Suite d’un itinéraire documentaire façon Reading Road Trip dans les Maritimes

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Bouctouche et Parc national Koutchibouguouac (Nouveau-Brunswick), 9-10 juillet 2013. J’avais ramassé deux journaux nouveaux-brunswickois : Le Telegraph Journal et L’Acadie Nouvelle à Fredericton.  Les manchettes du premier étaient évidemment consacrées au débat sur le nom du bébé royal et à un sport en voie de disparition pour lequel un programme de  sauvegarde a été mis sur pied dans les écoles secondaires : le curling. Dans L’Acadie Nouvelle, on pouvait lire un article sur la décision concernant la taille minimale du homard pour la pêche et un excellent éditorial sur la situation économique inquiétante du Nouveau-Brunswick qui, c’est la nouvelle, se distingue désormais par le plus haut taux de chômage au Canada – pendant que les politiciens, conservateurs ou libéraux, unis dans le déni, persistent à répéter que tout va bien. Mais notre attention a été retenu par un entrefilet en page 29 de L’Acadie Nouvelle où l’on annonçait en première pour le lendemain, le retour de La Sagouine joué par Viola Léger dans la mise en scène créée  par Eugène Gallant en 1971. Nous avons dit aux enfants que Viola Léger qui revenait à 83 ans interpréter ce rôle serait meilleure que Marc Labrèche, mais ils ne nous ont pas cru. La salle avait l’air d’une cabane à sucre, on a gelé à cause de la climatisation, la poutine acadienne aux patates était collante à souhait (mais il paraît qu’il s’agit d’une sorte de goût qui s’acquiert), même chose pour le vin à la rhubarbe que nos voisins nous ont offert qui était un cas de prohibition citoyenne.  Pour finir, le micro de La Sagouine a rendu l’âme à la moitié du spectacle, mais pas Viola Léger qui était absolument divine. Avalée par le personnage, comme qui dirait elle n’a plus besoin de maquillage : Viola Léger  est irremplaçable. Divine Sagouine avec son Gapi voltairien :

Gapi, lui, il a pour son dire que si le Bon Djeu est bon… Mais je le fais taire, Gapi… Il dit qu’il peut pas y aouère d’enfer pour le pauvre monde, parce qu’ils l’avont eu sus la terre, leur enfer .

Après une randonnée dans le sentier «La tourbière» du Parc Kouchibougouac et un après-midi à la plage Kellys ballotés par les grands vents, ce sont les mots et le triste destin de cette Acadie des colonisés qui nous ont vidée de nos forces. Avions une boule dans la gorge – et ce n’était pas seulement à cause de la poutine râpée à la colle de patates.

Pour aller plus loin :

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