L’employée aux bibliothèques 1:2


Lundi 30 octobre.
Hommage à l’hommage au lauréat. Michel Tremblay a reçu le Prix Gilles-Corbeil 2017 pour l’ensemble de son oeuvre.  Benoit Melançon a signé pour l’occasion un éloge qui a fait vibrer le peuple des lecteurs et des lectrices de Tremblay – et qui l’en remercie  :

Michel Tremblay, c’est Montréal, évidemment, mais ce n’est pas que Montréal; ce sont d’autres territoires imaginaires, l’Amérique, comme le font voir les neuf volumes de La diaspora des Desrosiers, et l’Europe. Si l’Europe ne paraît pas avoir le même statut que les États-Unis, c’est qu’elle est peut-être moins un lieu à explorer qu’un univers culturel à s’approprier, à intérioriser. La France, notamment, est omniprésente, chez Michel Tremblay, par le cinéma, par la chanson, par la littérature. Son œuvre s’inscrit clairement dans une tradition littéraire française, en particulier par son rapport constant avec les grandes chroniques romanesques depuis Balzac.

Michel Tremblay, dit-on souvent, a donné voix aux marginaux sur la scène, à l’écran, dans ses textes. Cela est incontestable, mais il ne faudrait pas oublier qu’il a également donné voix aux femmes (qui ne sont pas des marginales), et d’une façon qui a peu d’égale dans la littérature québécoise. On lui doit encore des réflexions sur ce que le Canada doit aux Premières nations. La palette des personnages de Michel Tremblay — leur humanité diverse, parfois métissée, souvent difficile à revendiquer — est bien plus étendue qu’on semble le croire. La différence est constitutive chez lui.

Mardi 31 octobre.
Le livre est meilleur. Pourquoi ce roman s’est-il intitulé  tour à tour Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (Do Androids Dream of Electric Sheep?), Blade Runner, ou même, à une certaine époque, Robot Blues ? Pour mettre à l’épreuve la résistance au stress des catalogueurs et des catalogueuses ? Ou pour égarer l’oeuvre littéraire infiniment plus dense et philosophiquement féconde que le cortège des films qu’elle aura engendrée (et engendrera encore à n’en pas douter) et qui leur fait certainement ombrage ?  Où sont passés nos amis les animaux et les poignées à empathie du prophète Mercer qui disent le monde sensible et crédule des humains ? On peut les retrouver dans n’importe lequel des nombreux exemplaires disponibles en version numérique – moins rare que les imprimés (en bibliothèque) :« Il n’y a pas de salut », c’est Rick, qui le dit. Merci à Antoine Tanguay pour la référence archéologique.

Mercredi 01 novembre
Allo, allo ? Jacques Goldstyn, deux fois récipiendaires du Prix du livre jeunesse des bibliothèques de Montréal, vient de remporter le Prix du Gouverneur général 2017 – catégorie Littérature jeunesse– livres illustrés . Il n’avait pas sa page Wikipédia – il fallait y remédier. Ami.e.s bibliothécaires, prenez soin de votre médiation numérique. Cette semaine,  c’est le rendez-vous Mardi, c’est wiki à 18 h 30 à la Grande bibliothèque. Le centième anniversaire de la première bibliothèque centrale de Montréal, jeudi le 16 novembre, sera aussi l’occasion de s’initier aux rudiments de la contribution.

Jeudi 02 novembre
#FREERAIF. Lu la bande dessinée  Raif Badawi : rêver de liberté. Dessins lisses et sages pour une bande dessinée coup de poing. Rêve maintenant d’inviter Ensaf Badawi à l’EBSI et à la Grande bibliothèque pour la Semaine canadienne Freedom to Read.

À noter que le site Freedom to Read, qui se présente exclusivement en anglais, a déjà connu une version dans la langue de Tremblay qui a disparu. Il reste de cette époque, dans un coin discret, une bibliographie en français qui manque passablement de fraîcheur. La dénonciation de la censure francophone est en quelque sorte censurée.

Vendredi 03 novembre
La bibliothèque de Lola Lafon. C’est dans l’excellent roman Mercy, Mary, Patty, Actes Sud, 2017 (en bibliothèque) :

Dans la bibliothèque, les livres sont rangés par ordre alphabétique, des biographies historiques pour la plupart. Une lecture encouragée car tant qu’à rester sur ses fesses autant que ça serve à apprendre quelque chose, martèle son père. (p.43)

Samedi 04 novembre
Montant et les miennes. Est-ce que ma mère a aimé son cadeau de fête ? Nous l’avons emmené ma soeur et moi voir et entendre Lambert chante Montand. Elle a répondu oui pour nous faire plaisir. Et est-ce que nous avons aimé ma soeur et moi ? Nous avons répondu oui pour faire plaisir à Lambert Wilson.


Dimanche 05 novembre
Un paradis pour les vivants. C’est le 165e anniversaire de ce joyau du patrimoine de Montréal et de l’au-delà (1852-2107). La cartopartie prévue au cimetière Mont-Royal a été annulée ce matin en raison de la pluie et du manque d’abri disponible sur le lieu qui est, dans des conditions plus favorables, un « paradis pour les vivants » – une expression tirée, de mémoire, de l’ouvrage Une mort très digne de Brian Young (en bibliothèque). Celle-ci sera peut-être reportée un peu plus tard si un redoux se profile à l’horizon de ce qui reste de l’automne. En attendant cette occasion, sinon le printemps, j’attire votre attention sur cette nouvelle publication Parcours historiques au cimetière Mont-Royal (Myriam Cloutier, 2017) disponible au comptoir du cimetière au coût de 10$. Pour le parcours gratuit, c’est un autre type d’arrangement.

 

 

|Source de l’image de la couverture du livre Do Androids Dream of Electric Sheep? :  Fair use, https://en.wikipedia.org/w/index.php?curid=21070569 et source des autres photos : Marie D. Martel, cc-by-nc-sa |

Des questions pour les candidat.e.s aux élections municipales à propos des bibliothèques publiques #MaBiBLio

 

C’est aujourd’hui la dernière journée de la Semaine des bibliothèques publiques. Je profite de cette occasion pour conjuguer cette célébration avec les élections municipales, qui touchent aussi à leur fin,  en proposant une série de questions pour les candidat.e.s de Montréal – et d’ailleurs considérant que la plupart des questions peuvent être reprises dans n’importe laquelle municipalité.

Culture Montréal a déjà élaboré un ensemble de questions sur la culture à l’intention des candidat.e.s. J’ai recensé les réponses concernant les bibliothèques; cet exercice fournit un aperçu de la vision que les aspirant.e.s décideu.r.se.s entretiennent au sujet de cet équipement public qui représente souvent le premier poste budgétaire en culture, celui qui connaît la fréquentation la plus importante, et celui qui constitue à la fois un atout et un marqueur symbolique majeurs sur leurs territoires. Ces informations tirées du questionnaire de Culture Montréal m’ont servi de référentiels pour formuler certaines des questions qui suivent et qui sont adressées aux candidat.e.s.

Question 1 : Le budget des bibliothèques

Pour l’ensemble des aspirant.e.s maires.se.s :

– Est-ce que l’aspirant.e maire.sse a mesuré et peut qualifier l’impact des coupures pratiquées dans le budget de son arrondissement/municipalité sur les services de ses bibliothèques depuis les dernières élections?

Pour Denis Coderre et Valérie Plante, les questions suivantes s’ajoutent :

– Est-ce que l’aspirant.e maire.sse a mesuré et peut qualifier l’impact des coupures pratiquées dans les budgets des arrondissements/municipalités sur les services de bibliothèques à travers Montréal depuis les dernières élections?

– Est-ce que l’aspirant.e maire.sse a mesuré et peut qualifier l’impact des coupures pratiquées à la Direction des bibliothèques de Montréal sur les services offerts aux bibliothèques desservies depuis les dernières élections?

Question 2 : La bibliothèque du 21e siècle

Cette question mérite d’être posée pour que l’on puisse accéder à la perception, à la compréhension, aux priorités des futur.e.s élu.e.s au sujet des bibliothèques d’aujourd’hui :

– Selon-vous, qu’est-ce qu’une bibliothèque du 21e siècle ?

Dans une étude récente menée aux États-Unis, les décideu.r.se.s identifiaient trois rôles que les bibliothèques devaient principalement jouer auprès des citoyens. Les bibliothèques devaient 1) contribuer à la littératie numérique; 2) offrir un forum d’échanges pour les citoyen.ne.s; et 3) soutenir le milieu de l’éducation en collaborant et en agissant en complémentarité avec les écoles (Local Libraries Advancing Community Goals, 2016) Ces réponses suggèrent que les bibliothèques ont un rôle social et éducatif qui dépassent largement le service de prêt de livres auquel les élu.e.s québécois.e.s résument habituellement leur compréhension anachronique de la bibliothèque et à partir duquel ils ou elles évaluent  celle-ci – en décalage avec la réalité.

Les réponses des candidat.e.s au sondage de Culture Montréal indiquent des attentes qui correspondent assez peu à cette appréciation (qui ressort de l’enquête américaine mentionnée ci-haut) que j’estime relativement éclairée quant aux missions des bibliothèques d’aujourd’hui. Dans le meilleur des cas, certains des candidat.e.s montréalais évoquent la bibliothèque comme “lieu de vie” ou font, encore plus rarement un lien, plus ou moins convaincant, avec le “numérique”. Bref, vos candidat.e.s connaissent-ils ou elles bien leur dossier “bibliothèque” et ce que fait une bibliothèque au 21e siècle ?

Cette question se prolongera dans une troisième consacrée aux moyens à mettre en oeuvre pour créer une bibliothèque du 21e siècle.

Question 3 : Le personnel des bibliothèques

D’entrée de jeu, il faut donner un crédit certain à la vision du maire Coderre au sujet des bibliothèques. Dans un mot de bienvenue adressé aux participant.e.s du Congrès des professionnel.le.s de l’information récemment, il affirmait avoir « décidé » que les bibliothèques seraient des « ambassadrices auprès des nouveaux arrivants », des « act[rices] du changement », qu’elles devaient « participer pleinement à la Ville intelligente ». Même si les coupures menées sous son règne ont étouffé le développement des bibliothèques publiques à Montréal, à un moment crucial de leur histoire, ce discours du maire suggère qu’il est tout de même conscient que ces dernières pourraient jouer un rôle important en matière d’inclusion sociale et numérique.

Par ailleurs, les défis et les priorités d’actions identifiés par les candidat.e.s (dans le questionnaire de Culture Montréal) portent principalement sur l’augmentation des heures d’ouverture, la rénovation, l’agrandissement ou la construction des bibliothèques.

Or, pour agir en matière d’inclusion sociale et numérique, pour augmenter les heures d’ouverture, pour agrandir une bibliothèque qui vient avec des nouveaux services, cela suppose de se doter de personnel qualifié qui permettront d’atteindre ces objectifs.

Si on compare la situation des bibliothèques de Montréal à celle des autres grands réseaux au Canada, le nombre de bibliothécaires, notamment, par habitant est largement et historiquement sous les normes – des normes dont la direction générale ne veut guère entendre parler au demeurant. On peut dès lors demander:

– Comptez-vous doter adéquatement les bibliothèques pour leur permettre de remplir les défis qui sont ceux de l’inclusion sociale et numérique, de l’augmentation des heures d’ouverture et des nouveaux espaces?

Les espaces contribuent au rôle social des bibliothèques, mais du personnel qualifié en nombre suffisant est nécessaire pour les animer et soutenir l’inclusion sociale et numérique. De plus, mettre à niveau les superficies de bibliothèques, sans mettre à niveau la dotation est une décision irresponsable. Et c’est ainsi que l’on fonctionne à Montréal depuis les dernière élections.

Question 4 : L’inéquité québécoise

Je reviens sur cet article paru dans le Devoir cette semaine qui soulignait à quel point le destin des bibliothèques publiques étaient à la merci de la “vision” des maires : « D’une ville à l’autre, on retrouve des bibliothèques de qualité inégale, parce que tout dépend de l’équipe en place [à l’hôtel de ville], tout dépend de la vision » (Chantal Brodeur, présidente de l’Association des bibliothèques publiques du Québec).

En d’autres termes, on entretient une forme d’inéquité au Québec entre les citoyen.ne.s quant aux services de bibliothèques qui sont confiées à l’arbitraire des élu.e.s qui décident du budget et du projet de celle-ci. Chantal Brodeur ajoute : « Qu’est-ce que ça veut dire l’excellence en bibliothèque ? On n’a pas de normes au Québec pour l’encadrer, aucune loi qui oblige les villes à offrir un service précis, tant de places assises, un minimum de livres… » Et l’article de poursuivre :

La porte-parole de cette association constituée de 160 membres partout au Québec reconnaît qu’en l’absence d’un « énoncé gouvernemental qui officialise la mission des bibliothèques publiques », il faut se référer aux textes de… l’UNESCO. « Ce n’est pas normal, clame Chantal Brodeur. Il faudrait quelque chose plus près des gens. » La dépendance des bibliothèques à l’administration municipale explique qu’il est difficile de trouver, même chez les établissements mal soutenus, des directions prêtes à témoigner de leur situation. Elles sont prises entre l’arbre et l’écorce, dans un jeu de diplomatie municipale. »

En d’autres termes, même si la situation des bibliothèques est affligeante, que le personnel est au bout du rouleau, personne n’osera parler parce que les employé.e.s et les cadres sont muselé.e.s, contraints au silence que ce soit à la Ville de Montréal ou dans les autres municipalités, sous peine de sanctions qui peuvent aller jusqu’à leur congédiement.

Dans le but de reprendre cet appel pour une loi sur les bibliothèques, ou un cadre normatif, la question suivante s’impose  :

– Entendez-vous (vous les élu.e.s) demander au gouvernement du Québec de prendre ses responsabilités en matière de bibliothèques, de doter celles-ci d’une loi – comme il en existe dans les pays où ces institutions sont les meilleures – et d’un service dédié, compétent et relié aux citoyen.ne.s, qui les supportent dans les nouveaux rôles éducatifs et culturels qui leur sont dévolus, en définissant des normes ou des orientations minimales nécessaires ?

Ce ne sont peut-être pas les réponses des candidat.e.s à ces questions, si nous en obtenons, qui changeront votre intention de vote, mais n’est-ce pas le moment d’engager une conversation avec ceux et celles qui, très bientôt, prendront le pouvoir, le moment d’amorcer un dialogue qui soit susceptible de contribuer à améliorer, sinon les bibliothèques, du moins la qualité et la cohérence de leurs discours à leur sujet? Cette dernière question est pour vous.

Mot du maire Denis Coderre

À ce propos, je reproduis l’intégralité du mot de bienvenue du maire Denis Coderre adressé aux participant.e.s du Congrès des professionnel.le.s de l’information qui s’est tenu du 11 au 13 octobre 2017 qui s’intitulait incidemment « Survivre à la gestion. » Il faut le reconnaître ce discours est porteur d’une vision forte et actuelle des bibliothèques publiques. Est-ce que la réalisation de cette vision est véritablement (et pas seulement en paroles) au programme de son prochain mandat si il est élu?

 

Bienvenue à tous les participants,

Le principal défi des gestionnaires – peu importe le domaine d’activité – est sans aucun doute la gestion du changement. Depuis quelques années, force est de constater que les bibliothèques sont aux premières lignes des changements que vivent nos sociétés. Et si elles veulent demeurer pertinentes et remplir leur mandat, nos bibliothèques se doivent de répondre aux nouveaux besoins en cherchant continuellement à innover. Qu’on pense seulement aux nombreuses opportunités que représentent les nouvelles technologies de l’information, ou encore aux défis engendrés par une clientèle de plus en plus diverse.

À la Ville de Montréal, nous avons décidé que nos bibliothèques municipales ne seraient pas que de simples spectateurs, mais bien des acteurs du changement. Elles participent à part entière à la ville intelligente, en intégrant des Fab Labs, c’est-à-dire des ateliers de fabrication numérique au sein desquels des outils, comme des imprimantes 3D, sont mis à la disposition des citoyens pour leur permettre de développer des projets individuels et collectifs.

 

Elles agissent également comme des ambassadrices auprès des nouveaux arrivants en mettant à leur disposition des milliers de documents en plusieurs langues et sur plusieurs supports. Elles proposent aussi une foule d’informations pratiques sur la vie à Montréal, des outils pour faciliter la recherche d’emploi, des renseignements sur les ressources présentes dans les quartiers, et bien davantage. C’est d’ailleurs pourquoi elles étaient représentées au Salon de l’immigration et de l’intégration du Québec 2017.

Enfin, nos bibliothèques innovent et investissent de nouveaux domaines, comme le prêt d’instruments de musique. Depuis près d’un an, une dizaine de bibliothèques participent à ce nouveau programme.

 

Bref, s’il faut gérer, gérons intelligemment avec un regard sur un monde où le changement est permanent.

 

Bon congrès

| Ces images ont été empruntées à la campagne de l’ABPQ dans le cadre de la Semaine des bibliothèques publiques 2017 |

4 vidéos qui célèbrent la Semaine du libre accès dans les universités québécoises #OAW

C’est la 10e Semaine internationale du libre accès jusqu’au 27 octobre. Comment en faire la promotion? Parmi les possibilités, celle d’aider les universitaires à déposer leurs articles et leurs travaux dans un dépôt institutionnel s’impose. Florence Piron, professeure à l’Université Laval, a lancé l’idée de créer une vidéo éducative. Quatre universités québécoises ont relevé le défi. D’abord, ne manquez pas la vidéo promotionnelle de l’Université McGill créée par K. Jane Burpee. Très chouette !

Des tutoriels pour les archives ouvertes


La vidéo de l’Université Laval créée par Florence Piron et déposée sur la chaine YouTube des bibliothèques.


La vidéo de l’Université Concordia créée par Danielle Dennie. Elle est aussi accessible ici.


Et voici ma contribution avec ce tutoriel qui montre comment on peut déposer en quelques minutes un document dans Papyrus, le dépôt institutionnel de l’Université de Montréal. La vidéo est également annoncée dans les Nouvelles de même que sur la page Papyrus de l’EBSI.

 

Les universités québécoises et la Semaine du libre accès / Open Access 2017 #SOA2017

 

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Voici un sommaire des activités qui se tiendront dans les universités québécoises dans le cadre de la Semaine du libre accès / Open Access 2017 #SOA2017. Cet inventaire offre un certain aperçu de l’engagement et de l’intérêt de ces institutions pour la question. Si certaines activités prévues m’ont échappé, n’hésitez pas à m’informer, je ferai la mise à jour avec plaisir.

Lundi
UMcGill : La conférence du professeur Vincent Larivière (EBSI) à la bibliothèque l’Université McGill :
http://www.mcgill.ca/library/channels/event/talk-scholarly-communication-open-access-what-researchers-should-know-vincent-lariviere-canada-270815

UQAM : Comment publier en libre-accès (bibliothèque des sciences) : http://www.bibliotheques.uqam.ca/libre-acces/semaine/2017/activite/comment-publier-en-libre-acces-1

Mardi
UdeM : Le colloque sur l’accès libre au CRIHN :
http://www.crihn.org/nouvelles/2017/10/03/colloque-sur-lacces-libre/

UQAM : Comment publier en libre-accès (bibliothèque des sciences de l’éducation):
http://www.bibliotheques.uqam.ca/libre-acces/semaine/2017/activite/comment-publier-en-libre-acces-2

Mercredi
UdeM : La conférence midi de l’EBSI (en collaboration avec l’Université Laval) : Le combat pour le libre-accès en Haïti: les obstacles et les réalisations du REJEBECSS.
https://www.facebook.com/events/900063010170397/

UdeM : Publier en libre accès: c’est plus facile que vous ne le croyez! (Bibliothèque de la santé) : http://www.bib.umontreal.ca/GIF/WebFormFormation.aspx?numform=6297

UQAM : Contribuer à Wikipédia (bibliothèque centrale) :
http://www.bibliotheques.uqam.ca/libre-acces/semaine/2017/activite/contribuer-a-wikipedia

Café des savoirs libres : Soirée contributive Wikipédia + LGBTQ à la bibliothèque Livres ouverts :
https://www.facebook.com/events/2025826224314821/

Jeudi
UQAM : La plate-forme numérique Érudit (bibliothèque centrale) :
http://www.bibliotheques.uqam.ca/libre-acces/semaine/2017/activite/la-plateforme-numerique-erudit

Vendredi
ULaval : Le combat pour le libre-accès en Haïti : les obstacles et les réalisations du REJEBECSS.

UQAM : Le dépôt et la délégation de dépôt dans Archipel (bibliothèque centrale) :http://www.bibliotheques.uqam.ca/libre-acces/semaine/2017/activite/depot-dans-archipel

À ma connaissance, les bibliothèques de l’UQAM sont les seules à offrir une programmation qui s’étend sur toute la semaine.

Quatre universités ont accepté de participer à une initiative, proposée par Florence Piron (U. Laval), visant à créer une vidéo sur le dépôt institutionnel : l’Université Concordia, l’Université Laval, l’Université McGill, l’Université de Montréal (EBSI). Je ne connais pas encore les dates de publication de ces vidéos.

Certaines de ces activités ont commencé à être annoncées dans l’Agenda du libre :
http://agendadulibre.qc.ca/

On peut trouver sur Wikipédia une page consacrée à la « Open Access Week » : https://fr.wikipedia.org/wiki/Open_Access_Week
Ce pourrait aussi être l’occasion d’initier une discussion pour renommer la page « Semaine du libre accès » au cours de ce Mois de la contribution.

Il existe une liste de discussion sur la Semaine du libre accès/Open Access QC : S’abonner ➙ https://framalistes.org/sympa/subscribe/semaineoa2017

Bonne semaine !

Compte-rendu : Communs du savoir et bibliothèques sous la direction de Lionel Dujol

Compte-rendu de Communs du savoir et bibliothèques, sous la direction de Lionel Dujol, Paris, Éditions du Cercle de la librairie, « collection Bibliothèques », 2017. Publié dans l’infolettre de l’ASTED pour ses membres le 3 octobre dernier sous la licence cc-by-sa.

L’ouvrage Communs du savoir et bibliothèques est un collectif sous la direction de Lionel Dujol publié aux Éditions du Cercle de la librairie (2017). Cette synthèse sur le thème des communs du savoir à l’intention des professionnel.le.s était attendue puisqu’elle est au coeur des enjeux fondamentaux touchant le renouvellement du modèle des bibliothèques au 21e siècle : la transition numérique, la communauté et le partage au sein d’une démocratie inclusive. “Nous parlons de communs de la connaissance dès lors qu’il y a une activité collective et horizontale pour créer, maintenir et offrir des savoirs en partage. L’émergence du numérique a facilité et encouragé ses usages de création et de diffusion au point d’offrir une opportunité extraordinaire pour construire une société du savoir ouvert et partagé à l’échelle du monde” (p.11)

Le texte de Valérie Peugeot en ouverture donne la portée de cette réflexion ancrée dans la conviction que le savoir s’accroît par accumulation, que les crises globales requièrent une créativité démocratique pour laquelle la mise en commun des connaissances s’avère nécessaire et urgente en vue d’”inventer les savoir-vivre ensemble de demain”. (p.19) Une exploration du champ des communs de la connaissance (cc) permet d’articuler différentes pratiques sociales, dont les déclinaisons peuvent varier à l’infini, à partir des critères établis à partir de la ressource partagée, de la gouvernementalité (les règles), de la communauté.

En contrepartie, Hervé Le Crosnier discute des conditions susceptibles de nuire à cette inventivité démocratique et que l’on désigne sous le nom d’enclosures. Ces méthodes dites d’enclosures, qu’elles soient d’ordre juridique, économique ou technique, consistent à restreindre l’accès au commun, et son usage, au moyen de procédés et de règles. (p. 29-30) Les risques de ce “vol silencieux”, qui concernent, par exemple, les espaces publics des villes, la diffusion des articles scientifiques, le domaine public, doivent faire l’objet d’une compréhension sociale élargie et d’une résistance permanente. Les bibliothèques, enchaîne Lionel Dujol, incarnent à ce titre des lieux privilégiés, c’est-à-dire des tiers-lieux, et en tant que telles, ce sont les “maisons des communs” lorsqu’elles contribuent à imaginer et à construire “l’espace politique des communs et en deviennent les gardiens vigilants.” (p. 38)

La suite de cet ouvrage collectif élabore une approche des communs en bibliothèque autour de trois grands champs d’actions disponibles : i. la préservation et la valorisation des biens communs du savoir; ii. la contribution aux cc et enfin, iii. le soutien à l’émergence d’une cogestion des cc par la présentation d’initiatives concrètes qui traduisent ce chantier.

Le premier volet explore les opportunités liées aux ressources numériques alternatives libres auxquelles s’ajoutent les dispositifs de valorisation et de communication destinés à permettre aux usagers d’y accéder. C’est aussi le sujet du patrimoine numérisé et du copyfraud, comme espèce particulière d’enclosure, consistant à revendiquer des droits de propriété injustifiés limitant la circulation d’une oeuvre. (p.63) Cette pratique des institutions culturelles françaises que décrit Pierre Carl Langlais, et qui révèle une tension sinon une contradiction dans leur mission, est une dérive qui est aussi répandue au Canada, faut-il le reconnaître.

Prolongeant la discussion autour de cette problématique, Lionel Maurel examine la question délicate de la réutilisation des produits de la numérisation patrimoniale par ces institutions culturelles à travers différents modèles économiques. Au terme de cet exercice critique, l’importance de garantir des financements publics élevés demeure indispensable, selon lui, en soulignant, comme il se doit, le caractère exemplaire de la stratégie du Rijksmuseum .(p.82)

Le second volet étudie les circonstances entourant la co-production des cc en bibliothèque à travers deux pistes principales liées à l’open data et l’open access. L’enrichissement des savoirs par le crowdsourcing dans le contexte du patrimoine numérisé et des projets de la Fondation Wikimedia complètent cet inventaire.

Le troisième volet retrace les signaux faibles qui peuvent être interprétés comme des marqueurs transformationnels du modèle de la bibliothèque. Cette lecture prospective s’ouvre sur la bibliothèque hors-les-murs et concerne la gestion des ressources via la trame et l’organisation sociale des microbibliothèques ainsi que celles impliquées dans les grainothèques. À cette occasion, Silvère Mercier développe en surplomb des éléments d’analyse portant sur une anthropologie de la participation des agent.e.s; cette avenue qui observe l’émergence d’une culture des communs est extrêmement pertinente et mériterait d’être approfondie. (pp.157-159) Enfin, la dernière partie consacrée à la bibliothèque des communs campe par l’entremise de scénarios d’usages une vision substantielle du tiers lieu comme espace de co-apprentissage et comme programme territorial.

Si les enjeux abordés dans cet ouvrage sont globaux, cette investigation sur les cc reste très française, même si elle chemine en pointant quelques exemples puisés dans un registre international. Une perspective francophone reste à documenter et à écrire avec des correspondances pour la nourrir. Les échanges et la complicité entre les collectifs Savoircom1 et le Café des savoir libres au Québec par le biais de certaines activités, comme le Calendrier de l’avent du domaine public, incarnent les prémices d’un tel dialogue interculturel.

Plus généralement, au Québec la question des communs s’est posée à travers différents événements qui approchaient de manière frontale le défi de la transformation sociétale : création d’un réseau de fab labs en bibliothèque, la conférence Wikimania 2017, la consultation sur la Stratégie numérique québécoise. Dans la foulée de cette dernière, une Déclaration des communs numériques a émergé au sein de laquelle les bibliothèques étaient directement interpellées dans le codesign d’une alternative en termes de sens et de survie numérique. Cet ouvrage phare vient conforter ces discours et ces efforts.

Et si l’intention de l’ouvrage était d’expliciter la place des bibliothèques comme place des communs au sein de ce mouvement tout en promouvant l’adhésion des parties prenantes, celle-ci est pleinement réussie. A fortiori, cette contribution légitime une conception de l’action publique et une démarche de mobilisation sociale que le monde des bibliothèques hésite à rejoindre, pour des motifs épistémologiques et politiques, sinon par habitude d’hésiter, et pourtant. Pourtant, il suffirait aux bibliothécaires de regarder autour d’eux et de se connecter avec ce qui se passe sous leurs yeux, avec les gens qui s’organisent dans les communautés qu’ils et elles sont sensé.e.s accompagner – et afin de mieux les desservir en dehors de l’appareil figé de la prestation de services – pour trouver des réponses et des raisons qui les engagent là déjà à participer à la réalité et au projet des communs.

Licence : CC-BY-SA