Les bibliothèques à bâbord!

La revue À bâbord !, no. 78, mars 2019

Le numéro 78 (mars 2019) de la revue À bâbord!, Quand l’art se mêle de politique, est à lire de la première à la dernière page. Je souligne en passant l’article : Ma censure bien aimée (Philippe de Grosbois); Le travail invisible : angle mort des luttes sociales ? (Camille Robert), Élargir les frontières de la démocratie (Mouloud Idir).

À noter un article portant sur Marie-Claire Daveluy (1880-1968) : Une historienne féministe par Louise Bienvenue, qui fut aussi bibliothécaire, et dont j’ai apprécié la justesse de la conclusion :

Au vu de telles réalisations, pourquoi une mémoire si oublieuse? Cela tient sans doute à son positionnement idéologique. Ardente nationaliste et fidèle catholique, Daveluy se rattache aisément à une école traditionaliste dont le crédo s’accorde mal aux sensibilités progressistes actuelles. Pour cette raison, elle est moins célébrée que d’autres figures féministes de son époque , comme Idola Saint-Jean (À bâbord!, no 72), Éva Circé-Côté et Léa Roback (À bâbord!, no 68), plus clairement campée à bâbord. Mais n’est-il pas temps d’élargir cette compréhension trop restrictive de l’histoire du féminisme et d’inclure Marie-Claire Daveluy au panthéon des pionnières de la cause de femmes au Québec. p. 24

Dans la foulée, mon intention était également de signaler que le numéro 73 de la revue À bâbord ! avec le dossier Bibliothèques : Enjeux et mutations est désormais accessible en ligne . Le dossier est introduit en ces termes :

Couverture : CC-BY-SA, Marius Gossier, Yannick Delbecque, Anne-Laure jean, 2005, 2008

« Les bibliothécaires et les archivistes, qu’ils ou elles viennent du monde universitaire, municipal ou communautaire, se trouvent souvent à défendre des visions sociales qui entrent en contradiction avec l’idée que cette institution publique doit demeurer neutre. À notre époque, ils et elles doivent souvent subir en silence les conséquences du néo- libéralisme triomphant, qui affectent leur milieu de travail comme le reste de la société.
Aujourd’hui plus que jamais, les bibliothèques sont en pleine mutation. La manière d’accomplir chacune de leurs missions se transforme au contact du numérique et de l’Internet, entre autres. Dans ce dossier, À bâbord! donne la parole à des praticien·ne·s et penseurs·euses de ce milieu afin qu’elles et ils puissent témoigner des nouvelles pratiques et des changements qui s’opèrent présentement dans les bibliothèques »

Voici le sommaire de ce dossier auquel j’ai participé avec plusieurs collègues :

  • Quand la bibliothéconomie devient critique / Jean-Michel Lapointe et Michael David Miller
  • Rien n’est permanent, sauf le changement / Lëa-Kim Châteauneuf
  • Des jeux ? Voyons donc ! / Claude Ayerdi-Martin
  • Archives. Des alternatives à l’exclusion officielle / Anne Klein et Annaëlle Winand
  • Le droit de parole / Gaëlle Bergougnoux
  • La petite séduction ou les enjeux en région / Aline Crédeville
  • De l’éclatement au rassemblement / Sharon Hackett
  • On n’a pas tous les livres, mais on n’en a que des bons / Collectif de la bibliothèque DIRA
  • Pour le libre accès aux publications scientifiques / Émilie Tremblay
  • Diversité et inclusion pour transformer les bibliothèques publiques / Marie D. Martel

Qui a peur des communs du savoir et de la culture ?

Jean-François Nadeau s’est déplacé pour voir l’exposition sur Conrad Poirier, photoreporter : Valoriser les communs du domaine public et s’il a apprécié le contenu, il n’en a pas moins exprimé certaines réserves par rapport au projet curatorial. Lorsque nous avions échangé au téléphone, j’ai pourtant tenté de lui expliquer notre démarche en soulignant notre intention de célébrer les trésors du domaine public incarnés ici à travers l’oeuvre de ce grand photographe montréalais mort en 1968. Le journaliste-historien m’a répondu, et comme on peut le lire dans son article, que le « vrai trésor » de cette exposition résidait dans l’histoire, et que nous aurions dû faire un effort de contextualisation et de médiation qui aurait eu l’effet d’un « révélateur » historique pour une meilleure compréhension du sujet des photographies. Je lui concède ce commentaire  – et j’espère que les curateurs et curatrices qui prendront éventuellement la relève de ce projet enrichiront la proposition en ce sens. Cette exposition, qui se termine cette semaine, a été elle-même  placée sous la licence CC0 en tant que création libre et quelques institutions ont manifesté le désir de la reprendre.

Une exposition sous licence CC0

Mais je voudrais néanmoins revenir à la charge en tentant à nouveau d’expliquer pourquoi cette exposition est aussi un projet politique visant à ouvrir un espace de dialogue sur notre rapport au domaine public et plus généralement à l’accès, à l’usage et à la réutilisation de la culture et du savoir. L’exposition, et particulièrement le sous-titre sur lequel je voudrais attirer l’attention, s’intitule Valoriser les communs du domaine public . Conrad Poirier y est célébré  à titre de représentant des entrants 2019 dans le domaine public canadien. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Où voulait-on aller avec ce concept ? Je reproduis ici le texte de l’exposition que j’ai rédigé en vue de communiquer l’intention portée par le projet:

Le domaine public rassemble les oeuvres de l’esprit pour lesquelles les droits d’auteur.e sont expirés. Les oeuvres sont alors librement accessibles en tant que communs. Il est possible de les recréer, copier, modifier et distribuer sans demander d’autorisation ou payer des droits; un contexte qui crée des conditions favorables à l’accès, aux usages éducatifs et culturels, à l’innovation.

Jusqu’à ce jour, et suivant sa législation, le Canada appartient à la catégorie des pays dits «vie+50» où les droits expirent 50 ans après la mort de l’auteur.e.  Le 1er janvier de chaque année, les œuvres de ces pays dont les créateurs et créatrices sont mort.e.s il y a 50 ans entrent dans le domaine public – sauf exception.  Depuis le 1er janvier 2019, l’oeuvre de Conrad Poirier est entrée dans le domaine public comme celles de nombreuses autres entrants et entrantes.

Le défi est de repérer ces entrants et entrantes et leurs oeuvres, de les valider, de les valoriser, d’en faire la médiation, de les réintégrer dans la fabrique des idées et de la création, dans l’intertexte de la grande bibliothèque des communs, à travers des initiatives, qu’elles soient citoyennes, communautaires, commerciales ou qu’elles soient prises en charge par les institutions; comme BAnQ le pratique dans le cadre de son projet GLAM (https://fr.wikipedia.org/wiki/Wikipédia:BAnQ), et plus particulièrement de son projet Poirier.

Cependant, selon les dispositions du nouvel accord commercial États-Unis-Mexique-Canada, le Canada pourrait bientôt rejoindre la catégorie des pays «vie+70». Cette situation serait susceptible de compromettre l’équilibre du droit d’auteur au Canada au détriment des usagers et de l’élargissement du territoire des communs du domaine public.

Cette exposition se voulait d’abord et avant tout une occasion d’échanger mais aussi de désigner du doigt une situation qui nous guette, dissimulée en creux dans cette entente commerciale, l’ACEUM. Celle-ci prévoit en effet qu’il n’y aura désormais plus d’expiration de masse du droit d’auteur avant 20 ans – à la façon des oeuvres de Conrad Poirier, Germaine Guèvremont,  André Laurendeau, etc. arrivées dans le domaine public en 2019 – et que le régime de protection légale sera prolongé jusqu’à 70 ans après la mort de l’auteur.e. 

L’exploitation des archives et des oeuvres  sous le mode de remix ainsi que Simon Côté-Lapointe l’a pratiquée en réalisant une  série de productions originales à partir de l’oeuvre de Conrad Poirier – et qui font aussi partie du propos de l’exposition  –  ne seront plus possibles avec de nouveaux entrants avant 20 ans. On ne pourra plus ajouter de nouveaux corpus d’oeuvres suivant les conditions actuelles, par l’extraction des collections dans Wikimedia Commons, ou des textes dans Wikisource ou dans la bibliothèque des Classiques des sciences sociales, pour prendre ces exemples de plates-formes éducatives, en raison de cette mesure entraînant des restrictions non nécessaires qui freinent l’accès, l’usage et la ré-utilisation des contenus de la culture et du savoir.

Il est sidérant de constater que cette décision complaisante n’a suscité que peu ou pas de réactions. Pourtant, les États-Unis, qui viennent de traverser vingt ans de cette fracture du domaine public, ont célébré la nouvelle avec éclat dans les plus grands journaux. Il est plutôt paradoxal d’apprendre au même moment que les Canadiens devront subir le même sort :

« Pour les américains, 2019 marque la première année depuis deux décennies qu’un grand nombre d’oeuvres protégées par le droit d’auteur gagnent le domaine public et perdent leur statut de protection, une situation nouvelle qui bénéficiera aux lecteurs et aux lectrices: “une aubaine pour les lecteurs, qui auront le choix d’un plus grand nombre d’éditions, et pour les écrivains et autres artistes pouvant créer de nouvelles oeuvres basées sur des histoires classiques sans se voir infliger un procès en propriété intellectuelle. » – Alexandra Alder, New York Times, 29 décembre 2018 (ma traduction)

De grands éditeurs comme Penguins se sont réjouis et ont insisté sur l’effet tonique de l’accès à ces oeuvres anciennes pour l’édition et le marché : « Avoir plusieurs éditions de ces oeuvres en plus d’une énergie éditoriale renouvelée derrière celles-ci élargit le marché plutôt que de le cannibaliser, (…) C’est l’occasion de donner un nouveau souffle à ces oeuvres. »

Cette suggestion est vérifiée par des études montrant que l’extension du droit d’auteur aurait un impact négatif sur les ventes et la disponibilité des livres. Entre la mort de l’auteur et l’entrée dans le domaine public, les oeuvres s’abîment dans l’antichambre de l’oubli. La journaliste du NYTimes s’appuie sur une étude conduite à l’Université de l’Illinois, et utilisant un logiciel d’échantillonnage aléatoire de livres disponibles sur Amazon, qui aurait permis de montrer que :

« Il y avait plus de nouvelles éditions de livres publiées dans les années 1910 [parce que les droit d’auteur de ces oeuvres étaient périmés] que de titres publiés dans les années 2000. Les éditeurs arrêtent souvent d’imprimer des livres qui ne sont pas vendus, mais conservent le droit d’auteur, de sorte que personne ne peut publier de nouvelles éditions. Une fois que les livres entrent dans le domaine public, une plus grande variété de nouvelles éditions redevient disponible, comblant ainsi un trou dans les archives publiques et culturelles. »

Si les journalistes ne se sont pas préoccupés de cette question, il semble que cette situation n’ait guère inquiété les juristes par ailleurs, à l’exception de Michael Geist (ma traduction):

« … le principal changement en matière de droit d’auteur pour le Canada est la prolongation de la durée du droit d’auteur au-delà du standard international de la vie de l’auteur plus 50 ans après le décès à plus de 70 ans après le décès. La durée du droit d’auteur ne pouvait pas empêcher un accord commercial majeur et le Canada avait accepté une prolongation dans le PTP initial. Cependant, le coût sera considérable, bloquant les oeuvres du domaine public pendant des décennies et augmentant potentiellement les coûts de l’éducation de plusieurs millions de dollars. Du point de vue de la politique intérieure, le changement devrait avoir une incidence sur le réexamen en cours du droit d’auteur, car la prolongation de la durée du contrat est l’une des principales demandes des titulaires de droits et des préoccupations des utilisateurs. La prolongation modifie l’équilibre du droit d’auteur au Canada et devrait être prise en compte dans les réformes futures, y compris concernant les avantages de l’extension de l’utilisation équitable afin de rétablir l’équilibre. »

Dans une  autre discussion à ce sujet avec un collègue versé dans les questions de droit, ce dernier suggérait que le gel de l’expiration du droit d’auteur n’était « pas grave » pour le milieu de la culture/création et de l’éducation. En effet, ces acteurs et les actrices disposaient désormais des exceptions au droit d’auteur leur garantissant des conditions si favorables pour l’exercice de leurs activités que cette nouvelle décision n’aurait, en définitive, que peu ou pas d’impact.

Je ne voudrais pas entrer dans un argument légaliste et contribuer à renforcer un discours qui fait que l’art, à l’aune de ces pratiques, devient soluble dans le droit qui lui-même est soluble dans la pensée néolibérale, mais je voudrais partager trois convictions, disons trois savoirs d’usage.

D’abord, il est troublant de constater que l’argument de mon collègue donne à penser que les exceptions éducatives au droit d’auteur deviennent une assise pour légitimer une perte de capacités et de libertés pour les usagers/usagères que représente la prolongation du droit d’auteur.

En outre, je voudrais faire valoir que, malheureusement, le cadre des exceptions n’est pas maîtrisé par les acteurs et les actrices du monde de la culture/création aussi bien que par ceux et celles de l’éducation. La complexité de l’appareil des exceptions n’est pas praticable ou utilisable pour reprendre un concept en design de l’expérience utilisateur. Et ces obstacles, en termes d’utilisabilité, induisent des comportements qui tendent à limiter des usages même légitimes. Les décisions des archivistes, des bibliothécaires, et autres gens de l’éducation ou de la création libre, lorsque vient le moment d’exploiter ces contenus, sont prises de manière à éviter toute formes de tracas au nom d’un  « principe de précaution ». La conférence de Annaëlle Winand lors d’une des activités de médiation sur l’exploitation artistique des archives a aussi souligné le rôle dissuasif de ce « principe de précaution ».

Un autre collègue et professeur de droit, Pierre Trudel, a proposé, au moment d’un échange à ce sujet lors de la Semaine de la liberté d’expression, que cette mesure était destinée à calmer le jeu auprès des créateurs et des créatrices que la transformation numérique afflige. Mais que gagnent réellement les personnes liées au domaine de la création avec une telle concession sur le domaine public sinon un placebo, un remède qui n’en est pas un ou qui les chloroforme à dessein ? Il n’en ressortira pas plus d’argent pour ceux et celles qui ne seront plus de ce monde, mais certainement une confortable avance sur l’oubli.

Pendant ce temps, les créatrices et les créateurs qui sont déjà moins de 10% aujourd’hui à vivre de leur activités – si on prend l’exemple des gens de lettres – ne sont pas accompagné.e.s dans une véritable réflexion sur la culture numérique, adéquatement informé.e.s quant aux moyens de contribuer aux nouvelles formes de productions culturelles et d’y trouver leur compte. À qui ces faux-semblants, l’emphase actuelle placée sur le régime du droit d’auteur, cette alliance d’intérêts rapportent-ils ? Aux ayants-droits qui sont le plus souvent des industries, aux compagnies comme Copibec qui gèrent, souvent de manière opaque, les droits, aux nouvelles compagnies qui développent des algorithmes pour retracer les usages illégaux, et aux avocats qui prendront la relève de ces dernières pour la poursuite – aux frais et aux dépens des créateurs et des créatrices ?

C’est vrai que l’on aurait pu faire mieux pour contextualiser l’histoire dans le cadre de l’exposition, mais il était aussi urgent de lever le voile sur des enjeux actuels touchant la sphère publique alors que l’on entrevoit l’étau se resserrer sur nos libertés en matière d’accès aux communs de la culture et du savoir et aux usages qui les fondent.

Ressources

Pour répondre aux questions touchant le domaine public canadien, un ensemble de ressources a été constitué. Elles peuvent être consultées et bonifiées grâce à l’apport de chacun.

  • D’abord, un glossaire du domaine public au Canada réunit les mots du vocabulaire parfois technique utilisé dans les discours actuels.
  • Ensuite, un cas pratique illustre simplement ce que les conditions et les termes du droit d’auteur, au carrefour de la création et du droit, peuvent représenter pour une créatrice canadienne fictive, et comment ceux-ci peuvent être mis en perspective sur une ligne du temps.
  • Enfin, une foire aux questions vise à faciliter la compréhension de ces enjeux et à offrir des pistes de réponse. Même si nous ne sommes pas juristes, nous avons essayé de rendre plus utilisables les termes du débat.

Exposition

L’exposition Conrad Poirier, photoreporter : Valoriser les communs du domaine public au Carrefour des arts et des sciences de l’Université de Montréal se terminera le 29 mars prochain.

Aujourd’hui, le 25 mars se tiendra la dernière activité de médiation autour de l’exposition qui portera sur Les usages de Wikicommons.

Pour aller plus loin

Image : Photographie de Conrad Poirier, domaine public

Art et féminisme 2019 : Femmes en rouge #wikipédia #femmesenrouge #womeninred

Rendez-vous le 12 mars, 2018 de 11h45-13h à l’EBSI, Université de Montréal, 3150, rue Jean-Brillant, Pavillon Lionel-Groulx, salle C-2027 de 11h45 à 13h00 pour un éditathon express dans le cadre de la campagne Art et féminisme 2019. Consultez la page projet pour plus d’informations.

Je profite de l’occasion pour partager l’intégralité de cet texte de Simon Villeneuve (merci !) qui partage son point de vue sur la question du biais de genre sur Wikipédia – et d’autres projets connexes :

8 mars 2019 Dans le cadre de la journée internationale des femmes, j’aborde le sujet du biais de genre sur Wikipédia. Je fais un compte-rendu de la problématique, donne accès à de nouvelles statistiques sur le sujet et suggère des pistes de solution pour réduire le fossé des genres (gender gap).

FosséDiagramme Gender Gap FR.png

Je m’intéresse sérieusement au fossé des genres sur les wikis hébergés par la Wikimedia Foundation (WMF) depuis 2013, année où j’ai pleinement réalisé que faire partie d’une minorité sur Wikipédia en français est une réalité difficile à vivrenote 1.  J’ai fait quelques comptes-rendus sur le sujet dans les Regards sur l’actualité de la Wikimedia (RAW). Ce fossé est plus ou moins facile à quantifier, mais la plupart des intervenant-e-s s’entendent pour dire qu’il est d’environ 10 hommes pour 1 femme sur Wikipédia.

 

J’ai suffisamment exploré la chose pour faire au moins 2 constats :Human gender gap.png

1- Les causes ne semblent pas simples. Il y a évidemment le fait que, encore à notre époque, même dans les pays les plus avancés au niveau des droits des femmes, il y a une inégalité de revenus entre hommes et femmes. Conjuguée à la parentalité et au fait que la plupart des tâches ménagères sont encore principalement réalisées par les femmes, cela fait en sorte que les femmes semblent généralement bénéficier de moins de temps libre que les hommes. Même le temps de travail semble impossible pour près de la moitié des nouvelles mères scientifiques1. Puisque les participant-e-s au mouvement Wikimedia sont en presque totalité bénévoles, la contribution aux projets est généralement directement proportionnelle à la quantité de temps libre.
De plus, il y a une certaine croyance que l’informatique est une « affaire de gars » et n’intéresse pas les filles. Puisque contribuer à un wiki demande une certaine maîtrise informatique de base, cela rebuterait dès le départ une bonne proportion des femmes.
Cependant, ces choses ne suffisent pas à expliquer un fossé aussi grand sur les sites concernés. En effet, il a été constaté, notamment, que les femmes sont très présentes sur certains sites et non d’autres. Malheureusement, les wikis hébergés par la WMF sont du mauvais côté.

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2- C’est une chose de constater un fossé des genres, ça en est une autre d’intervenir à ce sujet.
Tout d’abord, il n’est pas évident pour un homme de poser des actions à ce niveau. Au mieux, cela est perçu par une part importante des femmes comme une ingérence malvenue. Au pire, comme une forme d’appropriation culturelle. Ceci, sans parler de la perception de plusieurs hommes envers les féministes masculins.Scale icon green.svg

Ensuite, puisque la neutralité de point de vue est l’un des cinq piliers fondateurs de Wikipédia, la communauté est généralement allergique à tout mouvement militant dans ses rangs. Vouloir agir pour combler le fossé des genres peut-être perçu comme une volonté d’instrumentaliser le projet, ce qui occasionne généralement des réactions épidermiques. Wikipédia se doit de représenter le monde tel qu’il est et si celui-ci est débalancé a niveau des genres, cela sera également le cas de Wikipédia.

Puisque Wikipédia est rédigée à partir de sources et se doit de représenter le plus fidèlement possible celles-ci, qu’en est-il de ces dernières au niveau du genre ?

Fossé des genres dans les sources

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Grâce à l’association toujours plus grande d’entrées de publications à leur élément équivalent sur la base de données libres Wikidata, il est devenu aisé de réaliser toutes sortes de statistiques sur le contenu de ces publications. Ainsi, le mois dernier, nous avons réalisé une évaluation du contenu genré de 55 dictionnaires et encyclopédies classiques. Le résultat est sans appel : le même fossé des genres est observé dans ces publications que sur Wikipédia. On y retrouve ainsi en moyenne près de 10 hommes pour une femme.

Il semblerait donc que nous soyons pris dans une sorte de cercle vicieux. Peu de contenu féminin dans les sources, peu d’identification des femmes au contenu, peu de femmes qui interviennent sur le contenu, peu de contenu féminin dans les sources, etc..

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« Notre postulat est que le taux de participation féminine sur Wikipédia sera directement corrélé au taux de contenus « féminin » de l’encyclopédie2. »

La problématique étant complexe et les actions à poser n’étant pas toutes valables, agir pour augmenter le contenu « féminin » du site semble être un geste qui ne peut qu’être positif. Peut-être ainsi pourrons-nous transformer le cercle vicieux en cercle vertueux tout simplement en changeant le sens de rotation de ce dernier. Ainsi, en augmentant le contenu « féminin », peut-être que plus de femmes s’intéresseront à la modification du site et créeront du contenu qui leur ressemble, contenu qui risque d’attirer d’autres femmes qui créeront elles aussi du contenu qui leur ressemble, etc.

Respect des sources ?

De prime abord, on pourrait croire que le débalancement des genres au niveau des sources encyclopédiques engendre inévitablement un débalancement des genres sur Wikipédia puisque cette dernière se doit d’être le reflet des sources. Cependant, cette croyance doit être fortement nuancée pour deux raisons. Tout d’abord, de nouvelles sources sont produites à chaque jour et le débalancement des genres s’y réduit dans bien des domaines. On peut anticiper, si la tendance se maintient, une réduction significative et généralisée du fossé des genres avec le temps dans ces dernières.

Mais surtout, Wikipédia est loin d’être un projet achevé ayant intégré l’ensemble des connaissances des publications classiques. Seulement pour Wikipédia en français, il existe au moins 10 000 femmes ayant un élément Wikidata associé à l’une des 55 publications recensées et qui n’ont pas d’article sur frwiki3. Ainsi, même s’il y a grosso modo une femme pour 10 hommes dans ces publications, il manque tellement de contenu que n’importe qui peut créer, sans relâche pendant des années, seulement des articles sur des femmes, sans épuiser le sujet, car les sources sont incontestables et donc parfaitement admissibles sur Wikipédia. Elles représentent donc la frontière basse du projet.

Voici une liste de 100 articles à créer possédant le plus de liens vers d’autres versions linguistiques de Wikipédia. Cette liste est mise à jour au fur et à mesure que les articles sont créés. Si vous créez un ou plusieurs d’entre-eux, nous vous invitons à ajouter le mot-clic #womeninred ou #femmesenrouge dans le résumé de modification.

À la suite de ces constats, j’ai décidé de lancer un #moisdesfemmes sur Twitter et sur Facebook en proposant à chaque jour la création d’un article différent sur une femme en rouge. J’ai également proposé d’utiliser les mots-clics #femmesenrouge et #womeninred afin de mieux tracer les contributions faites expressément par volonté d’augmenter le contenu féminin de Wikipédia.

Autrement, il existe aussi plusieurs projets du mouvement Wikimedia visant à créer du contenu sur des femmes.

 

 

                 Bienvenue à tout.e.s !

Source de l’image : Lëa-Kim Châteauneuf, commons, licence cc-by-sa, merci pour l’affiche et la complicité.

2019, l’année de la co-création selon le School Library Journal

Lectrice du School Library Journal, une revue professionnelle que je tiens en haute estime, je suis tombée sur cet article de l’éditrice Rebecca T. Miller qui annonçait en janvier que 2019 serait l’année de co-création. Le discours prospectif de Miller est fort intriguant car la co-création ou le co-design qui s’installe progressivement dans le monde des bibliothèques et des services publics semble désormais se tourner vers des publics spécifiques, ici les jeunes, pour lesquels les méthodes devront forcément être adaptées.

J’ai présenté à l’Association pour la promotion des services documentaires scolaires (APSDS) en décembre dernier une conférence qui s’intitulait Dessine-moi une bibliothèque : Du design centré sur l’humain ou design du care et qui répondait, je crois, à la curiosité du milieu des bibliothèques scolaires québécoises à l’égard de ces nouvelles pratiques. Dans la foulée de cette intervention, mais aussi en guise de matériel de réflexion pour préparer la journée professionnelle organisé par les Services des Milieux documentaires (BAnQ) portant sur l’expérience-usager (L’usage de la bibliothèque : une expérience globale) – et où Nicolas Beudon est un des conférenciers invités – j’ai pensé que la traduction de cet éditorial pouvait être à propos et en souligner la pertinence :

Qu’est-ce qui est possible dans un environnement véritablement collaboratif où chaque personne, qu’il soit organisateur ou participant, est responsable de «co-créer» avec les autres ?

Le terme de co-création décrit bien ce qu’il en est : différentes parties prenantes se réunissent pour explorer et réaliser quelque chose de nouveau via un processus de collaboration profonde. C’est un mécanisme d’autonomisation collective par l’appropriation individuelle des contributions nécessaires pour tracer la voie à suivre. Les bibliothécaires deviennent toujours meilleurs en matière d’engagement – lorsqu’il s’agit de chercher et d’utiliser des commentaires, réunir des groupes consultatifs, participer à des comités, etc. La co-création est une étape supplémentaire dans le continuum de l’engagement. Les meilleurs comités co-créent de temps en temps, mais cela amène le travail des comités à un niveau supérieur. Les co-créateurs ne contribuent pas simplement à un processus: ils maîtrisent le problème et la solution potentielle dès le début.

Au fil des ans, j’ai participé à de nombreuses nouvelles initiatives, comités et conseils d’administration, mais je me suis engagé seulement dans la co-création délibérée dans le cadre de ma participation à la New York Library Association (NYLA) Sustainability Initiative. Je suis intéressée par la co-création depuis ce moment. Cette approche intentionnelle de la pensée collaborative nécessite que tout le monde soit investi pour réussir. La responsabilité est réelle, ce qui incite à investir davantage dans les solutions potentielles.

Rebekkah Smith Aldrich et Matthew Bollerman, coprésidents de NYLA SI, travaillaient ensemble sur les questions de développement durable depuis un certain temps, mais ils avaient adopté une approche de co-création pour la formation de la Sustainability Initiative, parce que, comme le disait Aldrich, ils savaient qu’ils n’avaient pas tous les réponses ou ce à quoi ça ressemblerait et nous voulions inviter les autres à réfléchir avec nous. » Bollerman avait découvert le concept de co-création lorsqu’il travaillait sur un projet avec John Boecker, membre fondateur du cabinet de design écologique 7group, et ils ont appliqué l’approche.

Le développement durable est «un problème complexe. Personne ne peut s’en sortir tout seul, tout comme une bibliothèque ne peut pas résoudre seule les problèmes de sa communauté », déclare Aldrich. « Un modèle de leadership distribué pour un impact collectif est la clé de notre succès. »

Fait important, dans un environnement de co-création, le leadership émerge de l’ensemble du groupe plutôt que de haut en bas, et cela va et vient. Permettre à cette dynamique particulière de prendre un peu de discipline peut prendre un peu de discipline de la part de toutes les personnes impliquées – les dirigeants connus pourraient être obligés de prendre du recul, et les modérateurs de veiller à créer un espace pour que chacun puisse exprimer ses idées et apporter sa contribution. La modélisation d’un état ouvert d’apprentissage actif aide. Cela peut aussi transformer la relation d’une institution avec les personnes qu’elle sert, contribuer au développement des compétences et favoriser la communauté.

La co-création peut s’appliquer à des problèmes, grands ou petits, mais la stratégie est particulièrement utile, me semble-t-il, lorsqu’un problème est complexe ou lorsqu’on se dirige vers un territoire inconnu. À SLJ, nous sommes intéressés à explorer davantage cette question. C’est une des raisons pour lesquelles nous nous concentrons sur les bibliothèques impliquées dans la co-création du programme de notre groupe de réflexion sur les bibliothèques publiques, qui se tiendra du 7 au 8 mars à Miami, et intitulé Public Library Think Tank : The Future is Theirs : Community Co-Creation with Kids ans Teens.

Nous aborderons la co-création comme une approche stratégique; nous verrons aussi la manière dont les différentes approches de co-création peuvent approfondir les collections, améliorer la conception des espaces, restructurer la programmation de fond en comble, informer, sensibiliser, permettre les initiatives technologiques, etc. Si vous co-créez des services de bibliothèque avec des enfants et des adolescents, nous aimerions beaucoup avoir de vos nouvelles.

Bonne année de co-création !

La Semaine de la liberté d’expression du 24 février au 2 mars, le plus beau temps de l’année … et de nos démocraties #Libertédexpression #FTRWeek

Freedom to Read Week 2019

Comme l’ont fait remarqué avec beaucoup d’à propos les bibliothèques d’Ottawa, la Semaine de la liberté d’expression est le « deuxième plus beau temps de l’année, après le Mois des bibliothèques (octobre) ».

Le Colibri (Comité sur la liberté intellectuelle de l’EBSI) a élaboré une programmation à la hauteur de ce sujet qui incarne une des valeurs cardinales dans le monde des bibliothèques et des archives.

La première activité est d’importance. Nous avons la chance exceptionnelle d’accueillir Pierre Trudel, professeur à la Faculté de droit et contributeur régulier du journal Le Devoir, qui a participé à l’ouvrage collectif récemment publié intitulé Liberté surveillée : Quelques essais sur la parole à l’intérieur et à l’extérieur du cadre académique (Leméac, 2019).

Le chapitre qu’il consacre à la liberté d’expression fournit les clés nécessaires à la compréhension de ce sujet à la fois compliqué et complexe. Ce texte essentiel nous permet de de distinguer les différents registres par le biais duquel ce principe se décline – notamment dans les sociétés démocratiques qui reconnaissent la « faculté de critiquer » – entre, d’un côté, ce qui relève de la règle de droit définie par le contexte juridique et ce qui, de l’autre, concerne l’idée de la liberté d’expression, qui est généralement admise, mais dont la signification épousera une diversité de valeurs, de conceptions éthiques et philosophiques, en opérant presque inévitablement à partir d’une « normativité implicite ». Il discute également de la protection de la liberté d’expression au Canada et de certains enjeux qui en découlent incluant « les demandes d’ « épurer » les bibliothèques » auxquels il réserve une section. Dans le cadre de la conférence qui se tiendra demain, Pierre Trudel présentera certains de ces enjeux qui touchent de manière critique la liberté des activités expressives aujourd’hui. Cette conférence, suivie d’une discussion, aura lieu mardi le 26 février, de 11h45 à 12h45 à l’Université de Montréal, au Pavillon Jean-Brillant, salle B-3240. Elle est ouverte à tou.te.s.

Une table ronde se tiendra ensuite jeudi midi portant sur la place des contenus et des voix LGBTQ+ dans l’espace public. Marie-Christine Saint-Pierre, dont le mémoire de maîtrise portait sur cette question, viendra parler de la présence de la fiction LGBTQ+ dans les collections jeunesse des bibliothèques publiques québécoises. Michael David Miller interrogera à son tour la présence et l’inclusion de la communauté LGBTQ+ au sein du projet Wikipédia à partir du contenu et du système (acteurs, communauté, organisation) qui soutiennent ses activités sur le territoire wikimédien québécois. La table ronde se déroulera jeudi le 28 février, de 11h45 à 12h45 à l’Université de Montréal, au Pavillon Jean-Brillant, salle B-3265. Elle est ouverte à tou.te.s.

Jeudi soir, le film, Le prix des mots, du cinéaste Julien Fréchette (ONF) sera présenté à Temps Libre. Ce thriller documentaire raconte l’incroyable saga juridique et les procès qui ont opposé les compagnies minières canadiennes Barrick Gold et Banro à l’auteur Alain Deneault et aux Éditions Écosociété, suite à la publication du livre Noir Canada en 2008. Apportez votre exemplaire de Noir Canada si vous en avez un (j’ai le mien). Le visionnement du film sera suivi d’un échange avec Anne-Marie Voisard, auteure de l’essai Le droit du plus fort. Cette activité aura lieu à Temps libre jeudi 28 février de 17h à 19h. 5605, avenue de Gaspé, Espace 106, Montréal.

Vendredi, un atelier visant à étendre la liberté de lire dans le monde des réseaux clôturera ce quasi festival. Cette activité s’inscrit à la fois dans le contexte de la Semaine de la liberté d’expression et de l’exposition Conrad Poirier : Valoriser les communs du domaine public. Intitulé Semaine de la liberté d’expression : atelier remix et domaine public, l’atelier vise à explorer une voie permettant d’élargir l’accès au domaine public et sa diffusion, et partant d’étendre la liberté de lire, en créant et en publiant un livre numérique libre.

Dans le cadre de cette activité avec Pierre Choffet (Café des savoirs libres) nous allons :
1. explorer le sujet des licences de type Creative commons et domaine public;

2. créer, étape par étape, un epub à partir du pdf d’une oeuvre emblématique qui est entrée dans le domaine public canadien en 2019 – en même temps que Conrad Poirier : Le Survenant de Germaine Guèvremont )

3. présenter aussi des exemples de sites où il est possible de déposer/diffuser ces contenus – et d’en trouver d’autres, bien sûr.

Les étudiant.e..s et les participant.e.s peuvent apporter d’autres oeuvres littéraires sous licence libre qu’ils et elles pourront transformer en epub (pour autant que ce soit un pdf dont le texte est sélectionnable). L’activité se déroulera à l’Université de Montréal, Pavillon Jean-Brillant, au laboratoire de l’EBSi (local C-2027) de 11h45 à 13h.

Cette activité s’inscrit dans le prolongement de ce souci exprimé à plusieurs reprises, notamment ici et ici, concernant la prolongation du droit d’auteur dans le contexte de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) à l’automne dernier. En effet, cette décision récente est appelée compromettre le domaine public canadien, en entraînant aussi sa fermeture pour 20 ans, en passant d’une régulation posant que les droits d’auteur expirent 50 ans après la mort de l’auteur, comme c’est le cas actuellement de la plupart des pays dans le monde, à 70 ans après la mort de l’auteur. Cette décision implique nécessairement un recul de nos libertés.

Cette activité prolonge également une réflexion que j’avais élaborée l’an dernier dans le contexte du congrès annuel de la Fédération canadienne des associations de bibliothèques (FCAB/CFLA) qui portait sur la liberté intellectuelle. Dans ce texte, je tentais de faire valoir, d’une part, que le rôle des bibliothèques, comme gardiennes de la liberté intellectuelle, se transformait dans le contexte de la transition numérique. Défendre le droit de lire les définissent toujours, mais cet engagement à défendre la liberté intellectuelle et la sphère publique aux côtés des citoyens et des citoyennes, exige aussi aujourd’hui que nous prenions position concernant divers enjeux liés aux libertés numériques telles que :

Par ailleurs, en référence aux politiques publiques des bibliothèques (IFLA, ALA, etc.) nous sommes liés à un discours sur le droit à la liberté intellectuelle qui se traduit également par un discours sur la possibilité d’exercer ses libertés expressives dans une perspective de justice sociale. Ce point de vue nous amène à penser la liberté d’expression comme une forme de capabilité visant à faire en sorte que tou.t.e.s aient, concrètement et de manière équitable, les mêmes possibilités, les mêmes opportunités. Considérant les défis numériques actuels – même si ce ne sont pas les seuls défis auxquels les gens des bibliothèques et des archives sont confrontés, mais ils sont significatifs , il apparaît nécessaire de faire un pont entre la défense de la liberté d’expression/liberté intellectuelle et la littératie numérique; et aussi un pont entre la défense de la liberté d’expression/liberté intellectuelle et la promotion des communs numériques qui offrent les conditions les plus favorables en termes de réduction des barrières à l’accès.

J’en profite pour souligner le rôle exemplaire de ces bibliothèques publiques qui ont ouvert leurs portes pour accueillir les cafés citoyen sur l’intelligence artificielle dans le cadre de la démarche de co-construction entourant la Déclaration de Montréal sur le développement responsable de l’intelligence artificielle en 2018. Voilà un exemple concret de geste qui est susceptible de contribuer à une justice numérique. Je rappellerai enfin que les principes de cette Déclaration qui s’est écrite via l’espace public de ces bibliothèques

reposent sur l’idée commune que les êtres humains cherchent à s’épanouir comme êtres sociaux doués de sensations, d’émotions et de pensées, et qu’ils s’efforcent de réaliser leurs potentialités en exerçant librement leurs capacités affectives, morales et intellectuelles.

Cette Semaine est aussi l’occasion de promouvoir cette Déclaration sur le développement responsable de l’intelligence artificielle. Une grosse semaine en perpsective 🙂

Je saisis aussi l’occasion pour vous inviter à partager et signer cette lettre rédigée par la Fédération canadienne des associations de bibliothèques (FCAB-CFLA) en appui aux bibliothèques de Vancouver qui ont été interrogées et remises en questions à propos de l’usage communautaire de leurs espaces publics par une organisation féministe. Cette lettre d’appui porte un discours qui montre bien où logent ces institutions et la valeur qu’elles accordent à la liberté d’expression et la liberté intellectuelle aujourd’hui.

Bienvenues à tou.te.s !

Pour aller plus loin :