Quora pour Libraries and Librarianship

Question: qu’est-ce que Quora? Réponse : c’est une collection de questions et de réponses créées, éditées et organisées par ses utilisateurs (« a continually improving collection of questions and answers created, edited, and organized by everyone who uses it »).  En y pénétrant, on pourrait croire que l’on est en train d’accéder à la quintessence du rêve d’un bibliothécaire de référence virtuelle, à la mère de toutes les FAQ.  Mais, comme Wikipédia qui est une ressource élaborée sur la base d’une collaboration ouverte à tous, il ne s’agit pas d’un service où l’exercice est professionnel : Quora est fondée sur un ordre et une participation démocratique.

Bien que cette plate-forme existe depuis quelques mois, son envol semble coïncider en ce début d’année avec la publication de différents billets faisant l’étalage prospectif des tendances pour 2011 notamment ici et ici. Selon l’une de ces entrées bruyantes, « Quora will be bigger than Twitter« . Christian Amauger a rassemblé une liste de liens documentant le phénomène et son impact médiatique.

L’interface minimaliste est pour chromophobe et offre une expérience aussi agréable qu’intuitive. En revanche, le contexte linguistique constitue un obstacle pour la communauté francophone qui est non négligeable. Le vocabulaire de Quora est principalement structuré autour des éléments suivants : Les Topics, les couples Questions-Answers et Followers-Following. Les pages consacrées aux réponses sont particulièrement réussies pour les mettre en valeur.

J’ai glané quelques exemples de question sous la rubrique Libraries and Librarianship :

Why do some libraries use the Dewey Decimal System and others use the Library of Congress system?
Which users on Quora are either librarians or very interested in libraries?
What are the nicest public libraries in Montreal?
How will e-readers like Kindle and nook affect libraries?
What is the highest earning librarian job in the world?

On comprend que Quora a des dispositions utilitaires indéniables dans le cas de questions telles que « Quels sont les bons restaurants à Montréal? » dont l’intérêt est évident. Je me suis tout de suite abonnée.

Mais, en outre, Quora a le potentiel pour s’installer comme une plateforme de débat abordant les questions les plus sophistiquées. C’est en réalisant ceci que j’ai basculé en me disant que Quora, ce n’était pas seulement un rêve de bibliothécaire mais aussi un idéal de philosophe. Nous avons là une occasion de réécrire collectivement les dialogues platoniciens ou les disputatio scolastiques à l’heure numérique. On pourrait imaginer des morceaux d’anthologie de disputes sur l’existence du monde extérieur ou celle de Dieu. D’ailleurs, je me suis empressée de vérifier si cette question avait été posée: Does God exist ? Oui, on était passé avant, évidemment, à cette époque… Alors je me suis dit je vais poser la question : « Why would God exist? mais on trouvait déjà « Why God exist? »…

Ok, allons-y, un peu plus subtilement, avec une autre grosse question: What is infinity? Quora est très sévère concernant la formulation correcte des questions, notamment les majuscules et la syntaxe, aussi ai-je été invitée à corriger ma phrase et à la reformuler : What’s Infinity? Accepté. On ne s’improvise pas nécessairement questionneur sur Quora…Et puis j’ai jeté un coup d’oeil dans la colonne de droite sur les personnes très sérieuses et peut-être même compétentes avec qui j’étais sur le point de partager une conversation sur le sujet et j’ai renoncé. J’ai préféré me tourner vers mon conjoint et lui demander : un infini moins un infini ça donne quoi déjà? en lui suggérant de rejoindre ses amis geeks de l’infini qui l’attendaient à cette adresse.

Puis j’ai décidé de revenir à des questions de bibliothécaires, aussi légitimes et parfois aussi denses que les autres :

Comment se servir de Quora en bibliothèques ?  La pertinence de Quora pour des usages internes est déjà assez manifeste, les échanges de questions-réponses dans la section Libraries and Librarianship sont pour une large part orientés vers la réflexion entre les professionnels sur l’avenir des bibliothèques et celui de la profession. Toutefois, l’interrogation qui suscite peut-être davantage ma curiosité concerne les usages externes: peut-on envisager et, si oui, comment, une utilisation de Quora dans le cadre d’une conversation entre bibliothécaires et usagers dans un contexte professionnelle? Par exemple, comment Quora pourrait-il être utile pour les bibliothécaires de référence?

Quoiqu’il en soit,  dans les prochaines semaines, si j’étais bibliothécaire de référence, physique ou virtuelle,  je garderais une session de Quora ouverte en permanence et j’expérimenterais afin de voir son potentiel pour mes activités. Mais, il est entendu que Quora est susceptible de constituer une aide précieuse quel soit le domaine de sciences de l’information au sein duquel on évolue puisqu’en principe, on devrait tous se poser des questions, n’est-ce pas?

Et pour conclure je partage un couple « question-réponse » de nature biblio-éthique que j’ai jugé intéressant – la qualité générale des réponses est assez remarquable. À noter, on retrouve des fonctionnalités pour manifester son accord ou son appréciation, commenter ou remercier l’auteur d’une réponse. La question est la suivante :
How is downloading a book online morally different than borrowing it from the library?

Et voici la réponse en provenance de Christopher Harris :

« Morally, I would consider it much worse to borrow a book from a library. By checking the book out, you are denying all other users access to that knowledge. This is actually a common tactic for user-driven censorship of library materials; users check out books for extended periods of time and/or refuse to return them as a way to disallow others access. Downloading a book not only provides you with the resource, but it also preserves the physical copy for access by those who cannot download their own copy. This argument totally ignores the moral responsibility to provide compensation for an author’s and publisher’s work and does not provide any incentive for continued efforts.

To address those needs from a moral perspective I actually like how Cory Doctorow handles this issue. He makes his books available as free downloads but will not accept tips or payment for them (as that would be a moral issue for him in denying the publisher funding). Instead, he asks people to consider buying a physical copy for a school or public library to spread access and provide compensation for the publisher and author through the existing structure… »

Ooooook! À suivre…

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