Bibliothèque communautaire, Community-Led Library selon John Pateman

Café citoyen sur le développement responsable de l’intelligence artificielle            (Bibliothèque Ste-Julie, mars 2018)

Nous conclurons un cours demain, inspirés par la bibliothéconomie critique, qui a porté sur l’exploration et l’appropriation de l’approche « Community-Led-Library » et des méthodes développées dans le cadre du Working Together Project.

À quoi ressemble une « Community-Led Library » ?, demande John Pateman, dans un article sur Open Shelf qu’il consacre à la question. Déjà il faut traduire, et le terrain est glissant : dirigée par, orientée sur, orientée par, centrée sur, basée sur … Toutes ces appellations comportent des nuances de signification qui reflètent autant de parti pris en termes de pouvoir et de contrôle. La traduction littérale est pourtant bien celle qui réfère à une bibliothèque « dirigée par la communauté » et que nous retiendrons; celle-ci se rapproche des concepts de « copropriété » ou de « gouvernance partagée » proposés par David R. Lankes (2016) et Lionel Dujol (et als, 2017) en lien avec les communs du savoir, et dont nous avons également discuté dans ce cours.

John Pateman met l’emphase, dans ce texte, sur le passage d’un modèle de la bibliothèque fondé sur les collections à un autre qui est basé sur les connexions et les relations. Les relations internes et externes établissent la bibliothèque à la façon d’un système social reposant sur la qualité de celles-ci au sein du personnel, et qui servent de base à la qualité des relations entre la bibliothèque publique et la communauté.

La philosophie et les valeurs « dirigées par la communauté », dit-il, devraient traverser tous les aspects d’une bibliothèque publique dirigée par la communauté, y compris la participation/consultation de la communauté; l’évaluation des besoins, la recherche, les normes et le suivi des services.

En guise de synthèse pour le cours, j’ai traduit et résumé librement les composantes (1 à 9) de l’approche dirigée par la communauté  (ADC) identifiées par Pateman :

1. La consultation. La consultation peut prendre de nombreuses formes, mais elle se limite souvent à l’acte passif de donner des informations ou de recueillir les réactions des communautés locales à des propositions qui ont déjà été élaborées par des experts de la bibliothèque. La participation est l’élément constitutif qui s’inscrit dans un continuum du plus passif (informer, réagir) au plus actif où la bibliothèque publique dirigée par la communauté pratique la planification en collaboration avec les résidents locaux. Le plus haut niveau d’engagement est un modèle de leadership où la communauté prend des initiatives et aborde des enjeux qui la concernent avec le soutien de la bibliothèque qui contribue à faciliter ses projets.

2. L’évaluation des besoins et la recherche. L’établissement des relations, l’évaluation des besoins et la recherche reposent sur ces dispositifs de participation que sont la consultation et l’engagement. Cartographie des atouts et profils communautaires sont des outils qui peuvent permettre d’établir des bases de référence sur les ressources actuellement disponibles et sur ce qui est nécessaire pour répondre aux besoins de la communauté. Ces besoins peuvent aller d’exigences physiologiques très élémentaires (nourriture, vêtements, abri) à l’actualisation de soi (réaliser le plein potentiel d’une personne). La communauté est posée comme l’experte de ces besoins et l’évaluation de ceux-ci doit être co-produite par la communauté et la bibliothèque, en partenariats, en considérant que les membres qui ont les plus grands besoins doivent, dans une perspective d’équité, avoir la priorité.

3. L’image et l’identité de la bibliothèque. Ces aspects jouent un rôle déterminant auprès des usagers et des non-usagers de la bibliothèque et conditionnent les obstacles systémiques qui affectent les usages. Ces obstacles prennent différentes formes : les barrières institutionnelles (heures d’ouverture, règles et règlements); barrières personnelles et sociales (manque de compétences de base, faible revenu et pauvreté); barrières environnementales (accès, isolement, mauvaises liaisons de transport); barrières en termes de perception. À cela s’ajoute la sensibilisation auprès des personnes qui ne pensent pas que les bibliothèques sont pertinentes pour leur vie ou leurs besoins.

4. Le hors les murs, le développement communautaire et les partenariats. Le mot «bibliothèque» est souvent synonyme d’un bâtiment plein de livres, mais les bibliothèques dirigées par la communauté se concentrent davantage sur les personnes et les relations. Les bibliothèques dirigées par la communauté s’appuient sur un développement communautaire qui est basé sur des ressources, des valeurs et des résultats partagés. Elles se transforment en tiers lieux, forums, espaces publics démocratiques, copropriétés, en partageant la gouvernance avec les communautés.

5. Le numérique et les technologies. Les technologies numériques contribuent à l’inclusion sociale. Ce sont des outils qui peuvent faire une différence significative auprès des communautés socialement exclues, notamment celles qui ont les plus grands besoins. L’emphase doit être placée sur le développement des capabilités et des compétences numériques autant que sur l’accès, l’appropriation critique et sécuritaire, l’application dans une diversité de domaines (gouvernement en ligne, engagement civique, éducation, santé, consommation, travail, et.)

6. Le matériel à fournir. Cet enjeu est une des dimensions les plus politiques de la fonction bibliothèque puisqu’elle est liée au contrôle sur ce que l’on rend ou non disponible aux usagers. Les «lectures» et les «besoins» sont un débat permanent entre ceux qui considèrent les bibliothèques comme des gardiens de la connaissance et de la littérature qui ont une « valeur », et ceux qui les considèrent comme des passerelles vers la culture populaire. Le parti pris, dans ce cas, ne consiste pas à offrir ce que l’on considère que l’usager “devrait” lire, ou utiliser selon les médias, mais bien ce dont il juge avoir besoin dans une perspective qui est, à ses yeux, transformationnelle. Les bibliothèques dirigées par la communauté accordent plus d’importance à l’équité qu’à l’excellence, et elles reconnaissent que les bibliothèques existent pour répondre aux besoins de la communauté plutôt que de respecter les normes professionnelles.

7. La dotation, le recrutement, la formation et l’éducation.  Les bibliothèques dirigées par la communauté accordent la priorité aux personnes. L’empathie, les compétences sociales et un bagage en développement communautaire sont privilégiés par rapport au savoir-faire technique. La formation et le perfectionnement du personnel devraient être axés sur le développement d’un portefeuille de compétences en développement communautaire: compétences relationnelles, en communication; capacité d’écoute; pratique réflexive; amélioration de la confiance et de l’affirmation de soi; techniques de négociation; gestion de conflit. Les compétences d’un.e travailleu.se.r dans une bibliothèque dirigée par la communauté devraient inclure un mélange d’attributs personnels, d’une perspective éthique (justice sociale); de compétences génériques (notamment en lien avec l’engagement communautaire), de compétences fondamentales issues des sciences des bibliothèques et de l’information (lecture, apprentissage et maîtrise de l’information); et des compétences spécifiques en leadership et en gestion.

8. Les priorités stratégiques et les ressources. La communauté doit être intégrée en tant que priorité stratégique afin qu’elle gère tous les aspects du service de bibliothèque, y compris les structures (personnel et services), les systèmes (politiques, procédures et processus) et la culture («la façon dont nous faisons les choses ici»). Cette approche permettra à son tour d’informer l’allocation et la réorientation des ressources. Les services communautaires doivent être financés à l’interne, à long terme et de manière durable. Ils ne devraient pas être basés sur des projets ou dépendre de subventions et de ressources externes.

9. Les normes et les suivis des services. La bibliothèque publique dirigée par la communauté est capable d’identifier, de prioriser et de répondre aux besoins de la communauté. Comment évaluer l’impact de l’ACD, comment déterminer que l’on a pu identifier et répondre à des besoins communautaires ? La réponse consiste à impliquer activement toutes les membres de la communauté – utilisateurs de la bibliothèque, anciens utilisateurs et non-utilisateurs – dans la conception, la planification, la livraison et l’évaluation des services de bibliothèque. De cette façon, le suivi et l’évaluation deviennent un processus itératif en continu, plutôt qu’un exercice ponctuel qui clôt un processus linéaire. Il permet aux services d’être constamment évalués et améliorés afin de s’assurer qu’ils répondent aux besoins de la communauté.

Cette liste pourrait également s’enrichir d’une dixième orientation :

10. Les communs. Un projet de bibliothèque fondé sur l’ADC crée, valorise et protège les communs, en particulier dans un contexte de transition numérique, en favorisant le développement de capabilités, l’engagement actif et une gouvernance communautaire autour des savoirs et des données partagés.

Sources :

  • Pateman, John. 2015. The Community-Led Public Library. Open Shelf. OLA. Consulté le 09 avril 2018:  http://www.open-shelf.ca/150515-community-led-library/
  • Lankes, R. David. 2016. Expect more : demanding Better Libraries for Today’s Complex World. Jamesville, NY: Riland Publishing.
  • Dujol, Lionel (ed.). 2017. Communs du savoir et bibliothèques. Paris : Éditions du cercle de la librairie.

« Explorer la décolonisation, en route vers la réconciliation » par la relation, l’écoute, le dialogue, l’action

Bibliothèque et archives Canada (BAC) s’attendait à accueillir 40 personnes, nous a dit Guy Berthiaume en clôturant la journée, et nous étions près de 150 participant.e.s au forum « Explorer la décolonisation, en route vers la réconciliation. » L’intention de cette rencontre était d’offrir « l’opportunité [aux] partenaires universitaires de BAC de se rencontrer en personne afin de partager et discuter de projets et d’initiatives novateurs liés à la réconciliation. » #ForumUniv

D’entrée de jeu, cette démarche visant à favoriser l’avancement « de la réflexion et des actions de réconciliation » a été ramenée à un engagement qui « doit partir du cœur », dans la sincérité et l’écoute. L’intervention de Normand Charbonneau (BAC) l’a scellé en ces termes en soulignant la nécessité de questionner la posture décalée de la prestation de services. Nous professionnel.le.s, fonctionnaires, sommes programmé.e.s comme des « machines à livrables » (delivery machines), a-t-il avancé, mais dans le cas qui nous occupe, la dernière chose que nous voulons, c’est de se présenter à la façon de « serviteurs publics travaillant avec des communautés indigènes. » Si nous souhaitons la réconciliation, nous devons adopter une attitude de respect, d’écoute, de dialogue. Bâtir nos capacités. Bâtir des relations qui aient du sens.

Camille Callison, de la nation Tahltan, Université du Manitoba, (« Respecter notre engagement à l’égard de la réconciliation : répondre aux besoins d’information des peuples autochtones et établir des relations avec eux »), a exposé les travaux entamés par la Fédération canadienne des associations de bibliothèques (CFLA FCAB)  qui ont mené au rapport du Comité Vérité et réconciliation :

Le Comité sur la vérité et réconciliation existe pour travailler avec les populations autochtones (Premières Nations, Métis et Inuits) afin d’aborder les problèmes liés aux bibliothèques, aux archives et aux institutions de la mémoire culturelle et promouvoir des initiatives dans tous les types de bibliothèques en avançant et en mettant en œuvre une réconciliation significative tel que traité par le rapport de la Commission de vérité et réconciliation et dans les appels à l’action (anglais) (français).

L’organisation de ce comité a reposé « sur une adaptation du cadre de la roue médicinale » en « cherch[ant] à comprendre la vision du monde autochtone. »

Le Comité se divise en quatre équipes chargées des responsabilités suivantes. L’équipe Noir du Comité de vérité et réconciliation a compilé les pratiques exemplaires déjà en place concernant les peuples autochtones du Canada. L’équipe Blanc a fourni une analyse des lacunes concernant les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation (CVR) et a recommandé un examen annuel destiné à évaluer les progrès réalisés. L’équipe Jaune a examiné les relations existantes et a créé une base de données de personnes-ressources. Enfin, l’équipe Rouge a envisagé l’avenir en examinant l’ensemble des connaissances relatives à la décolonisation de l’espace, à l’accès et à la classification, à la protection des connaissances autochtones, à la sensibilisation et au service. (p.5)

De ces travaux sont issues dix recommandations que l’on peut lire dans ce même rapport. La contribution du plan d’action  Indigenous Matters de l’IFLA à cette réflexion est également souligné.

Les enjeux éthiques, la critique et le discours sur la discrimination jouent aussi un rôle essentiel. Nous devons être proactifs dans la sauvegarde des archives autochtones sinon nous ne pourrons écrire l’histoire de la colonisation de ce pays affirme Brenda Macdougall, Université d’Ottawa (« Traces ancestrales dans le dossier : Retracer les populations autochtones au moyen de sources coloniales). La signification même du terme « réconciliation » devient l’objet d’une remise en question radicale. (Andrea Bear Nicholas, Université Saint-Thomas, « Considérations pratiques et éthiques concernant le dépôt de documents autochtones des gouvernements fédéral et provinciaux »).

Selon Melissa Adams, Union of British Colombia Indian chief’s, (« Décoloniser et non recoloniser »), cet engagement requiert que l’on se centre sur les intérêts et les préoccupations des populations autochtones en les impliquant : « Decolonizing is not a metaphor. » L’approche des 4 « R » fournit des repères éthiques :

  • Respect : for the indigenous cultural integrity
  • Relevance : to indigenous perspectives and experiences
  • Reciprocity in relationship
  • Responsability though participation

Les alliés, ajoute Melissa Adams, doivent marcher à côté, non pas devant, ni derrière. Il n’y aura pas de « tips box », mais plutôt, dans une visée à long terme, un travail de tous les jours : « Reconciliation is relationship, relationship, relationship… »

La journée a été placée à l’enseigne de l’humilité du côté des allié.e.s : « The more I learn, the more I realize that I know nothing, and that I have to listen ».

Comment les appels à l’action en faveur de la réconciliation et de la décolonisation (« décoloniser l’espace, le savoir, la recherche, la/les langues, la propriété, la représentation des ressources, les collections »…) seront-ils entendus à leur tour à travers l’ensemble des milieux documentaires québécois ? Quelle réflexion collective, quels dialogues interculturels et quels engagements susciteront-ils ?

| L’image est tirée du rapport du comité CFLA-FCAB Vérité et réconciliation |

 

Les notules dominicales de culture domestique en bibliothèque

Je lis depuis plusieurs années les Notules dominicales de culture domestique de Philippe Didion. Merci encore à Benoit Melançon et à François Bon pour ce voyage en Notulie au cours duquel j’ai découvert cette lettre hebdomadaire dont l’esprit, immanquablement, a son effet sur toutes les autres tâches domestiques qu’il faut bien accomplir le dimanche. La proposition d’annonce pour cette lettre va comme suit :

Recension critique hebdomadaire des livres lus pendant la semaine, accompagnée d’un aperçu sur certains chantiers en cours et de quelques considérations plus ou moins inintéressantes sur ma trépidante existence.

La vie de l’auteur s’est avérée particulièrement mouvementée cette semaine puisqu’il s’est rendu en bibliothèque. C’était l’occasion de rendre hommage à une bibliothécaire, une professionnelle du catalogage – opération intellectuelle fondamentale dans la constitution du coeur de la bibliothèque, son catalogue – qui a travaillé toute sa vie jusqu’à sa retraite à la Bibliothèque nationale de France.  Paulette Perec, née Pétras, est disparue l’automne dernier; cette conservatrice était l’épouse de Georges Perec :

Vie littéraire. Le 3 mars est la date anniversaire du décès de Georges Perec mais ce soir c’est à sa femme Paulette que l’on rend hommage, quatre mois après sa mort. L’événement se tient à la Bibliothèque de l’Arsenal, à Paris. La vie commune de Georges et Paulette Perec n’a pas été très longue, mais ils n’ont jamais divorcé. Beaucoup plus longue aura été la vie de Paulette en bibliothèque, à l’Arsenal et à Richelieu. Un de ses collègues raconte sa vie professionnelle et rappelle sa spécialité, le catalogage, le classement, l’intercalation. J’écoute cela avec d’autant plus d’intérêt que tout à l’heure, avant de partir pour Paris par le 14 heures 46, j’ai reçu une nouvelle renversante en provenance d’une bibliothèque. Je suis à la recherche depuis que j’ai découvert l’oiseau, d’un travail universitaire sur Ernest Gengenbach dû à un Italien nommé Dallospedale. Gengenbach est mort, Dallospedale a disparu en Afrique, sa thèse est introuvable. J’ai longtemps cru qu’un exemplaire se trouvait dans la bibliothèque du Musée Louis-Français de Plombières-les-Bains où j’ai fait remuer de la poussière, en vain. Aujourd’hui, ma correspondante à la bibliothèque de Saint-Dié, que j’avais relancée une dernière fois sans grand espoir, m’écrit : la thèse est retrouvée. Elle était mal rangée.

Magnifique. Ça m’a laissée dans un état de ravissement complet, émue en songeant au rôle de Paulette Perec, née Pétras, à la responsabilité sociale de cette profession que j’ai embrassée, aux conséquences prodigieuses liées aux pertes et aux retrouvailles d’ouvrages en tout genre.

Je me suis empressée d’essayer de bonifier le contenu portant sur Paulette Perec, née Pétras, dans la page Wikipédia consacrée à Georges Perec où elle est à peine évoquée.  Bien entendu, j’ai aussi créé la page de Paulette qui n’existait pas.  J’entretiens d’ailleurs le plan secret de prendre soin des pages portant sur les figures de bibliothécaires dans Wikipédia. La vie trépidante de Philippe Didion a souvent un effet contagieux sur moi.

Un enjeu qui a été l’objet de discussion cette semaine (avec @joplam entre autres) dans le contexte des divers édi-a-thons consacrés à la Journée internationale des  femmes : le nom de famille des femmes.

Est-ce que je devrais créer la page Wikipédia sous le nom de fille ou le nom d’épouse pour cet article ? « Paulette Pétras » ou « Paulette Perec » ou « Paulette Perec, née Pétras » ? Controverse sur les noms des femmes dans leur histoire et dans Wikipédia pour la postérité. Je ne doute pas que ma proposition d’article soit rééditée relativement rapidement. Il y a des relevés d’usages et de pratiques culturelles à faire de ce côté.

On peut l’entendre et la voir ici.

Source de l’image : Flickr, Looks like a bicyclette ride is in the cards for today! par Lorie Shaull, cc-by-SA 2.0

Carla Hayden, la bibliothécaire du Congrès, pense que les bibliothèques sont la clé de la liberté

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Le New York Times Magazine  accordait aujourd’hui une entrevue à Carla Hayden, première femme et afro-américaine nommée à la tête de la bibliothèque du Congrès. Elle est considérée, et se considère elle-même, comme une bibliothécaire radicale :

Maybe I’m a romantic, but I do think of librarians as inherently radical. There’s something political about access to information. And it has been throughout history. Frederick Douglass said, “Once you learn to read, you will be forever free.” If you can absorb information yourself and make your own decisions, that’s a freedom. And for so many times in history, being able to read and access information has been part of it, especially in my case, with African-Americans.

L’heure de la littératie de l’information

À la question « Do you think libraries can help in this epidemic of fake news and lack of trust in the media? », elle offrait cette réponse :

I think the good thing about the discussion is that there’s a discussion about what’s fake and what’s real. There’s an awareness that there is such a thing. Librarians have been pounding on this issue in a different way for a while — that just having computer literacy is great, but as information professionals, we’re always looking at what’s the most authoritative source for the information and teaching information literacy. It’s great to have all this stuff, but you need to teach how to use the library in schools. They need to be teaching information literacy as soon as the kid can push a button.

C’est la bibliothécaire-en-chef qui le dit.

Source de l’image : « Fakes » à la boutique de la Library of Congress, par Marie D. Martel, cc-by-sa.

Liberté, je code ton nom : 10 découvertes inspirantes lors de la JILL

La Semaine québécoise de l’informatique libre, sous le thème des communs numériques, a été inaugurée hier lors de la Journée internationale du logiciel libre (JILL).  Le tapis rouge a été déroulé au Salon 1861 pour une série de conférenciers qui ont présenté l’état du libre en 2016. Partage en vrac de découvertes qui m’ont inspiré :

1. Le Bloguelinux.ca avec des commentaires sur l’utilisation astucieuse de Mumble et de Audacity pour diffuser des podcasts de qualité – et qui m’ont donné le goût de faire des podcasts itou !

2. Le fil YouTube de la Maison du Logiciel libre de l’ÉTS alimenté par des étudiants.

3. CryptoQuébec. Un coup de coeur du début à la fin. Qu’il soit question de l'(in)sécurité informatique, de surveillance étatique, de protection de la vie privée, de géopolitique, de la loi d’accès (ou pas à tout à fait) à l’information, de DRM, etc. On les veut en bibliothèque pour partager des outils d’auto-défense – avec le sourire puisqu’il y a des caméras partout. 🙂

4. Le Bilan de l’Éco2Fest de 2016 avec OuiShare Québec. Oui, il y a du libre dans l’économie collaborative et on ne se lasse pas d’en entendre parler avec ces quelques 200 initiatives (dont 60 OBNL, 30 mouvements citoyens ET des institutions comme les bibliothèques). On savoure les projets du kit de vélo en bambou, des BWAT (comme dans boîte de partage local) ou de la Matrioska (un espace de coworking qui fonctionne avec des panneaux solaires). Rendez-vous pour le 29 septembre à la Gare pour un 6@8 sur l’avenir de la fabrication. Considérant l’engouement des bibliothèques qui embrassent l’économie de partage et l’événement qui se prépare pour vendredi : Bibliothèques et fab labs : Mode d’emploi des communs, il y a de l’intérêt pour cette activité de réflexion et réseautage.

5. Open Street Map Montréal avec ses cartoparties, les ateliers en bibliothèquesdu Café des savoirs libres, le nouveau drone et le projet de dirigeable au service de la cartographie libre. Pierre Chouffet donne envie de tout cartographier !  En échangeant tous les deux, on découvre justement que les fab labs du Québec ne le sont pas encore, et on s’y est mis sur le champ.

6. FACIL le catalyseur, en la personne de Mathieu Gauthier-Pilote. Il faut lire le Mémoire «pour une véritable participation de tous à la culture» avec ses recommandations. On attend aussi avec impatience les services FACIL,«une gamme de services libres, éthiques, décentralisés et solidaires, dans le cadre du Collectif d’Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires (CHATONS) sollicité par les libristes de Framasoft».

7. Dans le même esprit que les CHATONS, un projet qui propose des ressources techniques libres pour soutenir les activités des conseils d’établissement dans les écoles.

8. La sélection bien relevée des films sur le logiciel, le matériel, le savoir et la culture libres dont «Laws that choke creativity», 19 min., CC BY-NC-ND. Une conférence TED au cours de laquelle Lawrence Lessig poursuit son argumentaire critique contre l’environnement légal qui (dé)structure le droit des usagers et la créativité/culture numérique.

9. «Les gardiens du nouveau monde», 56 min., CC BY-NC-SA. Une célébration des hackers et des hackerspaces, de leur engagement politique qui renouvelle l’ethos de la  contre-culture des années ’70, des espoirs dont ils sont porteurs. Hacker, dit-on, est fondamentalement un geste de générosité qui vise à comprendre, en vue de les améliorer, les systèmes et le monde.

10. «Tous surveillés : rencontre avec Edward Snowden», Vice News, 25 min., utilisation équitable. Un morceau d’anthologie.

Les présentations seront disponibles d’ici la fin de l’année sur le site de FACIL. Les activités de la SQIL se poursuivent lundi le 19 septembre à 16h30 avec la grande conférence : Communs numériques : liberté et partage dans le cyberespace où l’on aura le grand privilège d’entendre Valérie Peugeot et Ianik Marcil. À ne pas manquer, il reste encore quelques places, mais pas beaucoup…