L’éducation aux médias et à l’information (EMI) est conçue comme « un des antidotes les plus efficaces et prometteurs face au problème des fausses nouvelles, puisqu’elle vise à donner à chacun les moyens d’être un consommateur, un créateur et un diffuseur d’information avisé » pose-t-on pour situer la Journée d’échanges sur l’éducation aux médias organisée par les Services aux milieux documentaires de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), en collaboration avec l’Association des bibliothèques publiques du Québec (ABPQ), dans le cadre de la Semaine des bibliothèques publiques. La question à l’ordre du jour est la suivante : Quel rôle peuvent jouer les bibliothèques publiques dans l’éducation aux médias et à l’information?

Toujours dans le registre métaphorique du pharmakon et dans le cadre d’un entretien avec le journaliste Jean-François Nadeau, Guy Berthiaume, pdg sortant de Bibliothèque et Archives Canada, soulignait déjà l’apport spécifique des institutions documentaires :

les bibliothèques et les archives constituent un contrepoison efficace à la prolifération des fausses nouvelles. La population a confiance, non sans raison, dans le fait que les bibliothèques et les archives conservent “la vérité”, pour dire les choses un peu rondement. Elles sont détentrices des sources premières, vers lesquelles on peut revenir pour vérifier des choses, les comprendre. (Des archives et des bibliothèques comme contrepoison aux fausses nouvelles, Jean-François Nadeau,

Je partage le programme de cette journée qui s’est déroulée vendredi le 25 octobre 2019.

Le programme  

Avant-midi

  • Les fausses nouvelles et vous avec Anne Gaignaire, du journal Le Curieux
  • Les pratiques des jeunes face aux médias et à l’information avec Ève Beaudin, de l’Agence Science-Presse et Gabrielle Brassard-Lecours, journaliste indépendante
  • Les ainés à l’heure du numérique avec Bruno Guglielminetti, porte-parole du CEFRIO

Après-midi

Atelier participatif sur le rôle des bibliothèques publiques dans l’éducation aux médias et à l’information. Pourra servir de base à la création d’activités adaptées aux besoins des bibliothèques. Animé par le studio de design Meilleur Monde.

6 idées/enjeux à retenir

1. Les bibliothécaires, comme professionnel(le)s de l’information ou du savoir, ne doutent pas que ces enjeux et ces besoins de formation reliés à l’EMI relèvent de leur compétences et de leurs missions. BAnQ exerce déjà un leadership précieux sur ces questions : accueil d’un colloque sur les fausses nouvelles à l’automne 2018, portail sur les fausses nouvelles, plusieurs ateliers qui concernent l’EMI, collaboration avec diverses organisations liées au milieu journalistique, sans compter cette journée sur l’EMI réunissant les bibliothèques. La présentation introductive de Martin Rémillard, coordonnateur à BANQ, en témoignait de manière fort convaincante (lorsqu’elle sera disponible, je la partagerai ici).

2. Toutefois l’écart entre les besoins et les moyens dont disposent les bibliothèques qui sont sous-dotées en personnel au Québec est un problème ⏤ un problème qui gêne le développement des bibliothèques publiques québécoises dans leur capacité à répondre aux nouveaux besoins et aux nouveaux usages à plusieurs égards.

3. La conférence de Ève Beaudin, des plus instructives et intéressantes, était aussi une narration sur la manière dont les journalistes se sont organisé(e)s collectivement, comme profession, face à l’essor des fausses nouvelles afin de mettre en place un projet éducatif avec des équipes de formateurs et de formatrices, des formations-types pour les formateurs et les formatrices, des ateliers pour différents publics dont celui des écoles (tels que le désormais célèbre #30secondes avant d’y croire), du matériel éducatif, des plateformes de réseautage et de partage. Cette démarche structurée des journalistes est un modèle à suivre ou peut-être une opportunité de collaboration directe entre le milieu des journalistes et celui des bibliothécaires pour une action amplifiée. Selon cette journaliste, nos collègues français ont une longueur d’avance en matière de collaboration entre ces deux professions, bibliothécaires et journalistes (à investiguer?). À noter, le site de l’Agence Science-Presse, section EMI (avec l’infolettre) est une ressource inestimable.

4. En matière d’EMI, les bibliothèques devraient s’engager également du côté de la littératie des données, depuis les questions de protection des données personnelles jusqu’à celles touchant la littératie des algorithmes.

5. Les jeunes sont souvent ciblés dans les initiatives liées à l’EMI mais, si l’on en croit Bruno Guglielminetti qui présentait les résultats d’un enquête sur les pratiques numériques des aînés, ces derniers, en tant que citoyens numériques actifs, représentent un public de choix à prendre en considération La démarche de conception participative du groupe auquel j’appartenais a travaillé à l’élaboration d’un scénario d’une collaboration bibliothèque + média communautaire + publics des aîné(e)s / organismes liés aux aîné(e)s autour d’un projet sur L‘information d’hier à aujourd’hui : de la mémoire du quartier/communauté/ville aux nouvelles du quartier/communauté/ville avec un programme de développement de compétences en création de contenu, communication écrite, vidéo, littératie et citoyenneté numériques, éducation aux médias pour les aîné(e)s ⏤ qui était notre public assigné.

6. Cette collaboration entre les bibliothèques et les médias communautaires ou locaux en vue de soutenir des communautés bien informées est déjà une avenue qui suscite beaucoup d’intérêt et qui est déjà explorée ailleurs au Canada et aux États-Unis.

Rendez-vous du 27 avril au 3 mai 2020 pour la semaine de l’EMI, avec la participation des bibliothèques, suite à l’invitation de Ève Beaudin?

Publié par :Bibliomancienne

Bibliothécaire, auteure d'un carnet, professeure à l'EBSI.

Un commentaire sur &Idquo;Réflexion collective sur les bibliothèques et l’éducation aux médias et à l’information (EMI)&rdquo

  1. Je t’invite à venir rencontrer Lyne Page et Prisca Benoît mardi midi (29 octobre) au CPI. Une collaboration est en train de naître entre la FPJQ et la FMD afin de donner des formations à la désinformation dans tous les milieux documentaires.

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