Culture ouverte et savoir libre à l’EBSI #SQIL2017 #COPIBECpasenmonNOM


C’est la rentrée, c’est la Semaine de l’Informatique libre (SQIL), quoi de mieux qu’une session éclair (traduction de Ignite Session) pour déclencher, ou ranimer, les étincelles de l’engagement personnel, professionnel et académique ?  Ce midi à l’EBSI en l’espace d’une heure ont défilé des actrices et des acteurs parmi les plus investi.e.s  dans les mouvements du libre et des communs numériques à Montréal. L’invitation était formulée comme suit par mon collègue, Guillaume Boutard, responsable du cocomi :

Les conférences midi en partenariat avec la Semaine québécoise de l’informatique libre (SQIL) accueillent une session éclair sur la thématique de la culture ouverte et des savoirs libres. C’est donc des communs numériques, de l’accès général à la ressource numérique et de ses modalités d’accès et de mise en place dont il sera question. On pourra y croiser les thèmes des contenus culturels et éducatifs libres, de l’éducation au numérique, de la participation au débat publique, de l’accès aux publications, aux données ouvertes et liées.
À l’heure, notamment, du lancement de la Stratégie numérique du Québec et de l’ouverture du fonds Stratégie numérique du Conseil des arts du Canada, la question des savoirs libres est au cœur de l’actualité. Ne manquez pas ce premier rendez-vous de la saison où plusieurs conférencières.ciers viendront présenter en session éclair des projets autour de la SQIL.

Les étudiant.e.s ont répondu en grand nombre, et j’ai reçu des courriels me demandant de partager les contenus et les projets présentés.

Voici, en ordre de présentation, quelques notes et des liens qui ont servi de support lors des interventions.

 Le Café des savoirs libres

François Charbonnier et Lëa-Kim Châteauneuf, tous les deux bibliothécaires, ont présenté le Café des savoirs libres et le sens de l’engagement de ceux et celles qui le font vivre à travers une diversité d’actions portant sur les communs numériques. Les projets et les activités du collectif se déroulent presque toujours en partenariat avec les bibliothèques publiques, notamment les bibliothèques de Montréal, et d’autres organismes dont les missions sont convergentes : Wikimedia Canada, OpenStreetMap, FACIL, SavoirsCom1, etc. Le Calendrier de l’Avent du domaine public a fait l’objet d’une attention particulière : il fait beau, mais pour nous, Noël s’en vient, et nous avons besoin de mains pour écrire les notules destinées à célébrer l’aréopage 2018 des entrants dans le domaine public.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec, BAnQ (volet bibliothèque)

Anne-Marie Boisvert, bibliothécaire à BAnQ, a décrit trois activités en collaboration avec Wikimedia Canada et OpenStreetMap qui offrent aux participant.e.s la possibilité de contribuer à la diffusion du patrimoine documentaire québécois sur Internet : Mardi, c’est wiki, Wikicommons, Mercredi cartographie.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec, BAnQ (volet archives)

Frédéric Giuliano de BAnQ, archiviste et coordonnateur, a fait le récit de la collaboration croissante entre les archives nationales et Wikimedia Canada. Comme Anne-Marie Boisvert, il a insisté sur les motifs de cette transformation de la culture professionnelle et organisationnelle qui nous pressent à s’engager dans cette voie.

J’ajoute la captation vidéo de la conférence livrée à Wikimania 2017 par Hélène Laverdure, conservatrice et directrice générale des Archives nationales de BAnQ, et Frédéric Giuliano, ainsi que les articles produits sur les activités réalisées au cours de ce congrès par Radio-Canada :

OpenStreet Map Montréal

Responsable du chapitre montréalais d’OpenStreet Map, Pierre Choffet a présenté les fondamentaux de la cartographie libre en soulignant l’intérêt de travailler avec les bibliothèques publiques au sein d’activités qui rejoignent les citoyen.nes dans les quartiers, véritables expert.e.s de leur territoire. Outre, les Mercredi cartographie à BAnQ, les Café des savoirs libres dans les bibliothèques publiques, des cartoparties sont aussi organisées au fil des saisons.

La Cinémathèque québécoise

Marina Gallet, responsable de la Médiathèque Guy-L.-Coté,  a présenté le projet de la Cinémathèque québécoise autour des communs via les projets Wikimédia. Trois types d’activités sont prévus dès cet automne :

  • Une séance photo de cinéastes invités au dévoilement des activités et du graphisme des prochains Sommets du cinéma d’animation, qui s’est déroulée le mercredi le 13 septembre et dont les images ont été versées dans Commons.
  • Un atelier contributif tous les 3èmes mercredis de chaque mois, de 18h à 21h, du 20 septembre au 20 juin. Chaque atelier est dédié à un.e cinéaste d’animation québécoise. Un premier edit-a-thon consacré à Janet Perlman a eu lieu cette semaine ; les photos de l’activité sont visibles sur Commons.
  • Une présentation de wikipédia/wikidata/wikimediaCommons, visant principalement les professionnels du cinéma, qui aura lieu lors du festival des Sommets du Cinéma d’animation.
  • La page GLAM de la Cinémathèque québécoise 

Marina Gallet a rappelé les raisons qui ont amené la Cinémathèque québécoise à s’engager dans cette collaboration avec Wikimedia Canada et le Café des savoirs libres. En tant que référence mondiale en cinéma d’animation, conservant et documentant un important patrimoine en la matière, la Cinémathèque a estimé qu’elle avait une responsabilité à l’égard de la qualité des données et des ressources offertes au public sur cette plate-forme qui est une des plus visitées dans le monde ; ensuite, cette visibilité contribue à la promotion du cinéma d’animation QC et, du même coup, à préserver le positionnement de cette institution comme une autorité dans le domaine.

Il était aussi important de réaliser, selon elle, qu’il est dommage de garder ce travail de documentation et de préservation pour soi en interne ou sur le site Web (sur le Web et non dans le Web), alors qu’il peut servir à tellement d’autres personnes lorsqu’on le rend accessible librement.

FACIL et la SQIL

Président de FACIL et responsable de la coordination de la SQIL, Mathieu Gauthier-Pilote a présenté les Services FACIL, un projet complémentaire aux Chatons de FRAMASOFT, qui visent à contribuer à la dégooglisation de l’internet. C’était aussi l’occasion d’aborder, la question de l’inclusion numérique en considérant, à rebours des interventions des invité.e.s précédent.e.s qui célébrait l’ouverture et le partage, la configuration de ce territoire numérique dont on voudrait s’exclure et des informations que l’on souhaiterait ne pas partager.

Le recours collectif de Copibec c. l’Université Laval

Invité surprise, et qui a bien voulu accepter de se joindre à nous malgré une invitation tardive : Emmanuel Château-Dutier, professeur à l’Université de Montréal, est venu exposer le sujet très chaud du recours collectif de Copibec c. l’Université Laval. Il a parlé des conséquences néfastes que ce procès pourrait entraîner si le principe de l’utilisation équitable des oeuvres dans le contexte de l’éducation et de la recherche au Canada était remis en question par le biais d’un jugement défavorable à cette exception. Les auteur.e.s d’ici, et d’ailleurs, soumis au régime de COPIBEC, et qui sont sensibles à la question du droit collectif dans un tel contexte, sont invité.e.s à se retirer avant le 15 octobre de ce recours collectif.  [Je propose le mot-clic  #COPIBECpasenmonNOM ]

Emmanuel Château-Dutier a accepté de fournir également des contenus au sujet de l’affaire Copibec sous forme de revue de presse :

La Déclaration des communs

Pour clôturer la séance, des copies de la Déclaration des communs, qui résument les principes et les partis pris de ces engagements à l’endroit de la culture ouverte et des savoirs libres, ont été remises à l’audience. Rappelons que nous attendons toujours que la ministre Anglade nous disent ce qu’elle en pense, et où elle loge en regard de ces propositions soumises dans le contexte de la consultation citoyenne pour la Stratégie numérique – et qui se fait attendre.

C’était court, dense et intense…Un immense merci à tou.tes. les intevenant.e.s et  les participant.es. Si vous avez des questions sur ces initiatives, il me fera plaisir d’y répondre ou de vous re-diriger vers les porteurs et les porteuses de projets.

Note : Cette année, l’EBSI est partenaire d’activités de la SQIL.

À nous la Grande Bibliothèque, on s’abonne en masse pour relever le #défiBAnQ #JeSoutiensBAnQ

Comment exprimer concrètement son soutien à BAnQ ? En s’abonnant si vous ne l’êtes pas encore ! À ce jour, 400 000 personnes sur une population de 8 millions au Québec, sont abonné.e.s à cette « institution clé de notre mémoire collective », comme le dit si bien le premier ministre. Nous vous invitons à pratiquer l’abonnement de masse comme geste de soutien et d’appropriation de cette institution publique. C’est par ici (comment s’abonner en ligne). À nous la Grande Bibliothèque !

Après avoir lancé la campagne #JeSoutiensBAnQ, Michael David Miller revient à la charge avec ce #DéfiBAnQ:

Québécoises et Québécois de toute origine, de toute couleur, de toute langue, de toute genre et de toute sexualité, ON SE MET AU DÉFI ! Allez vous abonner à Bibliothèque et Archives nationales du Québec / Grande Bibliothèque. Utilisez les services offerts à toute personne résidant au Québec ! Allez consulter les livres numériques ! Découvrez et exploitez toutes les bases de données mises à votre disposition ! Il y a tant de choses à découvrir ! Montrez votre amour pour #BAnQ en utilisant ses services. N’oubliez pas que c’est gratuit à BAnQ ! Vous pouvez vous abonner au lien contenu dans ce message : http://www.banq.qc.ca/services/abonnement/

BAnQ démocratise l’accès à l’information, au savoir et à la culture ! C’est un établissement dont nous devrions être fiers et fières ! Je, Michael David MILLER, Néo-Québécois d’origine michiganaise, vous mets au #DéfiBAnQ ! Allez procurer vos cartes BAnQ et partager votre amour de BAnQ sur tous les réseaux sociaux !

#MaBibliothèqueJyVais et je l’utilise !

#Bibliothèques #Libraries #Culture #Savoir #Information

Nous visons 8 millions d’abonné.e.s, un million à la fois 🙂 !

Si vous êtes encore en quête de raisons pour soutenir cette campagne, voici certaines de celles que Michael a proposées pour justifier son engagement et manifester son amour 🙂 pour BAnQ/La Grande Bibliothèque :

On peut aussi s’inspirer des motivations des amoureux de BAnQ qui se sont exprimées autour des mots-clics #JeSoutiensBAnQ et #merciBAnQ :

Appropriabonnez-vous! Est-ce que le premier millionième abonné a un cadeau ? 😉

Lettre au premier ministre qui a dit que BAnQ est devenue  « une institution clé de notre mémoire collective »

Voici le texte complet de la lettre à laquelle fait référence Catherine Lalonde dans l’article du Devoir publié ce matin.

S’en souvient-il ? Le premier ministre a aussi affirmé que BAnQ était « un écrin exceptionnel du savoir, un lieu d’ancrage dans la population lectrice et même une deuxième maison pour la plupart. » En dépit de cette fierté qu’il partage avec l’ensemble des Québécois.e.s, il se déleste de cette responsabilité qui lui incombe de prendre soin de la maison. Le dernier budget provincial implique une réduction de la subvention de BAnQ de 855 600 $ entraînant l’élimination de 5,42 % des postes. Cette nouvelle coupe constitue la quatrième vague d’abolition de postes depuis 2009 représentant un manque à gagner de près de 15 millions $.  Cette décision inconséquente survient alors que les services aux citoyens ont déjà été revus à la baisse : réduction des heures d’ouverture, de la programmation, élimination de postes, et se justifie d’autant moins que l’achalandage, les prêts de documents et l’utilisation des collections numériques sont en augmentation constante à BAnQ.

S’en souvient-il ?  C’était le 19 octobre dernier, la Déclaration des bibliothèques québécoises a été déposée par son ministre de la culture, Luc Fortin, à l’Assemblée nationale. Cette déclaration fait valoir qu’ « en fournissant le lieu, les ressources et le personnel apte à les soutenir, la bibliothèque permet à tous les individus, tout au long de leur vie et peu importe leur âge, leur statut social et leur provenance, de se former et de combler leurs besoins de connaissances, d’information et de perfectionnement. La bibliothèque est au cœur de la vie des gens. […] Les bibliothèques affichent un retour sur investissement significatif, et ce, sur les plans économique, éducatif, social, culturel et professionnel. La bibliothèque contribue à former des individus plus aptes à contribuer à l’essor de leurs communautés. » Or, ce geste de soutien symbolique semble avoir été posé à la légère, voire hypocritement, tant il apparaît incohérent avec cette nouvelle mesure d’austérité qui aura un impact qui se fera sentir dans la plupart des services au public de BAnQ.

  1. La numérisation et la diffusion. BAnQ contribue énormément à l’enseignement, la recherche et l’apprentissage grâce à ses projets de numérisation des collections patrimoniales, ses collections de cartes historiques et ses archives qui sont utilisées dans les écoles primaires, secondaires, les cégeps et les universités. La numérisation de notre patrimoine concrétise une véritable accessibilité universelle pour toute personne où qu’elle soit au Québec, ou ailleurs, en soutenant notre rayonnement international. Même s’il reste une équipe en place, des projets, par exemple, qui ont permis de rendre Le Devoir disponible en ligne ne seraient plus possibles dans les conditions actuelles. Le Devoir a été numérisé par l’équipe de la numérisation qui a été amputée.
  2. L’inclusion sociale et l’éducation. De nombreux postes ont aussi été supprimés à la Direction de l’éducation et de la programmation qui est en charge des relations avec la communauté et le milieu scolaire ainsi que des camps d’été. Ce sont précisément des services qui caractérisent le rôle social des bibliothèques d’aujourd’hui et que l’on bride ici, en suggérant, non sans insouciance, que ces coupures seront absorbées.
  3. L’accueil, la qualité de service et les conditions de travail globales des employés. Outre l’impact immédiat sur la vie des employés qui perdent leur emploi ou voient augmenter leur précarité (les temps partiels et surnuméraires seront très impactés), une diminution directe de la qualité du service est à prévoir avec moins de remplacements des employés absents, un encadrement et des périodes de formation initiale et continue des employés réduits à la limite combinés à de nouvelles incertitudes quant à l’avenir. L’ambiance générale ainsi que la qualité de l’accueil et du service ne peuvent que s’en trouver détériorées en dépit des efforts de gestion avisée ainsi que du dévouement et du professionnalisme de tous les employés. Car, répétons-le encore une fois, on se trouve déjà, à BAnQ, en situation de personnel géré au plus juste après cette quatrième vague de coupures.
  4. Le soutien aux bibliothèques québécoises et l’innovation. Comme l’a souligné la Corporation des bibliothécaires, l’élimination de ces postes à BAnQ « fait craindre en sa capacité d’assurer un leadership provincial pour le développement et la mise en application des meilleures pratiques et standards en matière de traitement de l’information, de description, de préservation, de diffusion et de mise en valeur de la culture québécoise. » BAnQ est le vaisseau amiral, pour reprendre l’expression de Lise Bissonnette, de toutes les bibliothèques au Québec. Quand on l’affaiblit, on les affaiblit toutes. La surcharge qui sera requise du personnel ne laissera plus de place pour l’innovation.

Quand le ministre juge que sa décision inique est responsable, on ne peut que lui répondre dans les mêmes termes que les opposants aux coupures à la bibliothèque centrale de Toronto ont, en mai dernier, lancés à la tête des libéraux ontariens : « Only in a Liberal world is a cut of $885,600 not a cut … ”. Les convictions de ce gouvernement sont, considérant le peu de cas que l’on fait de cette « institution clé de notre mémoire collective », de bien mauvais augure pour le renouvellement de la politique culturelle qui est en cours. Mais pas seulement pour cela.

Les impacts de cette décision seront beaucoup plus dévastateurs que l’on veut bien nous le laisser croire, et comme le laisse entendre le discours fabriqué par les communications que l’on a entendu dès 2014, à savoir que l’on aura recours à davantage de commandites, à la philanthropie pour financer les activités et à l’augmentation des contrats de location des espaces disponibles, des tarifs du stationnement… Cette vision de la monétisation d’une institution publique est troublante. Demanderait-on à une école d’être plus rentable ?

Ce n’est pas de cette manière que l’on finance et soutient une bibliothèque publique et nationale.

Le désengagement de l’État et le recours bruyant à la privatisation depuis quelques années, et dont le Square Banque Nationale en est le plus récent et plus bel exemple, sèment des logos dans l’espace public et les signes inquiétants de l’emprise néolibérale sur l’avenir de BAnQ, comme sur celui de nos bibliothèques et de nos biens communs, à travers elle.

Le gouvernement actuel renoue aussi avec une stratégie utilisée maintes fois par le passé consistant à passer la facture aux municipalités, pour mieux se soustraire à ses obligations en matière de bibliothèques. C’était le 19 août dernier, le Maire de Montréal bonifiait de 3 millions l’entente pour le fonctionnement de la Grande Bibliothèque qui a atteint un montant 11,4 M$. Le PM s’en souvient-il ? Et le Maire de Montréal ? Est-ce que la Ville de Montréal compense et fait les frais du désengagement de Québec ? Quels seront les impacts pour la population montréalaise dès lors qu’une bonification des services locaux a été annoncée avec cette généreuse cotisation ?

Ce n’est pas de cette manière que l’on finance et soutient une bibliothèque publique et nationale.

Qu’on se rappelle les « déficiences systémiques du modèle québécois en matière de lecture publique » (pour reprendre les termes de François Séguin qui vient de publier un ouvrage intitulé D’obscurantisme et de lumières : La bibliothèque publique au Québec des origines au 21e siècle), avec des institutions qui n’en finissent plus de rattraper leur retard par rapport à des équipements et des services dont bénéficient les citoyen.ne.s des autres sociétés développées comparables (en Ontario, en Colombie-Britannique, aux États-Unis, en Europe), et le gouvernement devrait, plus que jamais, assumer un « rôle de maître d’œuvre » en matière de bibliothèque nationale et publique.

Au premier ministre, qui a eu, selon ses propres dires, « la chance de grandir dans une famille qui valorisait la culture, la curiosité et la lecture » , nous demandons l’annulation des coupes de postes et de budgets à BAnQ ! Le gouvernement ontarien est revenu sur sa décision de couper la subvention à la bibliothèque publique de Toronto dès le lendemain de son annonce. Vous aussi le pouvez. BAnQ a trop souffert de coupures budgétaires et de négligences politiques au cours des dernières années, elle mérite un répit et un ré-investissement. La fréquentation de la Grande Bibliothèque, le prêt de documents, la consultation et l’utilisation des ressources numériques—plus d’un million de prêts de livres numériques l’année passée— ne cessent d’augmenter. Nous exigeons qu’une partie de ce surplus budgétaire de 2 milliards de dollars soit investi dans cette « institution clé de notre mémoire collective » qui joue un rôle essentiel dans la société québécoise.

#JeSoutiensBAnQ

Les 260 signataires

  1. Jacques Ammann, bibliothécaire
  2. Marie-Chantal Anctil, coordonnatrice
  3. Jonathan Appleby, technicien en documentation
  4. Élyse Arbic, Directrice-Fondatrice et écrivaine des Éditions Histoires de vie
  5. Émilie Arel, étudiante en techniques de la documentation, Cégep de Trois-Rivières et bachelière en arts
  6. Mathieu Arsenault, auteur
  7. Mario Asselin, technicien en documentation
  8. Rahma Atik, agente de secrétariat
  9. Danielle Attal, agente de bureau à la numérisation
  10. Caroline Aubé, technicienne en documentation
  11. Valérie Auclair, M.S.I. 2009, fondatrice des Mots clairs
  12. Jessica Audet, archiviste
  13. Martine Audet, aide-bibliothécaire et poète
  14. Claude Ayerdi-Martin, conseillère en ressources documentaires
  15. Élise Anne Basque, bibliothécaire en sciences et génie
  16. Josée Beaudet, technicienne en documentation
  17. Eric Beaudin, agent de bureau
  18. Maxime Beaulieu, bibliothécaire professionnel, chargé de cours à l’École des sciences de l’information, Université McGill
  19. Simon Beaulieu-Boisvert, conseiller en relations du travail
  20. Emilie Beaulieu Carpentier, technicienne en documentation
  21. Sophia Bédard, coordonnatrice Bibliothèque et Culture, Ville d’Acton Vale
  22. Ariane Bélanger, technicienne en muséologie et détentrice d’un certificat en archivistique
  23. Judith Bélanger, commis de bibliothèque
  24. Catherine Bernier, bibliothécaire en littératures de langue française, littérature comparée et études cinématographiques, Université de Montréal
  25. Gaëlle Bergougnoux, bibliothécaire
  26. Edwin Bermudez, étudiant en archivistique
  27. David Bernans, traducteur
  28. Marie-Michèle Bernier, bibliothécaire
  29. Serge Bertin, technicien en documentation retraité de la Bibliothèque nationale du Québec et ancien président de l’APTDQ ((Association professionnelle des techniciennes et techniciens en documentation du Québec)
  30. Chantal Bessette, technicienne en documentation
  31. Nancy Bilodeau, agente de bureau
  32. Robert G. Bilodeau, bibliothécaire
  33. Dominique Boily, spécialiste en moyens et techniques d’enseignement, Cégep de Terrebonne
  34. Anne-Marie Boisvert, bibliothécaire
  35. Annie Boivin, technicienne en documentation
  36. Mario Bolduc, médiathécaire, Société Radio-Canada
  37. Hugo Bonin, agent de bureau
  38. Chloé Bonnamy, bibliothécaire-stagiaire
  39. Maryse Bouchard, chef de division, culture et bibliothèques
  40. Simon Bouchard, médiathécaire
  41. Julie Boulanger, professeure de littérature
  42. Joëlle B. Boyer, préposée à l’accueil et technicienne en documentation, Bibliothèque de Beauharnois
  43. Sylvie-Josée Breault, bibliothécaire professionnelle
  44. Chantal Brodeur, chef de division Bibliothèques, Ville de Repentigny
  45. Hélène Brousseau, bibliothécaire responsable des systèmes et de la collection numérique, Artexte
  46. Guillaume Brunet, technicien principal Audiovisuel
  47. Justin Bur, chercheur en histoire urbaine
  48. K. Jane Burpee, coordonnatrice, conservation des données et communications savantes, Université McGill
  49. Marie-Sybille Buttner, étudiante en techniques de la documentation, Collège Lionel Groulx
  50. Geneviève Cadieux, bibliothécaire professionnelle
  51. Mylène Campbell, technicienne en documentation
  52. Marie-Pier Cantin, médiathécaire, Médiathèque et archives, Radio-Canada
  53. Nicolas Cantin, technicien en muséologie
  54. Daniel Canty, écrivain et artiste
  55. Alexandra Cardin, technicienne en traitement d’archives, American Heritage Center, Université du Wyoming
  56. Sophie Caron, médiathécaire
  57. Simon Carrière, commis de bibliothèque
  58. Lynn Chadwick. préposée à l’animation, bibliothèque Gaby-Farmer-Denis
  59. Ariane Chalifoux, bibliothécaire
  60. Ginette Chandonnet, bibliothécaire
  61. Vincent Chapdelaine, bibliothécaire et entrepreneur en innovation sociale
  62. Olivier Charbonneau, bibliothécaire, Université Concordia
  63. François Charbonnier, chargé de projet, bibliothécaire professionnel
  64. Julie Charron, technicienne en documentation
  65. Emmanuel Château-Dutier, professeur adjoint en muséologie numérique, Université de Montréal
  66. Lëa-Kim Châteauneuf, bibliothécaire professionnelle
  67. Anne-Laure Chiappini, technicienne en documentation
  68. Izidor Cirnatiu, bibliothécaire
  69. Michel Claveau, bibliothécaire retraité 
  70. Marilyne Coté, bibliothécaire professionnelle
  71. Simon Côté-Lapointe, candidat au doctorat en sciences de l’information, Université de Montréal
  72. Lyne Croussette, coordonnatrice culturelle, Service des loisirs et Responsable – Bibliothèque de la Ville de Delson
  73. Natalia Andrea D’Agnese étudiante, certificat en archivistique, EBSI
  74. Normand Daigneault, agent de bureau
  75. Dany David, secrétaire de direction
  76. Josiane Descôteaux, médiathécaire
  77. Benoit Desgreniers, bibliothécaire
  78. Luc Desjardins, médiathécaire au Service des archives de la Société Radio-Canada
  79. Dominique Désorcy, opératrice à la numérisation
  80. Patrick Desrosiers, bibliothécaire professionnel
  81. Karine Dubé, archiviste, Archidata
  82. Christine Durant, bibliothécaire professionnelle
  83. Lyne Da Sylva, professeure, EBSI, Université de Montréal
  84. Gilles Douaire, programmeur online (Ubisoft)
  85. Patrick Dubé, directeur, Maison de l’innovation sociale
  86. Mathieu Dubreuil, conseiller pédagogique en science et technologie
  87. Josée Dugas, technicienne en documentation
  88. Isabelle Durocher, technicienne en documentation
  89. Mariouche Famelart, bibliothécaire, bibliothèque Jean-Corbeil 
  90. Pascale Félizat-Chartier, bibliothécaire professionnelle
  91. Marie-Claude Felton, Ph.D., Research Associate and Project Manager – Early Modern Conversions, McGill University
  92. Monique Filiatrault, bibliothécaire
  93. Mireille Filion, préposée au prêt, bibliothèque Gaby-Farmer-Denis
  94. Marie-Josée Ferron, médiathécaire
  95. Eugénie Fortin, bibliothécaire professionnelle
  96. Patrice Foucault, commis aux Archives à Radio-Canada
  97. Anne-Marie Fournier, coordonnatrice de la Bibliothèque Municipale de Rigaud
  98. Pascale Fournier, technicienne en documentation
  99. Francesca Frati, bibliothécaire en sciences infirmières, Université McGill
  100. Caroline Gadoury, bibliothécaire professionnelle
  101. Carole Gagné, bibliothécaire
  102. Marc Gagnon, technicien en documentation, bibliothèque François-Hertel, Cégep de La Pocatière
  103. Marjorie Gauchier, bibliothécaire de droit, Université de Montréal
  104. Mathieu Gauthier-Pilote, informaticien
  105. Philippe Gauthier, D. Sociologie, professeur, Directeur, groupe design ∩ société, Université de Montréal
  106. Claude Gauvreau, agent d’information à l’UQAM
  107. Jean-Sébastien Gemme-Guimond, technicien en documentation
  108. Anne-Marie Gérin, technicienne en documentation
  109. Catherine Girard Ratté, bibliothécaire
  110. Miguel Gosselin Dionne, Bibliothécaire professionnel
  111. Pierre Graveline, directeur général, Fondation Lionel-Groulx
  112. Suzanne Grégoire, technicienne en documentation
  113. Marjorie Grenier-Massicotte, rédactrice aux archives numérisées
  114. Michael Groenendyk, bibliothécaire en entrepreneuriat, Université McGill
  115. Myrian Grondin, bibliothécaire de référence, Université de Montréal
  116. Édith Guérin, agente de bureau
  117. Louise Guillemette-Labory, bibliothécaire professionnelle, directrice des Bibliothèques de Montréal et membre du CA de BAnQ de 2002 à 2015
  118. Marilou Guillet, agente de secrétariat
  119. Younes Haloui, agent de bureau
  120. France Hamel, technicienne en documentation
  121. Jean Claude Hardy, analyste en procédés administratifs
  122. Louise Hautcoeur, technicienne en documentation
  123. Nicolas Hébert, bibliothécaire
  124. Sylvie Hébert, technicienne en documentation
  125. Andrea Higuera, technicienne en architecture
  126. Katia Huber, bibliothécaire
  127. Jessica Huneault, propriétaire de la firme Huneault design + collaboration
  128. Nathalie Jacob, biblothėcaire
  129. Luc Jodoin, bibliothécaire professionnel
  130. Vana Ké, bibliothécaire professionnelle
  131. Sophie Kurler, bibliothécaire professionnelle
  132. Louis L’Heureux, médiathécaire, Médiathèque et Archive, Radio-Canada
  133. Lucie Laberge, technicienne principale en muséologie
  134. Éric Labonté, bibliothécaire professionnel
  135. Marie Hélène Labory, bibliothécaire
  136. Isabelle Lafontaine, technicienne en informatique
  137. Marie-Hélène Lamarre, technicienne en documentation
  138. Karine Lamontagne, bibliothécaire, responsable de la bibliothèque de l’ENAP Montréal
  139. Valérie Lampron, bibliothécaire 
  140. Audrey Laplante, professeure, EBSI, Université de Montréal
  141. Jean-Michel Lapointe, bibliothécaire universitaire, UQÀM
  142. Vincent Larivière, professeur, EBSI, Université de Montréal
  143. John Latour, bibliothécaire
  144. Amélie Lavoie, technicienne en documentation
  145. Michel Lefebvre, bibliothécaire
  146. Michèle Lefebvre, bibliothécaire
  147. Benjamin Legault, technicien en documentation
  148. Ariane Legault-Venne, bibliothécaire professionnelle
  149. Annick Lemay, chef de division – bibliothèque, ville de Vaudreuil-Dorion
  150. Nathalie Lemay, archiviste, analyste en gestion de documents, Services français de Radio-Canada
  151. Marie-France Lépine, bibliothécaire professionnelle
  152. Eric Leroux, professeur agrégé, EBSI, Université de Montréal
  153. Guy Lesieur, agent de bureau
  154. Michaela Leuprecht, citoyenne engagée en littératie et rat de bibliothèque
  155. Cécile Lointier, chef de section, bibliothèque Père-Ambroise
  156. Marie-Claire Loiselle, technicienne en documentation
  157. Kamal Lounaci, bibliothécaire spécialiste en métadonnées
  158. Joachim Luppens, bibliothécaire
  159. Andrée Malenfant, agente de bureau
  160. Katia Marcil, médiathécaire
  161. Magdeleine Marcotte, préposée au prêt, bibliothèque Gaby-Farmer-Denis
  162. Rémy Marcotte, bibliothécaire professionnel
  163. Odette Marois, responsable de la bibliothèque Gaby-Farmer-Denis
  164. Jean-Pierre Marquis, professeur, département de philosophie, Université de Montréal
  165. Marie D. Martel, professeure, EBSI, Université de Montréal 
  166. Nathalie Martin, bibliothécaire 
  167. Sabine Mas, professeure agrégée, EBSI, Université de Montréal
  168. Sara Mathieu,  technicienne en documentation
  169. Simon Mayer, bibliothécaire
  170. Caroline Ménard, bibliotechnicienne
  171. Louise-Marie Ménard, technicienne en archivistique
  172. Marie-Ève Ménard, bibliothécaire universitaire en histoire et histoire de l’art
  173. Diane Mercier, Ph. D., docteure en sciences de l’information
  174. Florence Mercille-Perrault, commis
  175. Pascale Messier, bibliothécaire
  176. Alexandre Méthé, bibliothécaire professionnel
  177. Patricia Miles, bibliothécaire, promotion 1999, Hydro-Québec
  178. Auréane Mimeault-Gauvin, technicienne en documentation
  179. Dave Mitchell, bibliothécaire
  180. Richard Morin, bibliothécaire
  181. Isabelle Morrissette, bibliothécaire professionnelle
  182. Michael David Miller, bibliothécaire en littérature française, sciences économiques & études LGBTQ+, Université McGill 
  183. Danielle Noiseux, bibliothécaire-coordonnatrice, Université de Montréal
  184. Sophie Normandin, archiviste
  185. Dalya Ok, agente de bureau
  186. Luis Olazo Baldwin, bibliothécaire professionnel
  187. Jean Nicholas Otis, bibliothécaire professionnel, Archéotec Inc.
  188. Yves Otis, consultant
  189. Guillaume Ouellet, bibliothécaire professionnel
  190. Martin Ouellet, agent de bureau
  191. Reina Ouimet, agente de secrétariat
  192. Souad Ourahma, Bibliothécaire M.S.I
  193. Marie-Hélène Parent, bibliothécaire professionnelle
  194. Véronique Parenteau, bibliothécaire professionnelle
  195. Andréa Pelletier, bibliothécaire
  196. Pierre Perrault, agent de bureau, commis et photographe
  197. Marianne Phénix, médiathécaire
  198. Christine Picard, libraire, Librairie Buroplus Lanaudière de Joliette
  199. Mylène Pinard, bibliothécaire professionnelle, Université McGill
  200. Josée Plamondon, bibliothécaire et consultante en exploitation de contenu numérique
  201. Marc Plana, technicien principal en audiovisuel
  202. Joanne Poirier, agente de secrétariat
  203. Marjolaine Poirier, étudiante au doctorat en histoire de l’art, UQAM
  204. Irina Pop, bibliothécaire professionnelle 
  205. Marie-Pierre Poulin, bibliothécaire, Goethe-Institut Montréal
  206. Sébastien Proulx, professeur, The Ohio State University
  207. Marie-Claude Ratté, bibliothécaire
  208. Catherine Ratelle-Montemiglio, bibliothécaire professionnelle
  209. Jessica Régimbald, restauratrice
  210. Tourmaline Ren, bibliothécaire
  211. Marie-Claude Rioux, Restauratrice
  212. Stéphane Rioux, médiathécaire Radio-Canada
  213. Valérie Rioux, bibliothécaire professionnelle
  214. François Rivard, technicien principal en informatique
  215. Marc-André Robert, professeur, Département des techniques de la documentation, Collège de Maisonneuve
  216. Mylène Robichaud, agente de secrétariat
  217. Alexis Robin-Brisebois, bibliothécaire
  218. Benoit Rochon, président, Wikimédia Canada
  219. Lysanne Roux, bibliothécaire
  220. Judith Roy, médiathécaire
  221. Sylvie Roy, bibliothécaire professionnelle
  222. Roxanne Ruel, agente de bureau, traitement matériel
  223. Stéphane Ruest, technicien en documentation
  224. Andrée Sabourin, bibliothécaire
  225. Maxime St-Jacques Couture, coordonnateur Fab Lab, Bibliothèque de Brossard
  226. Catherine St-Pierre, agente de bureau
  227. Anaïs Salamon, chef de la bibliothèque d’études islamiques, Université McGill
  228. Alexandra Satre, scientifique des données
  229. Fannie Sauvé, bibliothécaire professionnelle
  230. Réjean Savard, professeur honoraire, EBSI, Université de Montréal
  231. Dominique Scarfone, professeur honoraire, Université de Montréal
  232. Valérie Schiltz, journaliste et étudiante à l’EBSI, Université de Montréal
  233. Jean-Sébastien Sauvé, étudiant et bibliothécaire, EBSI et ÉTS
  234. Marjolaine Séguin, bibliothécaire scolaire
  235. Julie Sélesse-Desjardins, bibliothécaire
  236. Céline Simonet, bibliothécaire professionnelle
  237. Michael E. Sinatra, professeur littératures et langues du monde, Université de Montréal
  238. Yan Smith, technicien en documentation
  239. Omar Soto-Rodriguez, bibliothécaire, directeur de bibliothèque
  240. Julie-Pier St-Georges, bibliotechnicienne 
  241. Sophie Talbot, M. Arch 
  242. Catherine Talon-Bergeron, technicienne en documentation 
  243. Yves Tanguay, directeur général, Médiathèque Maskoutaine
  244. Josée Tardif, réviseure, rédactrice et traductrice
  245. Mathieu Thomas, bibliothécaire
  246. Hélène Tremblay, bibliothécaire
  247. Martine Tremblay, technicienne en documentation, Collections patrimoniales
  248. Mélanie Tremblay, technicienne principale en informatique
  249. Nathalie Tremblay, architecte
  250. Roxane Tremblay, bibliothécaire professionnelle
  251. Sophie Trolliet-Martial, bibliothécaire de liaison, Université McGill
  252. Mihai Turculet, agent de bureau
  253. Simon van Bellen, agent de recherche et chargé de cours, GEOTOP-Université du Québec à Montréal
  254. Frantz Voltaire, directeur du Centre International de documentation et d’Information haitienne,caribéenne et afrocanadienne (CIDIHCA)
  255. Gisel Villalobos, bibliothécaire, M.A., M.S.I.
  256. Lionel Villalonga, président, LVI Information inc.
  257. Natalie Waters, bibliothécaire en chef, Bibliothèque Schulich des Sciences physiques, des Sciences de la Vie, et de Génie, Université McGill
  258. Bob W. White, Ph.D, professeur, département d’anthropologie, Université de Montréal
  259. Andréa Winiarz, M.S.I. bibliotechnicienne
  260. Daniela Ziegler, bibliothécaire

 

 

 

 

 

 

 

 

Le café des savoirs libres à Montréal : Wikipédia et Open Street Map en bibliothèque

Montreal08

Les Bibliothèques de Montréal (BM) ouvrent leurs portes aux amateur.e.s des savoirs libres ! À l’instar de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), et de tant d’autres bibliothèques et institutions éducatives dans le monde, les BM collaborent désormais avec la Fondation Wikimédia pour faire connaître le projet de l’encyclopédie Wikipédia et proposer des ateliers dédiés au processus de contribution à l’édition francophone. Cette nouvelle initiative coïncide avec le passage à Montréal du fondateur de Wikipédia, Jimmy Wales dans quelques jours.

Au début de l’année, Wikipédia entamait les  célébrations entourant son quinzième anniversaire en invitant les bibliothécaires à participer à ces festivités et à l’encyclopédie. Au-delà de l’événement, quelques uns d’entre eux, liés aux activités de Bookcamp Montréal, ont fait le pari de poursuivre cette invitation dans la durée à travers des rencontres mensuelles dans les BM.

On le répète partout : Wikipédia est l’un des cinq sites les plus visités sur Internet, consultés chaque mois par près de 480 millions de visiteurs, il compte plus de 29 millions d’articles en 280 langues. Le projet Wikisource, qui constitue en lui-même une bibliothèque riche de 180 000 textes libres et gratuits, et celui de Wikimedia Commons, avec près de 27 millions de fichiers d’images, composent ce vaste réservoir des connaissances du monde. Wikipédia représente la principale source de référence au monde, la première source de documentation des écoliers et des étudiants. Si la référence a encore un sens en bibliothèque, leur destin est lié.

Par ailleurs, ce dépôt colossal des savoirs humains comporte des lacunes qui sont à la hauteur des contributions. Le volet québécois, qui est aussi montréalais, est préoccupant. Si l’on juge que le territoire des nouvelles entrées dans l’encyclopédie est presque couvert aujourd’hui, il n’en est pas de même pour le portail du Québec qui apparaît comme le « parent pauvre » de Wikipédia. L’importance de ces rendez-vous dans le contexte local prend ici une dimension d’autant plus significative en termes de responsabilité sociale:

Quand l’un ou l’autre des 20 millions de francophones qui visitent Wikipédia fait par exemple une recherche sur l’histoire du Québec, que trouve-t-il aujourd’hui ? Il ne trouve ni projet de développement de ce champ de connaissance, ni communauté de wikipédistes qui anime un tel projet, ni même un portail qui sert de vitrine présentant aux visiteurs le meilleur du contenu sur ce thème. Il trouvera au mieux, disparates et lacunaires, environ 5000 articles qui traitent de ce sujet, dont 80 % sont à peine des ébauches. Une étude de la Fondation Lionel-Groulx réalisée en 2014 afin d’évaluer la qualité des articles traitant de 10 grands événements de notre histoire et des principaux personnages associés à ces événements, étude portant sur plus de 200 articles, confirme la lamentable pauvreté des contenus sur le Québec et son histoire dans Wikipédia.

Résultat de l’absence de préoccupation et de soutien gouvernemental et institutionnel, de l’indifférence du milieu académique et du milieu de l’histoire, du manque de formation et de ressources, cette situation déplorable ne peut plus être ignorée par les personnes qui ont le Québec au coeur et qui ont à coeur la promotion de son histoire.(Pierre Graveline, Le Québec, parent pauvre de Wikipédia, Le Devoir)

Pourtant, quelques wikipédiens dévoués encouragés par des esprits éclairés comme l’ancien PDG de BANQ, Guy Berthiaume et son équipe, ont soutenu le développement de l’encyclopédie au Québec. Il faut espérer que leurs successeurs continueront à revendiquer cette vision forte et engagée dans les savoirs libres pour favoriser la présence des contenus québécois sur le territoire numérique. Depuis 2014, les Mardi, c’est wiki ainsi que d’autres projets emballants ont vu le jour à la Grande bibliothèque:

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ ) possède une masse d’ouvrages et de documents, anciens et modernes, ainsi que de riches archives portant sur les grands thèmes abordés, et met à la disposition des participants la documentation nécessaire à l’écriture d’articles wikis bien documentés. Les participants bénéficient sur place de l’aide de contributeurs d’expérience, ainsi que du soutien de bibliothécaires et d’archivistes spécialisés. Ces ateliers visent à améliorer le contenu francophone de Wikipédia, à augmenter le nombre de contributeurs québécois, à tirer profit des ressources documentaires et professionnelles de BAnQ et à mieux faire connaître le Québec, la Nouvelle-France, le Canada français ou, plus largement, l’Amérique française.

Souhaitons que cette collaboration avec des wikipédiens-en-résidence se prolonge de façon durable afin de consolider les efforts et multiplier les activités, ateliers, édi-athons, etc., autour de la création de contenus québécois au moment où les autres bibliothèques publiques québécoises vont de l’avant.

Les Jeudi c’est wiki dans les bibliothèques de Montréal viennent prolonger par une proposition locale, cette initiative exceptionnelle en visant à sensibiliser le personnel des bibliothèques, à augmenter le nombre de contributeurs québécois et, particulièrement, à faire croître la présence documentaire et la visibilité de Montréal sur le web à l’aide des citoyens.ne.s passionné.e.s de leur quartier et des sociétés d’histoire. C’est aussi une occasion de faire rayonner l’intelligence collaborative de Montréal au moment où le palmarès des villes intelligentes du Intelligent Community Forum (ICT) est en cours.

L’originalité des ateliers montréalais consistent à accueillir également des formateurs d’Open Street Map (OSM) qui ajoute à l’offre la transmission de l’art de la cartographie libre.

Cette communauté nomade Wiki & OSM adopte le rythme souriant des voyageurs du code et se déplace à chaque fois dans une nouvelle bibliothèque le dernier jeudi de chaque mois. La formule conviviale est celle d’un café-conversation où l’on s’appuie sur la force des apprentissages informels, du pair à pair, de la création collaborative de biens communs pour s’ancrer. Ce sont des tiers-lieux éphémères dont les retombées sont pérennes. Déjà deux rencontres se sont déroulées à la bibliothèque Mordecai-Richler (en collaboration avec Mémoire du Mile End) et celle de Frontenac. Une flotte de portables est mise à la disposition des participants qui n’auraient pas accès à des équipements; on offre aussi le soutien aux compétences numériques, et ces conditions sont intégrées dans une démarche globale de partage des savoirs et de littératie numérique.

Au-delà de Montréal, les bibliothèques publiques du Québec ont démontré leur intérêt à prendre la relève en invitant le vice-président de la Fondation Wikimédia Canada à relater ces initiatives québécoises lors du prochain Rendez-vous des bibliothèques publiques.

Pour mémoire, voici quelques unes des raisons qui ont déjà été énoncées pour inviter les wikipédiens en bibliothèque :

1. Il existe une convergence entre la mission de Wikipédia et celle des bibliothèques autour de l’accès libre et universel à la connaissance :

The mission of Wikimedia is to empower and engage people around the world to collaboratively collect and develop open educational content, and to disseminate it effectively and globally. We see libraries as our natural partners in this endeavor. Working together, we can promote scholarly and cultural knowledge, information literacy, and open access.

2.Wikipédia clame haut et fort son amour des bibliothèques. La bannière et le modèle Wikipedia Loves Libraries proposent des ressources, des liens et des activités pour favoriser un rapprochement avec les bibliothèques.

3. Les wikipédiens veulent étendre le registre des sources utilisées grâce aux bibliothèques, ce qui signifie aussi d’autres types d’encyclopédie!

4. L’utilisation et la valoriation des collections de la bibliothèque, et notamment de présenter les ressources en ligne.

5. La venue des wikipédiens amène des nouveaux usagers, vraisemblablement des réguliers, ce qui favorise la fréquentation.

6. Les bibliothèques aiment non seulement l’information valide, elles aiment aussi accueillir les citoyens et les soutenir dans leurs projets territoriaux, selon qu’ils portent sur des sujets qui intéressent la communauté ou qui concernent l’identité locale.

7. La référence morte ou vivante ? La section de référence se meurt dans la bibliothèque, les ouvrage ont été élagués, remplacez celle-ci par une section vivante! La question est ouverte quant à la forme que prendra cette relation qui oeuvre à l’émergence d’une nouvelle référence vivante. Ce défi est précisément posé et expérimenté, avec le personnel et les usagers, lors des cafés Wiki-OSM.

8. Réduire le fossé des genres ? L’équation est à la fois simple et compliquée. Les wikipédiens sont, dans une majorité écrasante, des hommes et les bibliothèques appartiennent à un milieu principalement composé de femmes, que ce soit pour le personnel ou les publics. Ces exemples récents d’édiathon lors du 8 mars, et de cette étudiante qui crée des articles sur le rôle des femmes dans l’histoire des sciences depuis l’âge de 12 ans, sont assez éloquents à cet égard. Car si le portail du Québec est pauvre, les contenus qui concernent les femmes ou le féminisme et son histoire au Québec, apparaissent dans une situation encore plus précaire.

Surveillez le prochain café Wikipédia & OSM dans une bibliothèque près de chez vous, ou à la Grande bibliothèque, mardi prochain, le 5 avril à 17h.

| Source : Wikimédia, auteur : Jean-Marc Plumauzille, http://www.acasafeliz.com, oeuvre personnelle, GFDL et CC-BY-SA-3.0 |

Des droits d’auteur sur le domaine public : Tous ces livres sont à qui?

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Pas le droit de faire ce qu’on veut avec le domaine public? Au cours d’un atelier sur l’iconographie à BAnQ où l’on présentait des documents dont la pauvre carcasse de papier remontait parfois au 17e siècle, on m’a interdit de publier les photos que j’avais prises des trésors exposés. N’est-ce pas un parti pris fort discutable que celui qui consiste à revendiquer des droits d’auteur sur les oeuvres du domaine public? A fortiori lorsqu’il s’agit d’une institution patrimoniale comme la bibliothèque nationale? Et pourtant, c’est cette approche que BAnQ semble adopter à l’égard du domaine public québécois et de l’usage qu’elle prescrit aux citoyens.

En congé ce jour-là et bibliophile à mes heures, j’étais inscrite à un atelier d’iconographie documentaire permettant de se familiariser avec les imprimés anciens à partir des exemplaires originaux de livres, de gravures, de feuilles volantes, etc. C’était aussi l’occasion d’apprendre le vocabulaire descriptif propre au domaine puis d’aborder les questions de conservation liées à ces précieux items. Les exemplaires choisis et tirés de la réserve pour les participants étaient fascinants. La compétence et la passion communicative de la bibliothécaire qui animait cette activité l’étaient tout autant.

En revanche, j’ai été très étonnée qu’on me prévienne à la fin de l’exercice de ne pas publier les photos que j’avais prises (sans flash bien sûr) de ces imprimés tombés depuis des lustres dans le domaine public. Comme j’ai argumenté que cette mesure était totalement déplacée dans le contexte où il s’agissait d’oeuvres du domaine public, on m’a répondu qu’on allait acheminer ma demande et vérifier si celle-ci était recevable.

J’ai reçu quelques jours plus tard un avis favorable disant que « [a]près vérification, il n’y a pas de problème pour diffuser sur votre blogue à des fins éducatives, les photographies de livres anciens que vous avez prises lors de votre dernière visite… » On me demandait du même coup de bien vouloir indiquer que « ces ouvrages sont tirés des collections de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. » Merci pour la réponse, mais il me semble que, de fait, il y ait un problème. Cette autorisation comporte des ingrédients qui sont susceptibles de faire croître encore d’un cran la perplexité des usagers au lieu de l’apaiser.

Comment à des fins éducatives? De quel droit peut-on limiter l’usage du domaine public à des fins éducatives sinon en considérant que les documents en question sont soumis aux prérogatives du droit d’auteur auxquelles, dans ce cas-ci, une exception éducative est consentie par les ayants-droits?

Laissons faire les gants blancs que l’on porte habituellement pour manipuler ces imprimés fragiles: Je vois mal pourquoi je ne pourrais pas utiliser l’image de la page de titre de l’Astronomia Instaurata de Copernic – qui date de 1617 et dont c’est incidemment le 400e anniversaire en 2017 – pour en faire des tee-shirts ou des condoms décoratifs, si je le voulais, indépendamment de toutes visées éducatives?

Les citoyens pourraient avoir du mal à suivre ces limitations, c’est mon cas, il faudrait expliquer le rationnel des privilèges exclusifs dont cette institution semblent disposer sur le domaine public.

On a déjà questionné le fait que certaines institutions patrimoniales, à la manière d’une entreprise privée, puissent numériser les oeuvres pour négocier ensuite l’accès du public en revendiquant un droit d’auteur/droit d’usage sur les copies numériques qu’elles créent à partir du domaine public et en introduisant une barrière tarifée. On peut argumenter qu’il faut bien payer pour la numérisation mais, pour le moment, ces raisons ne pourraient pas être invoquées pour justifier le contrôle que l’on exerce. « Tous ces livres » sont à toi disait naguère BAnQ, on pourrait espérer que la jolie phrase trouve une signification un peu plus littérale en ce qui concerne le domaine public.

Nombreuses sont les institutions dédiées à l’héritage culturel qui ont franchi le 21e siècle avec leurs usagers et qui ont compris que leurs collections et leurs trésors bénéficiaient largement en termes de visibilité et de narratif en tirant parti des médias sociaux. Grâce aux efforts promotionnels gratuits des adeptes, des fans et des passionnés qui composent leur public enthousiaste, les oeuvres sortent des voûtes, de l’obscurité et tout cet appareil si peu démocratique. Le Musée des Beaux-Arts de Montréal est un exemple vivant de cette ouverture et de cette manière nouvelle d’accueillir et d’engager les publics en leur permettant de photographier les oeuvres du domaine public.

L’exemple le plus frappant de cette démocratisation et de cette célébration très actuelle du domaine public est sans doute celui Rijks Museum. Ce musée diffuse, depuis 2012, en haute définition une collection de ses œuvres du domaine public qui sont numérisées (plus de 150 000) pour un usage libre : « for anyone to view, download, copy, remix, print and use for any purpose they can think of ». Cette ouverture sans restriction est même encouragée à l’aide d’un concours qui récompense les initiatives les plus créatives à partir du domaine public. Le blogue d’Europeana a publié assez récemment (2014) une étude de cas qui s’intitule Democratising The Rijks Museum sur le sujet où l’on peut lire :

The museum has been really satisfied with the results of this move. They believe that their core business is to get people familiar with the collection and the museum. By making the images available without copyright restrictions, their reach has extended exponentially and far beyond their own website. The material is now for example being shared and used widely in all kinds of online platforms such as Wikipedia or educational websites. – See more at: http://pro.europeana.eu/blogpost/how-the-rijksmuseum-opened-up-its-collection-a-case-study#sthash.Vh6hyPmf.dpuf

C’est une lecture qui fait réfléchir et que je recommande sans hésiter.