#ALAAC17 Project Outcome : des outils pour mesurer notre véritable impact sur les gens que nous servons

J’ai eu la chance de m’inscrire tôt au printemps dernier pour participer à cet atelier gratuit présentant le nouveau Project Outcome supporté par la Public Library Association (PLA). Très rapidement, cette journée de pré-conférence  de l’ALA 2017 a affiché complet, et pour cause. Je ne savais pas trop au moment de m’inscrire comment j’allais financer ce voyage à Chicago, mais je savais que c’était important d’y aller après avoir commencé à me pencher sur ces travaux. Et je n’ai pas été déçue. Le Project Oucome propose « des outils simples pour mesurer notre véritable impact sur les gens que nous servons. »

Mesurer les retombées et l’impact de nos actions, autrement que par des données qui décrivent essentiellement la performance dans une perspective transactionelle, est un des grands défis des bibliothèques d’aujourd’hui. « Les temps ont changé », « les intuitions et les perceptions que l’on entretient à l’égard des services que l’on offre ne suffisent pas », les bibliothèques ont « besoin de dépasser l’anecdote avec des évidences et des données. » Ce sont les prémisses de ce projet.

Cet atelier permettait de mieux comprendre la nature des retombées (outcomes) et comment les distinguer de d’autres types de mesures (output). De plus, les informations sur le projet fournissaient des repères pour utiliser ces données afin d’améliorer les services et les intégrer dans un processus de planification stratégique. Plus techniquement, la formation visait aussi à découvrir et à apprivoiser cette ressource à travers le site qui la diffuse et qui donne gratuitement accès à des instruments d’enquêtes, des processus, qui se veulent légers, et servant à mesurer puis analyser les retombées des actions. Le but de Project Outcome s’énonce en ces termes :

L’objectif de Project Outcome est d’aider les bibliothèques publiques à comprendre et à partager l’impact des programmes et des services essentiels de la bibliothèque. En tant que bibliothécaires, nous constatons chaque jour que les services de bibliothèque soutiennent les gens sur la voie de l’alphabétisation, du savoir-faire technologique ou d’un meilleur travail; ce qui nous manque souvent, ce sont les données à l’appui. Le résultat du projet fournit des outils simples et un processus facile à utiliser pour mesurer les résultats et trouver des idées répondre aux besoins de nos communautés de manière plus appropriée. Cette compréhension peut améliorer la façon dont les bibliothèques font leur travail – de l’attribution plus efficaces des ressources existantes  à la promotion (advocacy) de nouvelles ressources.

Cet article vise essentiellement à communiquer l’existence de ce nouvel outil, dont le potentiel est considérable, et à le faire connaître dans d’autres réseaux, notamment au Québec. Project Outcome a été traduit en espagnol – j’ai demandé à ce qu’il le soit aussi en français. Certaines bibliothèques canadiennes participent déjà à cette initiative. Pour le moment, il semble que cette trousse d’outils ne soit disponible que pour les bibliothèques publiques et les bibliothèques d’état aux États-Unis et au Canada. Ce projet est financé par la Fondation Bill et Melinda Gates.

Plus précisément, es bibliothèques participantes peuvent avoir recours à des différents modèles d’enquêtes développés par des professionnel.le.s expérimenté.es, à des ressources pour les administrer et en tirer parti que ce soit à des fins de promotion (advocacy) ou pour la prise de décision. Trois types d’outils sont principalement proposés: des enquêtes immédiates (Immediate Surveys) , des enquêtes de suivi (Follow-Up Surveys) et des directives pour des évaluations à long terme (Outcome Measurement Guidelines).

Qu’est-ce qui distingues les retombées (Outcome) des données quantifiant la performance des bibliothèques (Output) ? Traditionnellement,  les bibliothèques publiques mesurent et évaluent les services en termes de «combien nous faisons» en quantifiant le volume des produits, les collections, le nombre d’activités, les transactions de prêt, la fréquentation, le nombre de services offerts, etc. En revanche, le Project Outcome s’intéresse  aux retombées ou aux bénéfices (Outcome) des services de bibliothèque en fonction de «ce que nous faisons»  au plan i. des apprentissages ou des connaissances, ii. de la confiance, iii. des transformations comportementales et de iv. la sensibilisation des usagers de la bibliothèque.

Sept secteurs de services sont susceptibles d’êtres couverts et mesurés dans le cadre de cette démarche, et dans l’état actuel du développement de cette trousse : l’engagement civique et communautaire, la littéracie numérique, la littéracie émergente (pré-scolaire), le développement économique, l’éducation et l’apprentissage tout au long de la vie, les aptitudes liées à l’employabilité, les activités estivales de lecture.

Quelles sont les raisons pour lesquelles la mesure de l’impact est importante ? Selon les porteurs de ce projet, les données sur l’impact des services de bibliothèque permettent de :

1) démontrer la valeur de ces services, 2) élaborer des plans pour les améliorer et 3) décider de la façon d’allouer des ressources limitées. Les mêmes données peuvent informer la planification à long terme des services offerts par votre bibliothèque dans le futur. Les données sur les retombées peuvent également jouer un rôle crucial en renforçant le plaidoyer en faveur des bibliothèques, en fournissant aux leaders des bibliothèques un argument convaincant pour l’augmentation du financement des bibliothèques et des politiques de soutien.

 

IMG_1344 (1)Les expériences et les bonnes pratiques de certaines bibliothèques participantes ont été partagées (Skokie Public Library, Gail Borden Public Library District, etc.) au cours de cette intense journée. Dans ces deux cas, le Project Outcome a été utilisé avec succès pour évaluer et améliorer des programmes portant sur l’engagement civique et communautaire. J’étais en équipe avec les bibliothécaires de l’une de ces bibliothèques-modèles. En s’exerçant sur quelques cas, nous avons discuté des possibilités d’appliquer ce cadre méthodologique à l’évaluation de la « bibliothèque tiers lieu » par exemple, tout en cherchant à circonscrire les critères et les questions nous permettant de conduire un tel exercice. Cette réflexion a permis de faire ressortir des limites actuels de l’instrument lorsqu’il s’agit de mesurer la qualité de certaines expériences vécues ou des activités qui ne sont pas principalement orientées vers des retombées en termes d’apprentissage, par exemple, un concert de musique. Mais le processus est itératif et la trousse est en développement.

La participation des bibliothèques publiques québécoises et canadiennes au Project Outcome est certainement à considérer. Comme c’est le cas chez nos voisin.es, les évidences pour rendre compte du travail immense accompli dans nos bibliothèques publiques a longtemps fait défaut. Project Outcome constitue une piste qui permettrait de démontrer l’impact des bibliothèques dans la vie des gens en l’appuyant à l’aide de données. C’est d’autant plus pertinent et urgent, qu’il faut pouvoir répondre aux gouvernements provinciaux ou locaux qui réduisent les budgets des bibliothèques à un moment critique de leur développement, voir #JeSoutiensBAnQ, et de leur impact dans les communautés.

Est-ce que ceci ne pourrait pas donner lieu à des stages intéressants pour les étudiant.es. de l’EBSI ? À suivre!

|L’image provient du site de Project Outcome |

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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