Des liens

| Des liens par Giordano Bruno (1548-1600) aux Éditions Allia, 2010, traduit du latin et annoté par Danielle Sonnier & Boris Donné |

Sur le rabat de la couverture :

Sa liberté d’esprit, son refus d’entériner les dogmes établis le conduisirent à périr sur le bûcher. Sa dernière déclaration fut pour dire: « 1. Qu’il n’avait pas le désir de se repentir. 2. Qu’il n’y avait pas lieu de se repentir 3. Qu’il n’y avait pas matière sur laquelle se repentir ». En conséquence de quoi on décida de brûler : « 1. Les livres. 2. Leur auteur. 3. Des branches de chêne-liège. »


Des Liens, extrait, page 7 :

Il est nécessaire que celui qui doit former un lien possède en quelque façon une compréhension d’ensemble de l’univers, s’il veut être capable de lier un homme – lequel est comme l’épilogue de toute création. En effet, comme nous l’avons dit ailleurs, c’est dans l’espèce humaine qu’il est donné d’observer le mieux toutes espèces, par des rapports de correspondances: tels hommes s’apparentent aux poissons, tels aux oiseaux, aux serpents, tels encore aux reptiles, selon leur genre ou selon leur espèce. De plus, ils ont reçu en partage divers usages, coutumes, desseins, inclinations, complexions, âges; ainsi, comme les poètes l’imaginent pour Protée ou pour Acheloüs, on peut imaginer qu’une même matière transmigre en différentes formes et figures, si bien qu’il faut, pour la lier, recourir continuellement à de nouvelles sortes de noeuds. Pour ce, il faut considérer les moeurs des humains, jeunes ou vieux de condition médiocre ou bien nobles, riches, puissants, fortunés; et puis les moeurs des jaloux, des ambitieux, des soldats, des marchands, les moeurs aussi de tous ceux qui occupent maintes fonctions dans l’administration publique de l’État, ou de ceux qu’on voudrait employer comme intermédiaires et comme instruments, et qu’il importe dès lors de lier à soi. Il semble enfin que rien considéré de la sorte, n’échappe à une réflexion d’ordre civil, que ce soient ceux qui lient, ou ceux qui sont liés, les liens, ou les circonstances favorables à ces liens: ce pourquoi nous avons ajouté les considérations intitulées « Du lien en général ».

Sur la quatrième de couverture :

Le lien, pour Platon, est la beauté, ou accord de la forme, selon le genre ; pour Socrate, c’est la suprême vénusté de l’esprit, pour Timée une tyrannie de l’âme, pour Plotin, un privilège de nature, pour Théophraste une tromperie silencieuse…pour moi, c’est une tristesse gaie, une gaîté triste. (Giordano Bruno)

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Table des matières

  • DES LIEURS EN GÉNÉRAL

I. Espèce de lieurs
II. Effet du lieur
III. Comme on lit par l’art
IV. Comme on lit l’être humain en plusieurs façons
V. Que les sens jouent les enjôleurs pour le compte du lieur
VI. Pourquoi un seul lien ne suffit pas

X. Le lieur ne lie pas des êtres divers par un seul et même lien
XI. Qui lie
XII. Nul être particulier ne saurait tout lier
XIII. Divers instruments du lieur

  • DES LIABLES EN GÉNÉRAL
  • DU LIEN DE CUPIDON ET EN QUELQUE FAÇON DU LIEN EN GÉNÉRAL
  • IN TRISTA HILARIS, IN HILARIS TRISTA

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Du même auteur : De la magie et L’infini, l’univers et les mondes

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