Hors les murs, hors d’elles-mêmes, les bibliothèques de Montréal

Les grands médias nationaux, Le Devoir, La Presse et Radio-Canada ont relayé la nouvelle au sujet de la décision de l’administration actuelle de Montréal de procéder à des coupures importantes dans le programme Livres dans la rue (LDR), un service de bibliothèques qui existe depuis 35 ans. On a fait valoir que cette « ré-évaluation », pour ne pas appeler cette décision une « coupure » suivant le vocabulaire policé des communications, était justifiée en raison d’une baisse de fréquentation et d’une augmentation des initiatives hors les murs menées par les arrondissements eux-mêmes. C’était pourtant, coïncidence fâcheuse,  la semaine où cette administration avait passionnément fait la promotion de la Politique de l’enfant – alors que ce type de médiation est principalement destiné aux enfants de 5 à 12 ans. Les citoyen.ne.s ont protesté, la mairesse est revenue sur sa décision. J’ai partagé ce commentaire suite à cette annonce  :

Merci beaucoup Madame Plante d’avoir eu le courage de revenir sur cette décision. Mais j’aurais deux commentaires. Le premier : Vous concéderez certainement que compter les participants n’est pas suffisant pour évaluer l’impact d’un programme. Ensuite, je serais très intéressée de voir les preuves au sujet de toutes ces « activités hors-les-murs [qui] ont été reprises par les bibliothèques de quartiers, lesquelles se sont développées rapidement au cours des 5 dernières années. » Les services hors les murs constituent un projet qui n’a jamais été pris au sérieux, ni soutenu, par l’administration municipale à Montréal. On pourrait même dire que le hors-les-murs montréalais est dans un état de sous-développement si on le compare à ce qui se fait dans les réseaux des bibliothèques des autres grandes villes canadiennes. En ce moment, les bibliothèques de Montréal ont de la difficulté à fonctionner « entre les murs » dans le contexte des coupures et du PQMO – que vous semblez endosser dans la plus pure continuité de l’administration précédente.

Après les remerciements, l’annonce du maintien de ce service a été rapidement accompagnée par une vague de scepticisme. Le maintien des services annoncé signifie-t-il  une ré-allocation de l’enveloppe initiale de LDR (112 000$ en 2017), ou est-ce que le budget annuel (20 000 $) sera légèrement majoré pour calmer le jeu médiatique ? Est-ce que l’on réinvestit avec une vision ou est-ce que l’on est dans la gestion de crise ?

Par ailleurs, Christine Gosselin, que j’avais mis en cc de cet échange, et qui est l’élue portant le dossier de la culture, a demandé : « Pouvez-vous me donner des exemples de villes où ça marche très bien? » C’est à cette question que je vais consacrer le reste de ce billet. Puisque j’avais comparé la situation de Montréal à celles des autres grandes villes canadiennes dans mon commentaire, les exemples qui seront mentionnés viendront de ce côté.

Les services hors les murs (Outreach)

D’abord, en quoi consistent les services hors-les-murs (Outreach) ?

Même si les bibliothèques canadiennes auxquelles je vais référer insistent pour distinguer les services hors les murs (outreach) et le développement communautaire (Community Development-based librarianship), je vais englober les deux approches, qui se déroulent dans la communauté, sous l’appellation générale de hors les murs (outreach) – considérant que cette distinction n’existe pas réellement dans les  bibliothèques publiques québécoises.

Le hors les murs est une approche, qui existe depuis les débuts du mouvement des bibliothèques publiques au XIXe siècle, et qui consiste à offrir un service, souvent accompagné d’un message, en dehors de cette institution, au sein des communautés :

As staff, we then decide on a format that these messages will take – perhaps a storytime visit to a new mother’s drop-in, a books-for-babies campaign, an online research program at the local high school, or a library talk at the local neighbourhood house – and, if we haven’t a location in mind already by request or by our needs assessment, we find places that will allow us to come and deliver the program, message, or service. (Working Together)

 La version plus radicalement communautaire accorde une importance décisive à la création de liens, la relation à bâtir dans la durée, la « planification en collaboration avec la communauté », et revendique une philosophie où toutes les personnes impliquées sont des collaboratrices, des partenaires et des co-apprenantes. 

Dans tous les cas, on met l’emphase sur la nécessité de rejoindre les personnes difficiles d’accès, situées dans des corridors non ou mal desservis, vulnérables, socialement exclues, marginalisées. Par conséquent, du point de vue canadien, le hors les murs en vient à comprendre aussi, et paradoxalement, toutes les actions qui sont conduites pour réduire les obstacles systémiques et favoriser un accès équitable pour tou.te.s au savoir et à la culture, même lorsqu’elles sont pratiquées dans la bibliothèque. En d’autres termes, le but visé est d’abattre tous les murs afin qu’il n’y est plus un dehors et un dedans avec des inclus et des exclus, mais une seule communauté avec sa cohésion sociale – dans les termes du discours sociologique et des politiques publiques.

Les bibliothèques qui empruntent cette voie sont des « community-led-libraries », des bibliothèques-dirigées-par-la-communauté. Cette approche des « community-led-libraries » est celle qui est enseignée  dans plusieurs écoles de bibliothéconomie au Canada, et elle incarne la théorie générale, et la pratique, des bibliothèques publiques canadiennes au 21e siècle.

Le hors les murs redéfinit aussi la bibliothèque comme un système où le lieu-bibliothèque est un sous-système parmi d’autres, et à partir duquel gravitent d’autres programmes dont les caractéristiques socio-spatiales et les capacités d’intervention sont à géométrie variable, mais complémentaires  : i. des services mobiles (vélo, bus, camionnette); ii. des places éphémères comme en crée Livres dans la rue, les bibliotentes, etc. dont l’intervention dure quelques heures ou une journée; ou encore iii. des espaces pop up installés comme des succursales temporaires qui complètent l’offre des établissements de référence, tantôt comme des labraries qui détournent un espace commercial laissé vacant, pour quelques mois ou plus si affinités; puis bien entendu iv. des services numériques qui tirent parti des possibilités de l’engagement via le monde des réseaux; v. des médiateurs hors les murs, des agents de liaison ou des community-led-librarians qui font du développement communautaire. L’exemple de la bibliothèque de Burnaby, en Colombie britannique, qui dessert une population de 200 000 habitants, présente un certain registre des services hors les murs avec ces différentes déclinaisons. Les exemples plus significatifs suivront plus avant.

Pour bien saisir le contexte actuel, il faut savoir, par ailleurs, que la mobilisation considérable des bibliothèques canadiennes autour du rapport Vérité et réconciliation implique aussi, et principalement, des actions conduites dans le cadre du volet outreach de leur mission.

Je souhaiterais vraiment insister sur cette diversité complémentaire des pratiques de outreach qui co-existent et qui, à ce titre, rend d’autant moins justifiée la suspension d’un programme comme Livres dans la rue, pour le remplacer par une autre option, quand on semble accorder autant d’importance au développement de ce modèle de service dans la communauté, ainsi que la mairesse et son élue l’ont soutenu. Et cette diversité est aussi, il faut le souligner, celle du profil des agent.e.s qui sont engagé.e.s dans ces pratiques; j’en profite ici pour rendre hommage aux animatrices de Livres dans la rue.

De retour à Montréal

À Montréal, la vision d’une bibliothèque physique, numérique et hors les murs a été défendue, en particulier, depuis 2010 dans le cadre d’un rapport présenté à la Commission sur la culture et qui proposait une orientation : « Vers une véritable bibliothèque hors-les-murs », et qui est restée à l’état d’une orientation. Aux programmes isolés comme Contact et Livres dans la rue qui existaient déjà, s’est ajouté celui des (quelques rares et toujours en situation précaire) agents de liaison, qui ont perduré, sans passage à l’échelle. Beaucoup d’espoirs,  portés par des professionel.le.s convaincu.e.s, ont été placés dans ce développement qui se voulait « la prochaine étape »,  mais le soutien attendu n’est jamais venu qui aurait permis de concrétiser un développement véritable du outreach à Montréal.

Dans cette veine, je préciserai que les élues actuelles ont aussi justifié la suspension de Livres dans la rue en suggérant, chiffres à l’appui, que le hors les murs avait été repris et développé à partir des arrondissements dont les activités hors les murs jeunesse étaient passées de 332 à 1032 au cours des dernières années. Je voudrais voir ces données, et surtout leur distribution. Pour ma part,  et pour ce que j’ai pu observer en matière de disparités dans les services de bibliothèques à Montréal, mon hypothèse est que cette hausse est attribuable à des initiatives émanant de quelques villes plus fortunées où les services de bibliothèques sont généralement beaucoup plus développés que les autres. Il y a les bibliothèques des riches et celles des pauvres à Montréal. Paradoxalement, ce sont surtout les bibliothèques des riches qui pourraient avoir les moyens de se payer du personnel pour offrir des services hors les murs. 

Les bibliothèques de Montréal forment un seul réseau, mais un système à deux vitesses. C’est pour cette raison qu’une collègue, qui a connu la vitesse d’un certain arrondissement, a fait valoir l’importance que le hors les murs soit, jusqu’à un certain point, centralisé et structuré, avec une vision et les moyens nécessaires, pour assurer une équité de service et d’accès pour tous les citoyen.ne.s sur le territoire de Montréal. 

Bref, pourrait-on voir la ventilation de ces chiffres et ce qu’on y a mis comme type d’activités sous le label du hors les murs ? De plus, il serait instructif de comparer le nombre, la variété de même que la portée du outreach à Montréal et dans les autres grandes villes canadiennes.

Des exemples de villes où ça fonctionne

Je ne m’avance pas, en toute rigueur, à affirmer que la liste des exemples de outreach qui seront cités fonctionnent très bien, ainsi qu’on le demande, pour la simple raison que je n’ai pas eu accès aux évaluations de ces activités. Mais, considérant le degré de développement de ce modèle de services dans les bibliothèques canadiennes, le moins que l’on puisse dire, c’est que ça fonctionne. 

Voici un survol de ces pratiques canadiennes de outreach à l’aide de quelques exemples qui opèrent avec une vision et un programme structurés:

1. Toronto Public Libraries (TPL). Du côté de Toronto, je mentionnerai d’emblée les services aux immigrants (présents dans le curriculum de TPL depuis les années 1930) : “Introduction of the library and its services to immigrant and newcomer communities through enhanced outreach programs and promotional activities. » 

De fait, à TPL, le outreach est intégré dans la planification générale, étant situé au même niveau stratégique que les collections, les succursales et les services numériques, comme en témoigne le tableau suivant.

 

Un indicateur d’impact est associé à ce programme : Growth in outreach programs to support literacy and lifelong learning.

Dans un rapport de 2014, l’étendue du programme hors les murs pour les jeunes est explicite: « Toronto Public Library is ramping up outreach initiatives for children, with concerted efforts to reach all kindergarten and Grade 4 students in Toronto, and students attending city-run after school programs. » (Mes italiques)

Dans le rapport annuel de 2016 (le dernier disponible en ligne), on souligne, parmi les faits saillants, l’implication de TPL auprès des réfugiés syriens qui s’est également incarnée par l’entremise du programme de outreach  : 

  • Assisted in the settlement of Syrian refugees, in partnership with government and community partners. The Library completed an extensive program of outreach visits, welcome events and information/training sessions to support Syrian refugees and private sponsors.
  • Welcomed Syrian families at a newcomer event including a Sun Life Museum + Arts Pass initiative where 1,100 vouchers were distributed to Syrian newcomers who registered for a library card.
  • Participated in outreach to Government-Assisted Refugees (GARS) living in hotels which included children’s programs and distribution of publisher-donated new children’s materials.

Du côté de Vérité et réconciliation, une stratégie (2017) est déjà élaborée suite à un processus ambitieux de consultations auprès des Premières nations. Cette stratégie relève du volet « développement communautaire » en visant la réduction des obstacles systémiques.

TPL a aussi développé, depuis quelques années, le modèle des pop up learning labs entre succursales et à travers la ville qui vise à réduire le fossé numérique. 

L’Association des bibliothèques de l’Ontario dispose d’un comité (Community-Led Libraries Committee) dédié au développement des meilleurs pratiques en matière d’engagement communautaire et d’évaluation de ces services. Le service des bibliothèques de l’Ontario-Sud offre du soutien en termes de compétences en lien avec le outreach.

2. Edmonton Public Library (EPL). Ce réseau est probablement le plus engagé dans le domaine du outreach dans la version orientée sur le développement communautaire. EPL a adopté, non seulement une philosophie de services, mais même une philosophie de services communautaires (Community-Led Service Philosophy), avec un modèle de service communautaire et des bibliothécaires communautaires (Community-Led-Librarians). Cette philosophie est articulée dans la pratique à l’aide d’une trousse (Community-Led Toolkit, révisé en 2017) ainsi qu’un guide (Community-Led Handbook, révisé en 2017). Ce cadre de référence émane d’une recherche ayant conduit à un rapport sur les obstacles systémiques (Top Five Barriers to Library Access and Recommendations for Eliminating those Barriers) propre à la situation de la ville d’Edmonton.

Cette stratégie a donné lieu à un programme de outreach  impliquant des bibliothécaires en collaboration avec des travailleurs sociaux et visant à aider les Edmontoniens à risque et les itinérant.e.s. EPL a reçu pour cette initiative innovante un prix américain prestigieux de l’ALA (American Library Association) : 2015 American Library Association Presidential Citation.

EPL propose aussi des services mobiles qui combinent littératie et littéracie numérique : « We bring the library to you, creating pop-up library spaces in parks, schools, city facilities, recreation centres, agencies and businesses. Get a library card, return a book, play with a robot and take part in a program right in your neighbourhood. »

3. Vancouver Public Library (VPL). Les bibliothèques de Vancouver sont les gardiennes du savoir issu du grand projet « Working Together » qui est à la source de la vision communautaire des bibliothèques canadiennes : “In a library context Community Development means building relationships with people allow the library to go beyond a simple consultation and support process and expand in to meaningful and inclusive collaborations. Strong relationships and partnerships ensure that libraries engage in the sometimes complex process of listening to community voices and facilitating the expression of a community’s needs within the library.” La Trousse d’outils pour des bibliothèques à l’écoute de la communauté est disponible en français. On pouvait aussi, jusqu’à récemment, trouver une trousse d’outil allégée, signée VPL, pour le hors les murs : Connecting the dots : A Guidebook for Working  with Community (2014).

4. Les bibliothèques publiques d’Ottawa (BPO). Dans le cadre du congrès de l’Association des bibliothèques de l’Ontario (février 2018), les bibliothèques publiques d’Ottawa ont présenté une trousse d’outils (2016) adaptée à leur contexte et qui explore les différents registres qui vont du outreach, au partenariat, en passant par le développement communautaire, jusqu’à la co-production de services avec la communauté. La trousse est disponible en français sur demande. 

Évaluer pour financer

Pour en revenir brièvement sur la question de l’évaluation de ces approches, il faut signaler que EPL a élaboré une méthode d’évaluation de l’impact de son programme de Community-Led-Libraries fondée sur la mesure des retombées, des bénéfices (outcomes) plutôt que sur une évaluation quantitative (outputs) comme le nombre de participant.e.s par exemple. Dans le même esprit, et qui a aussi été présenté à OLASC 2018, l’Ontario vient  de se doter, pour les bibliothèques publiques ontariennes, d’une trousse d’évaluation pour mesurer l’impact des services visant l’inclusion numérique. Aux États-Unis, le déploiement du Project Outcome nous rappelle aussi, durement, le fossé actuel entre nos méthodes d’évaluation des services de bibliothèques et les leurs. C’est un autre monde. 

À Montréal, et au Québec, on continue à évaluer les services de bibliothèques en comptant le nombre de livres, le nombre de prêts, le nombre d’entrées, le nombre de participant.e.s…Les services sont évalués de cette manière et les bibliothèques sont financées sur cette base comme au 20e siècle. Ce qui n’est pas pour aider le développement d’une vocation communautaire des bibliothèques publiques québécoises. La transformation de leurs missions vers un projet communautaires n’est pas reconnue, elles ne sont pas évaluées, ni financées en conséquence, et du coup, elles ne sont pas en mesure de s’adapter et de s’améliorer pour répondre aux nouveaux besoins.

Un des enjeux importants, et que soulève la réflexion sur le outreach et le développement communautaire en bibliothèques, ce sont les gens qui y travaillent, le personnel nécessaire pour mettre en oeuvre de tels programmes, en supposant que l’on souhaite en faire un service conséquent. Si StatBib dit vrai, le nombre de bibliothécaires et d’employés par 10 000 habitants a diminué à Montréal depuis 2014 – alors que le réseau tentait de rattraper un retard historique – et c’est vrai aussi des dépenses investies par habitant. De plus, si l’on regarde dans les données du CULC (2015, les dernières publiées), la situation par rapport aux autres villes canadiennes, Montréal, 2e plus grande ville au Canada, est au 14e rang quant au nombre d’employés par habitant. À Halifax, Vancouver et Régina, on compte le double d’employés par 10 000 habitants en comparaison de Montréal.

C’est sur cette base que j’ai affirmé que les bibliothèques de Montréal peinent actuellement à fonctionner « entre les murs » dans le contexte des coupures et du PQMO imposées par l’administration Coderre. Ce contexte d’austérité les ont mises en quelque sorte « hors d’elles-mêmes », bloquées dans leurs capacités de développement, avec la conviction et la frustration de ne pas pouvoir réaliser les missions de base, et de ne pas pouvoir faire face aux nouveaux besoins et aux transformations dans les usages.

Pour le reste, il faut se rappeler que Montréal est au douzième au rang des villes canadiennes en termes de dépenses par habitant pour ses bibliothèques, 21e en termes de pourcentage d’abonnés, 17e pour ce qui est du pourcentage de salaires versés dans l’ensemble des dépenses.

C’est l’histoire troublante des bibliothèques publiques de Montréal et du Québec qui se poursuit, et  c’est ici, plus particulièrement l’héritage de l’administration précédente, et de sa direction générale, qui a freiné leur développement – en dehors du joli béton.  Veut-on vraiment continuer dans cette voie ?

Une invitation

Des bibliothécaires m’ont écrit pour me dire d’inviter Madame Gosselin à discuter avec elles et eux à propos de hors les murs et de développement communautaire dans les bibliothèques publiques du 21e siècle. Et c’est bien vrai que cette élue a, jusqu’à ce jour, démontré une  belle compréhension du monde des bibliothèques, une ouverture qui en a surpris plusieurs et que l’on a rarement vu dans le contexte municipal. Nous avons besoin de personnes comme elle pour cheminer – parce qu’il y a du chemin à faire hors les sentiers battus.

Bibliothèques scolaires et publiques : Penser la réussite éducative en contexte interculturel

 

Les étudiant.es. du cours sur les bibliothèques publiques ont été invité.e.s à participer à la Table de concertation annuelle des bibliothécaires scolaires et publi.c.que.s (TCBSP). C’est une invitation généreuse qui ne pouvait se refuser pour plusieurs raisons.

D’abord, le cours actuel s’inscrit dans une perspective de bibliothéconomie critique. La bibliothéconomie critique trouve ses fondements dans la théorie critique en proposant une pratique de la littéracie critique de l’information qui explore l’autorité à travers les forces historiques, culturelles, idéologiques structurant les conditions sociales. Motivée par la justice sociale, cette approche vise, en particulier, à « remettre en question notre compréhension de la réalité et à ébranler (disrupt) les lieux communs; interroger une diversité de points de vue pour identifier le statu quo et les voix marginalisées; et se concentrer sur les questions sociopolitiques qui façonnent et suppriment l’information [dont les gens ont besoin] pour agir de manière informée dans le monde. » (Gregory et Higgins, 2013, 3; ma traduction). C’est une orientation qui met l’emphase sur les retombées sociales de la profession.

Pour l’édition de cette année, la TCBSP avait choisi d’amorcer une réflexion sur les pratiques en milieu pluriethnique ; un programme dont l’esprit était en phase avec cette approche.

Par ailleurs, et puisque ce cours s’inspire aussi de la pédagogie critique, en cohérence avec le contenu du cours, cette invitation est apparue comme l’occasion de combiner théorie et pratique en participant activement à la réflexion menée par les professionnel.le.s. de ces milieux (exemple par le biais du World Café le matin).

À ces considérations, on peut aussi ajouter que les gouvernements municipaux s’attendent à ce que les bibliothèques publiques collaborent avec les milieux scolaires. C’est ce qu’indique le rapport d’une vaste enquête menée auprès des gouvernements locaux aux États-Unis à propos de leurs perceptions et leurs attentes quant aux rôles des bibliothèques publiques dans la communauté. (The ICMA/Aspen Institute/PLA Libraries Survey, The Role of Libraries in Advancing Community Goals, 2017). Or, selon les gouvernants, l’éducation est un des rôles prioritaires des bibliothèques publiques qui doivent, c’est qu’on attend d’elles, se coordonner avec les écoles locales, notamment pour fournir des ressources aux enfants et leur offrir des expériences d’apprentissage en ligne (par le biais des makerspaces, par exemple, selon une majorité de répondant.es). La collaboration entre les bibliothèques publiques et scolaires est appelée à faciliter cette coordination.

Je remercie donc, encore une fois, les organisatrices de la Table pour cette invitation. Voici 3 moments, parmi bien d’autres, que je retiens de cette rencontre.

1. Les politiques publiques en matière de bibliothèques scolaires et publiques et/ou qui soutiennent une approche interculturelle : On gagne à les connaître – quand elles existent – et à les questionner.

Politiques ministérielles. D’abord, lancée en juin, il faut connaître la Politique pour la réussite éducative du Ministère de l’éducation et de l’enseignement supérieur du Québec : http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/PSG/politiques_orientations/politique_reussite_educative_10juillet_F_1.pdf

Le tableau synthèse : http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/PSG/politiques_orientations/tableau-synoptique_politique-reussite.pdf

Le sommaire : http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/PSG/politiques_orientations/sommaire_politique_reussite_educative.pdf

En revanche, aucun des documents mentionnés ci-dessus, ne fait référence explicitement (comprendre 0 occurrence des termes) aux bibliothèques scolaires ou publiques ou aux bibliothécaires scolaires ou publi.c.que.s. À la TCBSP, on considérait que la suggestion dans l’axe 3, Orientation 8.2 : «Raffermir les liens entre les milieux éducatifs et les différents acteurs de la communauté» comportait une référence implicite, dont on se contentait (?),  au rôle des bibliothécaires dans la réussite éducative.  

Est-ce que ceci ne constitue pas un déni de reconnaissance flagrant de la valeur de la contribution des bibliothécaires scolaires et publi.c.que.s en matière de littéracie émergente ? 

Mais, dans la même journée, le (nouveau) Ministre de l’éducation inaugurait, en ce 16 janvier,  la Stratégie relative aux services éducatifs offerts aux enfants de 0 à 8 ans, Tout pour nos enfants, visant à appliquer la Politique de la réussite éducative. Un investissement de près de 1,4 G$ est prévu pour offrir aux 800 000 enfants de 0 à 8 ans «les mêmes chances de réussir d’ici 2022.»

Dans ce document, on reconnaît la contribution des bibliothèques aux activités d’éveil à la lecture et l’impact de celles-ci pour le développement des lecteurs et lectrices qui «apprécient davantage la lecture et ont de meilleurs résultats en mathématique.»

La stratégie : http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/PSG/politiques_orientations/Strate__gie_0-8_ans.pdf

Parmi les faits saillants, le ministère annonce une série d’«Initiatives novatrices en littératie pour les petits et les grands : un meilleur accès à la lecture» grâce auxquelles «[L]es parents de jeunes enfants auront accès à un programme de littératie familiale en bibliothèques publiques ainsi qu’à un programme d’accompagnement à l’éveil et à l’apprentissage de la lecture en bibliothèques scolaires.»

L’UMQ, par l’entremise de l’ABPQ [L’Association des bibliothèques publiques du Québec]  «a salué le dépôt de la Stratégie 0-8 ans annoncée par le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Monsieur Sébastien Proulx, et par le ministre de la Famille, Monsieur Luc Fortin.» L’ABPQ dit se  réjouir «de constater que les bibliothèques publiques sont partie prenante des mesures entourant le développement de la littératie chez les enfants et leurs parents en élaborant un programme de littératie familiale dans les bibliothèques publiques.» L’ABPQ poursuit : «Les bibliothèques publiques sont judicieusement positionnées, au cœur des communautés afin de jouer un rôle de premier plan dans le développement des compétences essentielles en lecture, en écriture et en mathématiques dès le plus jeune âge. Au cours des prochaines années, les bibliothèques publiques du Québec se verront mieux outillées afin de proposer aux familles des services de littératie familiale, positionnant ainsi le parent en tant que premier éducateur de l’enfant.», a indiqué Ève Lagacé, directrice générale de l’ABPQ.»

Les études actuelles en littératie et en alphabétisation supportent cette vision d’une approche concertée des acteurs de la communauté : services de garde, bibliothèques, organismes communautaires en reconnaissant explicitement le rôle de chacun. L’école ne peut pas y arriver seule. L’exemple de l’État du Colorado figure à ce titre dans la StratégieÀ suivre.

Politiques municipales. Un autre document de référence qui permet cette fois de soutenir une approche interculturelle des services : Le livre blanc municipal : L’avenir a un lieu. D’abord, face au défi que représente «La cohésion sociale et le vivre-ensemble», la municipalité de demain s’engage à être «plus accueillante».  Les recommandations 19 et 20, par exemple, suggèrent de [Q]ue les élus municipaux s’engagent à garantir et à améliorer l’accessibilité aux services publics locaux pour leurs citoyens. Plus spécifiquement, ils s’engagent à : «Proposer au gouvernement des solutions plus efficientes basées sur les synergies possibles entre les points de services de leur réseau respectif et leur complémentarité fonctionnelle (Services Québec, Emploi Québec, services aux immigrants, réseau de bibliothèques municipales par exemple).» On souligne, en outre, le rôle du gouvernement du Québec (recommandation 20) dans l’accompagnement des élus municipaux et l’amélioration de l’offre de services publics en vue de «conclure des partenariats permettant l’intégration des points de services de son réseau avec celui de la municipalité, et le réinvestissement des économies possibles dans l’amélioration de ces services.» Les bibliothèques, croit-on, pourraient contribuer à jouer ce rôle intégrateur à différents niveaux.

Pour Montréal, s’ajoute le 2e volet de l’Entente Réflexe Montréal (sur le statut de Montréal comme métropole) où l’on revendique la consolidation des relations interculturelles par la mise en place d’ententes sectorielles, notamment en matière d’immigration, de culture, de patrimoine, d’infrastructures et d’équipements scolaires.

D’autres exemples de politiques contiennent des orientations significatives, les politiques culturelles par exemple, comme celle de Ville Mont-Royal ou celle de la Ville de Montréal, sans oublier la Politique de l’enfant.

Remarques :  Le positionnement de Montréal, ville interculturelle aurait également pu être mobilisé comme un appui politique pour des initiatives qui soutiennent les pratiques et le développement des savoirs interculturels. (Et pendant ce temps, on attend de voir le sort que réserve la Ville de Montréal au programme des agents de liaison en bibliothèque – qui pourrait être compromis dans un avenir proche.)

Dans une perspective globale, d’autres politiques récentes de l’IFLA sur le développement humain, ou moins récente comme le Manifeste sur la bibliothèque multiculturelle, représentent des contributions clé pour aborder les défis du pluralisme culturel.

Au sein de cette cartographie politique, on ressent aussi le besoin en creux d’un discours qui ferait le pont entre le souci ministériel pour la réussite de tous les élèves, incluant ceux et celles qui sont issu.e.s de l’immigration, et le rôle des municipalités en matière d’accueil, d’intégration, d’inclusion, auprès des familles. Cet exercice pourrait passer par un effort coordonné des bibliothèques scolaires et publiques (avec l’École montréalaise ?), une politique sur le partenariat scolaire-publique, qui n’existe pas encore.

À noter aussi que la structure Un école Montréalaise pour tous a déjà développé des pistes pour l’adoption de pratiques éducatives équitables en milieu défavorisé et en milieu défavorisé pluriethnique, le partage de celles-ci pourraient enrichir celles des bibliothèques scolaires et publiques.

2. Idéologies linguistiques et interventions en milieu pluriethnique et plurilingue pour les Bibliothécaires et … futurs bibliothécaires, une conférence de Françoise Armand (Université de Montréal). Cette présentation a exposé les bénéfices d’apprendre à travailler dans la diversité, d’aller à la rencontre de la langue de l’autre, de développer le plurilinguisme et des compétences pluriculturelles dans le contexte des systèmes éducatifs. Cette ouverture à la diversité reconnaît notamment l’importance des langues maternelles pour les enfants issus de l’immigration, tant au plan affectif, identitaire que cognitif, et surtout l’importance de les légitimer et les valoriser. On prend note de l’outil ELODIL : www.elodil.umontreal.ca qui propose des bibliographies pour matérialiser la diversité culturelle et linguistique à la bibliothèque et à l’école.

3. Une veille sur des outils et des pratiques interculturelles inspirantes. La veille réalisée par Olivia Marleau, bibliothécaire à Ville Mont-Royal, dans les revues professionnelles illustre l’engouement des bibliothécaires jeunesse en Amérique du Nord pour des pratiques sensibles à la diversité et l’équité. Plusieurs de ces réflexions invitent à une remise en question radicale des pratiques ethnocentriques actuelles.  On espère que sa riche récolte sera largement partagée.

Pour conclure, les professionnel.le.s ont exprimé le désir d’un projet commun ambitieux : Une campagne promotionnelle qui mise sur une amnistie à vie, la fin des amendes au moins pour les enfants ? À suivre.

À ajouter aux recommandations de lecture, l’ouvrage de Nicole A. Cooke. 2017. Information Services to Diverse Populations: Developing Culturally Competent Library Professionals. Libraries Unlimited.

Je partage le pad qui contient les notes rassemblées par les étudiant.e.s du groupe du matin et de l’après-midi: https://mypads.framapad.org/mypads/?/mypads/group/ebsi-ep2wm97hp/pad/view/notes-collectives-de-la-tcbsp-4r2wn973b

Merci aux braves qui ont documenté la TCBSP 2018.

 

Documenter #wikifablabsQcJam #slowinnovation

Pourquoi les fab labs et les bibliothèques vont-ils si bien ensemble ? En trois mots : Partage – savoir – documentation. 

Sur le thème « Bibliothèques et fab labs: Mode d’emploi des communs », les participants avait exploré, en septembre dernier, la situation et l’horizon des bibliothèques en regard des communs numériques à travers les questions : Quelles ambitions/attentes/aspirations communes portons-nous avec l’ouverture de ces fab labs en bibliothèques? Qu’est-ce que l’on peut faire en commun concrètement?

Après les échanges, une période de prototypage avait alors permis de faire émerger un projet de collaboration et de partage professionnel que l’on souhaitait mettre en place et expérimenter dès l’automne 2016 au sein du wiki de Fab Labs Québec. Avec Léa-Kim (BAnQ) et Guillaume (Fab Labs Québec), nous avons exploré le wiki et nous avons procédé, comme prévu, à certains aménagements pour soutenir les besoins actuels des bibliothèques en matière de partage, de savoir et de documentation professionnels.

La documentation est un défi presque contre nature que l’on pourrait associer d’emblée au slow movementet j’aurais même envie d’en parler, dans le contexte qui nous occupe, en termes de slow innovation pour maximiser la tension, tout en la réconciliant, entre ces deux démarches, documenter et innover, aussi co-dépendantes qu’elles semblent se repousser dans la temporalité. Tous ceux qui portent des projets de fab labs connaissent l’importance de la documentation, c’est inscrit dans la charte :

  • Quelles sont vos responsabilités ? Connaissances :  Contribuer à la documentation et aux connaissances des autres

Et les bibliothécaires le savent mieux que quiconque puisque la documentation est inscrite dans leur code génétique. Pourtant nous sommes tous happés par les mêmes accélérateurs, réels ou imaginaires, qui font beaucoup de fumée, mais qui ne laissent guère de traces. Avant-hier, nous avons mis le pied sur le frein afin de promouvoir une transition solidaire, attentive, diversifiée, responsable et de qualité pour cette vision de la bibliothèque comme atelier.  🙂

L’équipe portant le projet d’espace professionnel s’est rencontrée vendredi le 27 janvier au Musée Dow, merci Communautique pour l’accueil, dans le but de 1) poursuivre le travail d’identification des besoins/expérience usager ; 2) entamer le travail de documentation des personnes, organisations, événements et équipements composant notre nouvel écosystème de mediafablabibliothèques dans le wiki. Huit de ces labs étaient présents, sous le signe de la bonne humeur et d’un peu de Kombucha, pour pédaler par en arrière afin de mieux avancer.

Le wiki, comme socle documentaire, fonde le réseau social que nous formons déjà sur un réseau d’informations selon le modèle du web sémantique. En traitant systématiquement les données, en liant et structurant l’information, le wiki devient le porte d’entrée, ouverte et durable !, vers nos connaissances collectives ; il supporte les utilisateurs dans la création de nouveaux savoirs.

Suite à ces premières expériences, viendront d’autres jams avec tous les autres mediafablabibliothèques, ou tout simplement les autres fab labs,  intéressés à capitaliser les informations concernant ce qui caractérisent et fait l’expertise particulière de chacune de ces initiatives, et puis aussi les activités.

Ma présentation tout à fait subjective des atouts de chacun 😉

L’exploration des usages et des processus d’implantation des laboratoires de création et de fabrication numérique en bibliothèque au Québec, à travers des démarches de codesign, a été documentée ici.

Pour mémoire, qu’est-ce que documenter ?

L’AFNOR définit la documentation comme l’ensemble des techniques permettant le traitement permanent et systématique de documents ou de données, incluant la collecte, le signalement, l’analyse, le stockage, la recherche, la diffusion de ceux-ci, pour l’information des usagers (Wikipedia)

| Photos par Marie D. Martel, cc-by-sa |

La 100e bibliothèque publique à Toronto : Un nouveau chapitre de l’histoire de TPL au service de la communauté

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La 100e succursale d’un des plus grands et des plus performants réseaux de bibliothèque au monde, celui la Toronto Public Library (TPL), a été inaugurée cette année.  Le Scarborough Civic Center Branch est un espace ouvert avec des volumes généreux qui donne un sentiment de liberté et d’ouverture; il regorge de lumière naturelle, abrité sous un toit vert et une charpente en bois du Québec.

Cette nouvelle bibliothèque tiers lieu crée un pôle civique, un catalyseur de vie de quartier doté de ressources en quarante langues. Accueillante et engagée, elle met de l’avant une programmation attentive à l’inclusion sociale avec une station de lecture pour les jeunes enfants (Kidsstop Interactive Early Literacy Center) et un laboratoire de création numérique (Digital Innovation Hub – DIH ). Avec le DIH, la dernière née du réseau de Toronto prolonge, près de deux cents ans plus tard, la vocation de la première bibliothèque de la ville, née en 1830 dans les murs du Mechanics’ Institute, dédiée au développement de compétences et au partage des savoirs.

Le Digital Innovation Hub est un espace et un service qui proposent des technologies émergentes accessibles à tous pour l’exploration, l’apprentissage, la création, la collaboration dans un environnement convivial.  Des ateliers d’initiation technologique et de programmation, ainsi que des événements animés par des spécialistes et des « innovateurs en résidence » sont offerts. Les technologies disponibles comprennent des imprimantes 3D, des microprocesseurs Rasperry Pi, des ensembles Arduino, des caméras haute définition, un écran vert, des iMacs pour faire de l’édition graphique/Audio/Video, des numériseurs (PCs, Epson), des convertisseurs de vidéo, des portables MacBook Pro (équipés avec iWork et divers logiciels open source).

Le centre de littératie émergente pour les 0-5 ans (Kidsstop, Interactive Early Literacy Center) est un autre exemple de service innovant. Il propose un parcours interactif et un environnement tactile permettant aux enfants d’intégrer les compétences associées à la maturité scolaire, c’est-à-dire, les compétences nécessaires pour assurer un apprentissage fonctionnel de la lecture chez les enfants lorsqu’ils sont en âge de fréquenter l’école.  

Anne Bailey, the director of branch libraries for the TPL, feels that having 100 branches in the system is a wonderful achievement. “It speaks to Toronto as a city of neighbourhoods,” she notes, “and it speaks to Toronto as a city of readers who are interested in learning, in being engaged in the community, in moving into the 21st century.” (The Torontoist)

“I think the library is a lot more than a book depository,” said Ron Carinci, chair of the Toronto Public Library Board. “It’s like the new living room. It’s a community hub. We offer more than books – there’s technology, there’s WiFi, there are areas to sit and read. It’s really a home away from home.” (Toronto Star)

Public libraries have changed and evolved over time, noted City Librarian Vickery Bowles. “We’re not just about books anymore – although that’s still the heart and soul of libraries – but it’s also about creating content, and that’s a really important part of what the public library does,” she said. (Toronto Star)

Ses attraits

  • Un espace accueillant pour tous
  • Des livres, des livres audio, des magasines, des DVDs en anglais, chinois, gurarati et tamoul.
  • Wifi gratuit, et des ordinateurs
  • Digital Innovation Hub avec une imprimante 3D accessible à tous
  • Un centre de littératie émergente pour les 0-5 ans.
  • Un toit vert et un jardin de lecture extérieur.

Quelques faits

  • Ouverture : 20 mai 2015
  • Localisation : 156 Borough Drive, près du Scarborough Centre TTC Station
  • Architecture : LGA Architectural Partners en association avec Philip H. Carter Architecture + Urban Planning
  • Superficie : 1347 mètres carré
  • Budget : 10, 276 millions
  • Heures d’ouverture : Lundi au jeudi : 9am – 8:30pm / Vendredi et samedi : 9am – 5pm
  • Collection : 42 000 items
  • Salle de programmation : pour 48 personnes assises

Pour aller plus loin