Techniques de lecture mixtes

Ma vie de lectrice a emprunté différentes voies et de drôles de détours cette semaine. Naguère, l’existence était simple mais, désormais, il faut aimer les recherches et les déplacements car les lieux pour trouver des contenus pour lire sont forts diversifiés. Très souvent, ce sera l’enjeu de la gratification immédiate qui motivera les démarches impatientes. Si le projet de lire quelque chose me traverse l’esprit, je veux l’obtenir tout de suite. Alors, si je documente mes pratiques documentaires hebdomadaires et que j’esquisse mon autoportrait quantifié et qualifié de nomade littéraire, le résultat pourrait ressembler à peu près à ce qui s’est passé entre lundi dernier et ce dimanche :

Lundi. Fini la relecture de Mrs Dalloway (je reviens de Londres) avec un livre de poche (Folio classique, un objet bien trop quelconque, selon moi,  pour ce roman poétique tout en grâce – et qui provenait de ma bibliothèque personnelle), ainsi qu’un petit documentaire Exploring the Book of Kells par Otto Simms que j’ai ramassé, suite à une recommandation, à la librairie de The Old Library à Trinity College. Reçu en cadeau de la part de ma soeur Ma paix de Claude Péloquin pour mon anniversaire -> Je lis des livres en papier.

Mardi. Commencé À louer sans commission par Didier Daenincks en streaming, (édition Publie.net) -> Je lis en lecture continue via la bibliothèque.

Mercredi. Lu un mémoire de maîtrise sur le web, un document pdf (Donner accès à des documents atypiques : projets web, animations 3 D, installations interactives par Irmgard Kruspe). A reçu 19 francs de Daniel Bourrion (Publie.net) en cadeau, sous la forme d’un fichier epub – quoique ce sympathique partage n’est probablement pas légal-légal comme transaction. Fini À louer sans commission -> Je télécharge et je lis des documents numériques, généralement, mais pas toujours, acquis ou partagés de façon légale.

Jeudi. Dans le métro, a écouté  The Best Laid Plans par Terry Fallis (et les autres matins également), une balado (audio podcast) disponible via iTunes/Applestore – gagnant du Canada Reads 2011 -> J’écoute des oeuvres littéraires en ligne.

Vendredi. Téléchargé le fichier de l’oeuvre David Copperfield par Charles Dickens repéré sur ebooks libre et gratuits pour en débuté aussitôt la lecture. Téléchargé aussi The Voyage Out par Virginia Woolf à partir de Project Gutenberg -> Je télécharge et je lis des oeuvres littéraires numérisées libres de droits.

Samedi. Parcouru Le Devoir du samedi (version papier) et commencé la lecture en ligne des Notules Dominicales de culture domestique par Philippe Didion (Publie.net); loué 3 films à la Boîte Noire après une séance de butinage sur le web : la version du réalisateur de Blade Runner, Fallen Angels et Chungking Express de Wong Kar-waï. A aussi consulté l’ouvrage Le bonheur de cuire par Philippe Laloux pour choisir une entrée et un plat (excellent livre de recettes paru en 2010 chez Québec Amérique mais dont le titre me laisse toujours perplexe). Débuté la lecture à voix haute en famille de L’héritier de Dracula : une énigme interactive, un véritable livre-objet d’après l’oeuvre gothique de Bram Stoker -> Je mélange tous les styles.

Dimanche. Acheté le Guide du Montréal Multiple sur LivresQuébécois.Qc (qui a son blogue). Visite à la bibliothèque et emprunt des documents suivants :

Deux BDs primées au Festival International de la bande dessinée d’Angoulême :

Un album pour enfant, mais juste pour moi :

Et, afin de prolonger mon été anglais (bien que, pour le moment, je fusse très déçue de ces éditions et que je cherchasse des alternatives qui aient une certaine envergure) :

Des documentaires, des guides et plus :

J’ai aussi réservé The Archives de Neil Young (80$ sur iTtunes!), Mémoire noire de Didier Daeninckx et le film An American Werewolf in London réalisé par John Landis. Déçue de ne pas avoir trouvé La Promenade au Phare/To the Lighthouse dans ma bibliothèque, je l’ai repéré dans la collection de ebooks de la bibliothèque de l’Université d’Adelaïde en html. À lire en ligne.

Est-ce que cette semaine d’été est représentative ? Oui et non. Je dirais que, habituellement, je fais aussi une visite (avec mes pieds) en librairie mais manifestement, cette semaine, j’ai bien rempli mon panier sans que ce détour ne soit nécessaire. J’avais pourtant des projets comme celui d’aller chez Drawn & Quaterly pour aller chercher  une BD dont la critique récente a piqué ma curiosité. Et puis, je ne ne vais pas en bibliothèque toutes les semaines…Mais si je n’allais pas à la bibliothèque, je serai ruinée ou affamée ( au sens littéraire du terme). Oui, on trouve une quantité considérable de matériel gratuit en ligne mais il n’y a pas encore tout ce que l’on veut.

Je parcours aussi différents sites de nouvelles et des billets de blogues presqu’à tous les jours (ça varie entre 2 et 15). Toutes les semaines, je  feuillette, physiquement et numériquement, quelques magazines, sinon des articles, professionnels ou pas; parfois simplement pour caresser la facture graphique et les polices, la mise en page, le génie dans le choix éditorial des sujets. C’est beaucoup ? Parfois je butine et je bouquine, tous supports confondus, seulement pour me faire une idée; je pige des extraits, préférant souvent les textes courts, et qu’on se rassure, je ne lis pas tout. Parfois, j’emprunte en bibliothèque ou je lis en ligne pour vérifier si j’achète ensuite.

La lecture est devenue une pratique plurielle et le shopping littéraire, un art. En revanche,  je n’ai pas fait suffisamment ressortir,  dans cette tentative de self-tracking, la manière dont chacune des transactions mentionnées implique des déplacements qui ont cours à la fois sur les territoires physique et numérique. C’est une autre donnée de base du système de la lecture et de ses techniques de chasseur-cueilleur dans cet horizon technologique. La présence de l’écriture à travers la lecture est un autre de ses attributs . La dimension sociale aussi, bien sûr.

5 thoughts

  1. J’aime beaucoup ton blogue et cet article m’a particulièrement intéressé. Vois-tu, comme je mène le petit projet social de la Librairie philanthropique (vente de livres usagés pour financer des dons de charité), je me demande toujours quand les livres en papier vont complètement disparaître.

    J’ai vendu près de 4 000 livres à des centaines de clients et je leur demande souvent s’ils ont l’intention d’abandonner les livres papier ou pourquoi ils continuent d’en acheter. En général, je constate que les lecteurs aiment toujours la sensation de tenir un vrai livre dans leur main, de plier des pages, la liberté de l’amener à la plage et le laisser dans le sable et aussi d’apprécier le « look » du livre … pour finalement le classer dans leur bibliothèque pour la rendre plus belle et garnie ou le refiler à un ami. Toutes choses moins évidentes avec un livre électronique

    Ce qui est génial, c’est que les lecteurs qui passent à l’électronique donnent plein de bouquins usagés à la Librairie philanthropique, une forme de recyclage charitable.

    Je reviendrai sur ton blogue régulièrement, ça vaut le passage.

  2. Merci! Je suis allé visité le site de la Librairie philanthropique (http://bouquinsusages.blogspot.com/), et ça m’a semblé un projet bien intéressant mais je dois y retourner car je n’ai pas encore tout pigé quant au projet et au fonctionnement. Mais, je crois avoir compris que vous n’avez pas pignon sur rue : toutes vos transactions sont en ligne, n’est-ce pas ?
    Cela dit, en ce qui concerne l’enjeu du livre papier, je vous dirais que le numérique rend l’objet papier plus précieux encore pour certaines personnes comme moi. J’aime les belles éditions, celles faites avec soin et art. Le livre de poche sera le premier perdant dans cette concurrence des supports. Bonne chance avec votre projet !

    • Merci Marie d’avoir porté attention à commentaire.

      Et pour répondre à ta question, la Librairie philanthropique offre un service qui se situe entre Archambault et Amazon qui n’ont vraiment rien à craindre de ma concurrence 🙂

      Il m’arrive de faire livrer des livres à travers le Québec et parfois même en Europe (les Belges et les Français me prennent tous les Richard Bach sans que je ne sache trop pourquoi). Mais la plupart du temps les gens consultent l’inventaire en ligne et me demande de préparer leur commande qu’ils viennent chercher sur la rive-sud de Montréal ou encore à un lieu entendu qui est pratique pour tous.

      On fait avec les moyens du bord…et heureusement les clients sont indulgents et fidèles étant donné l’utilité du projet.

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