Mangakas de Montréal et mangathèque

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Une visite à l’Otakuthon 2012 aura été l’occasion de rencontrer quelques auteur(e) associé(e)s au genre manga et leurs zines qui sont à découvrir. Le monde des zines condense la plupart des nouvelles sources de l’édition alternative à travers l’autopublication, les pratiques amateures ou semi-professionnelles, la saveur locale, la présence web et la littérature de la rue en chassé-croisé.

1. Miss. Dynamite; Faster Dynamite! Kill! Kill! volume 1 et 2, par Sirkowski, autopublication.
Les codes du mangas et le dessin apparaissent complètement maîtrisés. On a beau être un peu perplexe en lisant la page Wikipédia de l’auteur et de son personnage, les aventures de Miss Dynamite et de sa copine infernale sont fort distrayantes.

2.  Knight Life : comic anthology, par un collectif d’auteures, autopublication.
Le collectif s’est rassemblé autour d’un projet thématique particulier : les mangas de chevalerie. Le recueil résultant est un peu inégal mais certains récits sont vraiment savoureux comme celui de Mackie. Les auteures viennent de Toronto et de Montréal.

3. Princess Little / Pale Blue Pearl / Entre elle seule par Patrick Blanchette, autopublication.
L’auteur est en mode exploratoire avec plusieurs séries qu’ils publient sur le web en feuilleton sur Mirrorstorm.net. Il est jeune, passionné pour son art et plein de promesses.

4. Boumeries, volume 1, par Boum (Samantha Leriche-Gionet), auto-publication.
Dans ce cas, on est davantage dans le « miscellanée », c’est-à-dire dans la collection de petits « strips » de nature disparate : récits du quotidien, frais, libres, spontanés. Cette oeuvre a été récompensée lors des Prix Expozine de l’Édition Alternative.

L’affluence à la mangathèque de l’événement ne semblait pas dérougir avec quelques milliers de titres en anglais et en français et des bénévoles sympathiques.

Pour aller plus loin :

Les Chroniques de Jérusalem et la bibliothèque de Guy Delisle

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Guy Delisle a remporté le Fauve d’or d’Angoulême avec les Chroniques de Jérusalem. C’est Art Spiegelmam, président du jury, qui lui a remis le prix du meilleur album de bande dessinée 2011. Delisle rejoint le panthéon des grands bédéistes de la guerre comme Joe Sacco, Marjane Satrapi, Joe Kubert, Keiji Nakazawa, Emmmanuel Guibert et Didier Lefèvre. Joe Sacco figure d’ailleurs en bonne place dans la bibliothèque de Guy Delisle : on peut accéder sur son blogue aux lectures qui l’ont accompagné pendant la création des Chroniques de Jérusalem.

Ce n’est pas la voix du journaliste et la trame de l’enquête, à la manière d’un Sacco, que l’on côtoie mais l’étonnement du voyageur qui ouvre son carnet et son regard, jauge ses croyances, ses différences:

Je préfère être dans une voie médiane : le reportage soft que je mélange à mon petit quotidien. Avec les moyens de la BD et de la chronique, c’est fait d’une façon peut-être un peu plus littéraire. Mon dessin reste simple parce que le texte l’est aussi. Je veux qu’ils soient au même niveau de lecture pour que l’ensemble soit fluide. Dans Shenzhen, je me permets des phrases un peu plus littéraires, mais, avec l’âge, j’ai compris que ça ne me correspondait pas.  (Source: Rue 89)

On ne verra pas de caricatures de Mahomet, ni d’aucun autre de ses collègues. Mais, derrière la candeur du visiteur d’une année en Terre Sainte, on entend bien le commentaire perplexe de l’athée sur les excès tragiques des conflits religieux.

L’ambiance graphique et sa palette dans les neutres appuient le naturel et la densité de sa chronologie intimiste  :

“Je voulais que ça ait un peu une ambiance de carnet de croquis. Je n’imaginais pas un truc avec beaucoup de couleurs. Et à Jérusalem-Est, c’est de la pierre : c’est sec, il y a le désert un peu plus bas. Je voulais qu’on ressente un peu ce climat. ” (Source : Rue 89)

Et ne sommes-nous pas, sur ces terres, face à un horizon incolore, dans un désert de sens hanté par des dieux toujours trop vivants ?

On peut prolonger la découverte de cette oeuvre en allant découvrir les nombreux croquis sur son blogue.

Voici la liste des bandes dessinées de la bibliothèque de Guy Delisle qui font partie du contexte de production des Chroniques de Jérusalem :

  1. Gaza 1956, Joe Sacco, Ed : Futuropolis
  2. Palestine,Joe Sacco, Ed : Rackham
  3. Faire le mur, Maximilien Leroy, Ed : Casterman
  4. Les Amandes vertes, Anaële & Delphine Hermans, Ed : Warum
  5. Comment comprendre Israël en 60 jours (ou moins), Sarah Glidden, Ed : Steinkis
  6. Jobnik, Miriam Libicki, Ed : Real gone girl
  7. Exit Wounds, Rutu Modan, Ed : Actes Sud

Les oeuvres de Guy Delisle, et presque tous les titres suggérés ici, sont accessibles dans une bibliothèque publique près de chez vous.

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5 bédés à lire avec les tags : western, haschich, tatouage, sexe et ironie

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    Voici quelques unes de mes lectures récentes dans les genres bédé et roman graphique; une moisson assez déjantée mais brillante qui vaut le détour de même que les pirouettes intellectuelles et morales qui les accompagnent.

    1. Martha Jane Cannary (la vie aventureuse de celle que l’on nommait Calamity Jane) / Blanchin & Perissin. Futuropolis. 2009. Prix Essentiel Angoulême 2009.

    J’ai lu la Calamity Jane de Lucky Luke, puis celle des Lettres à sa fille. Avec sa chique, ses jurons et son wiskey, elle a pu être une sorte de role model pour les filles qui n’avaient pas envie de de s’en faire passer une.  Puis, un jour, j’ai appris que Les lettres étaient un canular et que la vérité historique devait faire certaines concessions à la fiction.

    Cela dit, cette adaptation en bédé raconte si bien le mythe qu’elle entraîne l’imagination au grand galop. Les illustrations en noir et blanc, tracées d’une main très libre, sont généreuses et pleines d’humour. On peut lire une entrevue avec les créateurs sur le site de l’éditeur.

    Néanmoins, j’ai trouvé curieux que l’on puisse prétendre, dans la postface qui propose un complément d’informations sur la vie de l’héroïne, que « Jane finit par prendre la plume » sans qualifier cette affirmation.  La  thèse selon laquelle elle aurait écrit son autobiographie a, pourtant, été définitivement contestée.

    Quoiqu’il en soit cette postface apporte un élément sociohistorique intéressant concernant le contexte de la diffusion littéraire au XIXième siècle :  » La légende de Calamity est aussi étroitement liée à la rotative à vapeur qui permit d’imprimer par centaines de mille les fascicules narrant la « geste de l’Ouest ». Ainsi, les migrants les plus modestes accédaient à la lecture des dime novels et découvraient la légende de leur nation en train de s’écrire. » La littérature américaine s’est donc écrite et propagée sur le grand ruban de fumée d’une locomotive à l’âge industriel.

    Si on veut explorer l’univers des dime novels, il faut voir du côté de la Library of Congress, ou de la Stanford’s Dime Novel and Story Paper Collection, qui est une mine d’or avec des explications, une ligne du temps et des tours guidés. À noter qu’au moment de la sortie du film True Grit des frères Cohen l’hiver dernier, on pouvait télécharger gratuitement un dime novel sous forme de bédé.

    2. Rebetiko (la Mauvaise Herbe) / David Prudhomme. Futuroplis. 2009. Prix Angoulême 2010 – Regard sur le monde.

    C’est une invitation inattendue à découvrir un pan de la culture populaire grecque d’origine turque par le Rébétiko, musique de ruelle, d’errance et de haschich. Le contexte de la narration est précisément celui qui est décrit dans l’article de Wikipédia:

    Le développement des rébétika au port du Pirée, dans la banlieue pauvre et désaffectée d’Athènes, fut la conséquence de la rencontre, dans les années 1920, des réfugiés d’Asie mineure et des émigrés de la Grèce des îles et du continent venant chercher à Athènes une vie meilleure que celle des campagnes. L’orientalité des uns et la pauvreté des autres ont vite fait de les exclure en marge des mœurs grecques du continent comme de la « bonne société » se dirigeant vers le modèle d’un « Occident imaginé ». Bientôt apparaissent des chansons faisant l’apologie du mode de vie « rébet », basé sur l’honneur, un mélange de bonté de cœur et de malice qui fait tout le personnage du « mangas », là où le marginal s’érige en modèle. Les chansons de hashisch se développent pour provoquer bientôt un débat éthique au retentissement national. Sous la dictature de Métaxas (années 1930), certains rébétika sont interdits de diffusion à la radio, les rébets sont victimes de persécution et les tékkés où l’on pouvait jouer et fumer le narguilé sont victimes de razzias.

    En refermant cette bédé enfumée, on a le sentiment d’appartenir à un club (de nuit) d’initiés. Mais, il faut réussir le parcours…les personnages sont tellement défoncés par moment que le récit devient un peu difficile à suivre.

    On apprécie beaucoup l’initiative de proposer à la dernière page, une médiagraphie pour approfondir cette incursion dans la marge de la marge : une liste de livres sur le Rébétiko, des films et même quelques sites et blogues dont Radical Movement for Rebetiko Dechiotification… et rebetikobiblio.

    3. Le Dragon Bleu. Robert Lepage, Marie Michaud & Fred Jourdain. Alto Ex Machina 2011.

    Je n’ai pas vu la pièce mais je n’ai pas eu, à aucun moment, la désagréable impression que des informations privilégiées étaient disséminées pour les fans de la première heure/oeuvre. Ce presque manga est une matière lisse et fluide comme l’idéogramme porté par le geste d’un maître.

    Un triangle amoureux à Shanghaï, c’est une géométrie gagnante avec un artiste paumé et tatoué d’un dragon bleu, un femme d’affaires alcoolique et une jeune Chinoise séduisante. On suit avec émotion cette tribu de curieux personnages en quête ou en fuite d’eux-mêmes, des errants de la culture contemporaine, déracinés volontaires, Lost in translation, toujours au bord de la crise de nerfs, entre deux vols intercontinentaux, carburant à l’extrême et à la détresse urbaine. Cette histoire ne pouvait pas finir simplement puisque l’on célèbre la complexité des individus égarés dans leurs (hyper)choix de vie, aussi trois schémas de fins sont-ils proposés aux lecteurs. J’ai opté pour le premier mais la fin que j’aurais préféré n’était pas en option.

    Une faute d’orthographe dépare un peu l’apparence si maîtrisée et élégante de la narration et du graphisme : on a écrit « authorité » avec un « h ».

    4. Paying for It. A comic-strip memoir about being a john. Chester Brown. Drawn & Quaterly. 2011

    J’ai lu la critique de Annie Sprinkle dans le NYT et celle sur Boing Boing: je n’ai pas résisté. J’ai fait passer l’achat sous le couvert d’un cadeau pour un homme de mon entourage qui a qualifié l’oeuvre en question de « géniale ». Un peu plus tard, j’ai demandé à ce qu’on me prête mon cadeau de grec pour vérifier a postériori si j’avais fait un choix judicieux et je suis arrivée à la même conclusion. Mais, je ne suis pas en mesure de déterminer tout à fait si nous avons apprécié les mêmes choses.

    L’auteur se met à nu pour parler de sa vie de john et crée une autobiographie intelligente, audacieuse, impudique bien qu’elle soit aussi érotique que l’art de conjuguer de Bescherelle.

    Mais, cette oeuvre est avant tout extrêmement subversive. Le discours de l’auteur remet en question les fondements de la relation de couple telle qu’on la connaît aujourd’hui dans la plupart des cultures monogames qui investissent à grand frais dans la possibilité de l’amour romantique.

    Défiant cette croyance et s’appuyant sur les deux prémisses suivantes: 1) toute vie de couple est destinée à être une source de malheur et d’aliénation et 2) toute personne a besoin de satisfaction sexuelle, le principal intéressé devient un john: il opte pour une vie de célibataire comblée par des relations avec des prostituées, respectant un budget équilibré, et qu’il décrit comme on rédige un câble diplomatique. Il déploie aussi un plaidoyer en faveur de la légalisation de la prostitution qui est, à mon avis, fort convaincant, dossier à l’appui.

    Les dessins, en noir et blanc, et le format programment habilement notre regard. Comme le soulignait une de mes collègues, le petit format (qui serait parfait pour une tablette) permet une certaine distanciation avec le sujet. C’est un choix avisé qui écarte la tentation du sensationnalisme, du sexe gratuit (si on peut dire) tout en préservant l’intimité des acteurs.

    J’avoue que j’ai trouvé certains des jugements cliniques que le narrateur porte sur le physique des prostituées tout de même un peu pénible.

    5. Moomin : The Complete Tove Jansson Comic Strip. Drawn & Quaterly. Vol.1 à 6. 2006 à 2011.

    Moomin a la candeur du Candide de Voltaire avec des traits d’hippopotame. La représentation de l’innocence et de la naïveté de Moomin sur le chemin de la vie sert de révélateur, et de contraste, à un monde méchant, cruel, futile, arrogant. Tove Jansson a la plume spirituelle et le commentaire social plein d’ironie. Ils sont nombreux à dire que Tove Jansson mérite une place au panthéon des grands bédéistes du siècle dernier pour son oeuvre satirique. Mais, les femmes sont tellement sous-représentées dans l’univers de la bédé que l’on ne peut pas s’empêcher de penser que cette reconnaissance sera bien douloureuse à conquérir.

    Drawn & Quarterly, la maison d’édition canadienne prévoit réimprimer toute la série : le volume 6 est maintenant disponible depuis mai 2011.

Paul est à Québec mais son esprit est dans un spoutnik

Si vous googlez “Paul à Québec” l’algorithme vous redonne les vidéos de Paul McCartney, récent conquérant des Plaines. Mais, il y a Paul et Paul. On dit que l’un est Sir. L’autre, (on passe outre les humoristes), c’est celui de Michel Rabagliati dans son sixième opus qui décolle en fusée et qui repousse à l’infini les limites à la fois de la biographie et du roman graphique. On rit beaucoup, on rit troublé, en étreignant le quotidien qu’il nous représente,  la vie qui va et qui s’en va quelque part dans un spoutnik, et puis, on atterrit dans l’eau. De l’hilarité au mouchoir. Une bd teardroppers, c’est un phénomène rare.

Le récit débute, Paul est à St-Nicolas, près de Québec dans la grande et assez truculente famille de sa conjointe. Gros plan sur Roland son beau-père. C’est la Saint-Jean, on remue la question de  l’indépendance du Québec. Et tiens, on enchaîne avec la nouvelle maison du couple Paul et Lucie qu’il faut retaper. Puis la nouvelle tombe : Roland est malade. Le fleuve St-Laurent est en toile de fond, c’est le temps qui passe, au début ce sont des mois, puis des semaines, des jours, des heures. Le temps du récit comme celui du temps psychologique, du sentiment de la vie, s’accélère. À mesure que la maladie et la chronique de la mort annoncée de Roland suit son cours, Paul passe  en second plan, et devient celui qui accompagne Lucie qui accompagne son père vers sa fin. Ce sont les mémoires de Roland qui nous sont montrées mais inscrites dans une trame métaphysique et même politique.

L’oeuvre  a la force et la grandeur de Persepolis en ce qu’elle transcende le réel et l’individu pour proposer une mythe politique.  « C’est un portrait de nous », affirme Rabagliati lors d’une entrevue dans Voir, « Je souhaite qu’il reste quelque chose de tout ça, pour ma fille, pour mes proches, mais aussi pour les Québécois. Ce sont des histoires de nos rapports familiaux, c’est un portrait sociologique de ce que nous sommes. Au fond, je voudrais que ce soit comme un film d’Arcand.” La dégénérescence et l’agonie de Roland se confond avec celle du projet souverainiste, du pays que Paul et les autres aurait voulait bâtir, comme la première maison. Roland n’est même pas souverainiste mais il incarne, à travers son histoire, le pays sorti de sa misère, gonflé d’aspirations qui sont interrompus, le pays qui ne veut pas mourir. Arcand ? Oui, comme Les Invasions barbares en mieux ficelé.

Roman graphique, certains trouvent l’appellation du genre prétentieuse, réservée à un produit d’élite  – un débat qui fatigue surtout les américains. Paul est à Québec correspond pourtant bien à cette narration achevée, sans bulles, avec une facture graphique très typée, et une profondeur dans les personnages. Dans le genre mémoire et icône du roman graphique américain, il est du côté de Fun Home à travers la quête du père, une maison qu’on rénove, mais sans le pathos, l’ambiguïté et la surcharge littéraire.

Mais, on aurait pu parler de manga, tant il s’approche aussi de Quartier lointain et du Journal de mon père avec ce focus sur la figure paternelle, cette délicatesse, les jeux de temporalité, des pauses et des silences graphiques qui nous élèvent, nous relèvent des angoisses de la finitude, le propos métaphysique. Il n’y a pas la magie de la touche nipponne de Taniguchi mais on est ailleurs. Qu’importe, bd, roman graphique ou manga, l’oeuvre peut prendre toutes les catégories sans compromettre son appréciation tant elle est généreuse et intelligente. Taniguchi a déjà gagné à Angoulême, Paul est mûr pour cette reconnaissance.

Michel Rabagliati a notamment publié le premier Paul à la campagne en 1999 et Paul a un travail d’été, toujours aux éditions de la Pastèque, pour lequel il remporte le Bédélys Québec pour le meilleur album québécois de l’année et le Bédélys-Média. Mais Paul a Québec les surpasse tous.  J’ai rencontré le très affable auteur chez Planète BD le weekend dernier.

Michel Rabagliati chez Planète BD, samedi le 25 avril 2009

Pour aller un peu plus loin :
1.Michel Rabagliati, ou l’art de l’évocation sensible – Un texte de Florence Meney (Radio-Canada)

2. Paul et la vie qui s’en va – Stéphanie Morin (Cyberpresse). Une vidéo sur le processus génétique : Rabagliati raconte.

3. Un portrait de nous – David Desjardins (Voir)

4.Paul est-il devenu le Tintin du Québec? – Fabien Deglise (Le Devoir)

5.Une exposition qui se termine dans quelques jours:  L’univers de Paul du 3 au 29 avril prochain, à la bibliothèque Saint-Jean-Baptiste à Québec.

Note : Le Goethe Institut propose une liste des principaux auteurs allemands et canadiens de roman graphique, on y trouve par exemple, Guy Delisle. Celle-ci devrait être mise à jour et inclure Michel Rabagliati.

*Le titre, c’est en écoutant Daniel Bélanger.