en termes de concept, design, services, mentorat – dont on pourrait s’inspirer pour développer des espaces pour les ados ou les jeunes adultes à Montréal ?

Je pense que oui. Pour moi, YOUmedia représente l’évolution de la bibliothèque contemporaine : l’espace de ressources et de création sous toutes ces formes. Ça m’est aussi apparu comme un endroit de socialisation pour les jeunes. Une sorte de point de rencontre où on peut se donner rendez-vous pour passer du temps. Le local est grand avec peu ou pas d’ameublement fixe. Ceci permettrait de changer, déplacer, reconfigurer l’endroit à n’importe quel moment dans le futur. C’est un gros avantage. Le mobilier (surtout les divans) m’a semblé usé après quatre ans, mais l’équipement informatique et électronique semblaient toujours en place et fonctionnel.

Selon plusieurs designers aujourd’hui, les concepts des espaces pour les ados définissent les orientations des bibliothèques à venir pour tous les publics. Et, à l’instar de mon collègue Patrick Lozeau, je crois que le YOUmedia s’avère une des illustrations les plus intéressantes d’une intention aboutie visant à intégrer les nouveaux usages associés à la culture numérique et la participation culturelle dans l’espace physique de la bibliothèque. La YOUMedia représente aujourd’hui ui un projet structurant, une référence de base, un modèle à partir duquel on se réfère pour identifier des nouvelles pistes, que ce soit en termes de démarche ou de design social, dans le but d’aller encore plus loin.

Pour aller plus loin :

L’état des bibliothèques américaines 2012 : L’économie et le livre numérique

Je serai à New York à partir de mercredi et jusqu’à dimanche où je visiterai quelques établissements de la NYPL. Pour se mettre dans l’ambiance, quoi de mieux que le rapport sur l’état des bibliothèques américaines 2012 qui vient de paraître ?

Les tendances qui sont rapportées, au sommaire, ont été identifiées par le biais d’une enquête qui s’est déroulée en janvier 2012 auprès de plus de 1000 personnes :

  • 65 % des répondants ont visité une bibliothèque au cours de l’année 2011;
  • 58 % possédaient une carte de bibliothèque;
  • Les abonnés sont surtout des femmes, des femmes qui travaillent et des mères de famille;
  • 31% des adultes, et jusqu’à 38% des citoyens seniors, placent la bibliothèque au sommet de la liste des services qu’ils sont prêts à financer par le biais de leurs impôts;
  • Les services de la bibliothèque qui sont les plus appréciés : l’accès gratuit  à de l’information et les programmes qui contribuent à l’éducation et à la formation tout au long de la vie (lifelong learning);
  • 95% accordent une grande valeur au fait que les bibliothèques contribuent à fournir de l’information et des ressources pour les écoles et pour le travail;
  • 93% pensent qu’il est important que les services de la bibliothèque soient gratuits;

Malgré ce plébiscite citoyen, on déplore le fait que les bibliothèques demeurent des cibles faciles pour les politiciens qui veulent pratiquer des coupures. On parle de 19 états qui ont réduit les budgets des bibliothèques, dont plus de la moitié ont exigé des coupures de plus de 10 % du budget. Un réseau de bibliothèques au Michigan devra fermer ses portes en juin.

La bibliothèque, plus qu’un sympathique service à la communauté : un investissement

Le caractère vain de ces coupures a été démontré avec l’étude importante réalisée par la University of Pennsylvania’s Fels Institute of Government qui établit, pour une première fois, que le retour sur l’investissement dans les services de bibliothèques justifie largement ses coûts :

The economic-impact study concludes that the library created more than $30 million worth of economic value to the city in fiscal 2010 and that it had a particularly strong impact on business development and employment. Among the study’s more astonishing findings: An estimated 8,600 businesses could not have been started, sustained or grown without the resources respondents acquired at the Free Library of Philadelphia (FLP). Direct economic impact: Almost $4 million.

Défis et opportunités technologiques

La révolution numérique signifie pour les bibliothèques, des nouvelles philosophies, des nouveaux services, des nouveaux espaces. Une des principales préoccupations ? Rencontrer les besoins des communautés en matière de formation.

  • L’usage des ordinateurs est croissant en bibliothèque;
  • Près de 85% des bibliothèques offrent l’internet sans fil, et les 2/3 étendent cet accès en dehors de la bibliothèque;
  • 90 % des gestionnaires jugent les médias sociaux importants pour la promotion des bibliothèques. Ce sont surtout les blogues, facebook, twitter qui sont les plus populaires;
  • Presque toutes les bibliothèques universitaires offrent des livres numériques et les 2/3 des bibliothèques publiques;

L’événement marquant de l’année : la décision de HarperCollins de ne pas permettre qu’un livre numérique soit prêté plus de 26 fois. Ébranlé, le milieu des bibliothèques se bat pour un usage moins restrictif des livres numériques dans le futur. On craint fort que d’autres éditeurs adoptent ce modèle dans le contexte où les budgets sont limités et la demande est forte.

Quatre faits saillants à méditer  :

  • 58 % ont une carte de bibliothèque…contre 36 % au Québec, 18% en France.
  • Couper dans les heures, les services, le personnel des bibliothèques n’apparaît pas comme une décision économiquement éclairée.
  • Les 2/3 des bibliothèques publiques américaines offrent des livres numériques.
  • Le projet des bibliothèques américaines est principalement orienté, en ce moment, vers le développement social sous la forme de l’aide à l’emploi et de la formation.

Dans un autre billet, je reviendrai sur le chapitre concernant la rénovation et de la construction des espaces de bibliothèques dans ce rapport.

| Photo : Literacy Table, Portland Public Library, 2011, par Marie D. Martel, licence : cc-by-sa |

La littérature derrière les Oscars 2012 : deux pouces levés ?

Certains disent que si l’industrie du livre s’effondre, ce ne sont pas les librairies ou les grandes maison d’éditions qui  seront les plus affectées mais Hollywood. Derrière la plupart des nominations dans la catégorie des meilleurs films aux Oscars 2012 se cachent des oeuvres littéraires. Les connaissez-vous?

1. Monsieur Lazhar

Le texte de la pièce Bashir Lazhar par Évelyne de La Chenelière a inspiré le film Monsieur Lazar réalisé par Philippe Falardeau qui figure dans la catégorie du Meilleur film étranger. Monsieur Lazhar est le récit d’un homme en survivance, projeté dans un monde dont il est déconnecté spatialement, c’est un réfugié, et temporellement, devant une classe d’enfants.  Le discours, saturé de sensibilité et de force, interpelle, sans toujours les réconcilier, les thèmes du suicide et de la résilience, de l’immigration et de l’accueil, de l’incompréhension et de  la dignité, de la solitude et de la confiance en l’autre. La distance entre le texte de la pièce et le scénario est considérable mais le sens de l’expérience est commune. Littérature de l’altérité. On peut lire un extrait de la pièce ici. Lu en v.o.: Deux pouces levés !

Note : j’ai parcouru quelques forums de discussion consacrés à la traduction de l’expression appréciative Two Thumbs Up, et j’avoue que ce n’est pas génial mais j’ai choisi la voie littérale considérant le contexte américain.

Dans la catégorie des meilleurs films :

2. The Descendants

L’oeuvre à la source du film du même nom, réalisé par Alexander Payne, a créé un effet de surprise notamment parce que l’auteure,  Kaui Hart Hemmings, a choisi d’explorer l’univers d’un narrateur masculin. On connaît les protagonistes des romans de Philipp Roth et cie qui se sont investis dans l’analyse psychologique de l’homme américain, débordante de narcissisme et d’obsessions sexuelles, mais peu d’auteures ont jusqu’ici contribué à cette quête. Elle le fait avec aplomb et plus de générosité que les autres. Elle ose aussi l’humour qu’elle pratique habilement. Et puis, on ressent, à la lecture, une fascination à découvrir ce paradis de carte postale qu’est Hawaï à travers les lunette, sans teintes, de l’enfer. Le nom de l’auteure figure sur le générique ce qui donne à penser que cette dernière fait une apparition dans le film. Littérature transgenre. On peut lire ici la critique du New York. TimesLu en v.o.: Deux pouces levés !

3. The Help

Le film The Help, réalisé par Tate Taylor (en français La couleur des sentiments), est basé sur le roman du même nom écrit par Kathryn Stockett. Ce roman, qui raconte l’histoire de servantes afro-américaines, a figuré pendant 100 semaines sur la liste des Best Sellers du New York Times. Le manuscrit de Stockett a été refusé entre 45 et 60 fois ( les témoignages ne concordent pas) avant de trouver preneur. On peut lire et entendre une entrevue du Daily Telegraph ici. Cela dit, il semble que le roman comme le film soient terribles et ne méritent pas les honneurs et l’attention qu’on leur accorde. Selon une critique, le roman serait surtout pétri de clichés, mélodramatique, avec ce que peut avoir de douteux, un exercice de réhabilitation raciale à travers les yeux d’une blanche du Sud. Je ne l’ai pas lu et je ne le lirai pas, je crois.

4. Hugo

Le livre est un cadeau et le film réalisé par Martin Scorsese en 3-D aussi. L’oeuvre de Brian Selznick,  intitulé The Invention of Hugo Cabret (en français L’invention d’Hugo Cabret), est inspiré de la vie de Georges Méliès, le pionnier du cinéma français. Le livre a remporté le prestigieux prix Caldecott en 2008.   Difficile à classer : sur 533 pages, 284 sont  des dessins, qui sont magnifiques, en noir et blanc. L’auteur lui-même hésite quant à son identité :  «not exactly a novel, not quite a picture book, not really a graphic novel, or a flip book or a movie, but a combination of all these things». Littérature transcatégorielle, livre-objet et littérature transgénérationnelle : je l’ai prêté à des enfants comme à des adultes. Lu en v.o. et traduit: Deux pouces levés !

5. Money Ball

Benett Miller a réalisé ce film de sport biographique basé sur un roman de sport biographique, qui porte le même nom, écrit par Michael Lewis, en 2003, et  qui a immortalisé les accomplissements théoriques et pratiques de Billy Beane, gérant général des Oakland’s A. Les deux oeuvres, le film et le livre, défendent la thèse selon laquelle l’approche sabermétrique, fondée sur une utilisation astucieuse des  statistiques, permet de bâtir des équipes de façon scientifique et gagnante (zeugme). Du point de vue empirique, c’est très convaincant surtout avec Brad Pitt comme pitcher. Je parle du film que j’ai vu ( et aimé! ) parce que je n’ai pas lu le livre…Comme je suis de ceux/celles qui pense que le baseball est une erreur de la culture, il n’existe aucun monde possible où je pourrais le lire. Mais j’adore le sous-titre : The Art of Wining an Unfair Game et comme les critiques sont bonnes et pour ne pas décevoir ceux de l’autre équipe, on peut sans doute s’entendre pour un pouce levé.

6. War Horse

War Horse est la démonstration qu’il nous faut avoir recours à un concept de super oeuvre pour réunir toutes les expressions qui partagent un contenu ou une essence  artistique en commun. Dit, plus simplement, l’oeuvre War Horse existe en tant que roman et c’est aussi une pièce de théâtre puis un film. Le réalisateur Steven Spielberg a adapté le roman pour enfants qui raconte, à l’aide une narration à la première personne, l’histoire d’un cheval pendant la première guerre mondiale. War Horse n’est pas écrit par le cheval lui-même mais par Michael Morpurgo, un des plus grands écrivains pour la jeunesse anglais. (Faisons un peu people tant qu’à être dans l’ambiance du Kodak Theater : Morpurgo a épousé la fille du fondateur de la maison d’édition Penguins, OMG…)

Toutefois, ce qui doit nous éblouir ici, au-delà du talent incontestable de l’auteur, c’est de voir avec quelle complicité notre cerveau littéraire accepte de croire au récit des animaux qui parlent. Bien sûr, on peut encore lire les fables pour jouir de cette expérience singulière qui en dit long sur l’imagination humaine, mais les productions contemporaines sont plus rares, me semble-t-il, même si les adeptes de PETA se multiplient: le roman d’un manteau de fourrure ferait sûrement un bon film pour la cause. Lu en traduction: Deux pouces levés !

On remarque que si tous les films sont associés à des réalisateurs masculins, la moitié des oeuvres littéraires qui les ont inspirés et qui sont présentées ici sont écrites par des femmes. Un bilan mitigé.

D’autres articles sur les livres qui font les films de cette année :

Ces livres sont disponibles dans une bibliothèque publique près de chez vous. Ces temps-ci, il vaut mieux réserver car on se les arrache.
| L’image est tirée du livre L’invention d’Hugo Cabret par Bian Selznick |