#nanoveille 2015.05.01 La littérature québécoise mobile, le mois de la bd, la bibliothèque entre Darnton, Chevalier Morales architectes et Benoît Melançon

La nanoveille est une petite collection de liens choisis en butinant les actualités dans le monde des réseaux, du livre, de l’information et des bibliothèques sur le fil Twitter. 

Le rapport des bibliothèques américaines 2015: Où en sont les bibliothèques publiques?

0415_coverforweb

Le rapport des bibliothèques américaines est une publication à ne pas manquer. Du côté des bibliothèques publiques en 2015, on constate un changement dans la perception que les citoyens et les communautés entretiennent à l’égard des nouveaux rôles des bibliothèques. Ces derniers conçoivent désormais les bibliothèques comme des lieux d’ancrage social.

L’examen de la situation des bibliothèques publiques américaines en 2015 révèle l’importance des enjeux et des services suivants :

1) L’inclusion numérique par le développement des compétences numériques. « They have responded to the growth in computer technology by providing both access and training, from coding classes to 3D printing. » 98% des bibliothèques offrent des formations liées à la littéracie numérique. Cette donnée provient du Digital Inclusion Survey. Les collaborations avec le programme STEM se multiplient.

2) L’essor des espaces de créativité et des activités de fabrication. « New forms of programming today, from makerspaces to drop-in craft activities reflect our changing world. »

3) Le souci pour une plus grande diversité culturelle dans les collections, notamment pour les jeunes. « Over the past 12 months the library community has fostered conversations and fueled a groundswell toward activism to address the lack of diversity reflected in children’s literature—both in content and among writers and illustrators. »

4) Une conception des bibliothécaires comme agents de transformation sociale qui proposent des lieux et des processus de codesign citoyen. « Libraries also address unique community needs, offering a neutral space for patrons, residents, faculty, and students to discuss and resolve critical issues. »

Voici la liste annuelle des 10 livres qui ont suscité le plus grand nombre de demandes de retrait des rayonnages (censure):

  • The Absolutely True Diary of a Part-Time Indian, par Sherman Alexie
  • Persepolis, par Marjane Satrapi
  • And Tango Makes Three, par Justin Richardson and Peter Parnell
  • The Bluest Eye, par Toni Morrison
  • It’s Perfectly Normal, par Robie Harris
  • Saga, par Brian K. Vaughan and Fiona Staples
  • The Kite Runner, par Khaled Hosseini
  • The Perks of Being a Wallflower, par Stephen Chbosky
  • A Stolen Life: A Memoir, par Jaycee Dugard
  • Drama, par Raina Telgemeier

Bonne lecture!

[Notes de lecture] La couleur de l’aube par Yanick Lahens : quelque chose de faulknérien

aube

C'est la dernière semaine de février. Je m'invite dans ce mois de célébration pour
 partager quelques lectures qui m'ont enchantée entre 2014 et 2015.

La couleur de l’aube par Yanick Lahens, Sabine Wiespieser éditeur, 2008.

Roman, drame psychologique. Prose chaloupée à deux voix, deux chants de femmes qui se répondent en attente d’un frère disparu, d’un homme, d’un pays à libérer, d’un salut : l’aube a la couleur de ces espoirs trop grands. Cette narration sophistiquée embrasse une diversité d’émotions et de points de vue face à l’étau post-colonial, aussi bien que familial. Les êtres humains, tantôt s’épuisent, tantôt se galvanisent dans la quête quotidienne des opportunités. Certains lecteurs auront vu, avec justesse, quelque chose de faulknérien dans cette écriture dense à la fois intime et politique.

Yanick Lahens a remporté le prix Fémina pour Bain de lune en 2014.

Sur Librarything.

[Notes de lectures] Après Anna Karénine, Aminata par Lawrence Hill

Aminata

C'est la dernière semaine de février. Je m'invite dans ce mois de célébration pour
 partager quelques lectures qui m'ont enchantée entre 2014 et 2015.

Aminata par Lawrence Hill, traduit de l’anglais par Carole Noël, Éditions de la Pleine Lune, 2011.

Paru sous le titre original de The Book of Negroes, ce passionnant roman historique s’appuie sur un corpus de recherches considérable. Aminata est le double narratif, dans sa version féminine, de l’esclave Olaudah Equiano qui a rédigé au 18ième siècle une autobiographie devenu un classique de la littérature sur l’esclavage. Cette oeuvre est un nouveau classique et le personnage d’Aminata campe une héroïne plus grande que nature aussi mythique qu’Anna Karénine. Le périple de l’esclave Aminata, née libre en Afrique, l’amène en Caroline du Sud (Charleston), en passant par New York où elle côtoie la révolution américaine, puis en Nouvelle-Écosse (Canada) avant de retourner sur le continent africain en Sierra Leone. C’est à Londres qu’elle achève sa longue marche après d’être s’engagée auprès des partisans de la cause abolitionniste leur procurant une caution morale.

Le récit révèle un pan méconnu de l’histoire des loyalistes noirs qui s’étaient installés en Nouvelle-Écosse avec la promesse d’une vie meilleure jamais réalisée. Las d’attendre, des milliers d’entre eux choisirent de quitter ces conditions de misère pour participer à la fondation du Sierre Leone. Dans ce combat pour la liberté, la parole et la maîtrise des compétences liés à l’écriture et la lecture sont les armes d’Aminata. À travers cette narration au «je», Aminata revendique aussi l’ultime liberté qui est celle d’écrire sa vision du monde et son histoire dans les termes qui sont les siens.

Prix Canada Reads 2009 et Commonwealth Writer’s Prize.

Sur Librarything

[Notes de lecture ] treize nouvelles vaudou par Gary Victor

2014_13nouvellesvaudou

C'est la dernière semaine de février. Je m'invite dans ce mois de célébration pour 
partager quelques lectures qui m'ont enchantée entre 2014 et 2015.

treize nouvelles vaudou par Gary Victor, Mémoire d’encrier, 2013.

Dans le ton et la manière, on renoue allègrement avec l’empreinte d’Edgar Allan Poe ou de Maupassant. La narration classique, sur le ton de la confidence, coule vive et limpide, offrant un divertissement intelligent qui confrontent, en les renvoyant dos à dos, les savoirs/mythes traditionnels et la rationalité scientifique.

Mais, toutes choses étant égales par ailleurs, on a plutôt envie de croire ces récits vaudou, car ils célèbrent si habilement l’animal littéraire en nous, notre capacité à imaginer du surnaturel, notre soif de prodiges, notre curiosité pour les choses étranges, toute la panoplie des dispositifs qui nous amènent à tisser du quasi-réel en s’accrochant à nos mémoires ataviques: des morts qui se réveillent, des femmes possédées, des filtres de sorciers, des politiciens qui pactisent avec le diable, un doigt et un fémur qui tuent les vilains… On convoque les esprits moqueurs ou vengeurs pour détourner les parti-pris de la misère et de la détresse, à Haïti, comme ici. Victor ne se prive pas d’y aller avec une bonne dose de cynisme pour les figures du pouvoir ou la bêtise en général si bien que l’humour joue, sur différents registres, un des rôles principaux dans ces contes fantastiques. Et la magie opère.

Sur Librarything.