10 ans de Wikipédia et un petit pas pour l’esthétique contemporaine

Aujourd’hui, on fête le 10e anniversaire de Wikipédia. Pour ce jubilaire, j’ai créé une page et contribué à deux articles dans la célèbre encyclopédie. J’utilise quotidiennement Wikipédia et, la plupart du temps, je suis ravie d’avoir une réponse au bout des doigts.

D’autres fois, l’exercice me rend perplexe. Récemment, j’ai eu l’occasion de comparer des articles sur Jean Piaget provenant de Wikipédia et de l’encyclopédie Universalis. Dans le premier cas, on sentait le collage d’informations et leur livraison incomplète alors que dans Universalis, l’article était un produit solidement étoffé, cohérent, complet, constituant une véritable synthèse, un ensemble bien équilibrée dans le traitement des notions. C’est souvent dans les domaines plus spécialisés ou plus académiques que les failles se révèlent.

Mais Wikipédia est égal à ce qu’on en fait. Pour l’heure, j’ai choisi de visiter le domaine de la philosophie de l’art et de compléter l’article Esthétique analytique défini comme suit (pas par moi) : « L’esthétique analytique est un courant philosophique de l’esthétique contemporaine, apparu dans les années 1950. C’est l’un des deux courants majeurs de la philosophie de l’art anglo-saxonne avec la French Theory. »

Ce courant, né dans l’entourage de Wittgenstein, est encore très actif aujourd’hui; je remarque tout de suite qu’il manque à près tous les auteurs clé qui ont publié après les années 90 : Arthur Danto, Jerrold Levinson, Peter Kivy, Jospeh Margolis, et du côté francophone, Gérard Genette par exemple. Car, je souligne que l’esthétique analytique a cessé à une époque de se définir comme une approche « anglo-saxonne »; on revendique depuis la présence d’une communauté de problèmes comme élément distinctif.

Cela dit, j’ai ajouté dans l’article Esthétique analytique, sous la section Autres approches analytiques, à la suite de Karl Popper et de Umberto Eco: « Gérard Genette fait figure de précurseur en questionnant le point de vue des auteurs de la tradition analytique intéressés aux enjeux ontologiques dans L’Œuvre de l’art, tome 1 [9]. Il critique notamment la théorie de Nelson Goodman fondée sur la distinction entre les oeuvres autographiques et allographiques. »

Puis, j’ai complété l’article sur Gérard Genette qui omettait son tournant vers l’esthétique analytique en contribuant à la section Concepts inventés ou développés par Gérard Genette . J’y ai créé une sous-section consacrée aux concepts de limmanence et de la transcendance qui fonde l’ontologie de l’art de Genette et j’ai ajouté ceci :

« Dans L’Œuvre de l’art, tome 1, Genette développe une ontologie de l’art structurée autour des concepts d’immanence et de transcendance. L’immanence désigne les multiples façons dont une oeuvre peut exister, consister en un objet. Ainsi, l’oeuvre d’art va immaner en un objet qui est soit matériel soit idéal. Cette distinction entre les objets matériels et idéaux coïncide avec la distinction formulée par Nelson Goodman entre les oeuvres autographiques et allographiques.

L’objet d’immanence d’une oeuvre est matériel et existe en régime autographique lorsqu’il peut-être contrefait de sorte qu’il se révèle « irremplaçable dans sa singularité physique». Pour d’autres productions artistiques, un texte littéraire, une composition musicale, on ne peut parler de contrefaçon ou d’authenticité; la présence d’une règle de correction pour cette catégorie d’oeuvres leur permettant d’être reproduites en un nombre illimité d’exemplaires tous aussi valables les uns que les autres les établit comme allographiques : l’objet d’immmanence est alors de nature idéale.

Toutefois, les oeuvres ne sont pas qu’immanence : elles n’ont pas pour seule mode d’existence le fait de consister en un objet, qu’il soit matériel ou idéal. Les oeuvres sont aussi susceptibles de transcender cette existence. Les oeuvres sont aptes à la transcendance notamment parce que leur histoire de production ou de réception amène de nouvelles propriétés aux objets qui les abritent. Par exemple, la Danse de Carpeaux possède certains attributs qui s’appliquent à l’oeuvre mais non à l’objet matériel: cette Danse est légère, impudique, académique mais le bloc de marbre dans lequel elle est sculptée ne l’est pas. » (Source: Wikipédia)

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J’ai aussi créé la page Bibliothèques de Montréal qui est la nouvelle appellation officielle de l’organisation en faisant un lien vers l’ancienne page intitulée Réseau des bibliothèques de Montréal mais dont je ne pouvais pas modifier le titre.

Et vous ? Avez-vous quelque chose à offrir à la communauté  pour cet anniversaire ?

Je vous invite également à lire l’article sur le blogue du Mur Mitoyen à ce sujet et à participer à l‘événement qui a lieu ce soir à Montréal.

| Crédit pour l’image : By Robertolyra at pt.wikipedia[see page for license], from Wikimedia Commons |

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